Jeudi 12 juin

LA SUSPENSION

LA CONFUSION EN ATTENDANT QUE TOMBE LE COUPERET

La démission dès cette semaine du gouvernement, annoncée par le leader socialiste Sergueï Stanichev il y a deux jours (voir notre revue d’hier) n’a pas trouvé de soutien au sein du PSB. La tenue d’élections anticipées en juillet, dont la préparation semble impossible, n’enthousiasme pas non plus les membres de ce parti. Toutefois, le PSB a donné un mandat à son dirigeant de négocier avec les autres forces politiques et avec le président de la République la date la plus prochaine possible pour un nouveau scrutin, écrit Capital Daily.
Sega fait remarquer que la motion de censure, déposée par le GERB et débattue hier au parlement, a été vidée de son sens dès le moment où les deux partis au pouvoir, le MDL et le PSB, avaient rendu le verdict : le pays doit se rendre le plus rapidement possible aux urnes. La motion n’a pas de chance d’aboutir, souligne ce journal, même si Ataka décide de voter « pour », comme le laissent présager des commentaires récents de son leader Volen Siderov.
Selon le député PSB Gueorgui Kadiev, qui vient d’annoncer sa démission à la fois du parlement et du Conseil supérieur de son parti, la fin du gouvernement est devenue inévitable après le retrait du soutien du MDL et du PSB. « Peu de gens savent pourquoi ce soutien a été retiré. Lorsque Tsvetan Vassilev (le propriétaire de la banque KTB) et Delian Peevski s’entendent, le PSB se porte bien. A tort ou à raison, mais je vois une telle dépendance. Ces deux hommes dirigent dans une large mesure la politique en Bulgarie », a-t-il confié à la Nova TV (cité d’après dnevnik.bg).
D’ici la dissolution du parlement, des députés ont calculé qu’il y a au moins onze projets de lois à adopter en toute urgence. Parmi eux, la loi sur la protection des consommateurs, la loi sur la protection de la concurrence, la loi sur les ressources minières, etc. La loi sur le ministère de l’Intérieur devrait être également réexaminée suite au veto présidentiel.
Cependant, observe Pressa, les députés ne semblent pas vouloir se hâter de procéder à la nomination d’un inspecteur général des services judiciaires (le mandat du dernier titulaire de ce poste a expiré en janvier 2013), même si les deux candidates ont déjà été auditionnées par la commission des affaires juridiques il y a dix jours.
Le GERB demande la démission du gouvernement d’ici avant mardi au plus tard, lorsque se réunira le Conseil consultatif de sécurité nationale, a déclaré la vice-présidente de ce parti, Tsetska Tsatcheva. Les députés de son parti ne participeront, au parlement, qu’à l’examen de textes relevant d’un agenda minimal que doit mettre au point le Conseil consultatif.
Par ailleurs, l’Assemblée nationale a procédé hier à la nomination des huit membres de la Cour des comptes après que les partis au gouvernement ont refusé au GERB d’ajourner ces nominations en échange du retrait de la motion de censure. Les candidatures, proposées par le PSB, le MDL et Ataka suivant la formule 4 :4 :2, ont suscité de vives critiques de la part de l’opposition qui a fait valoir que les membres d’une institution aussi importante, ayant un mandat de sept ans, ne devraient pas être élus en pleine crise politique.
Pendant ce temps, le premier ministre prend soin de ne pas interférer dans le débat parlementaire, note l’agence novinite.com. Selon bTV, il serait prêt à remettre sa démission la semaine prochaine, en fonction des conclusions qu’arrêtera à son sujet le Conseil consultatif de sécurité nationale. (tous journaux, dnevnik.bg, novinite.com)

LE TUYAU

UNE CENTAINE DE SOCIETES BULGARES ONT SIGNE DES CONTRATS DE SOUS-TRAITANCE POUR LA CONSTRUCTION DU GAZODUC SOUTH STREAM DONT LES TRAVAUX PREPARATOIRES SE POURSUIVENT…

Entre 80 et 100 sociétés bulgares ont déjà été engagées comme sous-traitants par le consortium russo-bulgare Stroïtransgaz, retenu pour construire la partie bulgare du gazoduc South Stream, annonce EN une Troud en se référant à des informations en provenance de la Chambre bulgare du bâtiment et des travaux publics.
Selon le directeur exécutif de celle-ci, Ivan Boïkov, il y a trois ou quatre semaines (bien avant le 27 mai, date à laquelle le nom du soumissionnaire retenu était officiellement communiqué, souligne le journal) l’entreprise russe Stroïtransgaz avait contacté la chambre en lui demandant de proposer des compagnies de construction bulgares pour la mise en œuvre du projet. « On nous a demandé de sélectionner des PME avec un chiffre d’affaires de moins de 3 millions de leva », explique M. Boïkov tout en affirmant que les contrats avec ces entreprises, spécialisées en BTP et localisées en Bulgarie du Nord (par où doit passer le tuyau), ont déjà été signés.
La question reste encore sans réponse de savoir si la compagnie de projet « South Stream Bulgarie » a, pour sa part, signé un contrat avec le consortium russo-bulgare Stroïtransgaz. Depuis trois jours, la compagnie de projet et son actionnaire bulgare, la BEH, gardent le silence le plus absolu, souligne Troud.
Le même journal signale par ailleurs que les travaux préparatoires près de Varna se poursuivent même après l’annonce officielle du Premier ministre Orecharski, il y a quelque jours, selon laquelle la Bulgarie suspend la construction du gazoduc jusqu’à la clarification de tous les points suscitant la préoccupation de la Commission européenne (voir notre revue du 9 juin dernier).
Selon une déclaration du leader du GERB Boïko Borissov, cité par 24 Tchassa, si son parti revient au pouvoir, le contrat avec le maître d’œuvre Stroïtransgaz sera résilié et un nouvel appel d’offres sera lancé. Demain, le Premier ministre Orecharski et le ministre de l’Economie et de l’Energie Stoïnev vont répondre devant les députés à l’interpellation adressée par le GERB au sujet du projet South Stream. (Troud, 24 Tchassa, Standard)

L’IRRITANT

LE RESEAU DE PROTESTATION, FER DE LANCE DE LA CONTESTATION ENTAMEE IL Y A UN AN, NE BAISSE PAS LES BRAS

Quatre sympathisants du Réseau de protestation (http://www.protestnamreja.bg/), ayant acquis une petite partie des actions de la banque KTB, ont pu participer hier à l’assemblée générale de celle-ci. Grâce à leur statut d’actionnaires, ils ont eu la possibilité de poser des questions au conseil d’administration de la banque, notamment à combien s’élèvent les fonds déposés par des entreprises contrôlées par l’Etat et si la banque finance des sociétés ayant dans leur portefeuille des médias.
Le propriétaire majoritaire de KTB, Tsvetan Vassilev, ne participait pas à l’assemblée. Selon le témoignage du Réseau de protestation, l’atmosphère y était tendue et les dirigeants accueillaient avec hostilité les questions de ces représentants de la société civile. Pour l’instant, l’information obtenue ne peut être communiquée en raison de la loi interdisant toute divulgation avant la publication officielle du procès-verbal de l’assemblée générale pour les sociétés cotées en bourse.
Le Réseau de protestation, un des principaux moteurs de la protestation civile depuis un an, se définit sur son site comme « un milieu et un outil d’auto-organisation des citoyens confessant une position indépendante, sans considération de sexe, race ou préférence politique, et protestant contre toute injustice ». Il y a quelques mois, ses membres avaient saisi le parquet sur des informations, tirées de publications dans les médias et des registres publics (patrimoine, actifs détenus dans des zones offshore, trafic d’influence, prêts octroyés à des personnes liées au-dessus des limites légales, etc.), selon lesquelles un « groupe criminel organisé » s’était mis en place entre et autour du dirigeant et propriétaire majoritaire de la KTB, Tsvetan Vassilev, du député MDL Delian Peevski et de l’ancien journaliste et actuel chef de parti Nikolaï Barekov (voir notre revue du 26 février dernier).
A ce propos, Capital Daily informe que, de source judiciaire, ces trois personnes ont déjà été auditionnées et des procureurs « travaillent de façon active » sur le signalement introduit.
Le Réseau de protestation organise une vaste manifestation ce samedi, 14 juin, pour marquer une année de contestation civile en Bulgarie. Et ceci, alors que la revendication qui avait fédérée les protestataires, la démission du gouvernement, est en passe d’aboutir. « Je n’ai pas de problèmes avec celui qui dirige [le pays], mais avec la façon dont il dirige. Ce sont les hommes politiques qui doivent créer le cadre légal et non les banquiers, résume Teodor Mikhaïlov, membre de ce Réseau. (Capital Daily, Troud, Standard, Nova TV)

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Dernière modification : 12/06/2014

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