Jeudi 21 juillet

La colère

Lors du Conseil des ministres Boïko Borissov dément s’être éloigné de l’OTAN

Ces derniers jours, les représentants des Démocrates pour une Bulgarie forte (DBF) ont attiré à plusieurs reprises l’attention sur le virage de Borissov vers Moscou. La semaine dernière, Radan Kanev avait qualifié le gouvernement « d’extrêmement malingre sur les questions de l’OTAN et de l’UE », alors qu’Atanas Atanassov, vice-président du DBF avait observé que « le GERB cherche un candidat (à la présidence de la République) qui regarde vers l’Ouest mais peut servir les intérêts de l’Est ».

Hier matin, dans une interview à la chaîne Nova Radan Kanev a observé que « sur la question de l’OTAN, nous avons deux ministres (Ndr. Nikolaï Nentchev, ministre de la défense, et Daniel Mitov, ministre des affaires étrangères) qui défendent l’intérêt bulgare et un premier ministre qui sape leurs efforts ».Il faisait allusion à la tentative maladroite de la Bulgarie de faire preuve de neutralité dans le conflit entre la Russie, la Turquie et l’OTAN pour le contrôle de la mer Noire et surtout à la réaction négative du premier ministre bulgare au sujet d’une éventuelle flotte commune avec la participation de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Turquie (voir nos revues du 16 et 17 juin). Le premier ministre avait menacé à ce sujet lesdits ministres au cas où il s’avèrerait qu’ils se sont engagés sur une telle voie à son insu.

« Clamer que ce gouvernement n’est pas un garant de notre adhésion à l’OTAN et à l’UE et que seuls les ministres de la défense et des affaires étrangères le sont alors que nous les autres, on est un obstacle, constitue un mensonge, une diffamation, une fiction et ne peut être justifié que par une stratégie électorale », a réagi hier le premier ministre en ouvrant la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. Devant les caméras des journalistes, il a martelé qu’il devait dissiper cette accusation qu’on tente d’imputer au gouvernement car un mensonge répétée cent fois commence à prendre place ».

« Le seul garant pour l’OTAN et l’EU, qui a un pouvoir réel, est le gouvernement. A commencer par le président Obama et en passant par Londres, Berlin et Bruxelles, tous nous donnent en exemple comme étant les meilleurs partenaires et les plus loyaux des Balkans de l’OTAN et de l’UE….La Chancelière allemande nous a invité, moi et le président roumain, à lui faire part de nos positions, fin août. Ne devons-nous pas pouvoir dire nos craintes ? C’est moi que le ministre Lavrov et le président Poutine montraient du doigt dans chaque prise de parole comme étant responsable de tout ce qui est fait par ce gouvernement. Avec le ministre des affaires étrangères, nous avons fait tout ce qu’il fallait faire. Nous, les premiers et les seuls au monde, avons reconnu l’aile militaire de Hezbollah comme une organisation terroriste [Ndr : doublement faux. L’aile militaire du Hezbollah est considérée comme une organisation terroriste par le Royaume-Uni depuis 2008, par l’UE depuis 2013, par la ligue arabe depuis mars 2016]. Avec le ministère de la défense, nous avons rénové des aéroports comme celui de Bezmer, le plus important, cinq mille soldats américains s’entraînent à Novo selo. Nous avons visité ensemble toutes les bases militaires, participé à beaucoup d’exercices et toutes les propositions concernant l’OTAN sont passées par le Conseil des ministres et par l’Assemblée nationale. Qu’aurait pu faire le ministre de la défense si nous n’avions pas collecté plus d’argent ? Aurions –nous assumé tous ces engagements et le parlement aurait-il pu adopter toutes ces lois sans le GERB ? », a demandé de manière rhétorique M. Borissov.

« J’ai même accompagné le ministre Nentchev au rassemblement du parti agrarien (Ndr. dont le ministre Nentchev est issu) et je l’ai toujours remercié comme d’ailleurs chacun de vous. Mais je vous demande de réagir dans de telles situations », s’est-il adressé aux ministres.

Les deux ministres impliqués n’ont pas tardé à obtempérer. Daniel Mitov, à Bruxelles, a déclaré immédiatement dans les réseaux sociaux que « le gouvernement bulgare – le premier ministre et tous les ministres - œuvrent au quotidien pour que la Bulgarie soit membre à part entière de l’UE et de l’OTAN ».

Pour sa part, Nikolaï Nentchev, assistant à la réunion du Conseil des ministres, a affirmé « n’avoir atteint aucun résultat sans votre soutien ». Après quoi, il a été convoqué d’urgence au parlement pour fournir des explications. A l’issue de cette rencontre, il a dû répéter devant les journalistes « ne jamais avoir eu de désaccord avec le premier ministre au sujet des politiques mises en œuvre par le gouvernement et en particulier par le ministère de la défense ». Il a expliqué avoir saisi l’occasion de cette rencontre pour remercier le groupe parlementaire du GERB de leur soutien.

A l’issue de ces échanges, Radan Kanev a asséné sur sa page Facebook que « la réaction douloureuse du premier ministre a montré qu’il est parfaitement conscient de l’erreur commise. Les sentiments des Bulgares à l’égard de la Russie est une chose, le populisme au détriment de la sécurité nationale en est une autre... et cette dernière est dans le contexte de crise actuel dans les mains de l’OTAN… j’espère avoir contribué à ce que le premier ministre revienne à lui ». (tous journaux, mediapool.bg)

L’incertitude

Après le renoncement des Britanniques à assurer leur présidence tournante de l’UE, comment le calendrier sera-t-il réaménagé pour la présidence bulgare ?

La décision de Londres de renoncer à sa présidence tournante du Conseil européen de juillet à décembre 2017, annoncée par la nouvelle première ministre britannique Theresa May, fait l’objet à plusieurs articles dans la presse bulgare. L’intérêt est porté sur la question de savoir comment cette décision va se répercuter sur le calendrier des présidences tournantes, et singulièrement sur la présidence bulgare, jusqu’ici prévue pour la deuxième moitié de 2018. Capital Daily et Mediapool se montrent convaincus que l’annonce faite par Londres signifie que la Bulgarie devrait prendre le relais six mois avant la date initialement prévue. Le site en ligne anglophone Novinite se montre plus prudent et envisage ce scenario comme une possibilité, en se retranchant derrière des « experts » non nommés.

Mais selon Monitor, le calendrier ne changera pas car la Belgique a proposé de remplacer le Royaume-Uni et cette idée aurait été acceptée par les Etats membres. Capital Daily objecte qu’un tel scénario est peu probable. La décision d’avancer toutes les présidences de six mois aurait été déjà prise et sera annoncée officiellement ces jours-ci, affirme le journal, citant « une source du Conseil européen ».

La possibilité d’assurer la présidence du Conseil dès le début de 2018 est liée à une organisation longue et lourde, d’autant que la Bulgarie n’a encore jamais assumé une telle tâche, rappelle Capital Daily. La Bulgarie doit organiser non seulement des appels d’offres pour les travaux de réparation de certains bâtiments et salles, mais précipiter également la formation des fonctionnaires de l’administration qui s’occuperont de la présidence.

La formation va inclure également des stages dans des Etats membres qui ont déjà exercé la présidence tournante et peuvent partager leur expérience. D’ici la fin de l’année, 200 experts de différents ministères vont prendre part à ces programmes. Au total 1 200 agents de l’administration bulgare vont travailler pour assurer le fonctionnement de la présidence. Des formations seront organisées même pour les ministres. Ces précisions sont données par le cabinet de Meglena Kouneva, vice-premier ministre responsable des affaires européennes à des questions posées par Médiapool.

Selon l’équipe de Mme Kouneva, la présidence n’est pas un engagement formel et logistique, mais est liée à des tâches diplomatiques et d’expertise importantes. La chose principale serait d’assurer le consensus sur des questions sensibles en assurant un équilibre entre les intérêts des Etats membres. En avril, Mme Kouneva avait exprimé son inquiétude que les retards pris dans la préparation. Mais le premier ministre avait affirmé qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir : « S’ils nous disent que c’est pour demain, nous feront face demain. Qu’est-ce qu’il y a de si [difficile] : il y a des hôtels, des salles, des voitures vont être louées et la présidence sera faite », avait tranché M. Borissov (voir la revue du 29 juin). Mediapool souligne qu’il est fort probable que les négociations sur la sortie du Royaume-Uni seront menées lors de la présidence bulgare. (Capital Daily, Monitor, Mediapool.bg, Novinite.com)

Le business

Les déchets de Naples et Palerme bientôt en Bulgarie ?

Selon une publication dans 24 Tchassa, les images de tas d’ordures traînant dans les rues de deux grandes villes italiennes, Naples et Palerme, vont bientôt appartenir à l’histoire. De source italienne, ces deux villes s’apprêtent à transférer leurs déchets en Bulgarie.

La presse italienne informe que l’association temporaire d’entreprises Defiam Ecobuilding a obtenu un marché public de la province de Campanie, s’élevant à 14 millions d’euros et concernant le premier transfert de déchets hors des frontières italiennes. Le premier envoi de 7 200 tonnes d’« éco-balles » de déchets partira du port de Giugliano, près de Naples, à destination du port de Bourgas. Ensuite, les déchets seront acheminés à bord de camions vers une décharge à construire aux environs de Polski Izvor (commune de Kameno), près de Bourgas. Selon le cahier des charges de Defiam Ecobuilding, les déchets seront exportés en vue d’opérations de stockage et valorisation (R12 et R13). Toujours selon la presse italienne, Defiam a déjà obtenu le 3 juin dernier une autorisation des autorités bulgares pour 35 000 tonnes de déchets.

La province de Sicile, quant à elle, a jeté son dévolu sur un autre port bulgare, celui de Varna. Les déchets seront dirigés vers la cimenterie toute proche à Devnia, détenue par le groupe italien Italcementi, en vue de leur incinération. L’opération est confiée à l’entreprise italienne gérant la plus grande décharge sicilienne, celle de Lentini. Le premier envoi devrait contenir 10 000 tonnes de déchets. A titre d’exemple, rien qu’à Palerme, la collecte journalière d’ordures s’élève à 5 600 tonnes. Le prix que les autorités municipales palermitaines paieront pour leur transfert et leur incinération en Bulgarie sera, selon la presse italienne, à hauteur de 140 euros par tonne, soit 40 euros de plus que le coût moyen en Italie. Les médias indiquent également que 13% seulement des déchets siciliens sont triés et que très souvent ceux-ci parcourent plusieurs centaines de kilomètres avant de trouver une décharge disponible.

24 Tchassa a essayé de joindre les autorités compétentes à Varna. Selon le directeur de l’Inspection régionale de la protection de l’environnement et de l’eau, son service n’a pas été avisé de l’envoi de 35 000 tonnes de déchets italiens. Le transfert transfrontalier de déchets est régi par un règlement européen de 2006 qui prévoit la notification du pays de destination. Toutefois, note-t-il, il existe des dérogations à cette procédure.

L’inspection régionale de Bourgas a également nié avoir reçu notification d’un tel transfert de déchets. D’après sa directrice, aucune information n’a été reçue non plus concernant la construction d’une installation de stockage près de Polski Izvor. Toutefois, le maire de la commune de Kameno a indiqué devant 24 Tchassa qu’il y avait eu des négociations préliminaires et qu’un terrain avait été visité par des représentants de la commune de Naples, mais qu’aucun contrat n’avait pas été signé avec les Italiens. (24 Tchassa)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 21/07/2016

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