Jeudi 03 avril

L’EVENEMENT

LA COUR CONSTITUTIONNELLE SAISIE D’UNE REQUETE A L’ENCONTRE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

117 députés des partis au pouvoir (PSB et MDL) ont saisi hier la Cour constitutionnelle d’une requête à l’encontre du président de la République. Ils considèrent que celui-ci a violé au moins deux principes constitutionnels dans son décret portant nomination des membres de la Commission électorale centrale (CEC), à savoir le principe de l’Etat de droit et celui de la séparation des pouvoirs.
Selon le PSB, initiateur de la requête, le président n’aurait pas réparti équitablement les sièges entre les forces parlementaires et aurait accordé une préférence au GERB. Les socialistes maintiennent que la répartition des quotas au sein de la CEC doit être calculée après déduction des sièges réservés à la direction de la Commission (élue par l’Assemblée nationale), alors que la position du président est que la CEC n’est pas une autorité de type « bicaméral » et qu’il y a donc lieu de répartir les quotas en fonction du nombre total des sièges (voir notre revue du 21 mars).
Dans un souci de mettre davantage de clarté dans la répartition des sièges et de satisfaire le MDL, qui se sentait lésé, le GERB a déposé la semaine dernière un projet d’amendement du Code électoral, proposant notamment que le nombre des sièges au sein de la CEC soit porté de 19 à 20. Le MDL a soutenu cette initiative tout comme il soutient aujourd’hui la requête contre le président Plevneliev, observe Sega.
Si la Cour constitutionnelle déclare anticonstitutionnel le décret présidentiel, le PSB et le MDL seraient prêts, à en juger de leurs déclarations, à ouvrir une procédure de destitution du chef de l’Etat. Selon l’art. 103 de la Constitution bulgare, le président et le vice-président de la République ne sont pas tenus responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions, sauf pour des actes de haute trahison ou de violation de la Constitution. L’accusation est soulevée sur proposition d’au moins un quart des députés ; elle est maintenue par l’Assemble nationale si plus de deux tiers des députés l’ont votée. La Cour constitutionnelle examine l’accusation contre le président ou le vice-président de la République dans le mois qui suit le dépôt de plainte. S’il est constaté que le président ou le vice-président de la République ont commis un acte de haute trahison ou ont violé la Constitution, son mandat prend fin. (tous journaux)

L’INTIMIDATION

DEUXIEME VOITURE BRULEE D’UNE JOURNALISTE BULGARE

L’automobile de Guenka Chikerova, journaliste et animatrice d’une émission matinale sur la chaîne bTV, a été incendiée et a complètement brûlé en bas de son domicile, dans la nuit du 1er au 2 avril. Des voisins ayant remarqué les flammes avaient appelé les pompiers. Selon le directeur de la police de Sofia, Ivaïlo Spiridonov, il s’agit d’un incendie criminel et les motifs sont très probablement liés à l’activité professionnelle de la victime.
C’est la deuxième fois qu’on s’en prend à la voiture de Mme Chikerova, rappelle la presse. Le premier acte avait eu lieu en septembre 2013. Selon Capital Daily, la police, faute d’avoir pu identifier l’auteur et élucider ses motifs, a déjà clos l’enquête ouverte à l’époque contre X.
Qualifiant ce cas d’« incident extrêmement désagréable », le ministre de l’Intérieur Tsvetlin Yovtchev, a assuré que la police fera tout son possible pour que les auteurs soient identifiés. L’opposition, au contraire, y a vu une « atteinte à la liberté d’expression », relate Sega.
Ce n’est pas la première fois que des actes d’agression sont commis contre des journalistes de la bTV au cours des derniers mois, lit-on dans une déclaration de cette chaîne qui exprime sa détermination à entreprendre toutes les démarches nécessaires pour donner un signal clair aux agresseurs de journalistes.
Pressa cite à cette occasion d’autres cas d’intimidation de journalistes, dont l’explosion de la voiture piégée en 2011 du journaliste Sacho Dikov. Aucune des enquêtes ouvertes par la police n’a mené à l’identification des auteurs, conclut le journal.
Les actes d’intimidation de journalistes ont fait l’objet de l’attention des observateurs internationaux, notamment de Reporters sans frontière (cf. notre revue du 13 février 2014). (tous journaux)

LA TENSION

LA BULGARIE ENTRE L’EUROPE, L’OTAN ET LA RUSSIE

La situation actuelle en Ukraine exige que la Bulgarie arrête au plus vite une décision sur la modernisation de ses forces aériennes, a déclaré ce matin le ministre des Affaires étrangères Kristian Viguenine pour la télévision nationale BNT, citée par Dnevnik.bg. Selon lui, le pays devrait choisir l’acquisition d’un nouveau type de chasseurs au lieu de moderniser les avions actuels Mig-29 et de rester ainsi dépendante de la Russie.
Si l’aviation bulgare devait épuiser ses ressources, la Bulgarie pourrait toujours compter sur ses partenaires de l’OTAN, a souligné le ministre. « Nous avons un accord avec les Etats-Unis quant à l’augmentation temporaire des exercices militaires. A l’instar des pays baltes, la Bulgarie ou tout autre pays membre peut demander une telle aide à l’OTAN », a-t-il ajouté en précisant que, pour l’instant, Sofia n’en a pas besoin.
Selon M. Viguenine, la Bulgarie doit améliorer la capacité opérationnelle de ses forces armées. En raison non pas uniquement de menaces de la part de la Russie, mais aussi de plusieurs autres sources de menaces. La situation en Ukraine ne constitue pas un précédent, parce qu’elle reproduit ce qui c’était passé en Géorgie, a-t-il rappelé.
En ce qui concerne les sanctions économiques contre la Russie, le ministre Viguenine estime qu’il est important à savoir si elles peuvent mener au rétablissement du dialogue politique. Si la réponse est oui, la Bulgarie soutiendra de telles sanctions, mais pour l’instant tel n’est pas le cas, a-t-il souligné.
Par ailleurs, la presse rapporte la rencontre d’hier entre le leader du GERB Boïko Borissov et l’ambassadeur russe à Sofia. Selon l’opinion personnelle de M. Borissov, exprimée à l’issue de cet entretien, la Bulgarie ne doit pas se prononcer en faveur de sanctions économiques contre la Russie, mais le groupe parlementaire du GERB se réunira pour étudier la question et adopter une position claire. Si le groupe se range à l’avis de son président, pratiquement tous les groupes parlementaires seront contre les sanctions, observe Capital Daily. (tous journaux)

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Dernière modification : 03/04/2014

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