Jeudi 05 février

L’ALLIANCE
M. BORISSOV AU PARLEMENT : « NOUS NE VOULONS PAS LA GUERRE AVEC LA RUSSIE. CE N’EST PAS NOTRE PRIORITE »

Les plans du gouvernement d’accueillir sur le territoire national un centre de commandement et de contrôle de l’OTAN, avec en toile de fond l’escalade de la guerre en Ukraine (voir nos revues du 29 janvier et 2 février), continuent à alimenter une vive polémique au sein de la société.
« Nous ne voulons pas la guerre avec la Russie, ce n’est pas notre priorité », a déclaré hier de la tribune du parlement le premier ministre Borissov en réponse à des questions des députés. La Bulgarie n’a pas assumé d’engagement relatif au déploiement d’armements lourds sur son territoire et à leur utilisation en vue du règlement du conflit en Ukraine, a assuré M. Borissov. « Nous ne sommes pas entrés en conflit avec la Russie. S’il y en a des conflits, ils ne concernent que l’économie : nous achetons le gaz le plus cher. Il ne s’agit nullement d’amitié, de paix ou d’amour. […] Si vous me permettez, je vais poser la question à l’inverse : pourquoi la Russie vend à la Bulgarie, le pays le plus cher aux Russes, le gaz le plus cher ? En quoi la Bulgarie a-t-elle mérité cela ? », a souligné le chef du gouvernement. La Bulgarie est une république parlementaire et toute question qui concerne le déploiement d’armement sur le territoire national sera tranchée par le parlement, a-t-il assuré devant les députés. En outre, M. Borissov a révélé que lors de ses rencontres avec des hauts représentants américains et de l’OTAN, il leur avait fait savoir de façon claire et précise que la Bulgarie ne doit être aucunement impliquée dans un conflit militaire (cité d’après Mediapool).
Sega annonce par ailleurs que le ministère de la défense prépare des amendements législatifs ayant pour but de permettre le passage et le séjour de troupes de l’OTAN sur le territoire national. Les nouvelles dispositions devraient être rédigées d’ici mai-juin. Découlant du traité signé entre la Bulgarie et l’Alliance et ratifié par l’Assemblée nationale, elles ne nécessiteront donc pas l’aval du parlement, indique le journal.
Douma, l’organe du PSB, fait place à une lettre d’indignation adressée par une trentaine d’intellectuels de gauche à la direction de ce parti. Exprimant leur inquiétude devant l’ampleur de la guerre en Ukraine, ils appellent le parti socialiste à s’opposer résolument à l’installation d’un centre de commandement et de contrôle de l’OTAN à Sofia et à la participation de troupes bulgares au sein des forces de réaction rapide de l’Alliance. Les signataires de la lettre accusent le PSB de sa « politique étrangère éclectique et inconséquente » qui s’écarte radicalement des positions des socialistes de base. Ils demandent aux dirigeants socialistes de protester de façon énergique au niveau de l’UE contre « le déplacement de l’OTAN vers l’Est et l’isolement actuel de la Russie vis-à-vis de l’Europe ». (Pressa, Sega, Douma, mediapool.bg)

LE SLALOM
LE GOUVERNEMENT A NOUVEAU CONFRONTE A LA QUESTION DE L’EXTENSION DES EQUIPEMENTS DE SKI DE BANSKO

La construction d’une nouvelle remontée mécanique à Bansko (Sud-Ouest), demandée par le concessionnaire du domaine skiable de cette ville, la société Youlen, échauffe depuis plusieurs années déjà les esprits. Ce problème, qui oppose hommes d’affaires, politiciens, environnementalistes et amoureux du ski reste en suspens en dépit de l’effort de plusieurs gouvernements de le trancher.
La société Youlen AD est officiellement détenue par la société offshore Marengo Trading. Selon des publications dans la presse, elle serait liée avec Tzeko Minev, actionnaire majoritaire à Fibank et président de la Fédération bulgare de ski. En 2001, Youlen obtient une concession de 30 ans sur une partie du parc national de Pirine comprenant notamment le domaine skiable de Bansko. En 2011, une inspection du ministère de l’environnement constate que Youlen gère 165 ha au lieu de 99 ha comme l’autorise le contrat de concession. Le dernier jour de son mandat, le gouvernement de Plamen Orecharski tente de remédier à ce problème en augmentant en fonction de la nouvelle surface la redevance due par le concessionnaire (voir notre revue du 30 juillet 2014). Et cela, sur fond de nombreux appels de la part d’associations écologistes et de partis politiques (dont les Verts, le Bloc réformateur, etc.) à résilier ou renégocier la concession de Youlen pour infractions graves. Dès sa venue au pouvoir, le gouvernement Borissov, sur proposition de la ministre de l’environnement et de l’eau Ivelina Vassileva, annule la décision relative à Youlen.
L’idée de la construction d’un deuxième téléférique par Youlen trouve immanquablement du soutien auprès des autorités, qu’elles soient locales ou centrales. Une bonne part de la population locale estime que cela favoriserait le développement de la station de ski et créerait des emplois. Le premier gouvernement Borissov et le gouvernement Orecharski partagent le même avis. Mais… il n’est pas si simple d’autoriser ce que la loi interdit. La Loi sur les territoires protégés et le Plan de gestion du parc national de Pirin interdisent toute construction neuve dans les limites de ce dernier. En outre, la société civile reste particulièrement vigilante sur le sujet.
Hier, la question du téléférique a été de nouveau mise sur le tapis. Le ministère du tourisme soutient le développement du tourisme d’hiver et la construction d’un deuxième téléférique à Bansko, en harmonie avec la nature, a déclaré la ministre du tourisme Nikolina Anguelkova lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Selon elle, la Bulgarie doit tirer profit de son potentiel de tourisme de ski parce que celui-ci attire des touristes solvables. Sa position a été partagée par Krassen Kralev, ministre de la jeunesse et des sports, qui a estimé que la construction d’un deuxième téléférique à Bansko, dans le strict respect du cadre juridique national et européen, « calmera les esprits » et créera des conditions adéquates pour le développement du tourisme et du sport de ski. Le groupe de travail interministériel qui a été formé devrait se prononcer d’ici le 15 février.
Aujourd’hui, une délégation de Bansko, conduite par le maire de cette commune Gueorgui Ikonomov, est venu plaider sa cause au plus haut niveau. « Gagnez le soutien des écologistes, convainquez-les avec des arguments à l’appui du besoin d’un nouveau téléférique », leur a conseillé le premier ministre Boïko Borissov. « Le développement du tourisme doit être compatible aux exigences de protection durable des ressources naturelles. Il faut chercher des solutions écologiques et économiques profitables en vue du développement des régions bulgares », a pour sa part souligné le président de la République Rossen Plevneliev. (tous journaux, dnevnik.bg)

L’ECHEANCE
LA DANSE COMPLIQUEE DES REFORMATEURS AVEC LE GERB AUX ELECTIONS LOCALES

La prochaine échéance électorale en automne 2015 mobilise les partis politiques. ABC tend la main au PSB. Le Bloc réformateur déclare convoiter six ou sept postes de maires dans des chefs-lieux de région et une cinquantaine dans des communes moins importantes.
Si le schéma de la répartition des voix aux élections législatives en octobre dernier se reproduisait aux élections locales en 2015, il n’est pas impossible que le GERB conserve et élargisse sérieusement son influence dans les collectivités territoriales. Obtenir tous les postes de maires dans toutes les villes régionales en dehors des bastions du MDL est une perspective réelle qui s’ouvre devant ce parti. Or, il n’y a pas de comparaison possible entre la situation à la veille des dernières élections locales et celle d’aujourd’hui. La formule de coalition oblige le GERB à faire dans une certaine mesure la révérence à ses partenaires. Un jeu en solo de la part de GERB sans aucune concession à l’égard du Bloc réformateur risque de donner lieu à des tensions. Les relations entre les ces deux formations politiques et les négociations en vue d’un éventuel soutien aux élections locales constitue le premier grand défi que les réformateurs auront à relever pendant cette année électorale. Leur aspiration à six ou sept postes de maires de chefs-lieux ne pourrait être exaucée qu’avec l’aide de GERB qui n’ignore pas pouvoir remporter la victoire dans la plupart des grandes villes sans leur soutien.
Préserver leur identité dans l’ombre de GERB est le deuxième grand défi. Le GERB dispose actuellement d’édiles accomplis tant dans les grandes villes que dans les petites localités. Par conséquent, les réformateurs devraient proposer une alternative afin de remporter au moins un succès d’estime. Il est difficile d’imaginer que, dans l’hypothèse où les réformateurs soutiennent le candidat GERB à la mairie tout en constituant leur propre liste de conseillers municipaux, l’électeur ayant donné son suffrage pour le maire de GERB choisisse la liste du Bloc. Ces derniers jours on entend des appels aux réformateurs pour qu’ils ne désignent pas de candidat à la mairie de Sofia. Ce qui paraît de bon sens, compte tenu les deux mandats réussis de Mme Fandakova et la confiance dont elle jouit. Néanmoins, Sofia symbolisant « l’espace bleu » est la ville qui concentre un tiers des électeurs du Bloc et lui assure le soutien le plus fort. Ne pas désigner de candidat à la mairie de Sofia porterait un coup à l’identité de cette formation politique et reviendrait à abdiquer la confiance qui lui a été faite aux législatives.
Le troisième défi est relatif à l’homogénéité du Bloc. Indépendamment des grandes divergences, les conflits entre les partis au sein du Bloc semblent s’atténuer, au moins publiquement. Certes, cette tendance d’accalmie est surtout prononcée au niveau central tandis que des conflits chroniques couvent dans les régions. Ce sera aux leaders d’y remédier afin d’éviter tout impact sur les résultats électoraux du Bloc.
Enfin, les réformateurs ont toujours suscité l’intérêt des observateurs lorsqu’il s’agit du vote préférentiel. La préférence est susceptible de miner la paix fragile entre les différents partis au sein du Bloc mais peut constituer une chance. C’est à cause d’elle que se sont mobilisés aux européennes les deux partis les plus importants du Bloc (Démocrates pour une Bulgarie forte et le Mouvement Bulgarie aux citoyens).
Les défis à relever par les réformateurs aux élections locales sont importants et ne doivent pas être sous-estimés, la représentation du Bloc dans les collectivités territoriales étant cruciale pour son affirmation dans le paysage politique bulgare. (Troud)

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Dernière modification : 05/02/2015

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