Conférence à Sofia d’Hervé Le Crosnier le 9 avril 2012

Hervé Le Crosnier est maître de conférence à l’Université de Caen Basse-Normandie, où il enseigne les
technologies de l’internet et la culture numérique. Il est en délégation de 2010 à 2012 auprès de l’ISCC (Institut des
Sciences de la Communication du CNRS). Sa recherche porte sur l’impact de l’internet sur l’organisation sociale et
culturelle, et l’extension du domaine des biens communs de la connaissance. Ses cours de culture numérique sont
accessible en ligne (vidéo) http://herve.perso.info.unicaen.fr
Après avoir été dix ans conservateur de bibliothèque scientifique, et créateur de la liste BIBLIO-FR, il est
actuellement éditeur multimédia, chez C&F éditions (http://cfeditions.com).

M. Le Crosnier présentera lundi 9 avril à partir de 19h00 à l’Institut français de Bulgarie une conférence intitulée "Identité numérique sous surveillance".

Une part de plus en plus large des activités des individus et des groupes se déroule dorénavant "en ligne", depuis des postes fixes ou
mobiles. Sociabilité, commerce, travail, éducation, expression personnelle,... notre utilisation des réseaux numériques est diverse, mais
cependant quotidienne.
Ceci n’est pas sans modifier profondément la conception même que les individus se font de leur identité : présentation de soi, vitesse
d’exécution, persistance de liens faibles, nouvelle écologie du vivre en ligne.
Cependant, pour des raisons techniques comme commerciales, l’invention collective de cette nouvelle identité numérique se déroule sous
l’oeil de chasseurs de traces. La publicité comportementale, la géolocalisation, la surveillance policière et in fine les stratégies de l’industrie
de l’influence construisent des profils qui dévoilent les failles des individus au travers desquelles les acteurs commerciaux, politiques ou
militaires souhaitent orienter les pulsions d’achat ou de prise de décision.
C’est la notion même de vie privée, fondement des libertés individuelles, qui est remise en question. Comment les sociétés démocratiques
vont elles permettre l’éclosion de la nouvelle sociabilité en réseau sans inféoder les individus aux stratégies d’acteurs des puissances du
réseau, se demande M. Le Crosnier.

Dernière modification : 05/04/2012

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