Lundi 15 septembre

LE SCRUTIN

LA COMMISSION ELECTORALE CENTRALE FIXE LE NOMBRE DES BUREAUX DE VOTE A L’ETRANGER ; LE MINISTERE DE L’INTERIEUR PREND DES MESURES CONTRE L’ACHAT DE VOTES

La Commission électorale centrale (CEC) a fixé le nombre définitif des bureaux de vote qui seront ouverts à l’étranger pour les élections législatives du 5 octobre prochain : 428 au total dont 136 en Turquie (voir notre revue du 9 septembre). Selon l’information, publiée sur le site de la Commission, quelque 26 000 citoyens Bulgares établis à l’étranger ont demandé de participer au scrutin. Mais le grand nombre de bureaux de vote (pendant les législatives en 2013, il n’y en avait que 227, dont 86 en Turquie), nécessitera le déplacement en mission d’au moins deux agents du ministère des affaires étrangères par bureau de vote. Une véritable épreuve pour celui-ci, juge Mediapool.bg, vu son budget étriqué pour l’organisation du scrutin (1,2 millions de leva). D’après la loi, chaque bureau doit être animé par une commission électorale d’au moins cinq membres. Comme les partis politiques ne se montrent pas empressés d’y envoyer leurs propres représentants, l’Etat aura à y remédier. Le ministre des affaires étrangères a déjà demandé au gouvernement une enveloppe supplémentaire de 500 000 leva et l’envoi à l’étranger d’agents publics d’autres administrations également, relève Mediapool.bg.
Par ailleurs, le ministère de l’intérieur s’est vanté d’avoir identifié 1 000 « acheteurs » potentiels de votes. La plupart d’entre eux sont des personnes fichées déjà par la police pour des faits criminels. Leurs noms et des instructions détaillées ont été communiqués aux directions régionales de la police.
Selon le ministre Yordan Bakalov, un phénomène tout à fait nouveau a été constaté : en marge de « l’achat de voix » pratiqué par les partis politiques, la police a constaté un « achat de préférences ». Des candidats, figurant aux dernières places de la liste de leur parti, essaieraient de faire jouer le vote préférentiel d’électeurs peu scrupuleux. (tous journaux, mediapool.bg)

LA CAMPAGNE

A LA VEILLE DES ELECTIONS, LES GRANDS PARTIS METTENT EN SCENE LEURS LIENS AVEC DES PAYS ETRANGERS

Vendredi dernier, Lioutvi Mestan, à la tête d’une délégation du MDL, a rencontré le président turc Recep Erdoğan. L’entrevue, dont informe le site officiel du président turc, s’est déroulée au palais présidentiel de Çankaya, à Ankara. La visite, demandée il y a six mois par la partie bulgare, a duré 45 minutes et a été fermée aux journalistes, indique Capital Daily.
Selon des sources proches de Pressa, l’entretien a porté sur les relations bilatérales. Il n’aurait été question du prochain scrutin et des bureaux de vote en Turquie.
La presse bulgare rappelle la fraîcheur caractérisant ces dernières années les relations entre le MDL et le parti de M. Erdoğan (Parti pour la justice et le développement). Elle souligne que ce dernier avait multiplié les gestes en faveur du parti rival du MDL, fondé par deux anciens députés MDL, Kassim Dal et Korman Ismaïlov. « On allègue de façon informelle, relève Capital Daily, que le Parti populaire Dignité et liberté [des MM. Dal et Ismaïlov, membre du Bloc réformateur], aurait bénéficié d’une aide financière pour les élections [législatives bulgares en 2013]. Cette position d’Ankara aurait suscité un fort mécontentement au sein des communautés bulgares en Turquie qui y avaient vu une tentative de la part d’Ankara de diviser les Turcs bulgares ». Mais, estime un militant MDL de la communauté bulgare à Istanbul, l’insuccès électoral du Parti populaire Dignité et liberté a eu l’effet d’une douche froide sur le pouvoir en Turquie qui a décidé de réchauffer ses liens avec le MDL (cité par Capital Daily).
Le MDL, pour l’instant, garde le silence sur le contenu de l’entretien avec le président Erdogan. Mais M. Kassim Dal n’a pas caché son amertume : « S’il y a quelque chose d’inquiétant dans la rencontre entre le président du MDL et le président turc, c’est la manière dont cela s’est effectué et la période – on est à la veille d’élections, en pleine campagne électorale » (cité d’après Mediapool.bg). Il est normal qu’on cherche à s’entretenir avec le président Erdoğan, l’un des leaders mondiaux et le premier président turc élu au suffrage direct. Le MDL guettait une telle chance depuis cinq ans, estime M. Dal.
L’amour pour un autre grand pays, la Russie, aurait réuni ce week-end 12 000 personnes aux environs du barrage de Koprinka, près de Kazanlak. La 11e édition du rassemblement traditionnel des russophiles, organisé par l’Association des russophiles en Bulgarie, a été honorée par la présence du leader du parti socialiste, Mikhaïil Mikov, et par le leader d’Ataka, Volen Siderov. M. Siderov s’est déclaré pour un referendum dont les résultats montreront si les Bulgares veulent ou non maintenir leur adhésion à l’OTAN. « Le peuple bulgare ne veut pas qu’on l’oppose à la Russie. […] Nous ne voulons pas des sanctions contre la Russie, nous ne voulons pas qu’on nous introduise dans une guerre contre nos libérateurs. Au contraire, nous voulons mener une coopération culturelle et économique avec eux », a-t-il souligné (24 Tchassa). M. Mikov, quant à lui, s’est borné à répéter qu’il n’y a pas de force capable de gommer l’amour fraternel entre Bulgares et Russes, note Pressa. (tous journaux, mediapool.bg)

LE FLOP

LANCEMENT A MINIMA DE LA CAMPAGNE DU BLOC REFORMATEUR, DONT LES PARTIS MEMBRES AFFICHENT LEURS DIVISIONS

Le Bloc réformateur devait tenir hier, à Sofia, une conférence nationale. Il était prévu qu’on y procède à l’élection d’un président.
Initialement, cette élection devait départager les dirigeants des principaux partis rassemblés au sein du Bloc. Mais au dernier moment, seul Radan Kanev (Démocrates pour une Bulgarie forte, DBF) était encore candidat. Il n’a eu d’autre choix que de se désister.
A la suite d’une déclaration conjointe présentée par Meglena Kouneva, présidente de Bulgarie des citoyens, et Bojidar Loukarski, président de l’Union des forces démocratiques (UFD), les délégués à la conférence ont décidé de reporter celle-ci au 10 novembre prochain.
« L’élection de qui que ce soit à ce poste aujourd’hui risque de démotiver une grande partie des électeurs des formations du Bloc à la veille des élections. L’UFD et Bulgarie des citoyens sont prêts à participer à des procédures électorales conformément à des règles claires et sous le contrôle garanti des instances de parti. A ce jour, ces conditions ne sont pas réunies. La tenue d’une telle conférence est contraire aux principes démocratiques et ne profite qu’aux intérêts du GERB », est-il dit dans cette déclaration conjointe.
« Etre leader signifie être à même d’offrir aux électeurs une alternative de gestion, et non pas leur imposer une gouvernance partisane unique. […] Je ne remettrais jamais en cause les espoirs de nos sympathisants et leurs attentes de voir les réformes se réaliser, au nom de quelques postes transitoires », a déclaré pour sa part hier Radan Kanev.
Meglena Kouneva a démenti avoir l’intention de se porter candidate à la présidence du Bloc, tout en confirmant qu’il y avait au sein de son parti trois prétendants à ce poste, dont l’un se présenterait dans deux mois face à MM. Kanev et Loukarski.
La conférence avortée s’est réduite à un forum de lancement de la campagne électorale du Bloc réformateur qui a été ouvert par Svetoslav Malinov (DBF), eurodéputé.
Interrogé par le site Club Z, le politologue Antony Galabov a estimé que ces événements au sein du Bloc réformateur allaient très probablement favoriser une émulation des électeurs de ses différentes composantes. M. Galabov a toutefois regretté le message de faiblesse ainsi envoyé par le Bloc.
Le sociologue Vassil Tontchev a de son côté souligné sur le même site que la principale ligne de partage au sein du Bloc réformateur portait sur le GERB et sur les compromis que les différents partis étaient enclins à faire à son égard. (Mediapool, Offnews, Novinite.bg, Club Z, Pressa, 24 Tchassa, Troud)

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Dernière modification : 15/09/2014

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