Jeudi 20 mars 2014

LE PROCES

AL-WAQF AL-ISLAMI : CONDAMNATIONS POUR DIFFUSION D’ISLAMISME RADICAL

Le tribunal de grande instance de Pazardjik a rendu son verdict dans le procès intenté contre les treize représentants de la fondation Al-Waqf al-Islâmi, non enregistrée officiellement en Bulgarie. Tous ont été reconnus coupables d’avoir participé aux activités d’une organisation dont le but était de professer une idéologie anti-démocratique par le biais du courant salafiste de l’islam. Le tribunal a estimé que cette idéologie s’opposait aux principes démocratiques, à la séparation des pouvoirs et aux droits fondamentaux de l’homme et qu’elle niait le libéralisme. Une condamnation à la peine d’emprisonnement, deux peines avec sursis et dix peines d’amende allant de 2 000 à 5 000 leva ont été prononcées. Ahmed Moussa Ahmed, imam dans le quartier rom de Pazardjik, a reçu la peine la plus lourde : 1 an d’emprisonnement et 5000 leva d’amende.
Tous les condamnés ont déclaré leur intention de se pourvoir en appel.
Ce procès sans précédent, souligne Sega, a commencé en 2012 après une opération de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS, à l’époque dirigée par Tsvetlin Iovtchev) dans quelques villes en Bulgarie du Sud. Toutes les charges recueillies reposaient sur des affirmations d’agents sous couverture de la DANS. Selon le ministère public, le groupe aurait été secrètement financé par des fondations arabes.
Cette affaire avait provoqué une certaine indignation parmi la communauté musulmane bulgare, notamment lors de l’ouverture du procès (voir notre revue du 19 septembre 2012). (tous journaux)

LE BILAN

L’ABSORPTION DES FONDS EUROPEENS PAR LES COMMUNES : REUSSITES ET LIMITES

L’arrivée à échéance de la première période de programmation 2007-2013 dans l’absorption des fonds européens fournit à Capital Daily l’occasion de dresser le bilan des efforts engagés par les communes bulgares dans la mise en œuvre de quelques milliers de projets, sur la base de données fournies par l’Association nationale des communes de Bulgarie.
Pendant ce premier septennat, l’accent a été mis sur la quantité des fonds absorbés. La qualité et les effets recherchés sont restés des préoccupations secondaires. Pour des raisons objectives, le financement européen offrait alors à la majorité des communes en Bulgarie les seules possibilités d’investissement. Et les collectivités locales y ont concentré beaucoup d’efforts. Des unités spécialisées chargées des fonds européens ont étaient créées auprès des administrations locales. Un réseau de quelque centaines d’experts, formés à la gestion de projets européens, a commencé à se mettre en place et à fonctionner.
Aujourd’hui, il n’existe pas de commune qui n’ait pas mis en œuvre un projet financé par les fonds européens. Le nombre moyen des projets instruits par chaque commune est de 27 : un succès dû à la concurrence mal comprise entre les communes, mais aussi au besoin de satisfaire un grand nombre de besoins en l’absence de ressources financières propres.
70% de tous les projets déposés par les communes ont été approuvés. Toutefois, faute de financement propre, seuls 3 800 contrats environ ont été signés, se chiffrant à 9,5 milliards de leva au total – soit pour chaque commune une moyenne de 14 projets pour 36 millions de leva.
Au 31 décembre 2013, le montant de l’aide financière accordée sur ces contrats se chiffrait à 9,1 milliards de leva. Autrement dit, les projets européens mis en œuvre par les communes, représentaient 58% des ressources des six programmes opérationnels, disponibles pendant la période examinée. Le taux d’absorption des fonds au sein des différents programmes est très variable : 91% pour le programme de l’environnement, mais seulement 5% pour le programme de développement des ressources humaines.
A la même date, les communes ont reçu 3,9 milliards de leva, soit 43%, des paiements qui leur sont dus au titre des contrats signés.
57% des financements ont été investis dans le secteur d’alimentation en eau potable et assainissement, 9% dans la gestion des déchets, 8% dans l’amélioration du milieu de vie, 5% dans les transports en commun, 4% dans l’infrastructure scolaire, 3% dans le tourisme et les services sociaux. Les investissements dans la santé publique, la culture et l’infrastructure à risque ne représentent au total que 5%. (Capital Daily)

L’ANALYSE

POUR SOLOMON PASSY, L’OCCIDENT DOIT S’UNIR ET FAIRE PREUVE DE FERMETE FACE AUX AMBITIONS TERRITORIALES DE LA RUSSIE

Dans un entretien pour 24-Tchassa, Solomon Passy, président du Club atlantique, ancien ministre des Affaires étrangères, livre ses réflexions sur les conséquences du « referendum » de Crimée.
Selon lui, l’expansion ainsi réalisée par le président russe n’est qu’une nouvelle mise à l’épreuve de la patience de l’Occident et devrait être suivie par l’acquisition d’autres territoires et eaux territoriales. « Après l’Abkhazie et Ossétie du Sud, annexées en 2008, et, maintenant, la Crimée en 2014, l’escalade normale des aspirations du président russe sont : l’annexion de jure de la Transnistrie (en Moldavie), une décision unilatérale sur les îles Kouriles du Sud (revendiquées par le Japon), l’Ukraine orientale, ainsi que le pôle Nord, qui serait la perle de sa couronne impériale ». [NB : En 2008, la Russie n’a pas annexé l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, deux entités en sécession illégale de la Géorgie, mais a reconnu leur « indépendance ». Ancienne possession japonaise, les Kouriles du Sud ont été annexées par l’URSS en 1945 après la capitulation nipponne.]
Interrogée sur une éventuelle comparaison entre les événements en Crimée aujourd’hui et au Kosovo il y a quinze ans, M. Passy met en avant de fortes différences : « Au Kosovo, il y avait une minorité soumise au génocide et à l’exode depuis des années […], l’action était concertée entre l’OTAN et l’UE et soutenue par de nombreux pays, alors qu’en Crimée nous assistons à une action unilatérale de la Russie. […] La séparation du Kosovo était un élément de la désintégration inévitable de la Yougoslavie. Alors que la Crimée a été retirée à l’Ukraine, un pays reconnu par traité par la Russie en 1994 ».
M. Passy souligne qu’avec la Crimée, la Russie met la main sur des eaux territoriales précieuses. Le redécoupage par la force des frontières en Europe doit être arrêté une fois pour toutes. Nous devons commencer à gouverner, avec des efforts communs, une Europe commune.
Critiquant le côté pusillanime des réactions de l’Occident vis-à-vis de la Russie, M. Passy y voit l’effet de l’égoïsme de la « vieille Europe » qui aurait des intérêts économiques énormes à défendre en Russie : « La Vieille Europe a une vue courte et égoïste, ses dirigeants d’aujourd’hui enfouissent leur tête dans le sable et laissent aux prochaines générations le soin de solder leurs comptes. L’Occident, dans son ensemble, souffre d’un déficit de leaders capables de forger et de mener une politique unique à l’endroit de la Russie. […] Si l’Occident avait été uni, il aurait été plus fort…. ».
M. Passy conclut qu’aucun pays membre de l’UE ou de l’OTAN ne devrait se permettre le luxe d’avoir une politique individuelle à l’endroit de la Russie, parce qu’une telle ligne serait ruineuse pour tous. Seule une politique unie, claire et intransigeante de l’Occident envers M. Poutine peut s’avérer payante. La Bulgarie ne peut être à la tête de cette position commune, cette fonction étant réservée à la vieille Europe. Mais la nouvelle Europe, dont fait partie la Bulgarie, a le devoir de préserver sa sensibilité à l’égard de toute atteinte à la démocratie et l’ordre mondial. « La démocratie est un acquis de luxe et celui qui économise sur son entretien risque non seulement de la perdre, mais aussi de ne rien avoir en retour ». (24 Tchassa)

Word - 157.5 ko
(Word - 157.5 ko)

Dernière modification : 02/05/2014

Haut de page