Jeudi 2 juin

La Russie

Échec d’une tentative de rapprochement interparlementaire avec la Russie

L’Assemblée nationale a rejeté un projet de décision de promotion du dialogue interparlementaire entre l’Union européenne et la Fédération de Russie, soumis par le PSB. Seuls 49 députés du PSB, d’ABC et d’Ataka ont soutenu le projet, 39 ont voté contre et 39 se sont abstenus. Le Centre démocratique bulgare n’a pas participé au vote. Cette proposition impliquait que les restrictions relatives au déplacement des parlementaires russes soient levées par l’UE afin que la Russie fasse la même chose par réciprocité pour les ressortissants européens interdits en Russie. Selon Kristian Viguenine, qui avait soutenu les sanctions à l’égard de Moscou en sa qualité de ministre des affaires étrangères dans le gouvernement Orecharski, elles n’accompliront pas l’objectif politique à l’origine de leur mise en place mais auront causé des dommages économiques. Aujourd’hui, simple député, l’ancien ministre, a évoqué l’hypothèse du commencement en juillet prochain d’un processus de levée progressive des sanctions.

Selon Velizar Entchev, député non-inscrit, cette hypothèse aurait été également avancée mardi par Frank-Walter Steinmeier, ministre des affaires étrangères allemand, à Moscou. « C’est aussi l’opinion du Parlement européen. Et elle est forcément partagée par les premiers ministres hongrois et italien. Inutile de parler de M. Tsipras qui a accueilli Vladimir Poutine il y a quelques jours afin de conclure plusieurs accords importants en faveur de l’économie grecque. Chypre se solidarise également avec la position grecque. La proposition du PSB est par conséquent européenne et le refus du parlement bulgare de la soutenir ne fait qu’apporter la preuve de la dépendance [outre-]Atlantique de la Bulgarie d’autant plus qu’il n’est question que d’une déclaration de sens politique anodin, retenue par plusieurs parlements d’Etats européens, et non pas d’une proposition de levée des sanctions économiques. »

Tasko Ermenkov du PSB a exprimé sa conviction que beaucoup d’Etats européens vont reconsidérer le mois prochain leur position à l’égard des sanctions et que leurs parlements, à l’instar du parlement français, feront de manière à ce que des restrictions à l’égard des parlementaires soient levées. « Nous serons alors une fois de plus à la queue de l’Europe. La plupart des collègues se sont abstenus de voter dans la mesure où, d’une part, ils se rendent compte de l’absence de bien fondé des sanctions mais, de l’autre, doivent s’exécuter aux ordres de leur chef », a-t-il estimé.

« La société bulgare s’oppose au durcissement des relations avec la Fédération de Russie. C’est pourquoi notre chef d’Etat a dû renoncer à un deuxième mandat. Ses chances ont été réduites à 10% à cause de son ton agressif à l’égard de la Russie », a asséné Valeri Jablianov du PSB.

Dessislav Tchoukalov a appelé à la normalisation des relations avec la Russie qui « nous considère actuellement comme des traîtres ». Lors de sa visite à la télévision Alfa [N.B. l’organe médiatique d’ataka], Kornelia Ninova se serait entendue avec Volen Siderov afin d’entreprendre des actions communes en vue de la levée des sanctions contre la Russie.

« La voie la plus rapide pour résoudre le conflit entre l’UE et la Russie passe par les relations entre les parlements », a déclaré Gueorgui Kioutchoukov d’ABC en affirmant le soutien de son parti à la proposition du PSB.

Djema Grozdanova, présidente GERB de la commission parlementaire des affaires étrangères, a expliqué le silence de son parti par la cohérence de sa position qui est celle des autres Etats membres et qui repose notamment sur la politique commune de l’UE dans le domaine des affaires étrangères et de la sécurité. « La question est de savoir si on accorde la priorité à cette politique commune ou à la décision nationale. (tous journaux, meidapool.bg)

Le plan

Six projets bulgares en compétition pour les fonds du Plan Juncker

Le portail du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FIES), appelé « le plan Juncker », a été officiellement lancé hier à l’occasion du premier anniversaire de cette initiative. Son objectif est de donner une meilleure visibilité aux projets en lice, mais aussi d’attirer de nouveaux investisseurs.

La Bulgarie y figure actuellement avec six projets pour un montant total de 622 millions d’euros, dont aucun n’est encore approuvé. Deux de ces projets sont proposés en partenariat avec d’autres pays.

Le plus grand projet, s’élevant à 432 millions d’euros, a été déposé par l’entreprise publique gérant l’infrastructure portuaire de Varna et prévoit la construction d’un terminal intermodal doté de cinq postes pour navires.

La société publique d’exploitation du réseau d’électricité (ESO) prévoit d’investir 114 millions d’euros dans la construction de lignes de transport d’électricité depuis le site de production Maritsa-Iztok jusqu’à Plovdiv et Bourgas. La même société prévoit également, dans le cadre d’un autre projet estimé à 56,77 millions d’euros, de construire une autre ligne de haute tension reliant la Dobroudja à Bourgas (110 km). Son objectif sera de garantir la sécurité des échanges d’électricité transfrontaliers entre la Bulgarie et la Roumanie.

Le plus petit projet, d’un montant de 19,81 millions d’euros, porte sur la création d’un centre international de développement économique rapide, appelé à s’inscrire dans les objectifs de la « route de la soie » entre l’Asie et l’Europe. Il est soutenu par la commune de Khaskovo (Sud) et sera réalisée par l’entreprise privée Dimteos qui a déjà acquis des terrains dans cette région pour un prix de 2,5 millions d’euros.

Conjointement avec d’autres pays, la Bulgarie a proposé deux autres projets, particulièrement ambitieux. Une initiative alliant la Bulgarie, la Grèce, l’Italie et la Turquie, estimée à 50 millions d’euros, vise la mise en place d’un réseau de cent ports d’hydravions (« Advanced Integrated Regional Seaplane Network ») en Grèce et dans les pays voisins. Il s’agit de jeter les bases, à la fin 2017, d’un transport hydro-aérien en Grèce reliant les îles et les principales villes du littoral. Y participent la société grecque Hellenic Seaplanes SA et d’autres entreprises privées relevant des secteurs du tourisme et des transports.

Le plus grand projet d’investissement s’élève à 2 milliards d’euros et concerne la construction du gazoduc Eastring appelé à transporter du gaz, en tant qu’alternative aux approvisionnements russes, entre l’Europe occidentale et les Balkans. La Bulgarie y a pour partenaires la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Il s’agit d’une initiative privée pilotée par la société slovaque Eustream. Si le projet est approuvé, sa mise en œuvre devra commencer le 31 décembre 2019.

Mediapool note que la Grèce est le pays qui a déposé le plus grand nombre de projets en vue d’obtenir des financements dans le cadre du Plan Juncker : 37 sur un ensemble de 83 projets enregistrés sur le portail du FEIS. Par ailleurs, la Commission européenne a annoncé son intention de prolonger cette initiative au-delà de 2018 vu son succès largement dû à sa capacité de financer les entreprises : 3,5 milliards d’euros distribués en soutien à 141 800 start-ups et petites entreprises depuis son lancement il y a un an et 9,3 milliards d’euros investis dans le co-financement de 64 grands projets d’infrastructure. (Standard, mediapool.bg, euractiv.fr).

La réconciliation

Premiers signes d’un éventuel regroupement de l’espace nationaliste en Bulgarie

Dans une interview pour la BTV, Volen Siderov, président d’Ataka, a annoncé qu’il a approché le Front patriotique pour entamer des pourparlers pour une éventuelle candidature commune pour l’élection présidentielle en octobre prochain et une coalition pour des futures élections législatives. Cette information a été confirmée par l’un des co-présidents de la coalition, Valeri Simeonov (dirigeant du Front national pour le salut de la Bulgarie, qui forme avec l’ORIM le Front patriotique).

En début de semaine, Sega a été le premier à lancer la thèse du début d’un rapprochement entre MM Siderov et Simeonov, anciens amis devenus plus tard ennemis déclarés. Leurs relations tendues ont fait souvent l’objet d’attaques verbales en salle plénière, surtout au début du mandat de ce parlement.

La proposition d’une coalition vise surtout les législatives, mais la prochaine élection présidentielle serait une sorte de test. Selon M. Siderov, les deux formations, qui à présent ont 35 députés, ont le potentiel de faire entrer au futur parlement, grâce à une liste commune, entre 45 et 50 élus. Un tel groupe serait utile à n’importe quel premier ministre et lui donnera le courage d’accomplir des « choses plus grandes, dans le style de Viktor Orbán », a souligné le leader d’Ataka.

Après que M. Siderov a réussi à conclure une transaction avec le Parquet pour se voir lui infliger une peine de probation pour des faits normalement passibles d’une peine de prison jusqu’à cinq ans (voir nos revue du 15 mars et du 11 avril), il a presque disparu de la scène politique, commente Sega. Son rôle de porte-parole de l’espace nationaliste lui a été ravi par Valeri Simeonov. Pendant ce temps, le potentiel électoral des nationalistes est en hausse, vu la situation politique et géopolitique.

Le Front patriotique pourrait choisir de ne pas se représenter à l’élection présidentielle et d’essayer de marchander son soutien au deuxième tour du vote. Mais il pourrait également opter pour une consolidation des acteurs nationalistes. Le deuxième co-président du Front, Krassimir Karakatchanov (dirigeant de l’ORIM) s’était déjà exprimé en ce sens, ajoute le journal.

Une éventuelle coalition avec M. Siderov proposera à chacun des avantages : MM. Karakatchanov et Simeonov pourront se présenter comme les figures du « nationalisme bulgare unifié », tandis que M. Siderov, qui est conscient de l’affaiblissement de son parti, pourrait garantir sa présence dans le futur parlement, analyse Sega. (btv.bg, Sega, mediapool .bg)

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Dernière modification : 03/06/2016

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