Lundi 19 janvier

LA PROPOSITION
ABC TEND LA MAIN AU PSB POUR LES ELECTIONS MUNICIPALES

Samedi dernier, ABC, la formation politique créée et dirigée par l’ancien président de la République (2002-2012) Gueorgui Parvanov, a fêté son premier anniversaire en présence d’un millier de militants de tout le pays.
Appelant dans son discours à ne pas rester otages du passé, M. Parvanov a invité tous les partis de gauche ou centristes à se présenter avec des candidatures conjointes aux prochaines élections municipales qui devraient avoir lieu cet automne.
M. Parvanov a précisé pour Pressa que son parti ne manque pas d’assurance pour se présenter seul aux élections, mais qu’il juge nécessaire de tendre la main au PSB, aux sociaux-démocrates, aux agrariens, à la gauche radicale, etc.
« Nous sommes prêts à débattre sur des candidatures de maires conjointes et des formules de participation avec des listes conjointes ou séparées en cas de besoin pour l’élection de conseillers municipaux. Il faut développer l’idée de la nouvelle identité de gauche, engagée non seulement avec les couches sociales traditionnelles, mais également avec les couches actives », avait souligné le leader d’ABC peu de temps avant la cérémonie d’anniversaire dans une interview pour Nova TV, citée par Mediapool. Selon lui, les élections municipales seront le premier Rubicon à franchir pour ABC et sa volonté de collaborer avec le PSB. Mediapool déchiffre dans ces propos de M. Parvanov une ambition de jouer le rôle d’unificateur de la nouvelle gauche.
Deux heures après le discours de samedi du président Parvanov et son appel à l’unification des forces de gauche et centristes, le centre de presse du PSB a diffusé une déclaration du leader des socialistes Mikhaïl Mikov selon laquelle une telle collaboration serait impossible tant qu’ABC ne prendra pas ses distances vis-à-vis du gouvernement actuel de droite. La proposition adressée par ABC sera examinée dès cette semaine par le bureau exécutif du PSB, mais la participation de la formation de M. Parvanov à la « coalition quadripartite et à sa politique de droite » reste l’écueil politique le plus sérieux à surmonter, a souligné devant Pressa le porte-parole du PSB, Atanas Merdjanov. Tel était aussi l’avis exprimé dimanche sur la radio nationale par le député PSB Kristian Viguenine : « Je ne pense pas qu’il soit possible de nous coaliser avec des partis relevant de la majorité de droite ». Selon lui, une bonne partie des torts subis par les socialistes étaient causés par la constitution d’ABC qui avait déconcerté les électeurs de gauche.
Gueorgui Guergov, leader de l’organisation régionale du PSB à Plovdiv, déоend dans les colonnes de Pressa une position dissidente. « Gueorgui Parvanov prouve une nouvelle fois qu’il est un homme politique sérieux, hautement responsable et visionnaire. Il a pris les devants, il nous a devancés – c’était à nous de faire ce pas parce que nous sommes le grand parti, le parti-mère… ». Les socialistes ne doivent pas se presser à rejeter la « main tendue » s’ils veulent sortir de leur isolement politique, déclare M. Guergov. Mais selon lui, il y a peu de chances que cela arrive – la ligne orthodoxe au sein du parti va l’emporter une fois de plus, conclut-il. (tous journaux, mediapool.bg)

LA REFORME
LA COMMISSION DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION REJETTE LA STRATEGIE DE POURSUITE DE LA REFORME JUIDICIAIRE

A sa réunion jeudi dernier, la commission parlementaire de lutte contre la corruption et les conflits d’intérêt et d’éthique parlementaire a rejeté la stratégie de poursuite de la réforme judiciaire, adoptée par le Conseil des ministres et introduite pour approbation à l’Assemblée nationale, informe Pressa.
Le projet n’a été soutenu que par quatre députés, les six autres s’étant abstenus. La pierre d’achoppement, révèle le journal, était les textes portant sur la séparation en deux collèges (juges et procureurs) du Conseil supérieur de la magistrature, la transformation de celui-ci en organe non permanent et l’élection directe par les magistrats de leurs représentants.
La semaine dernière, la stratégie de réforme a été également examinée par la commission des affaires juridiques et par la commission des affaires européennes et du contrôle des fonds européens qui l’ont finalement approuvée. A la commission des affaires juridiques (voir notre revue du 14 janvier), le premier examen du projet avait fini en queue de poisson et ce n’est que jeudi, après un nouveau débat, que la stratégie a pu être passée avec dix voix « pour », une « contre » et 5 abstentions. A la commission des affaires européennes, le projet a été soutenu par neuf députés, les sept autres s’étant abstenus.
Selon Pressa, un premier bilan permet de conclure qu’une fois soumise au vote en séance plénière, la stratégie de réforme de la justice ne sera pas soutenue par le MDL, le Front patriotique, le Centre démocratique bulgare et ABC, la position du PSB restant encore peu nette.
Par ailleurs, dans un entretien sur Nova TV samedi matin, la présidente de l’Assemblée nationale Tsetska Tsatcheva a souligné que la mise en œuvre de la stratégie implique des modifications de taille de la Loi sur le pouvoir judiciaire, mais aussi de la Constitution. Seul un amendement de la Constitution peut garantir un changement radical au sein du système de la justice, a-t-elle relevée. « J’attends voir la finale, le débat constructif la semaine prochaine. Je veux croire que la stratégie sera adoptée, parce que si l’on parle sans cesse de réforme sans faire l’effort d’avancer même par des petits pas, si l’on laisse tout dans le domaine du débat, il sera difficile de réunir suffisamment de voix de députés prêts à tracer une décision incontestable », conclut-elle. (Pressa, mediapool.bg)

LA POLEMIQUE
POLICIERS MENACES DE REVOCATION POUR TRAITE DES ETRES HUMAINS ; LA BULGARIE MOINS PREPAREE POUR SCHENGEN QU’EN 2007, SELON UN ANCIEN CHEF DE LA POLICE AUX FRONTIERES

Le service de sécurité intérieure du ministère de l’intérieur a ouvert une enquête contre des agents de la police aux frontières (PAF) pour traite des êtres humains et corruption, annonce 24 Tchassa dans son numéro de dimanche en se référant à des sources dignes de foi.
Selon la publication, 9 sur les 17 agents de la PAF attachés au poste-frontière de Kapitan Petko Voïvoda, sur la frontière bulgaro-grecque, seraient menacés de révocation pour des motifs disciplinaires. Six autres policiers se verraient infliger des sanctions mineures. Parmi ces personnes ne figurerait pas le chef du poste-frontière.
Au fil de l’enquête, ouverte à la suite d’un signalement envoyé par la DANS, il aurait été constaté qu’un passeur présumé, venant de la Turquie, entrait régulièrement en Bulgarie après s’être d’abord rendu en Grèce et sans être jamais contrôlé par la PAF bulgare. Lors d’un contrôle-surprise de son pick-up, les inspecteurs auraient trouvé à bord un jeune Syrien de 14 ans, précise le journal.
Dans Pressa, Valeri Grigorov, ancien directeur du service national de la PAF de 2000 à 2006, déplore l’état actuel de cette structure. Durant la période 1999-2006, la PAF était un service national doté d’une stratégie nationale de gestion des frontières et de priorités orientées vers l’adhésion de la Bulgarie à l’UE. A partir de 2006, la PAF a concentré une partie de ses efforts sur Schengen. A cette époque (janvier 2006), rappelle M. Grigorov, le service comptait plus de 9 000 agents. Leur nombre devait atteindre 10 000 après l’adhésion du pays à l’espace de Schengen. En 2006, la PAF a été gravement atteinte par les réformes entreprises au sein du ministère de l’intérieur : rattachée à la direction générale de la police, elle a perdu son statut de service national, trois de ses unités ont été supprimées et ses effectifs ont été réduits à 6 000 agents. 800 personnes ont dû quitter la direction régionale d’Elkhovo (près de la frontière turque). « Si l’on avait gardé le personnel de la PAF intact, on n’aurait pas été contraint de détacher des agents des directions régionales de la police. Ce détachement de policiers [de l’intérieur du pays] augmente l’anonymat et crée un milieu favorisant la corruption. Certains des agents détachés ne cachent même pas qu’ils considèrent leur affectation comme une mission lucrative », souligne M. Grigorov.
Intervenant dans le débat sur l’implication éventuelle de l’armée bulgare dans la protection des frontières (voir nos revues du 5 et du 15 janvier), l’interviewé souligne que la législation bulgare attribue de façon exclusive ces fonctions au ministère de l’intérieur. Mais il existe d’autres mécanismes qu’on n’a pas utilisés : en 2001-2003, lorsque la Bulgarie était exposée à des flux migratoires comparables en provenance d’Irak et d’Afghanistan, la commission frontalière mixte et les commissions sectorielles mixtes se réunissaient régulièrement pour résoudre les problèmes au quotidien, rappelle l’ancien chef de la PAF.
L’érection d’une clôture le long de la frontière turque n’est pas non plus une solution, estime M. Grigorov. Et pourquoi pas une clôture contre la Grèce où la pression migratoire est également importante ? On gaspillera en vain trop d’argent pour un ouvrage purement dissuasif qui s’est d’ailleurs révélé facilement franchissable.
Interrogé sur la préparation de la Bulgarie à son adhésion à l’espace de Schengen, M. Grigorov déclare que la Bulgarie y est actuellement moins préparée qu’il y a sept ans. Si l’on vérifie le plan national d’adhésion à Schengen, on verra qu’à la date d’aujourd’hui plus de 60% des mesures ne sont pas accomplies, souligne-t-il. (24 Tchassa, Pressa)

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Dernière modification : 19/01/2015

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