Lundi 19 mai

L’ANNONCE

ECHANGE DE COURRIER ENTRE LES PRESIDENTS DE LA BULGARIE ET DE L’ARYM : SIGNAUX DE RAPPROCHEMENT ?

Les relations entre la Bulgarie et l’ARYM doivent se développer sur la base des valeurs et des normes européennes de bon voisinage et de coopération. C’est la position commune autour de laquelle se retrouvent le président de la République Rossen Plevneliev et son homologue macédonien Georgi Ivanov dans un échange de courrier récent.
Dans sa réponse à une lettre de son homologue, M. Plevneliev se dit également prêt à accepter la proposition de M. Ivanov que la déclaration, signée en 1999 par les Premiers ministres des deux pays, soit transformée en un accord de bon voisinage et de coopération. « Je suis confiant qu’en respectant strictement les clauses de cet accord, nos pays feront preuve de volonté politique et feront partie ensemble de la grande famille européenne, en partageant les valeurs de la démocratie”, souligne le chef de l’Etat bulgare.
Plus loin, il exprime son souhait qu’une rencontre soit organisée, le plus tôt possible après la constitution du nouveau gouvernement macédonien, pour procéder à l’examen des paramètres techniques de l’accord de bon voisinage et de coopération et des modalités de sa signature à Sofia.
Le président Plevneliev partage aussi sa vision quant à la nécessité de développer et renforcer la coopération régionale en vue de connecter les réseaux routiers, ferroviaires et énergétiques en Europe du sud-est. Ce n’est qu’avec les efforts de tous les pays concernés qu’on pourrait réaliser une véritable avancée économique dans la région, souligne-t-il.
Par ailleurs, le président bulgare accepte la proposition de son homologue que Bulgares et Macédoniens se recueillent ensemble devant la tombe de St. Cyrille (Constantin le Philosophe), à Rome, à l’occasion du 24 mai, la journée des lettres et de la culture slaves. Cette proposition « correspond à notre désir de célébrer ensemble notre histoire commune, en commémorant les personnalités et les événements historiques que nos pays ont en commun ».
Indiquant que l’ambassadeur bulgare à Rome se joindra à la délégation macédonienne qui commémorera la mort de St. Cyrille, M. Plevneliev souligne qu’il s’attend également à ce que l’ambassadeur macédonien se joigne à son tour à la délégation bulgare et que cette pratique devienne une tradition.
Pressa rappelle que des négociations sont en cours entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays, au niveau de ministres. Par ailleurs, dans le cadre des négociations entamées par l’ARYM avec la Commission européenne, Bruxelles ne ménage pas ses critiques à l’égard de Skopje pour son manque de coopération vis-à-vis de la Bulgarie (voir nos revues du 9 août et de 9 octobre 2013).
Tout récemment, une rencontre entre les primats des deux Eglises, bulgare et macédonienne, et la tenue d’une conférence conjointe par les académies des sciences des deux pays, à Sofia, ont envoyé le signal d’un rapprochement possible. (voir nos revues du 15 mai 2014) (president.bg, Pressa, Troud)

LA PLAIDOIRIE

QUE VISENT LES ATTAQUES CONTRE LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ?

Les attaques contre le président de la République Rossen Plevneliev se sont multipliées au point qu’il n’est plus raisonnable de les ignorer, comme si de rien n’en était, souligne Sega dans un commentaire consacré à une récente philippique de la vice-présidente Margarita Popova contre le chef de l’Etat (voir aussi à ce sujet notre revue du 24 avril).
La semaine dernière, dans une interview à Nova TV, elle l’avait accusé de mille péchés et notamment de diviser au lieu d’unir la nation. Mais en fait, Mme Popova n’a fait que joindre sa voix à celle des gouvernants qui avaient ouvert un front contre le président dès l’instant où celui-ci s’étaient rangé du côté des protestations contre la nomination de Delian Peevski, en juin dernier, à la tête de la DANS, observe Sega. On lui reprochait de prendre parti et, donc, de ternir l’image de chef de l’Etat, appelé à jouer le rôle d’un unificateur de la nation.
Selon ce journal, un groupe de médias, créé sous le gouvernement Stanichev, mais serviteur fidèle également des gouvernements suivants, a accusé M. Plevneliev d’avoir détenu, il y a dix ans, des comptes offshore (ce qui n’est pas interdit par la loi), d’avoir acheté de façon douteuse une maison en Grèce (les allégations n’ont pas été prouvées), d’avoir des rapports avec des cercles économiques (ceci étant présenté comme un grave péché bien que M. Plevneliev lui-même, avant de s’initier à la politique, était homme d’affaires), indique Sega.
La dernière attaque vise la rencontre à Vienne du chef de l’Etat, dans le cadre d’une visite officielle, avec des représentants du groupe autrichien EVN. L’interprétant comme un scandale hors du commun, le parlement a même créé, sur proposition d’Ataka, une commission d’enquête, oubliant que le président de la République ne peut faire l’objet d’une enquête que pour haute trahison et infraction à la Constitution (voir notre revue du 9 mai).
A ce propos, la vice-présidente Mme Popova, ancienne ministre de la Justice, a reproché au président son intention de ne pas se présenter devant la commission pour ne pas légitimer son action. Selon elle, le chef de l’Etat devrait se laisser auditionner par la commission. Ce qui est absurde du point de vue juridique, estime Sega.
Mais l’attaque la plus sérieuse contre le président reste la procédure engagée à son encontre devant la Cour constitutionnelle. Des députés PSB considèrent que par son décret relatif à la nomination de la Commission électorale centrale, le président a violé le Code électoral. Si les juges constitutionnels se rangent à cet avis, les socialistes pourraient entamer une procédure de destitution du chef de l’Etat. Une procédure assez difficile et qui a peu de chances d’aboutir. Mais quelle chance énorme de rouler le président dans du goudron et des plumes ! « Les perspectives politiques [de M. Plevneliev] ne sont évidemment pas brillantes. Pour l’instant, il est le perdant dans cette guerre sale. Mais ceux qui la mènent ne recueillent pas non plus d’appui et sont loin de paraître comme des anges », conclut Sega. (Sega)

L’ENERGIE

L’INTERCONNEXION GAZIERE AVEC LA ROUMANIE ACHEVEE EN JUIN

La Bulgarie est sur le point d’achever un premier projet qui lui permettra de diversifier ses sources de gaz, informe Pressa en se référant à des sources du ministère de l’économie et de l’énergie. Après vingt-deux mois de travaux, le tuyau qui reliera les systèmes gaziers bulgare et roumain sera mis en exploitation. Comme la Roumanie extrait près de 11 milliards de mètres cube de gaz naturel par an, la Bulgarie pourrait disposer d’une alternative en cas de coupure dans la livraison de gaz russe via l’Ukraine, indique ce journal.
La partie bulgare de l’interconnexion gazière a déjà passé les essais avec succès. De tels essais seront bientôt organisés en territoire roumain. Le tuyau, qui est réversible, est d’une longueur de 25 km, dont 15 km en Bulgarie, 2,5 km sous le Danube et 7,5 km en Roumanie. Sa capacité de projet maximale sera de 1,5 milliards de mètres cube de gaz par an. A titre de comparaison, la consommation annuelle de la Bulgarie varie actuellement entre 2,5 et 2,5 milliards de mètres cube par an, fournis à 90% par la Russie.
Le prix auquel la Roumanie vendrait son gaz à la Bulgarie n’est pas précisé pour l’instant, souligne Pressa. (Pressa)

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Dernière modification : 19/05/2014

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