Jeudi 21 août

LE SCRUTIN

LA PRESIDENTE DE LA CEC : LE VOTE PREFERENTIEL PERMET AUX ELECTEURS DE REORGANISER LES LISTES

Dans les pages de Pressa, Ivilina Alexieva, présidente de la Commission électorale centrale (CEC), répond à des questions portant sur certains aspects techniques du scrutin fixé pour le 5 octobre prochain.
Les élections législatives, déclare Mme Alexieva, permettent le vote préférentiel. Mais à la différence des européennes, le seuil pour ce réarrangement des listes par l’électeur sera de 7% (au lieu de 5%). Une autre différence, c’est qu’en l’absence d’une préférence exprimée, la voix sera comptée au profit de la tête de liste. Cette disposition crée un certain confort pour la personne à la tête de la liste, mais celui-ci n’est pas absolu, relève Mme Alexieva. Tout candidat qui réussit à recueillir un nombre de préférences dépassant 50% du nombre des bulletins valides dans la circonscription où il se présente devancera la tête de liste. Mais si, par exemple, il ne recueille que 40% des préférences, les 60% de voix restant seront automatiquement comptées au profit de la tête de liste.
Sur la base de l’analyse du vote préférentiel lors des dernières élections, on peut conclure que les citoyens recourent à cet instrument, ce qui est positif, estime la présidente de la CEC. Mais il faut que les partis politiques, les médias et les ONGs lancent une campagne de sensibilisation à propos du vote préférentiel. La CEC, pour sa part, s’apprête également à organiser une telle campagne avec force vidéoclips, dépliants et brochures.
Les bulletins de vote seront entièrement fabriqués à l’imprimerie de la Banque nationale de Bulgarie (BNB) qui a déjà informé par écrit la CEC de son intention de ne pas recourir à des sous-traitants.
Après avoir analysé les résultats du scrutin électronique introduit à titre expérimental lors des européennes, la CEC a conclu qu’ils sont convaincants puisque plus de 30% des électeurs ont voté par voie électronique dans les 100 bureaux de vote équipés à cette fin dans deux circonscriptions, relève Mme Alexieva. Maintenant, la commission prévoit d’équiper 500 sections dans dix circonscriptions électorales pour ce vote expérimental qui ne devrait devenir effectif qu’à partir de 2015. Le vote électronique ne permet pas la manipulation des bulletins, souligne-t-elle.
En ce qui concerne le nombre record d’observateurs, enregistrés lors des dernières élections, Mme Alexieva estime que ceux-ci sont un élément particulièrement important du processus électoral, garant de la transparence et l’équité du scrutin. La CEC a déjà examiné les méthodologies et les formations qui pourraient leur être proposées.
Par ailleurs, dans son numéro du 20 août, Sega juge absurdes et d’un effet douteux certaines mesures envisagées par le gouvernement intérimaire en vue de garantir des élections équitables. « L’impression d’une manière d’agir chaotique et d’un manque d’unanimité sur les problèmes à traiter et les solutions à apporter, se renforce », affirme ce journal.
La « fixation » sur l’affaire de Kostinbrod des dernières législatives, lorsqu’un surplus de bulletins avait été retrouvé dans une imprimerie aux environs de Sofia, est à l’origine de mesures très radicales visant à garantir la fabrication sécurisée des bulletins de vote : « deux rangs de barbelés et autres dispositifs supplémentaires » autour de l’imprimerie de la banque centrale, selon les propos du premier ministre Gueorgui Bliznachki.
Sega juge également contestable une autre idée gouvernementale : créer un conseil citoyen auprès du Conseil des ministres. Un tel conseil avait déjà fonctionné auprès d’un autre gouvernement intérimaire, celui de Marin Raïkov (2013), mais sa performance est restée discutable, estime Sega. Des ONGs sont actuellement invitées à rejoindre ce conseil, mais les critères de leur sélection restent inconnus.
Un second conseil citoyen devrait également fonctionner auprès du ministère de l’Intérieur sous la houlette du vice-ministre Filip Gounev. Il se composera d’experts en matière de scrutin et de lutte contre la fraude électorale. Le jour du scrutin, la présence d’agents en tenue sera renforcée : 11 500 policiers assureront l’ordre dans les circonscriptions électorales. Les personnes fichées depuis 2009 par la police pour achat de voix seront contrôlées de façon préventive.
(Pressa, Sega)

LA LICE

22 PARTIS ET 7 COALITIONS INSCRITS POUR LES PROCHAINES ELECTIONS

Le délai d’enregistrement des forces politiques terminé, la presse s’étonne du nombre relativement petit des concurrents en lice pour la nouvelle législature : 22 partis politiques et 7 coalitions mesureront leurs forces le 5 octobre, alors qu’aux dernières législatives ils étaient au nombre de 45.
Les candidats indépendants peuvent encore déposer leurs dossiers d’ici le 25 août. Quatre l’ont déjà fait.
Le nombre réduit des forces politiques étonne, écrit Sega, puisque la dernière réforme du Code électoral avait significativement allégé les conditions d’enregistrement des candidats en ramenant la caution à 2 500 leva pour les formations politiques (au lieu de 10 000 leva) et en baissant le nombre d’électeurs requis pour soutenir une liste par leur signature. Les craintes de Sega de voir de telles libéralités provoquer un boom du nombre des partis inscrits pour le scrutin, comme cela avait déjà été le cas au début des années 1990 (voir notre revue du 14 février), ne se sont donc pas vérifiées.
S’agissant des partis, à part ceux ayant siégé au parlement (GERB, MDL et Ataka), on remarque parmi les autres partis la Social-démocratie bulgare d’Alexandre Tomov, le Mouvement 21 de Tatiana Dontcheva (ancienne députée PSB et critique sévère de la politique de l’ancien leader socialiste Sergueï Stanichev), le Parti des Verts, les Verts (à ne pas confondre avec le précédent), etc.
Du côté des coalitions, la plus grande sera formée autour du PSB. Intitulée « PSB – Bulgarie de gauche », elle réunit treize partis au total. La coalition ABC, construite autour du parti du même nom de l’ancien président (2002-2012) Gueorgui Parvanov, amalgame elle aussi des forces qui se veulent de gauche. Les autres coalitions sont le « Front patriotique » (Front national pour le salut de la Bulgarie et ORIM), « Ceux de droite » (Unité bleue, Forum démocratique bulgare et Parti populaire unique), la « Bulgarie sans censure » (Bulgarie sans censure, Gerguiovden, l’Union populaire agrarienne et Lider), le Bloc réformateur et « La Gauche et le Parti vert ».
Les quatre indépendants, d’ores et déjà inscrits au scrutin par des comités d’initiative (caution exigée de 100 leva et 1000 signatures en soutien) sont : Oktaï Enimehmedov dans la circonscription de Bourgas (le jeune homme ayant tiré avec un pistolet à gaz contre l’ancien leader du MDL, Ahmed Dogan), Nikola Vaptsarov dans la circonscription de Blagoevgrad (ancien conseiller politique du ministre des affaires étrangères Kristian Viguenine), Blago Djiev dans la circonscription de Sofia-région (homme d’affaires de Kostinbrod, ancien conseiller municipal du GERB) et Stanislav Ivanov dans la circonscription de Khaskovo (fils du maire de Khaskovo).
Dans une interview, accordée ce matin à TV7, le chef d’ABC Gueorgui Parvanov prédit l’arrivée au pouvoir d’une coalition de quatre partis politiques au prochain parlement : deux sur le devant de la scène (GERB et le Bloc réformateur) et deux dans les coulisses (MDL et la « Bulgarie sans censure »). Selon M. Parvanov, il n’y aura pas de coalition formelle entre le GERB et le MDL. Je ne suis pas naïf, je connais les leaders de ces deux formations, déclare en substance l’ancien président. Mais il y aura entre eux une interaction derrière le rideau qui permettra au MDL de maintenir et d’élargir ses positions (cité d’après Dnevnik).
M. Parvanov a relevé, en outre, l’absence de débat politique dans la campagne électorale. ABC est le seul parti à avoir présenté une plateforme de gouvernement, a-t-il affirmé : réduction drastique des subventions publiques pour les partis politiques, réforme de la taxe unique et réorganisation radicale de l’économie bulgare. (Sega, Troud, dnevnik.bg)

LA VISION

LE MINISTRE INTERIMAIRE DE LA DEFENSE PREPARE UN VASTE PROGRAMME DE REARMEMENT DE L’ARMEE BULGARE

Le ministère de la défense entend lancer un processus de réarmement de l’armée bulgare. Selon ses premières estimations, celui-ci coûtera 1 milliard de leva et s’étalera sur six ans (jusqu’à 2020), annonce Sega à la une, dans son numéro du 18 août. L’industrie bulgare sera associée de façon transparente à ce programme qui fera partie intégrante du concept stratégique « Bulgarie au sein de l’OTAN 2020 » (voir notre revue du 4 août). Toutefois, observe Sega, on comprend mal comment les calculs ont été faits puisque les projets de modernisation des forces armées s’élèvent le plus souvent à plusieurs milliards de leva.
La modernisation des forces armées devrait nécessairement prévoir :
- l’abandon de certaines activités considérées comme inappropriées pour le ministère de la défense (par exemple gestion de biens immobiliers, recyclage d’armes et de matériels militaires, services de soutien),
- le démarrage de programmes de coopération pluriannuels avec les agences de l’OTAN et l’UE,
- l’activation du Forum industriel (NDR : initiative lancée en 2010 et orientée vers la création de partenariats stables en matière de défense et sécurité entre l’Etat, les entreprises et les instituts de recherche).
En outre, le ministre intérimaire Velizar Chalamanov a l’ambition de chercher à réduire la dépendance de l’armée bulgare vis-à-vis de la Russie et des technologies russes parce que « cela crée un risque pour la sécurité [bulgare] » (cité par Sega). Selon M. Chalamanov, les fonds dépensés pour l’entretien des avions, radars et autres matériels de fabrication russe sont très élevés et vont en Russie. « Ils ne participent pas au renouveau technologique de notre industrie, n’encouragent pas la coopération entre nos industriels et leurs partenaires occidentaux […] ». Par ailleurs, les approvisionnements russes comportent un risque de corruption élevé, souligne-t-il.
Le programme national « Bulgarie au sein de l’OTAN 2020 » devrait être adopté d’ici septembre. Il sera présenté à la prochaine rencontre de l’OTAN au Pays de Galles, lors de laquelle le ministre bulgare de la défense sollicitera la solidarité des autres pays de l’Alliance dans certains domaines clés pour la Bulgarie, tels que la sécurité aérienne, la cyberdéfense, le déploiement d’un plus grand nombre d’exercices militaires et d’infrastructures sur le territoire bulgare en vue de l’amélioration de l’interopérabilité.
Dans les pages de l’hebdomadaire Capital, M. Chalamanov estime que la Bulgarie doit avoir comme priorité le développement de ses forces armées du point de vue de sa participation à l’OTAN et dans le contexte des nouveaux défis posés à l’Alliance. La cyberdéfense, souligne-t-il, est une priorité particulièrement importante. Les composantes [de l’OTAN] d’alerte précoce, de défense antimissile, de sécurité aérienne sont tributaires du fonctionnement de dispositifs de communication, d’information et de renseignement très sophistiqués. Leur protection dans les conditions d’une cyberguerre est d’une importance critique. En outre, les militaires bulgares doivent prospecter conjointement avec les entreprises les possibilités d’une meilleure utilisation des technologies spatiales. « Si nous ne garantissons pas la sécurité et la défense de la Bulgarie […], nous ne pouvons pas espérer avoir un développement économique, des échanges commerciaux, ni voir l’UE se développer et profiter de son aide. Chaque lev investi dans la défense nationale sera plusieurs fois multiplié grâce aux possibilités dont jouira la Bulgarie au sein d’une Union européenne prospère », conclut le ministre. (Sega, Capital)

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Dernière modification : 21/08/2014

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