Jeudi 21 mai

LA REFORMETTE

LE PROJET DE REFORME DES RETRAITES APPROUVE EN CONSEIL DES MINISTRES : LA MONTAGNE A-T-ELLE ACCOUCHE D’UNE SOURIS ?

Hier, le Conseil des ministres a approuvé les propositions de réforme du régime de retraite préparées par le ministère du travail et de la politique sociale et concertées jusqu’au dernier moment avec organisations patronales et syndicats.
Le projet d’amendement du Code de la sécurité sociale a pour finalité de garantir, via des mesures de courte et de longue durée, la viabilité du système des retraites et d’améliorer l’adéquation des pensions servies tout en réduisant la dépendance de la sécurité sociale du budget de l’Etat.
En dépit de la promesse électorale du GERB de ne pas alourdir les charges sociales, indique Sega, le projet prévoit une augmentation en deux temps des cotisations : 1% en 2017 et 1% en 2018. Les nouveaux prélèvements iront alimenter uniquement le fonds public de la sécurité sociale et non les fonds privés de retraite. Toutefois, le taux retenu est inférieur à celui qui était initialement demandé par Ivaïlo Kalfine, vice-premier ministre et ministre du travail et de la politique sociale (4,5% en douze ans).
D’autres amendements portent sur l’âge de départ à la retraite. Les différents régimes au titre de la pénibilité seront maintenus. Là encore, les propositions du ministère du travail n’ont pas été retenues. Sous la pression des syndicats, juge Sega, les avantages pour les travailleurs de 1e et 2e catégories restent en place. L’âge de départ à la retraite dans les catégories 1 (mineurs, pilotes, scaphandriers, etc.) et 2 (industrie chimique, métallurgie, transports urbains, danseurs classiques, professionnels du cirque, etc.) reculera chaque année de deux mois pour les hommes et de quatre mois pour les femmes pour atteindre respectivement 55 ans (1e catégorie) et 60 ans (2e catégorie).
L’introduction d’un âge minimal de départ à la retraite dans le secteur de la sécurité (policiers, militaires) se fera progressivement à partir de 2016 : 52 ans 10 mois au début pour atteindre 55 ans en 2034.
Pour tous les autres travailleurs (qui relèvent de la 3e catégorie, la plus nombreuse), les modifications prévoient un recul progressif de l’âge de départ à la retraite jusqu’à l’âge de 65 ans pour les femmes et les hommes. La durée d’ancienneté progressera également pour atteindre 40 ans pour les hommes et 37 ans pour les femmes.
Capital Daily critique avec véhémence le maigre résultat, fruit d’une réflexion de cinq mois et de longs débats entre gouvernants, entreprises et syndicats. « Cotisations légèrement augmentées, recul symbolique de l’âge de départ à la retraite, abandon de l’idée d’encourager les comptes de capitalisation des travailleurs, pas minuscules vers le contrôle des départs précoces à la retraite de policiers et militaires et aucune action [pour endiguer] l’innombrable armée de retraités handicapés ». Les deux ou trois éléments de réforme, approuvés par le gouvernement, ne résoudront pas le déficit de 5 milliards de la sécurité sociale, déplore le journal.
« La réforme Kalfine n’entre au parlement que pour servir de départ à de futures refontes puisque les problèmes clés du système des retraites, notamment la suppression des abus dans les pensions pour personnes handicapées et le sort des fonds privés de retraite, ont été ajournés », écrit la journaliste Dessislava Koleva dans un commentaire pour Sega. Le gouvernement peut se targuer maintenant d’avoir tenu sa promesse de réformer les retraites, mais quelles en seront les conséquences réelles pour les gens ? Après des « négociations », des rencontres tripartites et des dialogues de toutes sortes avec les syndicats et les entreprises, le gouvernement a cédé sur son projet initial de réforme. La réforme ne sera pas si douloureuse pour les 200 000 chouchous des syndicats – mineurs, policiers et militaires. Mais la question de ces 200 000 personnes a déplacé la finalité de la réforme. On ne réfléchit même plus sur les effets à atteindre : augmenter les pensions, tenir compte du phénomène de vieillissement de la population, équilibrer le budget de la sécurité sociale… « La réforme des retraites était un test pour le gouvernement Borissov et sa résistance aux revendications démagogiques et il ne l’a pas réussi », conclut l’article. (tous journaux)

LE PHENOMENE

LE « TOURISME ELECTORAL » EN VUE DES ELECTIONS MUNICIPALES, UN DETOURNEMENT DE LA DEMOCRATIE QUI PROSPERE

Depuis le début de l’année, deux fois plus de Bulgares en moyenne ont changé d’adresse de résidence, selon un rapport rendu par le ministère du développement régional et de l’aménagement du territoire. Dans certaines régions (Vidin, Vratsa, Kioustendil, Montana, Pernik, Khaskovo) la hausse des changements de résidence est tellement importante que le nombre des nouveaux résidents a atteint ou dépassé le nombre des habitants sédentaires de longue date : cinq, dix ou vingt personnes parfois sont enregistrées comme résidant dans une même maison, non habitée depuis longtemps, révèle la presse.
Le lien avec les prochaines élections municipales est évident, assènent les analystes. Ceux-ci considèrent que les partis politiques tentent ainsi de gagner d’office les élections dans les petites communes. Selon Krassimir Kalinov, mathématicien et membre de longue date de la Commission centrale électorale ayant contribué à l’élaboration de la législation électorale, les petites communes sont les plus convoitées à cause du poids que peuvent avoir les voix des nouveaux habitants sur le résultat électoral. Les voix de 200 nouveaux résidents peuvent être décisives pour le résultat d’un parti qui dispose en général du soutien de 300 des 1000 électeurs dans une petite commune. La commune de Trekliano (région de Kioustendil) de 600 habitants, où 313 nouveaux habitants ont été enregistrés depuis le début de cette année, en est un exemple. Or, ce chiffre n’aura aucun impact sur le résultat électoral dans une commune de 32 000 électeurs comme celle de Kioustendil.
Petar Paounov, maire de Kioustendil, affirme qu’il ne s’agit pas d’une violation formelle de la législation, dans la mesure où les maires n’ont pas le droit de refuser d’enregistrer les résidents. Antoaneta Tsoneva, de l’Institut pour le développement du milieu public, rappelle que la loi requiert l’accord du propriétaire du logement à l’adresse duquel sera enregistré le nouveau résident. Or, une grande partie des nouveaux résidents ont été enregistrés à des adresses de maisons non habitées à l’insu des propriétaires. Les maires, en tant que représentants de l’Etat, en sont directement responsables de ces infractions et le refus de l’Etat d’engager leur responsabilité rend encore plus vicieux ce phénomène.
Le phénomène du tourisme électoral n’est pas nouveau et ne se limite pas à la forme actuelle, précise Alexander Marinov de Pressa. Ce n’est que l’un des symptômes du vote contrôlé qui est une maladie dévastatrice pour la démocratie bulgare. D’ailleurs, ces deux mécanismes n’ont pas été créés au départ par les partis politiques, bien que ceux-ci, victimes de l’illusion qu’ils leur permettaient de contrôler et d’exploiter le vote, les ont longtemps tolérés et favorisés. Ils ont été mis en place par des centres de pouvoir économique, légaux ou pas, qui les ont perfectionnés et s’articulent à d’autres variétés de contrôle du vote de populations de plus en plus nombreuses. Les liens d’influence entre lesquels et les centres de pouvoir sont en mesure actuellement d’emmener la ressource électorale nécessaire jusqu’à n’importe quelle urne dans le pays, y compris à l’étranger (à en juger par les résultats électoraux dans les bureaux de vote à l’étranger). Le contrôle des petites communes vise à faciliter l’organisation des scrutins nationaux au profit de ces donneurs d’ordre.
Le tourisme électoral illustre une fois de plus le détournement des principes de la démocratie dans l’intérêt de certains cercles politiques et économiques, sous le regard indifférent et parfois bienveillant des institutions publiques, conclut M. Marinov. (Troud, Pressa, Standart, Sega)

L’INSINUATION

POUR DANIEL MITOV, LES PROPOS DE SERGUEI LAVROV SUR UN EVENTUEL PARTAGE DE L’ARYM ENTRE L’ALBANIE ET LA BULGARIE SONT EXTREMEMENT IRRESPONSABLES

Sur fond de tensions internes en ARYM et d’appels à la démission du gouvernement de Nikola Gruevski de la part de l’opposition macédonienne (voir également nos revues du 13, 15 et 19 mai), la Russie est intervenue à son tour dans le débat.
Devant le Conseil de la fédération, le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov, faisant un rapprochement avec les événements en Ukraine et au Yémen, estime que « les événements en Macédoine sont contrôlés de façon assez brutale de l’extérieur » (cité d’après l’agence TASS). La pression sur le gouvernement Gruevski est due au fait que celui-ci avait refusé de se joindre aux sanctions contre la Russie et avait soutenu le projet South Stream, ainsi que d’autres projets russes du domaine de l’énergie, souligne M. Lavrov. « Il est triste et dangereux qu’on essaie de déclencher le facteur albanais. Il y a des années, les sérieuses contradictions avaient mené à la signature de l’accord d’Ohrid. Et maintenant, on se met à dire que la Macédoine devrait être fédéralisée plus en profondeur, on exprime même l’idée : pourquoi ne pas fractionner le pays et en donner une part à l’Albanie et une autre à la Bulgarie ? », déclare le ministre russe.
Dans une déclaration officielle, le ministre bulgare des affaires étrangères Daniel Mitov rejette comme « extrêmement irresponsables » ces insinuations relatives à un partage de la Macédoine entre l’Albanie et la Bulgarie. « Nous connaissons tous fort bien les difficultés traversées par la République de Macédoine sur la voie de l’établissement et du renforcement de son indépendance et de sa souveraineté en tant qu’Etat. Pendant tout ce temps, la Bulgarie a été le pays qui a offert le plus grand soutien à l’indépendance de la Macédoine et qui est devenu garant de son intégrité territoriale. Je voudrais rappeler que la Bulgarie était aussi le premier pays à reconnaître la République de Macédoine, une décision d’importance clé pour la stabilité en Europe du Sud-Est. Toute tentative de remettre en cause la politique européenne dans la région et l’intégrité territoriale de la République de Macédoine est inacceptable. La stabilité de tous les pays d’Europe du Sud-Est est d’une importance primordiale pour nous et les tentatives de la part de pays n’appartenant pas à la région de miner cette stabilité par de telles insinuations doivent cesser. La Bulgarie continuera à être le garant de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de la République de Macédoine et il ne doit avoir aucun doute à ce sujet », souligne M. Mitov. (Standart, Pressa, http://tass.ru/politika/1981545, mfa.bg)

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Dernière modification : 21/05/2015

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