Lundi 2 décembre

Politique

Démission du ministre du Travail et de la Politique sociale

Vendredi dernier, le premier ministre, Boïko Borissov, a demandé au ministre du Travail et de la Politique sociale, Bisser Petkov, de démissionner, prétextant que « le rythme avec lequel le ministère […] travaille ne répond pas aux attentes socio-politiques ». M. Petkov sera remplacé par la vice-ministre de l’Éducation, Dénitsa Satchéva, dont la nomination devrait être entérinée demain. Mme Satchéva était la vice-ministre du Travail et de la Politique sociale entre 2016 et 2017, durant le deuxième gouvernement de Borissov.

Pour mémoire, le premier ministre avait déjà demandé la démission de M. Petkov en juin 2018, dans le cadre des manifestations des mères d’enfants handicapés. Le ministre a par la suite repris ses fonctions, après la réaction négative des parents et des syndicats qui l’ont défendu. Cette fois-ci, les mères ont de nouveau demandé au premier ministre de revoir sa décision.

La démission du ministre a suscité des spéculations sur la ou les raisons sous-jacentes à cette décision de M. Borissov. Dnevnik cite plusieurs explications possibles : des frictions avec le ministre des Finances, le mécontentement de la part du premier ministre et l’accumulation de problèmes sociaux. La nouvelle ministre devra faire face à plusieurs questions non-résolues, dont celles de la complémentaire retraite, des congés maladie et du salaire minimal. (tous médias)

Pourquoi l’autoroute « Struma » coûtera-t-elle plus chère ?

L’Agence de l’infrastructure routière a modifié les règles des marchés publics, afin que les entreprises participant à l’appel d’offre, puissent dépasser le coût prévu de la construction d’une partie de l’autoroute « Struma ». La partie la plus compliquée et difficile à réaliser, soit celle entre Krupnik et Kresna « va coûter un bras aux contribuables bulgares ». Au lieu d’être écartées du concours, les entreprises qui dépassent le montant de dépenses prévues, y ont participé et l’une d’entre elles a même été sélectionnée. L’Agence routière prévoit la construction d’un segment de 13,3 km pour un coût total de 600 millions de leva (TVA comprise), alors que les prévisions ne passaient pas au-delà des 450 millions de leva (sans la TVA). D’après l’Agence, les autres entreprises, qui proposaient un prix moins élevé, n’ont pas été classées, ne répondant pas aux exigences techniques. Les recherches du journal « Sega » démontrent que le prix aurait pu être réduit, si l’Agence n’avait pas modifié les règles de la compétition. Dans une annonce du 28 août, l’Agence déclarait que toute proposition ne respectant pas les limites de la somme acceptable, sera exclue du concours, mais quelques jours plus tard, cette condition a été supprimée. (Sega)

Crise d’eau à Pernik

Le premier ministre Borissov a demandé la démission de la gouverneure régionale de Pernik, Irena Sokolova, du fait de la grave pénurie d’eau déclarée dans la région. L’incapacité du barrage de Stoudena à approvisionner Pernik et ses alentours en eau potable n’est apparu au grand jour qu’après les élections municipales, bien que les autorités en aient été informées depuis le mois de juillet. En l’absence de mesures adéquates, un régime strict d’alimentation en eau des logements a été mis en place le 18 novembre dernier. Jusqu’à présent, malgré les nombreuses spéculations sur les causes ayant provoqué les coupures d’eau à Pernik (années sèches, déviation des eaux vers d’autres localités, utilisation à des fins industrielles de l’eau potable, déperditions importantes du réseau urbain d’alimentation en eau, volonté de cacher la situation réelle à la population avant les élections, etc.), aucune position officielle des autorités nationales concernées ne vient indiquer en quoi consiste le véritable problème et comment il serait résolu, indique Dnevnik. (tous media)

Media

Les marques de Standart News annoncées à la vente par un huissier de justice

Une vente publique de l’ensemble des marques déposées, détenues par le journal Standart News, sera organisée par un huissier de justice le 18 décembre prochain, informe le site Bivol. Les prix de départ pour les marques « Standart » et « Standart Media » sont respectivement de 140 000 leva et 56 000 leva. Ce grand quotidien, créé en 1992, a changé plusieurs fois de propriétaire. Gravement endetté depuis cinq ans environ, il s’est séparé l’année dernière de plus de 90% de ses collaborateurs, avant de devenir hebdomadaire. Selon Bivol, le media est actuellement détenu par deux groupes, dont l’un, « Outro », est considéré comme détenu par le député MDL Delian Peevski à travers des hommes de paille. « La vente de Standart permet de déduire que des media, relevant du réseau d’influence de l’oligarque Peevski, commencent à souffrir à leur tour d’un sérieux manque d’argent », écrit Bivol qui prédit de nouveaux développements sur le marché des media, après le bouleversement produit en 2007 par D. Peevski avec les achats massifs de media, financés par la banque KTB. (bivol.bg)

Société

Au lieu de fermer ses institutions pour enfants, la Bulgarie en a créé de nouvelles, affirme l’organisation Disability Rights International

Un rapport de l’organisation internationale Disability Rights International, basée à Washington, dresse un constat critique des efforts des autorités bulgares à désinstitutionnaliser la prise en charge des enfants orphelins ou handicapés. Les nouveaux lieux d’hébergement sont plus petits et propres, mais les enfants y restent toujours exposés aux mêmes risques de rejet, de solitude et de conditions de vie inacceptables que dans les grandes institutions. Selon les données de l’UNICEF, le processus de désinstitutionnalisation en Bulgarie a englouti, de 2010 à 2015, plus de 100 millions d’euros, financés par l’UE. Depuis 2016, 160 millions d’euros environ, versés par les fonds structurels européens, y ont été investis. Parallèlement à la sortie de ce rapport, un documentaire de la journaliste Kate Blewett (« Hidden Children of Bulgaria »), diffusée par la BBC vendredi dernier, fait les mêmes constats, en montrant la triste réalité dans les maisons construites à la place des grandes institutions fermées. (svobodnaevropa.bg)

International

L’ambassadrice des États-Unis : nous sommes prêts à sanctionner les personnes corrompues

Lors de son intervention, organisée par Club Atlantique de Bulgarie au sujet des relations bulgaro-américaines, l’ambassadrice des États-Unis, Herro Mustafa, a déclaré que Washington utilisera « des instruments avec des dents » pour soutenir la lutte contre la corruption et l’État de droit en Bulgarie. « Afin de mettre en œuvre cette tâche, nous envisageons d’entreprendre une approche pluridimensionnelle, y compris à travers l’application de mesures plus strictes », a-t-elle commenté. L’ambassadrice a donné l’exemple d’une disposition (section 7031(c) du Department of State, Foreign Operations, and Related Programs Appropriations Act) qui permet d’interdire la délivrance de visa à des fonctionnaires étrangers et les membres de leurs familles impliquées dans des affaires de corruption. Mme Mustafa a en outre annoncé l’arrivée prochaine d’un nouveau conseiller sur les questions juridiques, qui sera basé à l’ambassade des États-Unis en Bulgarie. (tous médias)

Le premier ministre à la 25ème conférence sur les changements climatiques à Madrid

Le premier ministre Boiko Borissov participe à la 25ème conférence dédiée aux changements climatiques qui se tient à Madrid. L’ordre du jour prévoit notamment un entretien entre les dirigeants d’Etat et de gouvernements des pays membres de l’UE. Une discussion sera engagée sur la protection de l’environnement et les mesures contre sa pollution. On s’attend à ce que les pays, participant à la Convention cadre de l’ONU sur le dérèglement climatique, progressent sur les questions relatives au financement de la lutte contre le réchauffement climatique dans les pays développés, à l’élaboration de mécanismes de marchés susceptibles de garantir la coopération et enfin à la présentation d’un rapport sur les résultats des engagements pris par les différents pays membres. Avant de s’envoler vers l’Espagne, le Premier Ministre a évoqué l’idée de lancer en Bulgarie un débat public sur la suppression des centrales thermiques à charbon et sur la hausse de la taxation des vieilles voitures afin d’améliorer la qualité et l’espérance de vie. (24 heures)

La réaction de l’ex-ambassadeur américain à Sofia suite à la rencontre entre Borissov et Trump

« La Bulgarie est dévorée par la corruption et les médias sont muselées » a déclaré l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à Sofia dans un entretien devant la radio nationale bulgare. Le diplomate américain a défini la corruption dans le pays comme la conséquence attendue du long gouvernement d’un seul parti politique qui ne rencontre qu’une opposition fictive. Désignant la corruption comme la plus grande menace à la démocratie, M Pardew a rappelé que chaque pays est à un certain point touché par la corruption, mais toutefois, dans les démocraties développées, les coupables subissent des peines de prison ou au moins sont licenciés. En Bulgarie en revanche, il est rare que quelqu’un, accusé de corruption, soit réellement poursuivi par la justice. Au sujet de la rencontre entre le Premier ministre bulgare et le Président américain, l’ex-ambassadeur s’est montré méfiant par rapport à la suppression des visas pour la Bulgarie, en faisant de nouveau référence au problème de corruption dans le pays. Selon lui l’entretien dans la Maison blanche peut être considéré plutôt comme une récompense pour l’achat des avions
F-16. (Dnevnik)

Balkans

Stevo Pendarovski : « La Bulgarie nous a sortis de l’isolement »

A la veille d’une rencontre à Sofia avec le président de la République Roumen Radev, le président nord-macédonien Stevo Pendarovski a accordé un entretien à l’agence en ligne BGNES. « La Bulgarie nous a sortis de l’isolement et l’appréciation donnée par le premier ministre [macédonien] Zeev du rôle important du premier ministre Borissov et de son gouvernement au cours des deux dernières années, qui, avec aussi le soutien de Tsipras, nous ont permis de renouer avec le monde, au moment où nous sortions d’un lourd régime autoritaire, non seulement anti-occidental, mais aussi anti-bulgare et anti-albanais, n’est nullement exagérée », souligne M. Pendarovski. Les stéréotypes sont plus forts que la réalité politique, indique plus loin le président nord-macédonien, en évoquant le lourd héritage de l’époque communiste au niveau des manuels scolaires et l’absence d’avancement soutenu dans les travaux de la commission historique bilatérale. (bgnesagency.com)

Dernière modification : 03/12/2019

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