Le changement climatique

Intervention de M. Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France en Bulgarie lors de la conférence « Le changement climatique : défi pour l’environnement et les activités touristiques en Bulgarie » (Palais national de la culture, 3 décembre 2015)

Je suis très heureux de l’occasion qui m’est donné d’ouvrir cette conférence consacrée au changement climatique, à ses conséquences et aux nouvelles perspectives qu’il entre-ouvre pour un secteur clé de nos deux Pays : le tourisme durable.

La 21ème Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique a débuté ce lundi, avec pour ambition d’enclencher une dynamique nouvelle à l’échelle internationale, engagements et plans d’actions à l’appui. La Conférence de Paris sur le climat doit arriver à un accord politique entre tous les Etats de la planète.

Trouver un accord politique à Paris est important, indispensable, même. Car nous pourrons ainsi mettre en œuvre, tous et chacun, des politiques coopératives qui devraient nous permettre de limiter les gaz à effet de serre qui sont, selon les experts, la cause des dérèglements climatiques que nous observons depuis des décennies.
C’est pourquoi mon pays s’est engagé, depuis trois ans maintenant, à organiser cette 21ème conférence des parties. La France, ce faisant, a voulu montrer sa bonne volonté : il nous fallait créer les conditions pour qu’un accord puisse être trouvé. Depuis plusieurs années, le succès de cette conférence est la priorité diplomatique de la France. Ce n’est pas elle qui détermine les positions – la position européenne a été arrêtée en commun et c’est le Luxembourg qui aura le rôle de présenter et de défendre la position de l’Union européenne, avec la Commission.

Mais la diplomatie française souhaite être un faiseur de consensus : c’est pourquoi M. François Hollande a invité les chefs d’Etat et de gouvernement des 195 Etats parties à Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à venir à l’ouverture à Paris, pour fixer, tous ensemble, un cap politique et définir les priorités, afin que les négociateurs aient une feuille de route qui leur permette de quitter Paris avec un accord.

Je me réjouis que le Président Plevnéliev ait accepté l’invitation qui lui a été faite de se rendre à Paris à cette occasion et son discours prononcé lundi dernier est la preuve de l’engagement politique de la Bulgarie dans cette voie

Le tourisme vert, qui est notre thème aujourd’hui, se développe en Bulgarie, où il bénéficie d’un potentiel remarquable. Il permet de mieux protéger et de valoriser le patrimoine bâti, environnemental et culturel, de développer les espaces non pas à n’importe quel prix mais par et pour les communautés locales. La France, qui accueille chaque année des millions de touristes, a partagé et partage encore ce même souci de protection de ses territoires, en particulier les plus sensibles et les plus prisés à savoir les zones côtières et de montagne.

Lorsque l’Etat français se dote en 1975 du Conservatoire du littoral, établissement public à même d’acquérir des domaines pour mieux les protéger, puis de la loi littoral en 1983, c’est parce qu’il s’inquiète d’une prolifération rapide de pratiques et d’infrastructures à forte empreinte environnementale, non adaptables à la saisonnalité des activités touristiques et aux évolutions des marchés.

Il nous faut donc trouver un équilibre entre convictions et réalités économiques. Les bonnes pratiques qui se multiplient témoignent du chemin déjà parcouru. La conférence du 23 novembre, organisée par l’Institut français sur l’avenir des territoires ruraux avait permis de présenter le modèle français des parcs naturel régionaux. J’espère que ce nouvel événement qui nous réunit aujourd’hui, en présence des représentants des ministères de l’agriculture et du tourisme, permettra une fois encore d’évoquer l’interdépendance entre ces secteurs et de renforcer la complémentarité des politiques sectorielles.

L’expérience de la France peut être utile à la Bulgarie et l’ambition commune d’un tourisme plus durable doit être l’objet de nouvelles coopérations. L’aménagement du territoire à la française a permis de limiter les disparités territoriales, à la recherche de ce point d’équilibre entre pouvoir central et local, entre absence totale de réglementation et surprotection des espaces. Les pratiques agricoles, touristiques, la valorisation de notre art de vivre et du patrimoine culturel, le marketing territorial sont autant d’éléments qui pourront être une source d’inspiration pour la Bulgarie.

Je formule ici le vœu que la conférence qui nous réunit aujourd’hui jette les bases d‘une collaboration riche et pérenne entre nos deux pays, je vous remercie pour votre attention et je vous souhaite de fructueux débats.


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Dernière modification : 23/02/2016

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