Entretien Macron-Borissov à l’Elysée

La France accompagnera les efforts de la Bulgarie pour « se rapprocher voire intégrer » la zone euro et l’espace Schengen, « une fois que tous les critères seront remplis »

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M. Emmanuel Macron, président de la République, a reçu aujourd’hui 6 juin 2017 M. Boïko Borissov, premier ministre de la République de Bulgarie. L’adhésion de la Bulgarie à la zone euro et à l’espace Schengen ont figuré parmi les sujets évoqués lors de l’entretien.

Lors de la déclaration conjointe, M. Macron a souligné : « Beaucoup d’efforts ont été faits par la Bulgarie en la matière et la France accompagnera ces efforts et la possibilité pour la Bulgarie de pouvoir se rapprocher, voire intégrer, une fois que tous les critères seront remplis, ces deux espaces pour travailler ensemble ».

Le président de la République a annoncé qu’il visiterait la Bulgarie avant le 1er janvier 2018. Le chef du gouvernement bulgare l’a félicité pour sa récente élection : « Grâce à votre dynamisme, nous allons tirer l’Europe en avant. Ce sera une Europe unifiée et forte mais n’oubliez pas la périphérie ».

Déclaration de M. Emmanuel Macron à l’issue de son entretien avec M. Boïko Borissov

Je voudrais avant tout remercier Monsieur le Premier Ministre de Bulgarie, Boïko Borissov de sa visite aujourd’hui à Paris, avant de se rendre à Berlin demain. Il vient, comme moi, de prendre ses fonctions très récemment, au mois de mai dernier, mais je dois dire qu’il a plus d’expérience, puisqu’il a dirigé plusieurs gouvernements par le passé et nous avons donc longuement échangé sur ce point.

La Bulgarie présidera le Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2018. À cet égard l’un et l’autre nous étions convenus qu’il était important que nous puissions avoir une discussion stratégique sur l’agenda de cette présidence, et, au-delà, sur les priorités, à court terme, de notre Europe. C’est une démarche que je salue, et je veux vraiment remercier le Premier ministre d’être ici aujourd’hui.

La Bulgarie aura à présider le Conseil de l’Union européenne à un moment très important de notre avenir commun, celui où nous aurons des nouveaux projets à faire avancer et, sans doute, le Brexit aussi, à gérer. Et je dois dire que nous avons ensemble parlé d’un agenda d’avenir pour l’Europe et de projets communs.

D’abord, les projets concrets d’une Europe qui protège, et là-dessus nous avons, sur deux sujets, évoqué nos convergences, d’abord la volonté que je porte, depuis le début de mon mandat, d’améliorer la convergence sociale au sein de l’Europe, et de régler la question extrêmement complexe du travail détaché. Et, ensemble, nous allons travailler pour dépasser les clivages historiques et habituels sur ces sujets, qui ont trop souvent opposé de manière réductrice des pays à bas coûts salariaux avec les pays où les coûts salariaux étaient les plus élevés. Et donc, nous allons travailler de manière très concrète dans les prochaines semaines, pour obtenir des résultats qui puissent défendre nos intérêts réciproques.

L’Europe qui protège c’est aussi le sujet des migrations et de la protection à nos frontières, et à cet égard la Bulgarie, par sa situation géographique, est particulièrement exposée et, je dois le dire, a conduit un travail remarquable ces dernières années, pour faire face au défi migratoire. Nous continuerons ensemble, sur ce sujet, à travailler de manière très concrète, et cela correspond aux engagements que j’ai pu prendre, de développer une police aux frontières extérieures de l’Union européenne et améliorer la protection collective de l’Europe.

Ensuite, en matière de défense, nous avons aussi évoqué nos perspectives communes, et alors que je veux renforcer justement une Europe de la défense, que plusieurs autres pays membres ont manifesté leur souhait d’aller dans cette direction, la Bulgarie aura toute sa place à jouer dans ce contexte.

Nous avons aussi évoqué à la fois l’euro et la zone Schengen. Sur ces deux sujets, et ces deux espaces de coopération renforcée, où la France est un État moteur, j’ai noté la volonté très forte exprimée par le Premier ministre de pouvoir franchir des étapes supplémentaires, vers la zone euro d’une part, dans son « antichambre », et au sein de l’espace Schengen d’autre part. Beaucoup d’efforts ont été faits par la Bulgarie en la matière, et la France accompagnera justement ces efforts et la possibilité pour la Bulgarie de pouvoir se rapprocher, voire intégrer, une fois que tous les critères seront remplis, ces deux espaces, pour travailler ensemble.

Je porte une volonté, affichée dès ma campagne, d’une plus grande intégration européenne, et elle se conjugue avec l’ouverture à tous les pays qui veulent participer à cette plus grande intégration. En la matière, j’ai noté le vrai volontarisme européen porté par le Premier ministre Borissov, je m’en réjouis, et je veux vraiment lui redire ici que la France, à chaque fois que les efforts concrets sont faits, sera aux côtés de ceux qui les portent et c’est son cas.

Enfin, nous avons évoqué plusieurs sujets de coopération bilatérale, des projets heureux, consacrés ces derniers temps pour de grandes entreprises françaises et les perspectives de coopération qui seront les nôtres dans les prochains mois. Je me rendrai, pour ma part, en Bulgarie, avant le 1er janvier prochain.

Merci pour votre attention et merci encore, Cher Boïko, pour ta visite./.

Dernière modification : 16/08/2017

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