Jeudi 11 septembre

LE RETOUR

KTB : LE FONDS OMANAIS, 2e ACTIONNAIRE DE LA BANQUE, PROPOSE UN PLAN DE SAUVETAGE

A la suite des lettres, envoyées le 22 août dernier par la Banque nationale de Bulgarie (BNB) aux deux plus grands actionnaires de la KTB, à savoir la société de droit bulgare Bromak et le Fonds souverain omanais, leur demandant de proposer un plan de redressement de la banque sous tutelle, une première réponse est parvenue hier. Envoyée par le fonds EPIC, « consultant financier aux droits exclusifs représentant un consortium formé entre le fonds souverain omanais (State General Reserve Fund), des actionnaires non désignés et des investisseurs potentiels », elle contient une proposition de restructuration de la KTB et de signature d’un accord de non-divulgation entre EPIC, le gouvernement bulgare et la BNB, qui permettra au consultant d’avoir accès à des informations confidentielles sur la banque et d’entamer des négociations avec les autorités compétentes en vue du redressement de celle-ci. Selon le site Capital.bg, EPIC aurait également demandé que le plan de redressement à proposer soit traité comme confidentiel et qu’il réponde aux règles de l’UE d’aide d’Etat.

Dans un communiqué officiel, la BNB souligne l’importance de cette lettre, tout en indiquant qu’elle ne renferme pas de paramètres d’engagements financiers ou juridiques. La banque centrale informe également qu’à la date d’hier, aucune déclaration d’intention de participation au redressement de la KTB ne lui était parvenue de la part de Tsvetan Vassilev, le propriétaire unipersonnel de Bromak.
Sur la radio nationale, BNR, Emilia Milanova, ancien sous-gouverneur de la BNB en charge du contrôle prudentiel, a estimé hier que, même si le conseil d’administration de la banque centrale se dit indépendant, ses décisions démontrent une profonde méconnaissance de la mission prudentielle du régulateur.

La mise sous surveillance spéciale d’une banque, souligne Mme Milanova, est une mesure de courte durée (NDR : la KTB est sous tutelle depuis le 20 juin dernier). « On met la banque sous surveillance spéciale vendredi et lundi elle rouvre. C’est ce qu’on fait partout dans le monde et c’est ce que nous avions en vue en rédigeant la loi [sur les établissements de crédit] », ajoute-t-elle. « Et maintenant, voyez ce qui se passe : depuis trois mois on ne fait rien pour redresser la banque, il n’y a pas de procédure de redressement ! Et à la fin de ces trois mois, on pense à prolonger la mesure ».

De surcroît, on prend une mesure à l’égard d’une banque sans connaître le fond du problème : absence de liquidité ou problème de capital ? Selon Mme Milanova, la KTB souffre de problèmes de liquidité et la BNB devrait immédiatement mettre fin à la surveillance spéciale, une mesure plus appropriée aux problèmes de capital, et résilier les contrats avec les auditeurs pour envoyer ses propres équipes et constater sur place l’état financier de la banque. Si la BNB n’entreprend rien, le capital de la banque peut s’éroder, dit-elle. La procédure de liquidation judiciaire sera l’option la plus coûteuse, observe Mme Milanova. Le fonds garantissant les dépôts s’en trouvera vidé mais son argent ne suffira pas et le gouvernement devra combler le manque. En revanche, en cas de procédure de redressement, ce fonds ne sera sollicité que partiellement et pourra même ultérieurement se faire rembourser. (Capital Daily, Pressa, capital.bg, dnevnik.bg)

L’URGENCE

LE REMBOURSEMENT DE 1,6 MILLIARDS DE LEVA DU PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT DES ZONES RURALES SUSPENDU A LA SELECTION D’UN AUDITEUR PAR LE MINISTERE DE L’AGRICULTURE

Le risque demeure pour la Bulgarie de perdre 1,650 milliards de leva de subventions déjà payées par l’Etat bulgare dans le cadre du programme de développement des zones rurales. La Commission pour la protection de la concurrence a annulé, suite à une contestation introduite par deux soumissionnaires, le troisième l’appel d’offres (en un an et demi) de sélection de l’auditeur (autorité de certification). Lancée en juin dernier, cette dernière procédure était pour un montant de 5,5 millions de leva et pour une période de cinq ans (voir aussi notre revue du 22 juillet).

Le programme de développement des zones rurales finance des projets soutenus par des agriculteurs et des communes. Il est géré le Fonds « Agriculture » qui effectue également les paiements. Pour que les montants avancés soient remboursés par la Commission européenne, les paiements doivent être audités par un contrôleur indépendant et le rapport d’audit doit être envoyé à Bruxelles d’ici le 15 janvier prochain. Les trois tentatives du ministère bulgare de l’agriculture d’organiser un appel d’offres pour sélectionner un auditeur ont fini en queue de poisson à cause d’erreurs sérieuses et d’incompétence administrative, estime Sega dans son numéro d’hier.

Se référant à une déclaration du ministre de l’agriculture et de l’alimentation Vassil Groudev, Pressa annonce aujourd’hui que l’autorité de certification sera choisie par une procédure de gré à gré à laquelle seront conviés de participer quatre grandes sociétés d’audit. Le choix devrait être rendu public début octobre. (Sega, Pressa)

LE MENAGE

LE GOUVERNEMENT BLIZNACHKI : L’ART DE DEBLAYER LE TERRAIN

Avant-hier, le gouvernement Bliznachki a nommé sept nouveaux gouverneurs régionaux, portant ainsi à seize (sur 28) le nombre de gouverneurs remplacés depuis sa venue au pouvoir. Au motif que leurs noms figurent sur les listes des candidats aux élections, le conseil des ministres a libéré de leurs fonctions les gouverneurs de Choumen, Gabrovo, Razgrad, Silistra, Sofia-région, Targovichté et Veliko Tarnovo.

Sega ne voit rien de plus normal dans le fait qu’un nouveau gouvernement remplace ses propres représentants à la tête des régions. « M. Bliznachki a tout à fait raison de dire qu’il n’y a rien de scandaleux dans ce changement et que celui-ci s’impose puisque le pouvoir exécutif doit avoir confiance dans les gens qui le représentent et cela à plus forte raison encore en période électorale ».

Toutefois, continue le journal, la valse des cadres semble prendre des dimensions assez importantes au point qu’on se demande si le « balai de Bliznachki » ne fait pas le ménage en lieu et place d’un prochain gouvernement GERB. « Le cabinet de M. Bliznachki est tout ce que vous voulez, sauf un gouvernement intérimaire. Remplacements massifs de cadres, annulation de marchés publics, rédaction de projets de loi… Est-ce qu’un gouvernement aux compétences restreintes ferait tout cela s’il n’avait pas la bénédiction de ceux qui vont lui succéder ? Sur fond de déclarations tarabiscotées à propos des priorités, faites par le président de la République et par les ministres intérimaires eux-mêmes, déblayer le terrain devient la tâche principale du gouvernement Bliznachki ».

Ce qui impressionne Sega, par ailleurs, c’est qu’à la place des cadres sortants, on rétablit systématiquement d’anciens cadres du GERB, souligne le journal. Il est peu probable que ce soient des nominations à titre provisoire et, très vraisemblablement, il s’agit de personnes qui, après la mise en place du prochain gouvernement, resteront à leur poste. « Les nominations sont faites de façon tellement rapide qu’elles trahissent la préparation. Il est rare de les voir soulever des critiques politiques particulières en dehors des milieux PSB. On peut en déduire qu’elles ont été concertées avec de futurs partenaires de coalition », estime Sega.

Plus loin, le journal rappelle que le Bloc réformateur avait récemment demandé que les postes de premier ministre, ministre de l’intérieur et ministre des finances soient confiés, dans le prochain gouvernement, à de nouvelles figures. Et ce n’est pas par hasard, dans le gouvernement Bliznachki, deux ministères aux missions régaliennes – intérieur et défense – ont été confiés à des personnes proches à des partis politiques entrant dans la composition du Bloc. « Autrement dit, on peut s’attendre à voir se réaliser, au moins en partie, les conditions ‘posées’ par le Bloc réformateur », conclut le journal. (Sega)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 09/12/2016

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