Lundi 10 février

Politique

Le ministre de la Justice demande au CSM de révoquer le juge Mitalov

Le ministre de la Justice Danaïl Kirilov a proposé, par écrit, au Collège des juges du CSM, de révoquer le juge Andon Mitalov pour atteinte au prestige de l’autorité judiciaire. La semaine dernière, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a mentionné le nom du magistrat, comme étant « impliqué dans des actes compromettant l’indépendance des institutions démocratiques, et mettant en danger l’Etat de droit en Bulgarie ». Selon le ministre, le juge Mitalov met à mal la crédibilité de la justice bulgare, et sa réputation internationale, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi au sein de l’UE. Il y a quelques jours, le CSM avait décidé de demander des informations à la partie américaine et aux autorités bulgares avant de se prononcer. (tous media)

Le procureur général Ivan Guechev évoque, dans une interview, des liens de corruption entre le président de la République et un fournisseur du ministère de la Défense

Ce dimanche, dans une interview sur la BNR, le procureur général Ivan Guechev a indiqué que l’enregistrement de l’entretien entre le chef de l’armée de l’air Tsanko Stoïkov et un interlocuteur présumé être le président de la République Roumen Radev, diffusé par le Parquet, a été fait à l’occasion d’une enquête sur des irrégularités concernant des commandes de matériel pour les forces armées. « Il s’agit d’une société, qui est fournisseur du ministère de la Défense et, en général, des forces armées, dans le cadre de différents marchés pour des centaines de millions de leva au cours de ces dernières années », a précisé M. Guechev. « A un moment donné, la DANS, qui a exploité les techniques spéciales d’écoute, a constaté que les enregistrements concernent cette enquête et les a envoyés au Parquet ». Le procureur général a également souligné que le Parquet ne dispose pas encore d’éléments indiquant que la voix enregistrée soit celle du président Radev.

Des media ont établi un lien entre les propos de M. Guechev et la société Bankantel qui fait l’objet d’une enquête pour trafic d’influence et des faits de corruption depuis juillet dernier, lorsque la police avait perquisitionné son siège. Bankantel fournit du matériel à l’armée de l’air. Durant la période 2002-2017, elle a réalisé six projets.

Cette enquête, qui a été suspendue, a provoqué la saisine par le procureur général de la Cour constitutionnelle avec une demande d’interprétation. « Je pense qu’en Bulgarie, il n’y a pas d’immunités absolues. Quand il existe des données ou des éléments de preuve attestant qu’il est possible qu’une personne dotée d’une immunité – que ce soit le président ou le vice-président – ait commis une infraction pénale, il faut faire tout le possible de réunir le maximum de preuves. Après, on peut suspendre l’enquête et envoyer l’information au parlement qui se prononcera, s’il y a lieu, ou non, de procéder à une destitution », a relevé M. Guechev. Selon lui, tout dépend maintenant de la Cour constitutionnelle. « Si la Cour décide qu’il existe des immunités absolues ou des personnes intouchables, des personnes au-dessus de la loi, nous allons l’admettre, bien que je ne partage pas ce point de vue », a-t-il conclu. (tous media)

Une enquête en interne, ordonnée par le ministre de la Défense, déclare le chef de l’armée de l’air non coupable de dissimulation de documents

Suite à l’enregistrement diffusé par le Parquet de trois entretiens téléphoniques du chef de l’armée de l’air Tsanko Stoïkov avec différents interlocuteurs, le ministre de la Défense, Krassimir Karakatchanov, avait ordonné une enquête interne ayant pour but de vérifier si des documents ont été dissimulés à la Commission de lutte contre la corruption en réponse à sa demande d’information sur la manière dont Dessislava Radeva, future épouse du président de la République, avait été embauchée sur un deuxième contrat de travail, comme chargée de la communication des forces aériennes. Selon les conclusions de cette enquête, présentées par le chef de la défense Andreï Botsev, le commandant des forces aériennes Tsanko Stoïkov avait envoyé à la Commission toute l’information requise, sans rien dissimuler. Comme aucune irrégularité n’a été constatée, « la conclusion de l’enquête est qu’il n’y a pas lieu d’infliger une peine administrative au général T. Stoïkov ». (tous media)

Le parlement adopte définitivement les amendements à la loi sur les jeux de hasard

Vendredi dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté les amendements à la loi sur les jeux de hasard, proposés par le président du FNSB, Valéry Siméonov. Le texte prévoit que les licences des sociétés privées qui organisent des jeux à gratter leur seront retirées après la publication des amendements au Journal officiel. Ceci devrait se faire dans un délai de 14 jours, à condition que le président de la République n’y oppose son veto. La proposition initiale d’accorder une période de transition de trois mois n’a pas été retenue.

De cette manière, les deux sociétés de l’homme d’affaires Vassil Bojkov ne pourront plus organiser des jeux, cette activité étant dorénavant réservée à l’entreprise publique « Totalisateur sportif bulgare ». Celle-ci ne pourra vendre des cartes à gratter que dans ses propres points de vente, l’externalisation étant interdite. Contrairement à la proposition initiale, les grandes sommes d’argent, déjà gagnées auprès des organisateurs privés et dont le paiement était échelonné, ne feront pas l’objet de garanties bancaires. La proposition du PSB de limiter la publicité des jeux de hasard n’a pas non plus été retenue. (tous médias)

Les nouvelles protestations contre le gouvernement

Les manifestations de vendredi, organisées par les partis « Renaissance » et « Paix » dans de nombreuses villes de Bulgarie, se sont poursuivies le jour suivant, mais en rassemblant beaucoup moins de protestataires. Les manifestants se disent indignés par la gouvernance du pays et exigent la démission du gouvernement. Leur protestation est motivée par les crises démographiques et environnementales, ainsi que par l’abus du pouvoir policier et la menace à la stabilité financière du pays. Les organisateurs de la manifestation affirment avoir recueilli les signatures de plus de 220 000 personnes se prononçant contre l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro et insistent sur la mise en place d’un référendum national traitant la question de la monnaie. Le Ministère de l’intérieur a déclaré avoir pris les mesures nécessaires afin d’éviter l’escalade des tensions et l’usage de la force. (BNR, Dnevnik)

Discussions sur la loi relative à la caisse d’émission bulgare et l’entrée dans la zone euro

Lors d’une interview pour la radio nationale, le professeur d’économie appliquée Steve Hanke s’est insurgé contre l’éventualité d’une dissolution du conseil monétaire arrimant le lev à l’euro. Steve Hanke est l’un des créateurs du conseil monétaire en Bulgarie. Selon lui, les amendements relatifs à la loi sur la Banque nationale sont inutiles, et menacent même la stabilité financière du pays. « Il est dangereux de jouer avec la caisse d’émission, sans comprendre les arguments de sa création ». Les préoccupations de la société sont pertinentes, ajoute-t-il, car les bulgares se souviennent des années d’hyperinflation. Selon lui, il est possible qu’un « accord secret » ait été signé entre les autorités européennes et bulgares. Cet accord aurait imposé des conditions complémentaires à accomplir par le gouvernement bulgare. M. Hanke n’a pas non plus soutenu l’idée de l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro. Il a rappelé, une fois de plus, que la caisse monétaire a maintenu pendant les années une discipline fiscale rigoureuse qui a permis à la Bulgarie d’échapper aux turbulences financières. En réponse, le ministre des finances, Vladislav Goranov, a réfuté l’idée d’accords secrets, évoquée par M. Hanke et a assuré que la Bulgarie entrerait à la zone euro, avec le cours fixe du lev adossé à l’euro, et qu’une dévaluation des épargnes des bulgares n’est pas envisageable. (BNR)

Société

Sondage : les Bulgares, très positifs envers la Russie et le Président Poutine

73% des Bulgares ont une attitude positive envers la Russie, et 62% font confiance au président Vladimir Poutine. C’est ce qu’indiquent les résultats d’un sondage, réalisé en 2019 par le Pew Reserch Center, parmi 33 pays à travers le monde. Les Bulgares se placent ainsi en tête des attitudes positives envers la Russie et son chef d’État, « contrairement à presque l’ensemble du reste du monde », note 24 Heures. Les Bulgares âgés de 50 ans ou plus ont une attitude plus positive envers la Russie que les jeunes. (24 Heures, Mediapool, OffNews, DW)

Dernière modification : 10/02/2020

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