Lundi 13 octobre

LA NEGOCIATION

LE GERB OPTE POUR LA FORMATION D’UN GOUVERNEMENT DE COALITION ET ENTAME DES POURPARLERS

Avec la publication hier des noms des élus, on connaît désormais complètement la physionomie du parlement issu des élections législatives anticipées du 5 octobre dernier.
Le GERB, le parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges de députés, entame dès aujourd’hui et comme il l’avait annoncé, des consultations avec les sept autres formations politiques représentées au parlement (voir notre revue du 8 octobre).
Délaissant son idée initiale de procéder à la formation d’un gouvernement minoritaire en essayant de se constituer un certain soutien parlementaire, le GERB déclare désormais s’orienter vers un gouvernement de coalition ancré dans la signature d’un accord entre les partis.
Les négociations seront menées à tour de rôle et se dérouleront à l’Assemblée nationale où elles seront sténographiées. Des conférences de presse seront données après chaque entretien. D’après Mediapool.bg, il est très probable que le tour de table, qui commence aujourd’hui par le PSB, se termine d’ici la fin de la semaine. L’équipe GERB se compose de trois négociatrices – Tsetska Tsatcheva, Roumiana Batchvarova et Menda Stoyanova (voir notre revue du 8 octobre).
« Sur la table de négociation, nous mettons notre programme. Tout le monde le connaît et c’est sur sa base que nous chercherons un compromis. Avant les consultations, nous ne posons aucune condition. Nous voulons entendre les partenaires […] », déclare le leader du GERB Boïko Borissov devant Pressa.
Du côté des socialistes, à la table de consultations s’assoiront Yanaki Stoïlov, Zakhari Gueorguiev de la direction du PSB et le porte-parole de ce parti, Atanas Merdjanov. Leur mandat de consultation inclut douze points repris sur le programme électoral du PSB, dont : retour à l’impôt progressif et mise en place d’une fiscalité de la famille ; poursuite du projet South Stream ; développement de l’énergie nucléaire à travers la construction de la centrale de Belene, l’extension de la durée d’exploitation des unités 5 et 6 de la centrale de Kozlodouï et la mise en service de nouvelles unités sur ce même site ; non élargissement des sanctions contre la Russie, etc. (cité d’après Pressa). Les socialistes entendent toutefois être une opposition constructive à l’Assemblée nationale, sans entrer dans un gouvernement de coalition.
Après les consultations avec le PSB, le GERB va jauger les positions du MDL et du Bloc réformateur. Il n’est pas possible d’avoir une coalition avec le MDL, parce que toutes les structures du GERB s’y opposent, avait déclaré M. Borissov tout de suite après l’annonce des premiers résultats du scrutin.
En ce qui concerne le Bloc réformateur, Capital Daily croit voir un apaisement dans les relations entre ces deux forces. Radan Kanev de la direction du Bloc a qualifié de « démarche erronée » la condition posée par les réformateurs à la veille des élections, à savoir que Boïko Borissov et aucun de ses anciens ministres ne figurent dans le nouveau cabinet. Le GERB, pour sa part, se dit prêt à offrir des postes ministériels à ceux rejoignant une coalition constituée autour de lui, écrit ce journal.
Le Front patriotique, que certains journaux donnent comme le possible troisième partenaire d’une future majorité parlementaire, à côté du GERB et du Bloc réformateur, a rendu public ce week-end un appel à la formation d’un gouvernement du salut national avec la participation d’experts choisis et soutenus par le plus grand nombre possible de forces politiques.
Bulgarie sans censure, qui aura à son tour des consultations avec le GERB, s’est déclaré pour un gouvernement de coalition, pro-européen et transparent, « qu’il soit avec notre participation ou non », a souligné le président adjoint de ce parti Roumen Yontchev, cité par Mediapool.bg.
ABC se rendra aux consultations organisées par le GERB, mais ne soutiendra pas le futur gouvernement, a déclaré le leader du parti Gueorgui Parvanov. Selon l’élu Ivaïlo Kalfine, une coalition entre les deux plus grands partis au parlement sera difficile à atteindre, mais beaucoup plus stable qu’une formule de droite avec le soutien de plusieurs petits partis (cité d’après Pressa).
Mercredi, 15 octobre, le président de la république Rossen Plevneliev réunira les huit nouvelles forces parlementaires pour convenir de la date d’ouverture de la 43e législature, informe Mediapool.bg. (tous journaux, mediapool.bg)

LA METHODE

AVALANCHE DE CRITIQUES CONTRE DIFFERENTES MODALITES DU MODE DE SCRUTIN

La répartition des sièges de députés selon la méthode en vigueur suscite des protestations véhémentes, maintenant que ses résultats sont connus. Pour mémoire, cette méthode combine deux aspects : l’affectation des voix obtenues à l’étranger aux 31 circonscriptions et le calcul des sièges par circonscription selon la méthode du plus fort reste, en appliquant le quotient de Hare (voir notre revue des 10 octobre). Toutefois, cette vague de critiques ne va pas jusqu’à relever les incohérences manifestes des résultats tels que publiés vendredi dernier par la Commission électorale centrale (CEC).
Les plus mobilisés sont les habitants de Kioustendil et Doupnitsa qui protestent depuis jeudi dernier contre l’entrée au parlement d’Alexandre Metodiev du MDL, devenu député avec 840 de voix à son actif grâce à la répartition des votes des citoyens bulgares à l’étranger (et par ailleurs Rom). Les manifestations jouissent du soutien de l’élue de la région Maya Manolova (PSB) et des autorités locales.
A cette occasion, le MDL a tenu à rappeler qu’il s’agit d’une pratique de calcul mathématique entérinée dans le Code électoral et qu’elle concerne tous les partis (à Silistra, par exemple, la nouvelle répartition a donné un siège à Ataka au détriment du PSB).
Les protestations gagnent d’autres villes aussi, notamment Gabrovo et Yambol, où le réajustement des votes nationaux avec ceux des Bulgares de l’étranger s’est avéré profitable au MDL et préjudiciable au GERB.
Qualifiant d’injuste la méthodologie, le GERB s’est déclaré pour la refonte du Code électoral et le retour de la proportionnelle à la plus forte moyenne selon la méthode d’Hondt. « Il n’est pas juste qu’un député entre au parlement avec 20 000 voix et un autre – avec 800. J’espère que le prochain parlement fera le nécessaire pour que l’opinion soit sûre d’avoir un système de scrutin équitable », a souligné le leader de ce parti, Boïko Borissov.
Le vote préférentiel constitue une autre épine dans le talon des grands partis et de leurs appareils. D’après Sega, 19 candidats ont eu la chance de devenir députés grâce au réarrangement des listes de parti.
Les trois grands partis, GERB, PSB et MDL, communient dans l’animosité envers cette nuance majoritaire du scrutin à laquelle ont eu recours plus de 1 120 000 de citoyens, soit 1/3 de ceux qui ont voté. Le MDL estime qu’il a perdu 70 000 voix et la chance de devancer le PSB en raison du vote préférentiel, qui aurait mis en difficulté un grand nombre de ses sympathisants. Les appareils de parti ont fait pression sur des candidats ayant monté vers le haut de la liste : et certains se sont vu contraints de renoncer à la préférence obtenue.
Le Conseil électoral, créé auprès du premier ministre pour veiller à la bonne organisation des élections, proposera lors de sa dernière réunion la mise en place d’une circonscription « Etranger » comme moyen de réparer l’« injustice locale » qui permet à des partis n’ayant pas obtenu des voix dans une circonscription donnée d’être compensés dans une certaine mesure par la répartition des voix provenant des bureaux de vote à l’étranger, a déclaré sur la radio nationale (BNR) l’expert en matière électorale Dimiter Dimitrov. Selon lui, quelques 10 sièges ont été attribués au titre de ce principe.
Le Front patriotique, pour sa part, s’est proclamé en faveur d’un nouveau redécoupage électoral, les circonscriptions actuelles n’étant pas pondérées et permettant une très grande disparité au niveau du nombre des sièges et de leur poids électoral.
Par ailleurs, dans une interview sur la chaîne de télévision Bulgaria on Air, le premier ministre Gueorgui Bliznachki a déclaré que des experts du gouvernement intérimaire se sont attelés à proposer des amendements au Code électoral, dont le plus important portera sur la réintroduction de la méthode d’Hondt et le retour à un scrutin mixte (120 députés élus par scrutin de liste et 120 par scrutin uninominal). D’après des sources proches de Troud, le premier ministre intérimaire demandera au prochain président de l’Assemblée nationale, tout de suite après la constitution de celle-ci, la tenue du referendum sur les modalités du scrutin au nom duquel il avait organisé une pétition au printemps dernier. (tous journaux, mediapool.bg)

LE DECOMPTE

AUGMENTATION DU NOMBRE DE MIGRANTS CLANDESTINS ET NOUVEAU ITINERAIRES

Dans son numéro de samedi, Pressa consacre deux pages entières au thème de la migration clandestine.
Un nouveau flux d’immigrants en provenance du Proche-Orient s’oriente vers la Bulgarie à la suite de l’escalade des événements en Syrie et en Irak, constate le journal. Tous les jours, une cinquantaine de personnes se font arrêter par la police aux frontières pour demander un asile. Depuis le début de l’année, quelque 3000 personnes ont été arrêtées par les policiers. Après la mise en place d’un mur de barbelés sur une trentaine de kilomètres le long de la frontière bulgaro-turque, les passeurs semblent en train de réorienter leurs clients de la Turquie vers la Grèce. Les statistiques du centre opérationnel du ministère de l’Intérieur, en charge de l’immigration clandestine, montrent qu’en septembre dernier, 71 ressortissants étrangers ont été appréhendés sur la frontière bulgaro-grecque (contre 1 pour la même période en 2013). Pour la première dizaine d’octobre ils ont été 12, contre 2 pour tout le mois d’octobre 2013.
D’autres chiffres montrent que ceux qui entrent en Bulgarie cherchent très souvent à poursuivre leur chemin vers l’Europe occidentale. Ainsi, 1171 migrants ont essayé depuis le début de l’année de franchir illégalement, à pied, la frontière avec la Serbie, et 527 autres ont été pris dans des camions les emmenant vers la Roumanie.
L’Agence d’Etat pour les réfugiés annonce que la capacité de 3000 lits dans les centres d’hébergement n’est atteinte qu’à 60%. Il n’y a que trois centres – à Bania, à Pastrogor et à Sofia (Voenna rampa) qui affichent « complet ». Parmi les personnes prises en charge, on compte 75% de Syriens, 15% d’Afghans et 3-4% d’Iraquiens. L’agence est en train de chercher un nouveau site pour l’implantation d’un centre provisoire de maisons mobiles et de tentes, pour le cas où une vague trop importante de migrants atteindrait la Bulgarie.
Par ailleurs, le président de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS), Vladimir Pissantchev, a déclaré que des personnes présumées avoir été en contact par le passé avec des organisations terroristes ont essayé d’entrer en Bulgarie. Ces anciens terroristes viennent de différents pays, principalement de Syrie et d’Afghanistan. Selon M. Pissantchev, il n’y a pas de données attestant que des personnes liées avec l’organisation « Etat islamique » (Daech) ont tenté de pénétrer dans le pays. (Pressa)

Word - 193.6 ko
(Word - 193.6 ko)

Dernière modification : 13/10/2014

Haut de page