Jeudi 5 décembre

Le point sur : les principaux événements de l’Institut français de Bulgarie et de la Chambre de commerce et d’industrie franco-bulgare à suivre en décembre ! À découvrir ci-dessous, après la revue de presse.

Politique

Une interview pleine de réponses qui soulèvent des questions

L’interview, accordée hier soir par le premier ministre Borissov à la chaîne bTV, est largement reprise par tous les media. Des media qui sont libres, a tenu à souligner M. Borissov tout en invitant leurs éditeurs à s’unir autour de règles communes afin qu’il n’y ait plus d’accusations de violation du droit à l’expression. « Je ne peux pas contrôler l’autocensure. Je ne peux pas non plus intervenir dans le travail de Peevski, de Prokopiev ou de Sacho Dontchev [éditeurs de presse]. Mais je peux leur dire : signez tous, mettez-vous d’accord et nous aurons la liberté des media que vous demandez », a précisé M. Borissov.

Le premier ministre a commenté l’élection d’Ivan Guechev au poste de procureur général et le débat initié par le président de la République quant au rôle et à la place du Parquet impartis par la Constitution. Ni le gouvernement, ni le parti GERB ne prendront part à ce débat, a-t-il indiqué. « Si un jour M. Radev crée son propre parti politique et entre au parlement, libre à lui de modifier la Constitution, s’il n’est pas d’accord avec elle ».

À propos de la mise en place d’un nouveau mécanisme, qui créerait l’obligation pour le procureur général de rendre compte de son activité au parlement, et qui permettrait l’ouverture de poursuites pénales contre lui, M. Borissov a assuré qu’il allait entièrement prendre en compte les recommandations de la Commission de Venise, malgré leur caractère non contraignant. Indiquant que le rapport sur la Bulgarie de la Commission de Venise serait publié demain, 6 décembre, il s’est engagé à convoquer le Conseil des ministres dès ce weekend, afin de traduire sans trop tarder les recommandations en un projet d’amendement de la loi. Ainsi, « nous prouverons, une fois de plus, que tous les reproches portant sur l’absence d’Etat de droit sont infondés », a indiqué M. Borissov. Déclarant qu’il avait déjà pris connaissance du projet de la Commission de Venise, M. Borissov a présenté le nouveau mécanisme : un procureur « indépendant », élu à une majorité de 2/3 des membres du collège des procureurs au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pourra enquêter sur des infractions pénales commises par le procureur général. Toutefois, selon des juristes, citées par Dnevnik, le projet de rapport de la Commission de Venise serait examiné le 9 décembre : il pourrait alors être amendé, adopté ou rejeté et sa version finale ne serait publiée qu’en janvier prochain.

Le premier Ministre Borissov s’est également exprimé sur l’élection des « trois grands » dans le système de la justice [procureur général, président de la Cour administrative suprême et président de la Cour suprême de cassation (CSC)]. « Sans mon soutien, Lozan Panov ne serait jamais devenu président de la Cour suprême de cassation », a affirmé M. Borissov. À la question de savoir en quoi s’était exprimé ce soutien, il a précisé : « C’est notre groupe parlementaire, c’est la façon dont est élu le CSM, ce sont les membres du CSM que nous avons présentés ». Svobodna Evropa et Dnevnik interprètent ces propos de M. Borissov comme une confirmation de ceux du procureur général Sotir Tsatsarov selon lesquels les « trois grands » sont choisis non pas par le CSM, mais dans « deux autres bâtiments ».

Interpellé par cette déclaration du premier ministre, le président de la CSC, Lozan Panov, a estimé aujourd’hui qu’il est évident que M. Borissov, tout comme M. Tsatsarov, parle de « trafic d’influence », une infraction réprimée par le Code pénal. Il est indispensable que leurs déclarations fassent l’objet d’une enquête pénale, a souligné M. Panov. (tous media)

Audition au Parlement des deux candidats aux fonctions de président de la Commission anti-corruption

Dans le cadre de la procédure d’élection d’un nouveau chef de la Commission de lutte contre la corruption et de confiscation des biens mal acquis, la commission parlementaire de la lutte contre la corruption et des conflits d’intérêt a auditionné mardi les deux candidats : Sotir Tsatsarov, procureur général sortant, et Simeon Naïdenov, député de Volonté. À la différence de l’audition de ce dernier, très brève et jugée formelle par Sega, l’entretien avec M. Tsatsarov a permis au candidat d’exposer ses vues sur la restructuration de l’autorité indépendante.

Selon lui, seulement 7% des 482 agents de la Commission traitent directement des affaires de corruption, les autres étant chargés de la prévention, des conflits d’intérêt, des registres publics, etc. La réorganisation administrative de la Commission devrait être accompagnée par la création d’antennes régionales anti-corruption. Répondant à la question d’une députée PSB, M. Tsatsarov a critiqué certaines incohérences de la loi actuelle de lutte contre la corruption, appelant à son remaniement. Une cinquantaine de catégories devraient être sorties de son champ d’application, a-t-il estimé (responsables d’exploitations forestières, de la loterie nationale, conseillers municipaux, etc.) afin d’optimiser le fonctionnement de la Commission.

En outre, le candidat de la majorité propose la mise en place d’une veille sur les media qui permettrait à la Commission de se saisir en temps utile de publications faisant état de cas de corruption. À la question posée par l’ONG « Justice pour tous », de savoir comment seront traités les différents media, M. Tsatsarov a assuré que les publications seront appréciées sur un pied d’égalité. Toutefois, il a reconnu que certains media ne répondaient pas à son goût de lecteur assidu et averti. (tous media)

Emilian Guébrev dans une interview à bTV

Le producteur d’armes Emilien Guébrev a fait part de son indignation suite à l’enquête menée contre lui par le Parquet bulgare, suite à une accusation de blanchiment d’argent. Le Parquet spécialisé l’accuse d’être impliqué dans une affaire de crime organisé, spécialisé dans le blanchiment d’argent, qui serait lié au siphonage de la banque KTB. L’achat de l’usine de production d’armes « Dunarit » a été effectué, selon le Parquet spécialisé, avec des fonds détournés par des personnes proches de Tsvetan Vasliev, et Guebrev aurait été au courant. Il a publiquement déclaré, dans une interview pour la bTV « qu’une seule entreprise dirige tout l’État ». Il a ajouté qu’il s’agit d’une entreprise « qui n’a pas un seul employé et n’a pas versé un seul centime d’impôt ». Une partie du système judiciaire est soumise à cette entreprise ». M Guèbre n’a pas mentionné le nom de l’entreprise dont il parle, mais très probablement il s’agit d’une entreprise appartenant à Deljan Peevski. (Dnevnik)

Adoption du budget de la sécurité sociale pour 2020

La retraite minimale et le congé parental ont suscité de vives discussions à l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’adoption du budget de la sécurité sociale pour l’année prochaine. La retraite minimale passera de 219,43 leva actuellement, à 250 leva à partir du 1er juillet (au-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 363 leva). Les propositions du PSB (250 lv. dès janvier et 300 lv. à partir de juillet) et du MDL (250 lv. dès janvier) n’ont pas été retenues. La majorité n’a pas non plus retenu la proposition des socialistes de faire passer l’allocation pour les enfants entre l’âge de 1 et 2 ans de 380 lv. à 650 lv. Les modalités de prise en charge des congés maladie restent inchangées : ainsi, les trois premiers jours seront payés à hauteur de 70% par l’employeur, alors que l’assurance maladie contribuera avec 80% à partir du quatrième jour. (tous médias)

L’OSCE recommande d’annuler la décision de baisse de la subvention aux partis politiques

En réponse à une question envoyée par le vice-président de l’Assemblée nationale, Kristian Viguénine (PSB), le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la défense en Europe (OSCE) recommande la suppression des amendements législatifs, adoptés l’été dernier, relatifs au financement des partis politiques. « Bien que les éléments distincts des amendements puissent être acceptables et qu’ils ne contredisent pas directement les normes internationales, le paquet législatif dans son ensemble, ainsi que les modalités et les délais de sa création et de son adoption, soulèvent de nombreuses préoccupations concernant le principe du pluralisme politique », écrit l’OSCE. Pour mémoire, le parlement avait réduit la subvention publique aux partis politiques, qui est passée de 11 leva à un lev par voix obtenue, tout en introduisant la possibilité pour les entreprises de faire des dons et en supprimant les limites aux dons privés. Comme compromis, et dans le cadre des discussions du budget pour 2020, le PSB propose que la subvention soit rehaussée à 8 leva par voix. (tous médias)

Défense

Le gouvernement accorde 16 millions de leva de plus pour la modernisation des avions MiG-29

Le gouvernement a décidé d’accorder 16 millions de leva supplémentaires pour la rénovation des engins de huit avions de chasse MiG-29. Cette démarche devrait garantir l’utilisation de ces avions jusqu’à la livraison des nouveaux avions F-16 Block 70. Le montant prévu fait partie d’un paiement conformément à l’accord-cadre avec l’entreprise russe Russian Aircraft Corporation MiG (RSK Mig), selon lequel les travaux de rénovation se réaliseront en Bulgarie, avec des pièces achetées à la Russie. Pour rappel, l’année dernière, le gouvernement a payé 71 millions de leva à RSK MiG (dans la limite des 97,5 millions prévus par l’accord-cadre), et a prévu jusqu’à 45,7 millions de leva en plus pour la signature de contrats concrets. (tous médias)

Europe

Ivan Guechev : « Ma procédure d’élection, d’une durée de plus de 10h et retransmise en direct par la TV publique, n’a pas d’équivalent en Europe »

Un reportage de 24 Heures rend compte de la participation du procureur général désigné Ivan Guechev à une conférence à Bruxelles, au Parlement européen, consacrée à la stratégie commune de l’UE en matière de lutte contre la corruption et la criminalité organisée. Ce forum, initié par la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), s’est déroulé en présence de la procureure européenne Laura Kovesi, du vice-président d’Eurojust Klaus Meyer-Cabri et de la directrice exécutive d’Europol Catherine De Bolle. Avant l’ouverture de la conférence, Ivan Guechev et Laura Kovesi ont eu un bref entretien personnel sur les défis auxquels font face les deux Parquets, bulgare et européen. Dans son intervention en amont de la conférence, M. Guechev a parlé de sa procédure de nomination, sans équivalent, à la tête du Parquet bulgare. « J’ai accepté l’invitation à prendre part à cette conférence, comme une reconnaissance du travail bien fait par la Bulgarie, quant à l’accomplissement des six indicateurs du Mécanisme de coopération et de suivi (MCV) », a-t-il indiqué. Selon lui, l’adoption d’une stratégie européenne commune de lutte contre la corruption et la criminalité organisée et l’accélération de l’échange d’informations transnationales s’imposent, si l’on veut aboutir à des résultats réels. (24 Heures)

Les reportages de Sega et Capital sur le même événement à Bruxelles donnent une autre image de la participation d’Ivan Guechev. « Guechev sous les feux croisés des eurodéputés », titre Sega en relevant la faible « prestation » du nouveau procureur général face à des questions sur des affaires de corruption notoires. Et Capital de souligner les réponses évasives et peu convaincantes à des questions spécifiques (sur « Appartmentgate », par exemple), ce qui a permis de mesurer les capacités de l’intéressé dans un « environnement non contrôlé », différent de celui dans lequel Guechev évolue en Bulgarie. (Sega, capital.bg)

International

Roumen Radev : « L’avenir de l’OTAN n’est pas une union entre fabricants et clients, mais entre partenaires »

Au sommet de l’OTAN à Londres, le président de la République Roumen Radev a appelé à un transfert renforcé de technologies et à une coopération industrielle avec la Bulgarie. « Je ne vois pas l’avenir de l’OTAN comme une union entre fabricants et clients, mais comme une union entre partenaires qui aspirent à garantir ensemble leur sécurité, en développant les hautes technologies et en fabricant ensemble du matériel militaire », a-t-il déclaré à l’issue du sommet. La division des membres de l’OTAN entre pays fabricants et pays clients place les seconds dans la situation désavantageuse d’avoir à financer leurs commandes militaires au détriment du renforcement de leurs économies et de leurs fonds sociaux. D’où le besoin d’un débat au sein de l’OTAN sur de nouvelles formes de coopération susceptibles d’encourager la coopération industrielle et le transfert de technologies vers des pays comme la Bulgarie. (tous media)

La Russie a accusé la Bulgarie de retarder volontairement le projet de construction de « Turkish stream »

Le Président Poutine a accusé le gouvernement de la Bulgarie de retarder volontairement, sous une pression externe, la construction du segment bulgare du gazoduc « Turkish Stream » qui traverse le pays depuis la frontière serbe jusqu’à la frontière turque. Le Président russe a fait cette déclaration à une conférence de presse à Sotchi, en présence du Président serbe, Alexandre Vucic. M. Poutine a menacé de chercher une autre voie de passage pour la connexion gazière « Si le gouvernement bulgare ne souhaite pas s’engager dans la construction du projet, alors nous allons chercher d’autres possibilités en Europe du Sud ». Il a souligné que la partie serbe est achevée presque entièrement et qu’il ne reste plus qu’à ajouter les stations de compressions. Mais selon lui, le travail de finition ne prendra pas plus que quelques semaines. Plus tard, dans une interview pour la bTV, le Premier ministre bulgare a réfuté la thèse du Président russe, en affirmant que le tracé des 140 km nécessaires pour la mise en place des tuyaux a déjà été creusé et que chaque jour, on ajoute nouveaux 5 km de tuyaux. De plus, la Bulgarie est un pays membre de l’UE et elle est obligée de respecter la législation européenne sur la question : « chacun a le droit de chercher des voies alternatives de passage. Apparemment, le fait que la Bulgarie soit un membre aussi fort et fidèle de l’Otan ne leur plait pas » a ajouté le Premier ministre. (Svobodna Evropa)

Les principaux événements de l’Institut français et de la CCIFB en décembre

Du 9 au 15 décembreColloque international « Être, venir d’ailleurs et écrire en français », dans le cadre du Festival littéraire international de Sofia.

Le 10 décembreConférence de Nathalie NEVEJANS « L’intelligence artificielle : vers un nouvel ordre humain », Salle des Miroirs, Université de Sofia.

Le 11 décembrePrésentation du livre « Le guide du zizi sexuel » en bulgare, Salle Slaveykov de l’Institut français de Bulgarie.

Le 12 décembreConférence « Smart Cities, Smart Industry, Smart Living », organisée par la Chambre de commerce et d’industrie franco-bulgare au Club militaire central.

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 05/12/2019

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