Jeudi 04 décembre

L’ALGARADE
L’UNITE DE LA PLUPART DES FORCES POLITIQUES AFFAIBLIE PAR L’ARRET DE SOUTH STREAM

La décision russe de mettre fin au projet South Stream continue d’alimenter le débat politique.
Hier, les députés ont d’abord auditionné le premier ministre Boïko Borissov (voir notre revue d’hier) qui a demandé l’élaboration d’une déclaration parlementaire commune avant son déplacement à Bruxelles. Le thème sera au centre de ses entretiens, prévus pour aujourd’hui, avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, mais le parlement n’a pas pu atteindre une position consensuelle.
Ensuite, les députés ont rejeté une déclaration sur South Stream proposée par le PSB. Ce texte visait à exprimer l’inquiétude de la Bulgarie face à l’intention russe de réorienter le gazoduc vers la Turquie, et insistait pour que le gouvernement bulgare entreprenne un dialogue actif à la fois avec la Commission européenne et Moscou pour sauver le projet.
97 députés ont voté en faveur de l’examen de la déclaration en salle plénière et 98 ne l’ont pas soutenu (20 députés ont voté contre l’examen de la déclaration et 78 se sont abstenus), ce qui a entraîné son rejet.
Analysant la nouvelle fracture que le thème de South Stream a provoquée entre les forces politiques, Sega indique que le GERB, ayant choisi de s’abstenir, avait quand même réussi à rejeter l’examen la déclaration socialiste grâce aux voix du Bloc réformateur et du Front patriotique qui avaient voté « contre ». Le PSB, soupçonnant tout de suite un nouveau jeu de la part du GERB, a dénoncé la fausse neutralité de celui-ci.
La déclaration appelant au sauvetage de South Stream a soudé dans un même camp le PSB, le MDL, le Centre démocratique bulgare, Ataka, ABC et les députés non-inscrits. « Il y a à peine quelques mois, le MDL fustigeait le projet comme contraire au droit européen. C’était aussi un de ses principaux arguments pour mettre fin au gouvernement Orecharski », écrit Sega. Et là n’est pas la seule « surprise », commente ce journal. Alors que le premier ministre Borissov félicitait son prédécesseur Plamen Orecharski d’avoir eu le courage de suspendre la mise en œuvre du projet, le chef du groupe parlementaire du PSB, Mikhaïl Mikov, a accusé hier ce dernier d’avoir fléchi sous la pression de Bruxelles.
Après l’échec de la déclaration voulue par le PSB, ABC a proposé qu’une nouvelle déclaration consensuelle soit rédigée. Cette proposition repoussée, le groupe d’ABC a menacé de ne plus respecter les engagements pris vis-à-vis de la coalition au pouvoir. « Nous ne serons pas une broche agrafée sur le veston de ce gouvernement », a lâché Kiril Tsotchev. Le « grand chelem énergétique », englobant les trois grands projets russes Belene, Bourgas-Alexandroúpolis et South Stream, était l’une des priorités de l’ancien président Gueorgui Parvanov, rappelle Sega.
La faille South Stream n’a pas épargné le Front patriotique non plus – le Front national pour le salut de la Bulgarie et l’ORIM-Mouvement national bulgare se sont retrouvées des deux côtés opposés, le premier saluant la fin du projet et le deuxième déplorant « la sottise de plusieurs gouvernements bulgares » ayant mené à l’échec du projet.
Les plus contents étaient les réformateurs – le gazoduc russe, qu’ils considéraient comme économiquement désavantageux – a raffermi leur unité, conclut le journal. (Sega)

LA COMPETITION
PANOV CONTRE PANOVA : LA NOUVELLE AFFICHE DE L’ELECTION EN JANVIER 2015 POUR LE POSTE DE PRESIDENT DE LA CSC

A un jour de la date butoir du 4 décembre, deux candidatures ont été présentées à la présidence de la Cour suprême de cassation (CSC) pour une deuxième tentative d’élection du responsable administratif de la haute juridiction. Il s’agit de Pavlina Panova, vice-présidente de la CSC, soutenue par les cinq membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui l’avaient déjà proposée la première fois, et de Lozan Panov, juge à la Cour administrative suprême (CAS), proposé par le président de cette même Cour, Gueorgui Kolev, ainsi que par quatre membres du CSM, dont deux avaient soutenu Tania Raïkovska, la rivale de Mme Panova à la première élection en septembre.
Selon Capital Daily, les membres du CSM ont démontré en opposant à nouveau un candidat à Mme Pavlina Panova leur réticence devant celle-ci même si leurs arguments sont inavouables. Cependant, Mme Panova bénéficie du soutien d’un plus grand nombre de juges de la CSC.
Le président de la CAS a affirmé devant les journalistes que les parrains de la candidature de Mme Panova ne croient pas en sa nomination. Il a douté que celle-ci puisse obtenir le soutien de huit autres membres (plus les neuf voix de septembre dernier). Par conséquent, la deuxième tentative d’élection risque d’échouer. « Et il n’est plus possible que cette haute fonction du système judiciaire reste toujours vacante. Il ne reste plus que des arguments pragmatiques. Nous avons donc trouvé une candidature indiscutablement digne », a déclaré Gueorgui Kolev lors d’un point de presse, auquel ont assisté les membres du CSM favorables à l’une et à l’autre. M. Kolev a fait entendre que la candidature du juge Panov avait été discutée lors de la procédure de septembre mais qu’elle n’avait pas été retenue à cause de l’accord de Tania Raïkovska pour participer à l’élection.
La procédure prévoit que les deux candidats présentent leurs conceptions d’ici le 10 décembre en vue d’une élection le 29 janvier 2015. (Capital Daily, Pressa, dnevnik.bg)

L’ETUDE
SELON TRANSPARENCY INTERNATIONAL, LA BULGARIE DEMEURE LANTERNE ROUGE DE LA CORRUPTION DU SECTEUR PUBLIC DANS L’UE

L’ONG Transparency International vient de publier sa traditionnelle étude annuelle de la corruption du secteur public dans le monde, centrée comme chaque année sur un indicateur, l’indice de perception de la corruption (IPC), qui peut varier de 0 (corruption absolue) à 100 (pas de corruption). Sega en fait sa une, en centrant sa lecture sur la Bulgarie.
Comme les deux années précédentes, le Danemark (avec un indice de 92), la Nouvelle-Zélande et la Finlande se partagent le podium des trois pays les moins corrompus de la planète. A l’autre extrémité du tableau, qui compte 174 pays ou territoires, figurent la Somalie, la Corée du Nord (tous deux avec un IPC égal à 8) et le Soudan.
La Bulgarie est classée par l’étude dans la zone Union européenne et Europe occidentale, globalement la plus intègre du monde avec un indice moyen de 66. Mais elle y figure en queue de peloton, à égalité avec la Grèce, l’Italie et la Roumanie. Ces quatre pays partagent la 69e position de la liste mondiale avec un indice évalué à 43. Pour sa part, la France se classe 26e au niveau mondial (14e dans la zone Union européenne et Europe occidentale), avec un indice de 69.
Au niveau global, la Bulgarie se situe exactement à la moyenne mondiale, à la même hauteur de pays tels que la Turquie (indice égal à 45), l’Afrique du Sud (44), le Brésil (43) ou l’Italie (43). Elle se situe dans l’ensemble à un niveau comparable à celui observé dans les pays de son voisinage géographique, dont plusieurs font partie de la zone Europe de l’Est-Asie centrale. Cette dernière zone est toutefois hétérogène, le pays le mieux classé en son sein, la Géorgie, étant 50e de la liste globale (indice égal à 52), y faisant figure d’exception. Avec un IPC moyen de 33, elle constitue aujourd’hui la zone est la plus corrompue du monde, à égalité avec l’Afrique sub-saharienne. En outre, la Turquie, poids lourd régional, enregistre l’une des dégradations les plus significatives à l’échelle de la planète, avec un indice en recul de 5 points. La Turquie a, avec un autre pays proche de la Bulgarie, l’Ukraine, compté parmi les pays faisant les plus gros titres dans les 12 derniers mois pour ce qui est des scandales de corruption les plus spectaculaires, de la tragédie minière de Soma à la découverte des fastes de la résidence du président Ianoukovytch.
Par rapport aux années précédentes, la Bulgarie reste stable, ne gagnant que deux points par rapport à la situation en 2013 (et en 2012). Les données dont dispose Transparency International sont toutefois relativement maigres et anciennes : les plus récentes figurent dans une évaluation du système national d’intégrité publiée par cette ONG en 2012 et dans l’évaluation menée dans le cadre de la Convention anti-corruption de l’OCDE en 2011.
(site officiel de Transparency International, Sega)

Word - 197.1 ko
(Word - 197.1 ko)

Dernière modification : 04/12/2014

Haut de page