Charles Villeneuve de Janti, conservateur au Petit Palais

Q : M. Charles de Janti, en tant que conservateur au Petit Palais, vous avez participé à la préparation et au montage de l’exposition Paris 1900 à la Galerie nationale des arts étrangers à Sofia : une expérience comme les autres ?

R : Le Petit Palais organise régulièrement des expositions à l’étranger. J’ai personnellement été associé à trois d’entre elles : à Barletta en Italie, à Athènes en Grèce et enfin celle actuellement présentée à Sofia. Toutes avaient pour thème « Paris 1900 ». Etant en charge des arts graphiques, je dois changer les œuvres présentées à chaque exposition, pour des raisons de préservation des œuvres. De plus, chaque pays ayant ses spécificités, chaque lieu d’accrochage ayant des possibilités d’accrochage différentes, nous proposons à chaque fois des sections inédites. A la Galerie nationale des arts étrangers, nous avons ainsi proposé d’ouvrir l’exposition sur les fêtes républicaines et d’inclure dans le parcours une section consacrée au renouveau de l’art sacré ; qui correspond à la période d’édification de la Cathédrale St-Alexandre-Nevski.
L’expérience de ce montage fut donc relativement unique pour nous. Ainsi, les peintures de la section du renouveau de l’art sacré prêtées par le Petit Palais prennent-elles une teinte particulière pour moi, en raison de la proximité des fresques d’Ivan Mrkvička, qui orne la basilique en face du musée. De même, grâce aux échanges avec nos confrères bulgares, nous avons pu rapprocher une petite peinture de Maurice Denis appartenant à la Galerie et représentant un jardin, de la lithographie intitulée Le repas d’Emmaüs du même artiste, mais issue des collections du Petit Palais, les deux œuvres montrant en fait le jardin du Prieuré, la maison du peintre à Saint-Germain-en-Laye.
Cette exposition fut aussi pour moi l’occasion de présenter pour la première fois un dessin préparatoire de Georges Clairin pour le portrait de Sarah Bernhardt, acquis très récemment en vente publique par le Petit Palais.
En dehors de ces questions d’histoire de l’art, toujours enrichissantes, les conditions du montage furent pour moi véritablement uniques. L’Institut français de Bulgarie, à l’origine du projet, s’est beaucoup investi lors du montage, en particulier son attaché culturel David Weizmann, ainsi que l’ambassadeur de France Philippe Autié, qui a effectué de nombreuses visites à la Galerie lors de l’accrochage.

Q : Quels souvenirs garderez-vous de la Bulgarie ?

R : Je garde un excellent souvenir de ces instants à Sofia, qui m’ont permis de découvrir une part du patrimoine bulgare, mais aussi d’avoir des échanges très intéressants avec nos collègues de la Galerie. Je garde un très bon souvenir des rencontres avec différents Sofiotes, dont le sens de l’accueil a su rendre mes différents séjours toujours trop brefs. Dans un registre plus intime, je garde un souvenir ému des cérémonies de l’Armistice de la Grande Guerre au cimetière de Sofia.

Q : Pensez-vous que la Bulgarie est un pays ’’injustement méconnu" ?

R : La Bulgarie m’est apparue comme un pont entre l’Orient et l’Occident. Sofia, avec ses édifices cultuels forts nombreux – églises orthodoxes, catholiques, mosquées et synagogue – est une capitale entre Rome et Byzance. La richesse de cette histoire bulgare a produit quelques trésors prodigieux et trop peu connus. Ainsi, la beauté singulière de l’église de Boyana et ses fresques uniques m’a fait penser à une petite basilique d’Assise, lovée au pied du mont Vitosha. Elle vaut à elle seule le voyage dans les Balkans

Dernière modification : 07/12/2012

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