Lundi 15 juin

LA HAINE

UNE RIXE NOCTURNE ENTRE ROMS ET BULGARES A SOFIA MOBILISE LES FORCES DE L’ORDRE

Après l’escalade de la confrontation entre Bulgares et Roms à Katounitsa (en 2011) et à Garmen (le mois dernier), voici venu le tour du quartier d’Orlandovtsi à Sofia.
Depuis des années, relève Standart, le mécontentement à Orlandovtsi grandit contre le ghetto rom situé à proximité. Samedi, suite à un démêlé pour cause de musique trop bruyante et tapage nocturne, une bagarre éclate. Plusieurs personnes des deux côtés sont blessées. Dimanche, plus de deux cents personnes indignées se réunissent pour protester contre la « délinquance rom ». On donne l’assaut à des maisons roms en lançant des pierres et des bouteilles. Plusieurs personnes des deux côtés sont blessées. Le conflit s’envenime vers 21 heures et la police, venue sur place, a de la peine à l’endiguer. Les attaquants, souvent cagoulés et armés de pieux, essaient à plusieurs reprises de pénétrer dans le ghetto. Finalement, les policiers et les gendarmes arrivent à les repousser.
Un communiqué officiel du ministère de l’intérieur, diffusé tard le soir, parle de quatre personnes interpellées lors d’une opération de police spécialisée au quartier d’Orlandovtsi. Trois d’entre elles sont actuellement inculpées pour coups et blessures légers et hooliganisme. Selon la police, des supporters de clubs de football auraient participé à l’attaque contre le ghetto rom. « Parmi les protestataires, nous avons repéré des représentants des milieux criminels. Certains d’eux répondent au profil des casseurs connu des matchs de football », a annoncé le chef de la police nationale Khristo Terziïski lors d’une conférence de presse improvisée.
Sur les réseaux sociaux, un nouveau rassemblement anti-rom est annoncé pour ce soir.
Relevant l’analogie entre les événements à Garmen en mai dernier et ceux d’Orlandovtsi, le politologue Ognian Mintchev écrit sur sa page Facebook : « La tolérance est un devoir moral pour le citoyen. Elle est la base sur laquelle se construit toute société libre et équitable. Le problème est que nous avons dépassé depuis longtemps le point où nous pouvions encore résoudre les conflits en utilisant les impératifs du devoir civique. La polarisation de la société et l’escalade de la haine franche, allant loin au-delà des fractures ethniques, détruit impitoyablement le seul fondement sur lequel puisse exister une société démocratique et tolérante, à savoir l’entente, la concorde sur des problèmes d’importance clé pour l’intérêt national. […] Nous avons démoli notre Etat et nous avons brûlé les ponts entre nous. Il ne suffit plus de parler aujourd’hui de tolérance. Il nous faut des règles, des règles valables pour tous. Et des politiques à long terme, susceptibles de changer la direction de la vrille de la désintégration que nous vivons. […] En tout premier lieu, il faut arrêter d’abuser en politique avec le potentiel croissant de la confrontation interethnique. Il faut que le parlement trouve une plate-forme d’entente opérationnelle et de long terme entre tous les partis. Une telle plateforme devrait inclure des mesures de scolarisation obligatoire, d’emploi obligatoire, de politique sociale souple et soumise à des conditions, de mesures pertinentes visant à améliorer l’efficacité du secteur de la sécurité. Il faut dissuader une fois pour toutes l’instrumentalisation d’éléments marginaux radicalisés au profit d’intérêts occultes travaillant pour la déstabilisation sociale et politique du pays. Il est temps que les hommes politiques manifestent et exercent ouvertement, efficacement et de façon responsable leur pouvoir au profit de la société. Les politiciens doivent assumer leur responsabilité, celle au nom de laquelle ils ont été élus. Tous les politiciens, qu’ils soient dans le gouvernement ou dans l’opposition » (cité d’après Dnevnik). (mediapool.bg, dnevnik.bg, Standart)

L’ELECTION

SERGUEI STANICHEV RECONDUIT A LA TETE DU PSE

Sergueï Stanichev, député européen, a été réélu vendredi dernier à la tête du Parti des socialistes européens (PSE) lors du congrès de ce parti tenu à Budapest.
Le Bulgare a été reconduit pour un deuxième mandat en l’absence de toute concurrence après le désistement, quelques minutes avant le scrutin, de son unique rival, Enrique Barón Crespo (71 ans) du Parti socialiste ouvrier espagnol (voir notre revue du 19 mai). Celui-ci a expliqué son retrait par l’énorme soutien en faveur de S. Stanichev qu’il avait senti pendant les échanges avec des délégués avant le congrès.
Remerciant les délégués de leur confiance, le leader réélu n’a pas manqué de souligner la bienveillance du destin à son égard : « A l’âge de 35 ans, j’ai été élu président du Parti socialiste bulgare que j’ai dirigé pendant treize ans. A 39 ans, je suis devenu le plus jeune chef de gouvernement dans l’UE. J’ai fait adhérer mon pays à l’UE et mon gouvernement a attiré des investissements record, a atteint de la croissance économique et a considérablement augmenté les revenus des citoyens. A 45 ans, je suis devenu le premier Européen de l’Est à la tête de la famille de la gauche européenne. J’ai grandi en tant qu’homme politique au cours de toutes ces années ».
L’objectif prioritaire sera de voir le PSE devenir la première force politique en Europe avec le plus grand groupe parlementaire au Parlement européen et un président socialiste à la tête de cette instance, a souligné M. Stanichev tout en lançant deux nouvelles idées pour l’Europe : mise en place d’une initiative « Garantie pour l’enfant » financée par les fonds européens et dirigée contre la pauvreté infantile (à l’instar du programme « Garantie pour la jeunesse ») et création d’un indicateur de la démocratie dans l’UE.
Autre idée : la création auprès du PSE d’un « Conseil des sages » composé de personnalités influentes de la gauche européenne et ayant pour but d’orienter la réflexion sur les principales politiques des socialistes européens à la veille des élections européennes de 2019. Les premiers cooptés seront l’ancien chancelier allemand Gerhardt Schröder, l’ancien président du groupe du PSE au Parlement européen Hannes Svoboda et l’ancien premier ministre suédois Göran Persson.
Le congrès du PSE a également renouvelé les instances dirigeantes du PSE. Kristian Viguenine, ancien ministre des affaires étrangères, a été élu membre de la présidence du PSE. (tous journaux, mediapool.bg)

L’OBJECTIF

FINANCEMENT EUROPEEN : LA BULGARIE DOIT ABSORBER D’ICI LA FIN DE L’ANNEE 2,1 MILLIARDS D’EUROS

Selon le cabinet de Tomislav Dontchev , vice-premier ministre en charge des fonds européens et de la politique économique, la Bulgarie doit absorber d’ici la fin de l’année 2,1 milliards d’euros si le pays ne veut pas perdre une partie des fonds européens au titre du cadre financier précédent (2007-2014). Le gouvernement est conscient de l’impossibilité d’absorber tout le financement, mais, selon les consignes du premier ministre Boïko Borissov, les ministres doivent travailler pour atteindre un niveau de 90% d’absorption, selon Sega. Le journal calcule qu’un tel niveau signifierai une perte de 667 millions d’euros du financement des programmes opérationnels.
La semaine dernière, la direction Programmation des fonds européens auprès du Conseil des ministres a annoncé une croissance de 10% de l’absorption au cours des 5 premiers mois de l’année 2015. Fin mai, la Bulgarie a absorbé 77,45% des fonds qui lui sont destinés, contre 67,4% l’année précédente. Malgré cela l’administration doit se mobiliser davantage, surtout en ce qui concerne les projets financés au titre des programmes opérationnels Environnement, Développement régional et Transport où le niveau d’absorption est le plus faible, commente Sega. Le « champion » des fonds européens est le programme Développement des ressources humaines avec 82,2% d’absorption. Le financement alloué au titre de ce programme s’élève à 1 milliard d’euros.
Au-delà du niveau de l’absorption, la gestion du financement et les résultats des projets est aussi à considérer. « Apres 7 ans de subventions européennes, les légumes, les fruits et les animaux d’élevage ont presque disparu. Maintenant nous voulons changer cela, mais n’est-il pas trop tard ? », écrit Capital dans un dossier spécial consacré au programme opérationnel Agriculture et développement rural. L’hebdomadaire énumère les trois principaux changements dans le secteur depuis l’adhésion de la Bulgarie à l’Union.
D’abord, le secteur a changé d’une manière drastique. Le sous-secteur des céréales a augmenté énormément, tandis que d’autres comme l’élevage, l’arboriculture et le maraîchage sont presque sur le point de disparaitre. En outre, l’Etat est devenu un acteur incontournable, car il gère les subventions directes et indirectes qui s’élèvent à 10 milliards de leva. Enfin, les producteurs ont fini par se diviser en deux catégories : les uns, qui conçoivent tout dans le cadre des subventions et les autres, qui considèrent le secteur comme une opportunité d’affaires parmi d’autres.
Le grand paradoxe est qu’après tant de subventions versées, l’agriculture bulgare produit moins de valeur ajoutée qu’avant et les secteurs compétitifs sont très peu nombreux. Afin de corriger cette situation, le financement au titre de la nouvelle programmation pluriannuelle vise les petits producteurs et davantage de secteurs. Avec pour objectif la compétitivité et la diversité du secteur vers 2020, dit le vice-ministre de l’agriculture en charge du financement européen Vassil Groudev, dans une interview pour Capital. Selon lui le changement le plus visible et le plus important, dû au financement au titre des programmes européens est le fait que les investissements dans l’agriculture sont devenus rentables. (Sega, Capital)

Word - 201.6 ko
(Word - 201.6 ko)

Dernière modification : 15/06/2015

Haut de page