Lundi 12 décembre

La catastrophe

Déraillement d’un train de wagons-citernes dans le nord-est de la Bulgarie : sept morts

Un accident ferroviaire, survenu samedi 10 décembre tôt le matin à Hitrino, à 20 km de Choumen (Nord-Est), s’est terminé par un bilan tragique : sept personnes y ont trouvé la mort (ou huit d’après certaines sources) et une trentaine d’autres sont grièvement blessées.

Un train transportant douze wagons de propène et quatre de GPL a déraillé en entrant en gare, à la suite de quoi une des citernes a explosé. La cargaison appartenait à la société Bulmarket, spécialisée dans le commerce et le transport de carburants et détentrice d’une licence de transport de marchandises par voie ferrée.

La puissante explosion ayant causé d’importants dégâts matériels, les habitants ont été évacués. Parallèlement, une opération de transbordement des produits dangereux transportés a commencé. Dimanche, des fuites de gaz ont été constatées à partir des citernes accidentées et, vu le risque majeur d’intoxication, l’état d’urgence a été localement proclamé. Le centre de crise, dirigé par le premier ministre lui-même, est à la recherche des solutions de sécurité les moins incommodantes pour la population stressée, les experts sur place et les forces qui participent au déblocage de la situation.

L’enquête ouverte par le Parquet a retenu pour l’instant, comme hypothèse la plus probable sur l’origine de l’accident, l’excès de vitesse. Les enquêteurs ont retrouvé et saisi les dispositifs de mesure de vitesse des deux locomotives. L’inspection technique du matériel roulant ne commencera qu’après le nettoyage du périmètre sinistré.

Aujourd’hui, une journée de deuil national est observée dans tout le pays. Le Conseil des ministres a alloué 10 millions de leva à la commune de Hitrino, dont 5 millions à titre d’aide aux habitants et 5 millions en vue de la reconstruction de l’infrastructure communale. Le premier ministre a remercié ses homologues de Turquie, de Hongrie et d’Israël de l’aide qu’ils ont proposée en les assurant que la Bulgarie dispose des moyens nécessaires pour réparer les dégâts occasionnés par l’accident ferroviaire, conformément au plan national de gestion de crises. (tous journaux, mediapool.bg, dnevnik.bg)

L’intervention

Le procureur général fait pression en faveur de la validation par le parlement du référendum national sur le mode de scrutin

Après avoir reçu le 5 décembre dernier Slavi Trifonov au sujet du dernier référendum national portant sur trois aspects du mode de scrutin, le procureur général Sotir Tsatsarov, dans une lettre adressée aux organisateurs du référendum, a pris position en faveur de la reconnaissance des résultats de celui-ci, malgré les 12 000 voix qui ont fait défaut pour valider le scrutin. Publiquement lue à la télévision et présentée jeudi dernier par Slavi Trifonov, l’animateur du Show de Slavi, cette lettre s’inscrit dans le débat politique sur la refonte du système politique en Bulgarie. Toutefois, venant de la part du chef du Parquet et à un moment où le tribunal administratif ne s’est pas encore prononcé sur les irrégularités liées à la tenue du référendum, dont il a été saisi, ce soutien soulève des questions.

Les résultats du référendum, avec ou sans les 12 000 voix nécessaires (voir notre revue du 14 novembre dernier), sont devenus obligatoires, estime M. Tsatsarov. A ce propos, il informe M. Trifonov que les signalements d’irrégularités que ce dernier lui avait transmis lors de leur entrevue ont été communiqués au Parquet près la Cour administrative suprême et qu’ils seront dument vérifiés. « Mon opinion personnelle est que cela [le déficit de 12 000 voix] ne peut être un motif pour qu’on passe sous silence ou qu’on oublie les résultats. Le nombre des participants au référendum (près de 3,5 millions de personnes) et de ceux qui ont répondu de façon affirmative aux trois questions (près de 2,5 millions) rend les résultats obligatoires pour les partis représentés au parlement et exige de leur part une réponse adéquate en vue de leur mise en œuvre. […] Nier cette constatation ou simplement ne rien faire pendant un certain temps signifie ignorer la volonté populaire directement exprimée. Une telle attitude ne mènerait à rien de bon pour notre Etat », indique le procureur général.

Après le premier ministre Borissov, qui s’était dit prêt, au moment de sa démission, à soutenir un mode de scrutin uninominal à 100%, et la médiatrice de la République, Maya Manolova, qui avait déposé au parlement un projet de loi en ce sens (voir notre revue du 22 novembre), le procureur général est le troisième personnage public de haut rang à soutenir cette modification législative sujette à polémiques. (Capital Daily, Troud)

Le projet

Christo Ivanov a lancé l’idée de la création d’un nouveau projet politique dont l’objectif est de combattre la corruption dans la vie politique

« Nous avons eu recours à tous les outils possibles de type civique, non politique. Plusieurs manifestations et initiatives civiques ont [en vain] eu lieu. Aujourd’hui, les juges manifestent de nouveau dans la rue contre les actes du procureur général. C’est pourquoi je déclare ici en votre présence qu’il est temps que nous déplacions cette bataille sur le terrain politique. Tant qu’elle ne sera pas menée au parlement, tant que des personnes comme vous n’y seront pas présentes ou représentées, nous ne pourrons pas atteindre nos objectifs. » C’est ainsi que Christo Ivanov, ancien ministre de la justice, soutenu par les représentants de l’Initiative Justice pour tous (Ndr.communauté civique indépendante qui lutte pour une justice indépendante et efficace), a lancé l’idée de la création d’un nouveau projet politique dans le cadre d’une réunion qui s’est déroulée sous le slogan « Nous parlons de Bulgarie : y a-t-il un rêve bulgare ? ». La création de la nouvelle mouvance dont le nom serait « Oui, Bulgarie » est attendue au début de 2017.

« Notre objectif principal ne consiste pas à faire entrer quelques personnes au Parlement mais à nous opposer à la corruption dans la vie politique. Et pour aboutir, nous sommes ouverts au soutien tant de la droite que de la gauche », a précisé M. Ivanov, citant en exemple Tatiana Dontcheva, présidente du Mouvement 21, comme faisant partie des rares politiciens qui luttent contre la corruption. « Si Radan Kanev continue à travailler comme jusqu’à maintenant, lui aussi sera notre ami », a expliqué M. Ivanov en précisant tout de même que le seul point commun entre son projet et celui de Radan Kanev est qu’ils sont nouveaux. Il a également souligné que « les petites et les grandes entreprises doivent constituer l’échine de nos efforts ».

Radan Kanev, Atanas Atanassov, député du DBF, Martin Dimitrov et Petar Slavov, députés du Conseil civil du Bloc réformateur, Traïtcho Traïkov, candidat du Bloc à la présidence de la République, Ivo Prokopiev, propriétaire du groupe Ekonomedia, et son épouse Galia Prokopieva, directrice exécutive de l’hebdomadaire Capital, faisaient partie de l’assistance.

24 tchassa et Troud établissent un lien entre les manifestations des juges du tribunal d’instance de Sofia, vendredi 9 décembre (voir notre revue du 8 décembre) qu’ils qualifient d’ « instrumentalisées » et le lancement de ce projet politique, dont ils attribuent l’inspiration à Ivo Prokopiev. « Frapper l’oligarchie par l’oligarque Prokopiev : c’est l’énième formation, comme celles qui ont été créées par Marechki, Kovachki et Barekov », écrit dans son éditorial 24 tchassa. (tous journaux)

Rubrique France

Capital Daily publie une interview de Bruno Leroux, directeur exécutif de la BNP Paribas Personal Finance, intitulée « Nous ne craignons pas l’instabilité politique en Bulgarie ». Par ailleurs, Troud rend compte de la décoration d’Henri Loyrette, ancien président-directeur du musée du Louvre, de l’ordre Saints-Cyrile-et-Méthode de premier rang pour sa contribution au rayonnement de la culture bulgare en France. La cérémonie officielle s’est tenue à l’Ambassade de Bulgarie à Paris en présence de Vejdi Rachidov, ministre de la culture.

Dernière modification : 12/12/2016

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