Lundi 09 février

LE DEPLOIEMENT

NOUVELLES PRECISIONS SUR L’INSTALLATION DU CENTRE DE COMMANDEMENT ET DE CONTROLE DE L’OTAN

La semaine dernière, les 28 ministres de la défense des pays membres de l’OTAN se sont réunis au siège de l’Alliance pour répondre aux nouvelles menaces venant de l’Est et du Sud. Une des décisions validées lors de cette rencontre concerne l’installation pour la première fois de structures de l’Alliance dans les nouveaux pays membres, notamment en Bulgarie, en Pologne, en Roumanie et dans les pays baltes.
Le centre bulgare sera disposé à Sofia et 50 militaires y seront rattachés, dont la moitié de Bulgares. Il sera logé dans des locaux appartenant au ministère de la défense et hébergeant actuellement les états-majors des différentes forces armées. Selon le ministre de la défense Nikolaï Nentchev, les préparatifs se trouvent déjà à une étape avancée et le centre de commandement et de contrôle de l’OTAN pourra ouvrir dans quelques mois. Mais, avant cela, il est indispensable d’amender la loi sur la défense afin de permettre à des militaires bulgares d’intégrer ce centre (Pressa).
Le centre à Sofia, nommé « Resilient Guardian » et relevant du commandement central de l’OTAN, sera chargé de l’organisation d’exercices militaires, de l’élaboration de plans logistiques et de la mise en œuvre de la communication avec les structures militaires locales. Selon l’hebdomadaire Capital, l’hébergement d’un tel centre est assez avantageux pour le pays d’accueil – en contrepartie d’un coût relativement petit (l’entretien du centre), ce pays obtient des garanties de réaction rapide de la part de l’OTAN en cas de besoin.
La nouvelle de l’installation d’un centre de l’Alliance à Sofia a semé la zizanie au sein du PSB. Selon Angel Naïdenov, ancien ministre de la défense (2013-2014), non seulement ce centre ne met pas en péril la sécurité nationale, mais au contraire la renforce. Kristian Viguenine, ancien ministre des affaires étrangères (2013-2014), estime au contraire que l’installation du centre ne fera qu’accroître les menaces pour la Bulgarie (Sega).
Dans un appel adressé au président de la République, les députés du Front patriotique (membre de la coalition au pouvoir) ont demandé la convocation du Conseil consultatif de sécurité nationale estimant que la décision d’accueillir le centre devrait être examinée sur tous les plans et approuvée par l’Assemblée nationale.
Par ailleurs, le ministre de la défense Nentchev a informé que des entretiens étaient en cours avec l’OTAN quant au déploiement en Bulgarie de quelques dizaines d’unités de blindés. Cette mesure serait de nature à améliorer la capacité de réaction de l’armée bulgare et à assurer son interopérabilité. Ce ne sont pas des préparatifs de guerre, mais des travaux de routine, souligne le ministre Nentchev dans une interview pour 24 Tchassa. (tous journaux)

LE CONGRES

ON REVAIT DE CHANGEMENT SANS SAVOIR COMMENT Y ARRIVER : LE LEADER DE PODKREPA DRESSE UN BILAN DE 25 ANS DE LUTTE

La Confédération du travail Podkrepa a tenu hier pour la neuvième fois ses assises. Fondé en février 1988 à l’initiative de Konstantin Trentchev, son président depuis le début, ce syndicat avait activement participé aux changements engagés par la Bulgarie en 1989. Il demeure de nos jours la seule organisation qui a survécu aux épreuves de la transition.
Le Dr Trentchev a ouvert le congrès en annonçant devant les 800 délégués sa décision de quitter la présidence du syndicat. Justifiant son intention par son désenchantement profond de l’évolution de la politique et de la société, il a fait un triste bilan des 25 ans de « transition démocratique ».
La Bulgarie se trouve aujourd’hui dans la situation d’un pays vaincu, comme si elle sortait d’une longue guerre dévastatrice : le pays a perdu quelques millions d’habitants, son potentiel économique et de travail a drastiquement chuté, il n’existe plus de cause commune, l’esprit national est en berne. Un pays résigné qui rumine sa défaite, a souligné le Dr Trentchev.
Les changements en Bulgarie ont été menés dans le cynisme, la violence et la gabegie par une oligarchie formée de politiciens, hommes d’affaires, personnes liées aux anciens services secrets et à des structures criminelles. La nation bulgare s’est soumise à un génocide. Un million et demi de retraités et un demi-million d’handicapés vivent aujourd’hui dans une misère totale. Les rémunérations des travailleurs ne leur permettent pas de subvenir aux besoins de leurs familles : 70% environ des familles bulgares sont démunis. Les institutions ne servent pas les intérêts des citoyens. La corruption et des intérêts affairistes les enchaînent. La justice fait deux poids deux mesures – servante des puissants du jour, elle s’est attiré le mépris du peuple et le jugement négatif de l’Europe. La Bulgarie est en pleine désintégration morale et physique. Où s’en sont allés les millions de gens qui protestaient dans les rues de Sofia ? Une partie a émigré à l’étranger, les autres se sont repliés sur eux-mêmes, désillusionnés, démoralisés. Au début, on croyait que la démocratie était toute proche. On rêvait de changement sans savoir comment y arriver. Mais d’autres s’y étaient sérieusement préparés bien avant la chute du régime. Et la propriété a changé de mains.
Il est pénible de prolonger ces constatations tragiques. Il n’est plus possible de revenir en arrière, de corriger les erreurs, de combler les lacunes, a souligné à la fin le fondateur de Podkrepa.
Le 9e congrès du syndicat devra procéder demain à l’élection d’un nouveau président et de nouveaux secrétaires confédéraux. Dimiter Manolov, occupant actuellement le poste de vice-président, est considéré comme le choix le plus probable. (http://www.podkrepa.org, tous journaux)

L’ENTRETIEN

RATIONALISER LE PAYSAGE INSTITUTIONNEL DE LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Dans une interview, accordée à 24 Tchassa, Filip Gounev, vice-ministre de l’Intérieur, analyse les instruments de lutte contre la corruption dont dispose la Bulgarie dans le contexte des pratiques européennes.
Il y a 28 institutions, inspections auprès de ministères ou agences, qui, noir sur blanc, sont censées devoir réprimer la corruption. Or, leurs compétences ne sont pas bien définies et les résultats de leur action ne sont pas tangibles. S’y ajoutent les commissions de confiscation des biens acquis de manière illégale et de conflits d’intérêts ont un rôle important dans le domaine de la prévention et de la répression de la corruption. L’agence des marchés publics et l’inspection des finances publiques, la cour des comptes devraient être des piliers dans la lutte contre la corruption. Le ministère de l’intérieur et l’agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) sont impliqués également dans les enquêtes ouvertes à l’occasion de faits de corruption.
Cependant, une revue de l’état général de ces institutions démontre que celles-ci sont atrophiées et influencées politiquement. Et c’est le principe même du fonctionnement de ces institutions qui est à l’origine de leur dépendance. Le seul fait que l’inspecteur général soit nommé par le ministre le rend politiquement dépendant. Leur organisation implique également l’ingérence politique. Et du coup, leurs agents restent passifs afin d’éviter le risque de perdre leurs postes. Or, la pratique européenne n’admet pas que les responsables des inspections soient directement nommés ou révoqués par le ministre de tutelle. Il est certes nécessaire que les inspections répondent aux sollicitations des responsables politiques mais sans pour autant que leurs liberté, initiative et indépendance soient limitées lorsqu’elles ont à traiter des affaires sensibles.
Les travaux du gouvernement devraient servir de base à une stratégie qui doit donner lieu à des amendements législatifs le plus rapidement possible. Ce plan prévoit sept objectifs clés devant remédier aux problèmes et visant à trouver la recette pour faire ressusciter les institutions, à renforcer leur capacité et à modifier leurs attributions et responsabilités. Certes, certaines de ces propositions radicales prendront des années à être mises en œuvre. Il est nécessaire d’augmenter le nombre d’inspecteurs dans des domaines comme la police et la santé où, selon les études internationales, l’ampleur de la petite corruption est la plus importante. La pratique des autres pays démontre l’utilité du contrôle de prévention sur le lieu du travail. Des agents qui ne font pas systématiquement face à leurs tâches quotidiennes et ne respectent pas les règles sont susceptibles de céder plus facilement à des pratiques de corruption.
Les tests d’intégrité font également partie des mesures prévues dans le plan de lutte contre la corruption. Selon les procureurs consultés la tradition juridique bulgare admettrait difficilement que des tests d’intégrité donnent lieu à des poursuites pénales mais rien n’empêche que ceux-ci permettent d’ouvrir des procédures disciplinaires pouvant aboutir à la révocation des agents. Le gouvernement réfléchit à des amendements législatifs qui facilitent l’usage des tests d’intégrité afin d’éviter que le tribunal les déclare infondés et les annule. (24 Tchassa)

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Dernière modification : 09/02/2015

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