Jeudi 23 juin

La visite

Joachim Gauck : l’insécurité judiciaire et la corruption agissent comme autant de freins à l’économie bulgare

La visite officielle du président allemand Joachim Gauck à Sofia attire l’attention des médias.

Hier, M. Gauck a eu un entretien avec le premier ministre durant lequel Boïko Borissov lui a présenté la décision de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale qui a condamné la Bulgarie à payer à la Russie 550 M€ (ou 620 M€ y compris les intérêts et frais et dépens, selon la partie russe) pour avoir arrêté en 2012 le projet de construction d’une centrale nucléaire à Belene (Nord). Selon la décision de la cour, la Bulgarie doit dédommager le fabricant russe Atomstroyexport de l’équipement fabriqué (voir la revuedu 17 juin). M. Borissov a informé le président allemand de la lettre que Sofia va envoyer à la Commission européenne pour avis. Le but est de garantir de manière maximale les intérêts nationaux de la Bulgarie en conformité avec la politique énergétique européenne, annonce un communiqué de presse du gouvernement. Le même sujet a été abordé hier lors d’un entretien téléphonique entre M. Borissov et le président du Conseil européen Donald Tusk. Le premier ministre bulgare a également présenté au président allemand les projets énergétiques sur lesquels le gouvernement bulgare travaille pour assurer l’indépendance énergétique du pays.

« L’insécurité judiciaire et la corruption agissent comme un frein sur l’économie bulgare, l’empêchant d’avancer comme elle le devrait. Desserrez-le. » C’était le message envoyé par M. Gauck au forum de la Chambre de commerce et d’industrie Allemagne-Bulgarie. Les investisseurs allemands savent que le pays est attirant, avec ses taxes basses et sa main d’œuvre qualifiée, mais ils souhaiteraient voir la modernisation de l’infrastructure et une administration effective. L’Etat de droit est la condition nécessaire pour la prospérité de l’économie et l’augmentation de la confiance dans le pays ; des règles claires de lutte contre la corruption encouragent les investisseurs, a-t-il ajouté.

Aujourd’hui, lors d’un débat public avec des étudiants à l’Université de Sofia, auquel a participé son homologue bulgare Rossen Plevneliev, M. Gauck a abordé également le référendum en Grande-Bretagne sur l’Europe. « Le débat sur le Brexit a révélé le mécontentement des citoyens envers l’UE, qui jusqu’à présent restait caché. »Il faudrait en tirer les leçons et penser aux réformes nécessaires, a-t-il souligné. Le président allemand a souligné que la solution pourrait être que nous soyons « des européens modérés » et que les gouvernements nationaux transmettent à Bruxelles le message de leurs citoyens selon lequel il ne faut pas trop avancer sur le projet d’Etat centralisé européen, écrit Dnevnik. Le président bulgare a de son côté ajouté qu’il n’y a pas de contradiction entre Union européenne forte et Etats nationaux forts. Lors d’une conférence de presse conjointe MM. Gauck et Plevneliev ont exprimé leur souhait que la Grande-Bretagne reste au sein de l’UE. (government.bg, president.bg, dnevnik.bg, mediapool.bg)

L’audition

Huit mois après l’expiration du mandat de la Commission pour la protection de la concurrence, les députés auditionnent les candidats

Plus de huit mois après l’expiration du mandat du président et des six autres membres de la Commission pour la protection de la concurrence et après une première tentative de son renouvellement en avril dernier, le Parlement a mis hier en branle la procédure de nomination des nouveaux membres.

Onze au total, soutenus par des groupes et des députés de toutes les couleurs politiques, les candidats étaient censés présenter leur concept et répondre à des questions. Capital Daily note l’atmosphère apathique qui régnait dans la salle. Les noms des candidats à occuper les postes de président et membres du régulateur clé du pays n’avaient attiré qu’un seul média, Capital, et qu’une seule ONG, l’Institut bulgare pour les initiatives juridiques.

Les présentations, reproduisant fidèlement les principaux points du droit bulgare de la concurrence, n’ont suscité qu’une seule question, posée par le député Martin Dimitrov du Bloc réformateur : peut-on parler d’une entente illicite sur le marché des carburants en Bulgarie ? Les réponses évasives et générales se résumaient en un mot : on ne connaît pas les faits, indique Capital Daily.

Qui sont les candidats ? La seule candidature à la présidence de la commission, proposée par le GERB, est celle de la juriste Youlia Nenkova, maire adjointe de Sofia depuis 2006 et présidente du conseil de surveillance de l’Agence de privatisation depuis 2010. Selon Mme Nenkova, les ententes illicites sont de « graves infractions à la concurrence, mais difficiles à élucider et punir ». En ce qui concerne l’enquête ouverte au début de l’année contre sept chaînes de stations-services, accusées d’ententes illicites, et contre la raffinerie de Bourgas, Lukoil Nefctohim, à laquelle on reproche l’abus de position dominante, Mme Nenkova s’est engagée, si elle est nommée présidente, à accélérer la procédure. Il fallait selon elle agir en amont en améliorant la fonction préventive de la commission. En outre, les entreprises qui reconnaissaient leur participation à une cartellisation du marché devaient être entièrement ou partiellement affranchies de sanctions.

Sa position sur ce dernier point a été soutenue par un autre candidat, Dimiter Kioumiourdjiev, vice-ministre de la défense (Front patriotique). Selon lui, la pratique dans les autres pays européens montre sans équivoque qu’il n’y a pas d’ententes illicites démantelées sans la collaboration d’au moins une des entreprises impliquées. Toutefois, le candidat s’est opposé à une autre proposition de Mme Nenkova visant la criminalisation de la participation à des ententes illicites. Il serait trop dangereux de laisser le Parquet juger du fait qu’une entreprise soit impliquée ou non dans des pratiques non-concurrentielles, a-t-il souligné.

Parmi les candidats au siège de membre figurent Anna Yaneva, ancienne vice-ministre de l’économie (soutenue par le PSB), l’économiste Gueorgui Ganev du Centre pour les stratégies libérales (proposée par le quota citoyen du Bloc réformateur), Plamen Kirov, professeur de droit constitutionnel (MDL), ainsi que des candidats soutenus par ABC, le Centre démocratique bulgare, des députés.

La semaine prochaine très probablement, les candidatures seront examinées et votées en séance plénière. Evoquant les liens étroits unissant Mme Nenkova et le premier ministre Borissov depuis le passage de celui-ci à la tête de la mairie de Sofia de 2006 à 2009, Mediapool souligne qu’elle a toutes les chances de se voir propulser présidente de la Commission pour la protection de la concurrence. (Capital Daily, mediapool.bg)

Le sondage

Gallup international : à la veille du référendum en Grande-Bretagne, l’euroscepticisme en Bulgarie est en hausse

A la veille du référendum en Grande-Bretagne sur le maintien ou non dans l’UE, le soutien des Bulgares pour l’Union est en baisse, même s’il reste à des niveaux relativement hauts comparé à ce qu’on observe dans les autres Etats-membres. Ceci est la conclusion principale du sondage régulier du mois de juin, publié par Gallup International, dont les résultats sont publiés dans tous les journaux.

Au mois de juin, 48% des sondés expriment leur soutien à l’UE contre 38% d’eurosceptiques. Quelques mois plus tôt le paysage était différent et beaucoup plus euro-optimiste, le taux de confiance tournant autour des 60%, avec seulement 30% des sondés en manque de confiance. Même si un taux de 48% de soutien peut être considéré comme encore bon, ceci est le niveau le plus faible depuis que le pays a adhéré à l’Union en 2007. Mais, commente Gallup International, aux yeux des Bulgares, l’image de l’UE reste traditionnellement plus positive que celle des institutions nationales.

L’agence classe les raisons à cette tendance négative en deux catégories : celles liées à la conjoncture et celles de plus long terme. Parmi les premières figurent le doute sur la maintien de Grande-Bretagne dans l’UE. Gallup International rappelle qu’en 2011, la montée de la crise grecque et l’éventuelle sortie du pays de la zone euro ont eu également un effet négatif sur la perception de l’UE. Le flux migratoire, le terrorisme, les crises que l’Europe vit en cet instant, la montée des nationalismes et du discours populiste, figurent parmi les éléments renforçant l’euroscepticisme. La bataille que se livrent l’UE et la Russie dans les médias influe également en ce sens.

A plus long terme, cette érosion de la confiance est un processus naturel après l’adhésion d’un pays : l’UE est moins considérée comme un idéal et les observateurs commencent à porter leur attention sur les détails de son fonctionnement interne. Ce processus, bien que lent, mène à une « usure de l’autorité de l’UE », commente l’agence.

Un résultat positif du référendum en Grande-Bretagne enverra certainement un message positif, quand bien même, pour 2/3 des sondés (soit 67%), l’issue du scrutin ne les concerne pas directement. Seuls 11% des sondés estiment qu’un Brexit aura sur eux un impact direct, ajoute l’agence. (gallup-international.bg, tous journaux)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 23/06/2016

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