Discours de l’ambassadeur lors de la conférence « Le développement durable : un principe directeur pour le 21ème siècle »

Discours de Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France en Bulgarie, lors de la conférence « Le développement durable : un principe directeur pour le 21ème siècle », organisée par MoveBG et l’ambassade du Luxembourg

Monsieur le vice-premier ministre,
Cher collègue,
Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de participer à cette conférence au moment où la France s’apprête à accueillir la Conférence « Paris Climat 2015 » qui sera organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 et qui réunira près de 40 000 participants.

Je remercie donc mon collègue luxembourgeois, M. l’Ambassadeur Jean Faltz, dont le pays assure actuellement la présidence du conseil de l’union européenne, d’avoir pris l’initiative de réunir un panel d’intervenants de cette qualité pour tenter d’identifier des politiques publiques, au niveau national comme au niveau européen, qui créent les conditions du développement durable.

La Conférence de Paris sur le climat doit arriver à un accord politique entre tous les Etats de la planète.

Trouver un accord politique à Paris est important, indispensable, même. Car nous pourrons ainsi mettre en œuvre, tous et chacun, des politiques coopératives qui devraient nous permettre de limiter les gaz à effet de serre qui sont, selon les experts, la cause des dérèglements climatiques que nous observons depuis des décennies.

Cet accord, que nous cherchons depuis des années et que nous n’avions pas atteint lors des précédentes conférences des parties, notamment celle tenue à Copenhague en 2009, est une nécessité. Chacun des participants en est conscient. Et les batailles sur le partage de la responsabilité du changement climatique entre les Etats – et donc sur le partage des coûts de la limitation des émissions de gaz -, ces batailles, disais-je, qui avaient empêché l’émergence d’un consensus il y a 6 ans, sont désormais derrière nous.

Conscients de la responsabilité qui est la leur, les Etats membres de l’Union européenne ont décidé d’adopter une position commune assez tôt, afin de faciliter la négociation globale. Mais nos 28 pays ne produisent aujourd’hui qu’un peu plus de 10% des gaz à effet de serre : être exemplaires n’est pas suffisant pour convaincre ceux qui ont beaucoup plus d’efforts à fournir.

C’est pourquoi mon pays s’est engagé, depuis trois ans maintenant, à organiser cette 21ème conférence des parties. La France, ce faisant, a voulu montrer sa bonne volonté : il nous fallait créer les conditions pour qu’un accord puisse être trouvé. Depuis plusieurs années, le succès de cette conférence est la priorité diplomatique de la France. Ce n’est pas elle qui détermine les positions – la position européenne a été arrêtée en commun et c’est le Luxembourg qui aura le rôle de présenter et de défendre la position de l’Union européenne, avec la Commission.

Mais la diplomatie française souhaite être un faiseur de consensus : c’est pourquoi s’est tenue, en début de semaine, à Paris, une sorte de pré-conférence ; c’est pourquoi, aussi, le président français s’est rendu en Chine ces jours-ci ; c’est pourquoi M. François Hollande a invité les chefs d’Etat et de gouvernement des 195 Etats parties à Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à venir à l’ouverture à Paris, pour fixer, tous ensemble, un cap politique et définir les priorités, afin que les négociateurs aient une feuille de route qui leur permette de quitter Paris avec un accord.

Je me réjouis que le Président Plevnéliev accepte l’invitation qui lui a été faite de se rendre à Paris à cette occasion.

La COP 21 a la particularité, comme c’est le cas pour les négociations sur l’environnement depuis le sommet de la terre à Rio, en 1992, d’être ouverte aux acteurs de la société civile et aux entreprises. C’est pour ces acteurs l’occasion d’identifier les technologies qui permettront de diminuer les sources d’émission de dioxyde de carbone (CO2) et de méthane (CH4) et de s’adapter aux changements à venir causés par le réchauffement climatique.

Ce volet « opérationnel » de la COP 21 est, pour la France, tout aussi crucial que le volet politique : si les Etats peuvent et doivent avoir un rôle incitatif, rien ne pourra se faire sans la société civile et les entreprises qui, par leurs stratégies de production et de consommation, ainsi que par leurs capacités à innover, influeront directement sur l’objectif de limitation des émissions de gaz à effet de serre.

C’est cette approche très pratique que j’ai souhaité promouvoir en Bulgarie en organisant des évènements tout au long de cette année 2015 qui mettent en avant des solutions développées par des acteurs de France et de Bulgarie en matière par exemple d’efficacité énergétique des bâtiments ou bien encore de transports intelligents et inter-connectés.

J’en profite d’ailleurs pour vous informer que l’Institut français de Bulgarie organisera ce jour à 18h30 une table ronde de haut niveau dont le thème sera « l’innovation comme réponse au changement climatique : un champ de coopération pour les acteurs publics et privés ». Vous êtes bien entendus les bienvenus.

Je vous remercie pour votre attention et je vous souhaite de fructueux débats./.

Dernière modification : 12/11/2015

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