Jeudi 19 mars

LA RELANCE

LE PRESIDENT PLEVNELIEV DRESSE LE BILAN DE SES CONSULTATIONS POLITIQUES AVEC LES PARTIS ET PRONONCE UN NOUVEAU PLAIDOYER EN FAVEUR DES REFORMES

Le président de la République Rossen Plevneliev s’est rendu aujourd’hui au parlement pour dresser le bilan de son mois de consultations politiques tenu comme chaque année avec les forces parlementaires. Cette année, le président s’est entretenu avec des représentants de tous les groupes parlementaires, à l’exception de celui d’Ataka qui avait décliné l’invitation.
Soulignant le potentiel de consensus politique au sein de la présente législature, M. Plevneliev a présenté sa vision de réforme du pays ancrée dans des objectifs clairs et des propositions d’amendements législatifs. Il a appelé à des réformes urgentes dans le domaine de la justice sans qu’on touche, faute de temps, à la Constitution. Il a souhaité une nouvelle stratégie de lutte contre la corruption en vue de garantir la stabilité juridique et des régulateurs qui fonctionnent pour attirer des « investisseurs et non des oligarques ». « Le peuple est assoiffé de justice », a souligné M. Plevneliev en rappelant les « crimes horribles » laissés en suspens, dont le processus de changement des noms musulmans pendant les années 1980, la faillite des banques en 1997, l’affaire SAPARD, la faillite de la KTB. « Pas une seule personne condamnée, pas un seul lev recouvré ».
Le président a appelé les partis politiques à s’unir autour de la mise en œuvre de quatre objectifs clés d’ici 2018, à savoir l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen, l’adhésion au mécanisme de change transitoire ERM II de la zone euro, l’adhésion au mécanisme unique de surveillance de l’Union bancaire européenne, la mise en oeuvre des critères sur lesquels se construira l’Union européenne de l’énergie (NB : trois sources indépendantes au minimum de gaz, libéralisation du marché de l’énergie et création d’une bourse de l’énergie en Europe du Sud-Est).
Réaffirmant sa volonté d’initier un referendum sur les règles électorales, le président a indiqué qu’il avait acquis déjà l’accord des partis politiques et qu’un tel referendum se tiendra cet automne, en même temps que les élections municipales.
Selon le président, les problèmes actuels au sein du secteur de l’énergie étaient dus à l’Etat et à la manière dont il avait géré ce secteur jusqu’à présent. Pendant des années, le secteur a accumulé les problèmes menaçant la stabilité financière de l’Etat et la sécurité nationale. Des actes irresponsables d’un groupe de personnes ont fait sombrer le secteur dans la corruption et l’ont conduit à un état de quasi-faillite. La seule issue réside dans les trois mots clés : diversification, libéralisation et efficacité énergétique, a-t-il relevé.
Soulignant le consensus régnant entre les forces parlementaires sur les secteurs à réformer, le président a rappelé les attentes majeures de la nation vis-à-vis de la santé publique et de l’éducation.
Sur le plan de la politique étrangère et de la défense, il a rappelé que l’Union européenne, cette « union démocratique unique en son genre au sein de laquelle les pays ne se divisent pas en grands et petits ou en forts et faibles », reste la seule voie pour la Bulgarie. La sécurité nationale, garantie uniquement dans le cadre du système de sécurité collective de l’OTAN, engage le pays à respecter ses obligations. « L’armée bulgare a besoin d’un budget raisonnable et digne parce qu’investir dans la défense, c’est investir dans la souveraineté nationale et dans la tranquillité des citoyens », a conclu M. Plevneliev. (president.bg, mediapool.bg)

L’APPEL

UNE PETITION DE CENT INTELLECTUELS BULGARES APPELLE L’ASSEMBLEE NATIONALE A RECONNAITRE LE GENOCIDE ARMENIEN

Cent personnalités des lettres, de la culture, des arts et de la science ont signé une pétition adressée au président de la république, à l’Assemblée nationale et au gouvernement dans laquelle ils demandent que la Bulgarie reconnaisse officiellement le génocide perpétré contre les Arméniens (1915-1923).
« Un siècle après la mort d’un million et demi d’Arméniens, nous soutenons avec nos signatures et nos noms une cause juste : que le parlement bulgare condamne et reconnaisse le fait du génocide arménien », lit-on dans la pétition.
Rappelant que la Bulgarie avait jadis compati au sort de ce peuple soumis à l’extermination en ouvrant largement ses portes aux dizaines de milliers de réfugiés arméniens, les auteurs de la pétition énumèrent les nombreux pays, villes, institutions internationales (dont le Parlement européen) qui ont déjà reconnu le génocide arménien.
La lettre porte les signatures d’éminents écrivains et poètes dont Anton Dontchev, Angel Wagenstein, Lioubomir Levtchev, Stefan Tsanev, d’historiens de renom comme Andreï Pantev et les académiciens Konstantin Kossev, Gueorgui Markov et Vassil Guiouzelev, d’artistes (Svetlin Roussev), d’acteurs célèbres (Stefan Danaïlov, Khristo Moutaftchiev), etc.
Par le passé, des projets de résolution sur la reconnaissance du génocide arménien par la Bulgarie ont été périodiquement introduits au parlement bulgare par le groupe parlementaire d’Ataka mais n’ont jamais abouti à un examen en audience plénière. Ataka avait également demandé, il y a tout juste un an, la reconnaissance du génocide des Bulgares dans l’Empire ottoman entre 1396 et 1913. (pik.bg, pressa.bg)

L’INDIGNATION

ILIAN VASSILEV : NOUS AVONS UN PROBLEME MAJEUR

Suite à la demande insistante adressée par le premier ministre aux députés d’amender de façon urgente la loi en vue de nommer un syndic intérimaire de la KTB (voir notre revue du 12 mars), le parlement a effectué hier à la quasi-unanimité les amendements législatifs nécessaires. Ainsi le contrôle sur la KTB sera confié au Fonds pour la garantie des dépôts bancaires qui proposera au juge de nommer à titre intérimaire deux syndics. Ceux-ci remplaceront les administrateurs provisoires nommés en juin dernier par la Banque nationale de Bulgarie (BNB), représenteront les créanciers et assureront la gestion de l’établissement jusqu’à l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire de cette banque et la désignation en bonne et due forme par le tribunal d’un liquidateur judiciaire.
Sur son blog « Ecrit et dit », l’analyste Ilian Vassilev ne cache pas son indignation devant la façon dont un grave problème, celui de la KTB, et ses multiples facettes, est enterré par les politiciens au lieu d’être résolu.
« Il y a un problème lorsqu’à la tête de la BNB nous avons un homme qui n’a pas la confiance de la société, de l’économie et du système bancaire. Quelle est la raison pour laquelle il reste sourd à tous les appels de démission ?
Il y a un problème lorsque le parlement refuse de soutenir une candidature de sous-gouverneur chargé du contrôle prudentiel proposée par le gouverneur contesté de la banque centrale. N’envoie-t-on pas ainsi un signal aux marchés que la Bulgarie manque d’une institution efficace et digne de confiance susceptible de certifier que son système bancaire fonctionne en régime de croisière ?
Il y a un problème quand le parlement lutte contre la banque centrale par le truchement d’amendements législatifs et quand il forme une commission ad hoc pour enquêter sur le « siphonnage de la KTB » mais avec un mandat qui ne lui permettra pas de revenir en arrière pour creuser les actes d’hommes politiques et institutions ayant précédé la mise sous tutelle de la banque. Au train où vont les choses, tous ceux qui sont impliqués dans la combine KTB en sortiront avec un gain. Aussi bien ceux qui ont accéléré l’effondrement par les mesures de surveillance spéciale et la nomination d’administrateurs provisoires dociles que Tsvetan Vassilev lui-même qui conservera ses principaux biens. Et à la fin, c’est l’Etat qui paiera les pots cassés.
Il y a un problème quand au lieu de résoudre à fond le problème – qui est celui des pratiques douteuses, des personnes liées et des conflits d’intérêt entre propriétaires, directeurs de banque et emprunteurs dans tout le secteur bancaire – nous mettons l’accent sur une seule banque en balayant les pistes qui mènent aux autres. Il n’y a pas de problème si les déposants savent qu’il y a de bonnes et de mauvaises banques.
Il y a un problème lorsque le FMI et des facteurs extérieurs entrent de nouveau en jeu après que la Bulgarie s’était débarrassée, il y a près de quinze ans, de leur tutelle. C’est un signe que notre propre capacité à s’autogouverner est mise en question.
Il y a un problème quand les banques bulgares sont devenues étrangères aux besoins des entreprises et se meuvent dans leur propre orbite de logique économique et quand elles continuent à se développer sur le dos des entreprises et des particuliers.
Il y a un problème lorsque les institutions se taisent et autorisent, à une époque particulièrement critique pour la nation, quelques personnes à jouer avec la sécurité nationale et à faire dépendre l’avenir de secteurs entiers de leurs propres intérêts.
Il y a un problème, un problème majeur, qui ne disparaîtra pas tant qu’on feindra de ne pas le voir ». (Capital Daily, http://idvassilev.blogspot.fr,)

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Dernière modification : 19/03/2015

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