Jeudi 28 mai

L’ULTIMATUM

LE FRONT PATRIOTIQUE SE RAPPELLE AU BON SOUVENIR DU GOUVERNEMENT

Le Front patriotique a adressé un ultimatum au gouvernement. Celui-ci est sommé de satisfaire à sept conditions correspondant à des engagements clés de l’accord de coalition d’ici le 1er juillet afin de continuer à bénéficier du soutien du Front : démanteler sans délai toutes les constructions illégales rom sur le territoire du quartier de Kremikovtsi à la commune de Garmen (voir notre revue de presse du 26 mai) ; prendre des mesures pour endiguer la criminalité conventionnelle ; adopter les amendements au Code électoral déposé par le Front patriotique ; ériger des installations de protections le long de la frontière bulgaro-turque et réparer la clôture endommagée ; enrayer l’envol du prix de l’électricité ; prendre des mesures administratives pour réprimer les abus et la fraude dans le secteur de l’électricité.
« Les positions exprimées par le Front patriotique relèvent réellement du programme politique du gouvernement. Il convient donc de les mettre en œuvre tout en respectant des délais réalistes », a précisé Radan Kanev.
Tsvetan Tsvetanov, président du groupe parlementaire du GERB, a déclaré s’être engagé auprès du FP à ce que son parti émette un avis sur les sept demandes formulées et le communique au Front dans le cadre d’une réunion de travail. Il a toutefois décliné la possibilité que le Code électoral soit amendé trois mois avant les élections locales. « Cela ne peut donner lieu qu’à beaucoup de spéculations et d’insinuations », a souligné M. Tsvetanov.
Selon l’analyste Boris Popivanov de l’Institut Ivan Hadjiiski, l’ultimatum lancé par le Front patriotique ne vise qu’à rappeler son existence car il est techniquement irréaliste de satisfaire à ses sept conditions d’ici le 1er juillet. Etre sous les projecteurs est déterminant pour un parti politique. Or, la forte présence médiatique du Front pendant les premiers mois après les élections législatives s’est progressivement estompée et il est resté à l’écart des débats sur les réformes. Par conséquent, le Front a saisi l’occasion des événements récents à en ARYM (voir nos revues des 13, 14 et 19 mai) et Garmen pour réapparaître sur le devant de la scène politique et rappeler son rôle et son importance.
Un autre ultimatum en sens inverse est venu de la part du MDL. Lioutvi Mestan a soumis la participation du parti aux débats pour la cinquième révision constitutionnelle à la condition de mettre en place « une autre formule de gouvernement exempte d’ultranationalistes et de populistes » dans une allusion dirigée avant tout contre le Front patriotique. Une manière de faire monter les enchères à présent que l’opposition a la parole sur ce projet de révision. (Sega, Standart, Troud, dnevnik.bg)

LES DOSSIERS

LES ARCHIVES DE LA SECURITE MILITAIRE SERONT REMISES A LA COMMISSION CHARGEE DE LA DIVULGATION DES NOMS DES ANCIENS AGENTS DES SERVICES SECRETS COMMUNISTES

Le ministre de la défense Nikolaï Nentchev a enjoint au directeur du Service de l’information militaire de remettre les archives des renseignements militaires à la commission indépendante chargée d’ouvrir les archives des services secrets communistes et de rendre publique l’appartenance de certaines personnes à ces services (dite « commission des dossiers »).
La décision du ministre concerne lus de 30 000 unités d’archives qui désormais seront conservées dans les locaux de la commission à Bankia (Sofia).
« Je suis profondément convaincu de ce que je fais et j’estime que la Bulgarie doit apprendre toute la vérité, ouvrir et lire la page écrite par les services répressifs du communisme », a affirmé le ministre lors d’une conférence de presse ad hoc. « Vingt-six ans après les changements, les Bulgares doivent pouvoir aller de l’avant, libres de tous secrets ou dépendances, et se ranger à côté de la Pologne, de l’Allemagne et de la République tchèque dont les archives sont déclassifiées depuis des années », a-t-il ajouté.
Cet acte du ministre de la défense, de qui relève le Service de l’information militaire, dépositaire des archives des renseignements militaires d’avant 1991, s’inscrit dans le droit fil des dispositions législatives selon lesquelles toutes les archives de l’ancienne Sûreté d’Etat et des anciens services de renseignement militaire doivent être remis à la commission indépendante spécialement créée en 2007 en vue de leur divulgation. « Je n’ai aucune raison de douter ni du professionnalisme des membres de cette commission, ni de celui des parlementaires qui avaient voté ces lois », a souligné le ministre Nentchev.
Les archives des renseignements militaires étaient devenues une vraie pomme de discorde entre les institutions à la suite de la réticence de la direction de l’Information militaire de les remettre à la commission indépendante en vue de leur divulgation. A maintes reprises, le président de la République Rossen Plevneliev avait appelé à ce que toutes les archives soient confiées à la commission en vue de leur divulgation, numérisées et transférées par la suite aux archives publiques (voir, entre autres, nos revues du 22 avril 2013 et du 21 janvier 2015). Evtim Kostadinov, chef de la commission chargée de l’ouverture des archives communistes, expliquait en ces termes l’impuissance de son institution à faire pression sur les services n’appliquant pas la loi : « La loi nous permet d’imposer des sanctions en cas de refus. Mais il n’y a pas de refus, seulement des lenteurs. Les affirmations de ces services arguant que l’ouverture de leurs archives pourrait nuire à la sécurité nationale ne sont pas sérieuses. Le législateur a jugé qu’il n’y a pas de tel risque et les lois sont obligatoires pour tous » (voir notre revue du 26 novembre 2013).
Interrogé pourquoi il n’avait pas agi plutôt, immédiatement après sa prise de fonctions, le ministre a mis en avant ses contradictions à ce sujet avec le précédent chef de l’Information militaire, Vesselin Ivanov (Ndr : récemment libéré de ses fonctions, voir notre revue du 10 mars 2015).
Le sort des dossiers des ressortissants étrangers ayant collaboré aux renseignements militaires a été également abordé lors de la conférence de presse. La loi garantit, a relevé le ministre, que leurs noms ne seront pas divulgués. Ce point particulièrement controversé ces dernières années a été inscrit, à titre de garantie supplémentaire, dans l’accord signé hier entre le ministère de la défense et la commission des dossiers. A cette occasion M. Kostadinov a relevé que cette question avait été délibérément détournée dans l’espace médiatique et que de tels dossiers ne seront pas remis à la commission. « Les dossiers des ressortissants étrangers, [la commission] n’en a pas besoin et elle n’a pas le droit de les commenter », a-t-il indiqué, tout en différenciant les dossiers de ressortissants étrangers recrutés par les services secrets communistes et les dossiers tenus à l’encontre et au préjudice de ressortissants étrangers, par exemple à la suite de la commission d’infractions de leur part. (mediapool.bg, Pressa, 24 Tchassa)

L’ETUDE

LA BULGARIE EST 55E SUR 61 AU CLASSEMENT DE COMPETITIVITE DE L’IMD

La Bulgarie figure à la 55e position du classement annuel, publié hier, de l’IMD, le prestigieux institut de management de Lausanne. Le pays grimpe d’une place par rapport à l’année précédente. Le rapport 2015 a étudié la compétitivité de 61 pays sur la base de près de 350 critères, axés sur 4 points : effectivité économique, politiques gouvernementales, climat d’affaires et infrastructure. Le partenaire bulgare de l’IMD pour l’élaboration de cette recherche est le Centre d’études sur la démocratie.
Les Etats-Unis conservent leur premier rang, grâce à l’efficacité du secteur des affaires et de la finance, l’innovation et les infrastructures. Selon l’IMD, en Europe de l’Est, le conflit entre la Russie et l’Ukraine a eu des effets sur la compétitivité de la région en général et sur celle de ces deux pays - la première chute à la 45e place (-7 rangs) et la seconde à la 60e (-11 rangs).
Quant à la Bulgarie, ses points faibles sont le travail de l’administration publique, la qualité de l’éducation et du système de la santé, la dépendance énergétique, la corruption. La situation actuelle du pays est loin du meilleur résultat, obtenu en 2009, quand la Bulgarie occupait la 38e position. L’augmentation des dépenses publiques et la crise bancaire ont puissamment contribué à la détérioration de certains des indices.
La stagnation de la compétitivité de l’économie bulgare est aussi visible du fait que le pays n’a pas réussi dans les 8 années après son adhésion à l’UE à réduire le décalage de son développement par rapport aux autres pays de l’Europe de l’Est. Selon les analystes de l’IMD, ce fait démontre que les leaders politiques et économiques bulgares ne sont pas encore capables d’élaborer des politiques cohérentes, conformes aux intérêts nationaux et fondées sur une stratégie de développement à long terme.
Le pays est bien classé sur un point : le niveau relativement bas des dépenses pour les affaires, occupant même la première position pour les impôts sur les revenus et sur les sociétés. Il se range également en 6e position au niveau des investissements dans le secteur des télécommunications. (Capital Daily, Sega, imd.org)

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Dernière modification : 28/05/2015

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