Jeudi 17 avril

LA LISTE

DELIAN PEEVSKI NUMERO DEUX SUR LA LISTE DU MDL AUX EUROPEENNES

Hier, le MDL a procédé à l’élaboration en public de sa liste pour les élections européennes. A cette « parfaite mise en scène électorale », d’après l’expression de Sega, étaient invités certains médias et les leaders des structures locales du MDL.
La rencontre a été inaugurée par le leader du MDL, Lioutvi Mestan, qui a formulé l’objectif imminent pour le parti, à savoir maintenir ses positions au Parlement européen (3 eurodéputés), tout en faisant des efforts d’y obtenir un quatrième siège. Ces élections seront également interprétées dans le contexte de la situation nationale et du sort du gouvernement Orecharski après le scrutin, a ajouté M. Mestan, cité par Capital Daily.
Ensuite, le leader du MDL a abordé la candidature du député Delian Peesvki en soulignant l’écart important entre le prestige dont celui-ci jouit au sein du MDL et l’opinion qui prévaut à son égard en dehors du parti. Pour M. Mestan, l’image satanique de D. Peevski, créée au sein de la société, n’a rien à voir avec la réalité. Il a rappelé, en outre, qu’en incluant le nom de Peevski sur sa liste, le MDL risque de se retrouver dans une situation politique sérieux, comme celle de l’année dernière, lorsque la nomination du député à la tête de l’Agence nationale pour la sécurité nationale avait déclenché un important mouvement de protestation. Mais ce n’est pas l’état-major du MDL qui désigne aujourd’hui M. Peevski, ce sont les structures régionales, a-t-il conclu.
En effet, sur les 28 organisations régionales, 25 (26 d’après 24 Tchassa) avaient accordé leur préférence au député Delian Peevski pour la liste électorale du MDL. Les autres candidatures les plus acclamées étaient celles d’Ilhan Kyoutchouk, leader de l’organisation des jeunes du parti (28 voix), l’eurodéputée Filiz Hiousmenova (18 voix), le vice-ministre de la Défense Nedjmi Ali (18 voix), la ministre de l’Environnement et de l’Eau Iskra Mikhaïlova(14 voix).
Bahri Youmer, leader du MDL a Kardjali, a parlé de la bonne réputation de D. Peevski auprès de la population qui voit en lui un « defenseur ». Selon le leader de Plovdiv, G. Daloolou, d’autres partis politiques envient le MDL pour des gens de qualité comme Peevski. Ilhan Kyoutchouk, le président des jeunes au sein du parti, a marqué le point culminant en déclarant : « Nous voulons que Delian Peevski entre au Parlement européen. Nous voulons que la Vieille Europe voie Delian Peevski » (cité par Capital Daily).
La version définitive de la liste du MDL pour les élections européennes sera prochainement annoncée par l’état-major du parti. Mais les cinq premières places y seront réservées à Filiz Hiousmenova, Delian Peevski, Nedjmi Ali, Ilhan Kyoutchouk et Iskra Mikhaïlova.
L’agence en ligne Meidapool cite les propos du président du groupe des socialistes au Parlement européen, Hannes Swoboda, selon lesquels la candidature de Delian Peevski, bien qu’étant soutenue par un parti et non par un gouvernement, reste difficilement explicable, étant donné les très grandes difficultés que sa nomination à la tête de la DANS avait créées pour le gouvernement bulgare. Sans citer des noms, il déclare sa position très critique vis-à-vis des structures oligarchiques, qu’elles soient en Russie, en Ukraine ou dans un Etat membre de l’Union européenne : il faut qu’il y ait une nette séparation entre pouvoirs économique, politique et médiatique.
Le site Offnews.bg met en avant une publication récente, parue lundi dernier dans le journal autrichien Der Standard.
Une des figures les plus contestables en Bulgarie prépare son retrait à Bruxelles et à Strasbourg, écrit le journaliste Markus Bernath. Il n’est pas clair si ce député de 33 ans quitte de son propre gré la scène politique bulgare. Certains affirment qu’il aurait commencé à gêner Ahmed Dogan et autres acteurs-clés en Bulgarie. D’autre part, le banquier influent Tsvetan Vassilev aurait décidé de prendre ses distances vis-à-vis de Peevski ne voulant plus que le nom de sa banque soit lié aux affaires de M. Peevski et à ses médias, indique le journal autrichien. (tous journaux, mediapool.bg, offnews.bg)

LE DEBAT

NOUVEAU RISQUE DE PERTE DE FONDS EUROPEENS

Si la Bulgarie perdait jusqu’à présent des fonds en raison de son manque de capacité à les absorber dans les délais, c’est pour la première fois qu’elle risque d’avoir à rembourser des fonds déjà octroyés, note Capital Daily dans un article qui résume la conférence de presse donnée hier à ce sujet par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Le montant exact que le pays aurait à rembourser, si ce scénario noir se réalise, n’a pas été évoqué, mais d’après le journal il s’agirait de quelque 400 millions d’euros.
Le programme opérationnel mis en cause est celui du « Développement des zones rurales ». Il s’agit de son dernier exercice, octobre 2012 – octobre 2013, pendant lequel trois gouvernements se sont succédés (celui de Boïko Borissov, le gouvernement intérimaire et le gouvernement actuel). Comme l’autorité de contrôle, ayant audité le programme, a conclu à des lacunes, la Bulgarie doit envoyer à présent ses explications à Bruxelles ; les démarches suivantes de la Commission en dépendront.
Par ailleurs, des dizaines de communes bulgares viennent de recevoir des courriers les informant que des « amendes » leur seront infligées pour des irrégularités constatées dans la gestion de projets relevant du programme opérationnel « Environnement » (voir nos revues du 18 novembre 2013 et du 14 février 2014). Parmi les communes concernées (une cinquantaine au total), sont celles de Sofia, Bourgas, Gabrovo, Kostinbrod et beaucoup d’autres, dont les maires sont des élus GERB.
Ces « amendes » consistent, en fait, en ajustements financiers individuels allant de 5% à 25%. En montants absolus, cela veut dire que chacune des communes sanctionnées aurait à payer entre 1 million et 20 millions de leva. La sanction risquant de ruiner leurs budgets annuels, certaines communes menacent de se pourvoir en justice. Comme tous leurs projets ont été audités et validés par plus d’une autorité, conformément aux règles du programme opérationnel, les maires déclinent toute responsabilité et accusent l’autorité de gestion du programme.
La sanction est d’autant plus imprévue que l’autorité de gestion envisageait jusqu’à récemment encore de compenser la sanction par le budget du programme « Environnement ». Si aucune sanction n’est imposée, la Bulgarie risque de perdre 1,5 milliards d’euros environ dont le paiement a été suspendu par la Commission. (Capital Daily)

LA CONFERENCE

UN NOUVEAU « CONGRES DE BERLIN » EST INADMISSIBLE

Dans une conférence donnée hier à l’Université de Sofia, s’inscrivant dans les festivités du 135e anniversaire de l’adoption de la première Constitution bulgare, le président de la République Rossen Plevneliev a abordé la situation dramatique en Ukraine devant un parterre d’étudiants et de professeurs de la Faculté de droit.
Lorsqu’une grande puissance déstabilise, se taille une sphère d’influence, se dit prête à envoyer des unités d’autodéfense organisées et, trois semaines plus tard, décore au Kremlin les militaires qui ont participé à cette opération, il faut se rendre à l’évidence que quelque chose ne va pas, qu’il est temps de défendre les valeurs et les acquis de l’ordre mondial instaurés au lendemain de la Seconde guerre mondiale.
Quelles sont les leçons tirées par le peuple bulgare du Congrès de Berlin [juin/juillet 1878] ? Etait-il juste, a-t-il répondu aux aspirations nationales ou les grandes puissances ont tout simplement joué leur jeu ? Qui a le droit de décider aujourd’hui du sort de l’Ukraine ? Le peuple ukrainien par des élections équitables […] ou les grandes puissances nucléaires qui parleront de périphérie, centre, sphères d’influences ? Si nous avons bien appris nos leçons […], nous devons nous opposer au scénario d’un nouveau « congrès de Berlin » à l’égard de l’Ukraine. […]
Il ne faut pas permettre qu’on redécoupe des frontières en Europe parce que nous savons tous à quel point il peut être dangereux lorsqu’une grande puissance se met à détruire les fondements de l’ordre de droit international. La situation est grave et difficile et nous devons être à la hauteur de la culture et des acquis démocratiques. Nous devons aussi améliorer nos capacités de défense. Une politique ciblée de déstabilisation est menée aujourd’hui et nous ne pouvons pas rester muets devant elle. La solidarité euro-atlantique est un outil très important qui nous permettra également de protéger la sécurité nationale de la Bulgarie, a conclu le président Plevneliev devant son audience à l’Université de Sofia. (Capital Daily).

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Dernière modification : 17/04/2014

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