Jeudi 10 juillet

LA GRELE

LE DISPOSITIF D’ALERTE PRECOCE EST RESTE MUET ; LES ASSURANCES CHIFFRENT LES SINISTRES A PLUS A DES MILLIONS DE LEVA

L’averse de grêle qui s’est abattue mardi sur Sofia, a coûté la vie à une personne, en a blessé quarante autres et a causé d’importants dégâts sur des centaines de bâtiments et des dizaines de milliers d’automobiles. Selon Sega, la note sera assez salée. Les compagnies d’assurances chiffrent les dommages constatés jusqu’à présent à plus de 50 millions de leva, informe Capital Daily. Mais selon des assureurs automobiles qui sont en train de traiter les demandes d’évaluation, le remboursement des sinistres leur coûtera quelque 100 millions de leva et se répercutera sur leur résultat. Selon le même journal, tous les assureurs ont déclaré qu’ils seront en mesure de faire face à ces dépenses : à part les réserves, dont ils disposent, la plupart d’eux sont réassurés.
Les compagnies ont allongé les délais prévus pour la constatation des dégâts et ont simplifié la procédure (par exemple, aucune attestation d’intempéries, délivrée par l’Institut national de météorologieet d’hydrologie, n’est demandée aux victimes).
Sega a enquêté sur la réaction des autorités. L’information qu’un orage était sur le point d’éclater sur la capitale, recueillie à l’aide de radars, s’est perdue entre les institutions, constate le journal.
L’Agence de lutte contre la grêle a repoussé toute responsabilité. « Nous avons informé les forces aériennes, la protection civile et l’Institut national de météorologie et d’hydrologie qu’un nuage de grêle s’approchait de Sofia, mais l’alerte à la population relève de la responsabilité d’autres institutions », a déclaré son directeur.
Le directeur de la Protection civile a expliqué, pour sa part, que le dispositif d’alerte précoce ne s’était pas déclenché parce que cela nécessite quinze minutes, alors que le nuage de grêle s’était formé en sept ou huit minutes.
L’Institut national de météorologie et d’hydrologie a annoncé que deux heures avant que la grêle ne s’abatte sur la ville, l’information d’un orage imminent avait été transmise à la radio nationale qui l’avait diffusée.
Hier, le gouvernement a approuvé une enveloppe complémentaire de 1,2 millions de leva pour l’achat de fusées anti-grêle. (Sega, Capital Daily)

LE MAGOT

LE PSB ET LE MDL SE DISPUTENT LE FONDS AGRICULTURE

La presse bulgare rend largement compte du blocage du fonctionnement du Fonds Agriculture (sous la tutelle du ministère de l’agriculture et de l’alimentation) à cause de la « guerre entre le PSB et le MDL » et conclut que « cette nouvelle dégradation des relations entre le ministre Grekov et la direction du Fonds pourrait entraîner la perte de plusieurs millions d’euros destinés au secteur de l’agriculture ».
Sega explique que « derrière la guerre entre le ministre de l’agriculture et le directeur du Fonds Agriculture, on perçoit une opposition entre le MDL qui soutient le ministre et le PSB qui est derrière la direction du Fonds ». Le ministre avait à plusieurs reprises demandé les démissions du directeur Miroslav Nikolov et de son adjointe Violeta Alexandrova à cause de projets qu’ils auraient retardés. Eux, pour leur part, l’ont accusé de s’ingérer et de faire du lobbying en faveur de sociétés appartenant à des personnes proches de lui. Les deux camps ont même signalé au parquet des faits les compromettant mutuellement. Ces signalements ont contraint le premier ministre à les convoquer et à leur imposer de se réconcilier. Le ministère de l’agriculture avait fait état dans un communiqué du consensus auquel les deux parties hostiles étaient arrivées ainsi que de leur volonté de travailler conjointement en faveur des agriculteurs bulgares.
Or, hier, lorsque, pour la première fois depuis deux semaines, le quorum au sein du Fonds a pu être réuni, la séance « a tourné à la farce », relèvent les quotidiens. Au tout début de la séance, dont l’ordre du jour prévoyait le déblocage de 60 millions de leva pour la vaccination des animaux et de 4,3 millions de leva de compensations pour les agriculteurs dont les terrains ont été endommagés par les catastrophes naturelles, le ministre Grekov aurait demandé les démissions du directeur du Fonds et de son adjointe qui, refusant de les donner, ont quitté la salle. M. Nikolov, interviewé, a expliqué que « donner sa démission signifierait trahir les agriculteurs qui attendent leurs subventions ». Puis, il a précisé que cette réunion (qui n’a duré que 15 minutes) n’avait pu aborder qu’un seul point de l’ordre du jour (« le premier et le seul »), notamment celui de leur démission. Le cabinet du ministre s’est refusé à tout commentaire alors que le service de presse s’est contenté d’annoncer que les membres du Conseil d’administration assistant à cette réunion ont donné leur démission en signe de désaccord avec le refus de Nikolov de démissionner. Une thèse qui selon Capital Daily « serait peu plausible » car au lieu d’exprimer leur désaccord, ils auraient pu voter la démission de la direction du Fonds. Selon les sources informelles de Capital Daily, six sur les dix membres du conseil d’administration (CA) du Fonds avaient été remplacés de manière à ce que la domination du MDL au sein du CA soit assurée.
Hier, certains députés du PSB, avant cette passe d’armes, avaient accusé les médias de spéculations. En revanche, le député du PSB, Strahil Anguelov, avait observé dans une interview pour l’agence Focus que « les choses ne vont apparemment pas bien au Fonds Agriculture. Le retard du traitement des dossiers dont les usagers se plaignent tous les jours constitue un risque pour la réalisation de nombreux projets et particulièrement de ceux qui concernent l’infrastructure. Le fonctionnement du conseil d’administration est saboté – l’absence de quorum ne permet la prise d’aucune décision. J’ai l’impression que le MDL et le PSB se disputent le Fonds. ». (tous journaux)

LE CHOIX

GRANDES MANŒUVRES ET COUPS TORDUS CHEZ LES SOCIALISTES DANS LA PERSPECTIVE DE L’ELECTION D’UN NOUVEAU PRESIDENT DU PARTI

Après avoir choisi d’embrasser la carrière de député européen et de renoncer, après treize ans à la tête du PSB, à son poste de président, Sergueï Stanichev a réussi à garder ses positions de chef de l’alliance électorale créée en 1999 par le PSB sous le nom de « Coalition pour la Bulgarie ».
Lundi dernier, écrit Standart, c’est-à-dire un jour à peine après l’annonce de la démission de M. Stanichev de la présidence du PSB, une réunion s’est tenue entre les présidents des huit partis formant la coalition (PSB, Sociaux-démocrates bulgares, Mouvement pour l’humanisme social, Sécurité et intégration européenne, Parti communiste de Bulgarie, Union agrarienne « Alexandre Stamboliïski », Nouvelle aurore et Euroroma). Ils ont réélu à l’unanimité M. Stanichev à la tête de cette coalition largement dominée par le PSB et ont salué ses propositions d’ouvrir la coalition à de nouveaux partenaires, tout en changeant son nom.
Le même journal annonce le lancement officiel d’un nouveau courant idéologique au sein du PSB. Dénommé « Russophiles », il s’est constitué au lendemain de la visite à Sofia du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov et a élu à sa tête Alexandre Simov (candidat au Parlement européen sur la liste du PSB et membre du Mouvement national des russophiles). La nouvelle plateforme réunit des députés socialistes, gouverneurs régionaux, chefs de cellules du parti, etc. et a été officiellement enregistrée au secrétariat du PSB conformément aux Statuts de ce dernier.
Par ailleurs, Capital Daily consacre tout un article aux prétendants à la présidence du parti socialiste. « Au PSB, on ne se rappelle pas une bataille aussi acharnée comme celle-ci. Les prétendants et leurs soutiens ne dédaignent aucun moyen et recourent même à des accusations de dépendances oligarchiques ou affairistes. D’aucuns font allusion à des marchés conclus avec le MDL », souligne le journal.
La candidature de Dragomir Stoïnev, est considérée comme « officiellement » lancée par le président sortant. Ce fait, estime le journal, a exacerbé les relations au sein du parti. Après la pression exercée par M. Stanichev sur certains de ses proches pour les dissuader d’entrer en concurrence avec M. Stoïnev pour le poste, les « amis » se sont dressés contre lui. A ce stade, trois personnes ont officiellement annoncé qu’ils se porteront candidats à la présidence du parti. Ce sont Dragomir Stoïnev et les députés Maya Manolova et Yanaki Stoïlov.
Toutefois, un coup dur a été porté à la candidature de M. Stoïnev. Selon les rumeurs qui circulent, il serait en liaison très étroite avec le député Delian Peevski. Même l’ancien président de la République (2002-2012) Gueorgui Parvanov, leader d’ABC, a déclaré au micro de Nova TV que les candidatures pour faire partie du gouvernement actuel (du ministre de l’Intérieur Tsvetlin Yovtchev et du ministre de l’Economie et de l’Energie Dragomir Stoïnev) avaient été « imposées » au PSB par le MDL. Selon M. Parvanov, il suffirait de regarder les sociétés retenues comme sous-traitants du projet South Stream pour voir que M. Peevski a son mot à dire non seulement sur ce projet, mais aussi sur tout le secteur énergétique. Les liens étroits entre MM. Stanichev et Peevski sont également évidents, a estimé l’ancien président.
Des bruits de plus en plus insistants courent au sein du PSB pour affirmer que la lutte pour la présidence du parti se livrera entre des candidats « pro » et « anti » Peevski. Et Yanaki Stoïlov l’a bien exprimé, souligne le journal : « Un des principaux critères pour le nouveau leader – et je réponds à ce critère – c’est l’indépendance vis-à-vis d’intérêts affairistes […] Un politicien fort ne doit être commode pour personne ». (Standart, 24 Tchassa, Capital Daily)

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Dernière modification : 10/07/2014

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