Lundi 21 novembre

Les consultations

Après le GERB et le PSB, les consultations chez le président de la République se poursuivent cette semaine avec les autres forces parlementaires

Malgré l’intention ferme des deux principaux partis représentés au parlement, le GERB et le PSB, de ne pas former un gouvernement dans le cadre de la présente législature, le président de la République, craignant que la situation politique actuelle ne dégénère en une crise parlementaire, ne renonce pas à l’idée d’explorer d’autres pistes avant de procéder à la désignation d’un gouvernement intérimaire, écrit Mediapool en se référant à plusieurs
sources. Très probablement, à l’issue des consultations politiques (voir notre revue du 18 novembre), M. Plevneliev se tournera vers le Front patriotique afin de lui remettre, comme l’autorise la Constitution, le troisième mandat de formation d’un gouvernement. Une idée qui aurait mis le premier ministre démissionnaire hors de ses gonds, indique cette agence en ligne. Quant au Front patriotique lui-même, il se dit prêt à examiner différentes options de soutien avec le GERB ou le PSB si telle est la volonté du chef de l’Etat. Malgré les chances minimes de réussite d’une telle entreprise, ses dirigeants ont souligné que « nous sommes obligés d’essayer ».

Vendredi dernier, lors des consultations chez le président de la République, la présidente du PSB, Kornelia Ninova, a affirmé à son tour, tout comme l’avaient fait le jour précédent M. Borissov et le GERB, que son parti ne formerait pas de gouvernement et qu’il serait intéressé à la tenue dans les meilleurs délais d’élections législatives anticipées. Sans le soutien des deux plus grands partis politiques au parlement, aucune autre formation ne sera en état de former un gouvernement. Dans une telle hypothèse, M. Plevneliev n’aura qu’à procéder à la formation d’un gouvernement d’experts, ce qu’il envisagerait d’ajourner le plus possible, jusqu’à Noël, affirment les mêmes sources de Mediapool. Un mois plus tard, le 22 janvier, aura lieu l’entrée en fonctions de son successeur, Roumen Radev, qui pourra dissoudre l’Assemblée nationale et convoquer des élections législatives anticipées au plutôt fin mars ou début avril.

En ce qui concerne la composition du gouvernement intérimaire, « le PSB ne veut ni proposer des ministres, ni participer de quelque manière que ce soit à sa formation », a souligné Mme Ninova lors des consultations.

Telle est également la position de M. Radev, le nouveau président élu, qui a courtoisement repoussé l’offre de M. Plevneliev qui l’avait invité à s’associer à l’élaboration du gouvernement d’experts. Selon lui, il n’y a pas lieu de dramatiser la situation dans le pays après la démission du gouvernement, ni de parler de crise politique. Une procédure constitutionnelle normale est en cours qui aboutira soit à la constitution d’un nouveau gouvernement émis par ce parlement, soit à la nomination d’un gouvernement intérimaire et la tenue d’élections anticipées. Dans cette dernière hypothèse, « la formation du gouvernement intérimaire restera entièrement de la compétence du président Plevneliev. C’est la Constitution qui le dit. Et il m’a assuré qu’il me tinedrait informé. Je compte vraiment sur l’expérience et le professionnalisme de M. Plevneliev », a indiqué ce matin M. Radev.

A l’issue des consultations politiques qui se poursuivent cette semaine avec les autres forces parlementaires, le président de la République prévoit de convoquer la semaine prochaine le Conseil consultatif pour la sécurité nationale auquel sera également invité son successeur. Autant dire que la procédure de remise des mandats de formation d’un gouvernement ne pourra débuter que la semaine prochaine, voire après. (mediapool.bg)

Les protestations

Des habitants de Sofia, Varna, Harmanli et Yambol ont manifesté contre les migrants

Vendredi soir et ce week-end, des centaines d’habitants de Sofia, Varna, Harmanli et Yambol ont manifesté contre les migrants. A Sofia, la marche, organisée pour la troisième fois consécutive par des organisations nationalistes, a eu lieu vendredi soir, sous la surveillance de plusieurs centaines de policiers. Les participants ont exigé la fermeture de tous les centres d’accueil en Bulgarie, la non-admission des migrants sur le territoire bulgare et la dénonciation des accords d’intégration des migrants dans le pays.

A Harmanli, près de 500 personnes ont protesté pour exprimer leur préoccupation devant la situation sanitaire du centre local d’hébergement de migrants, qui accueille actuellement 3 000 personnes. La revendication initiale de changer le statut du centre d’accueil pour en faire un centre fermé a laissé rapidement place à une exigence plus radicale : la fermeture complète du centre et la réinstallation des migrants dans un autre centre, qui devrait être mis en place, selon les organisateurs de la manifestation, près de la frontière. Organisée par la coalition nationaliste (ORIM, Front national pour le salut de la Bulgarie et Ataka) dont le candidat a obtenu 15% des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle, la marche a été menée par Anguel Djambazki, vice-président d’ORIM et député européen. Les habitants de Harmanli ont revendiqué la démission de la présidente de l’Agence pour les réfugiés Petia Parvanova et du directeur provisoire du centre d’Harmanli Dimitar Zahariev. Ils ont également donné trois jours aux autorités pour répondre à leurs revendications et ont menacé de recourir à des actes de désobéissance civile, y compris en bloquant des routes internationales.

Selon des informations de presse, il y aurait des cas de gale dans le centre de Harmanli, mais aussi de maladies plus graves comme la leishmaniose. La médiatrice Maya Manolova a demandé qu’il soit procédé à une vérification de la situation par une équipe d’experts. Ce matin, Mme Parvanova, interviewée par la BNR, a démenti l’information relative au cas de leishmaniose. Des parasitologues de l’Académie de santé militaire se sont rendus sur place pour une revue complète de la situation et n’ont constaté aucun cas de cette maladie. M. Zahariev avait confirmé devant les médias qu’un cas de malaria avait été détecté dans le centre. Le migrant avait été soigné dans un hôpital de Plovdiv et est à présent guéri.

Les habitants de Yambol ont protesté de leur côté contre les plans du gouvernement de mettre en place un centre d’accueil dans le village de Boyanovo, situé près de cette ville. A Varna, des dizaines de manifestants ont appelé à une meilleure protection de la frontière et ont revendiqué des mesures plus strictes contre les trafiquants de migrants. Les manifestants dans toutes les villes ont revendiqué la construction d’un mur à la frontière avec la Turquie.

Selon l’information publiée par la police, on observe ces derniers jours une augmentation du nombre de migrants qui quittent les centres gérés par l’Agence pour les réfugiés et ceux de type fermé, gérés par la direction des migrations. Dans la période du 11 au 17 novembre, 572 personnes ont quitté les centres d’accueils. Beaucoup ont essayé de franchir la frontière avec la Serbie. Ceux qui n’ont pas réussi leur passage clandestin sont retournés en Bulgarie et à présent « circulent librement sur le territoire bulgare », souligne la police. La police aux frontières serbe a empêché 12 000 tentatives de passages clandestins de la Bulgarie depuis le début de l’année. 595 personnes ont été arrêtées la semaine dernière à la frontière par la police serbe. Cependant, la police bulgare a arrêté pour la même période 12 personnes à la frontière avec la Turquie. Depuis le début de l’année, la police bulgare a enregistré 17 495 migrants clandestinement entrés sur le territoire bulgare. (tous journaux, dnevnik.bg, mediapool.bg, bnr.bg, actualno.com)

L’entretien

De son exil à Belgrade, Tsvetan Vassilev tire de nouveau à boulets rouges contre les « clans de Borissov et de Peevski »

Après avoir récemment parlé, dans un entretien pour le site en ligne KTB files (voir nos revues du 12et 19 septembre dernier), de la mafia en pouvoir en Bulgarie depuis 2009, l’ancien propriétaire majoritaire de la banque KTB, Tsvetan Vassilev, revient à la charge. Ce week-end, dans une entrevue avec le journaliste Sacho Dikov sur la chaîne de télévision BIT, il explique comment les deux « clans mafieux », celui du premier ministre et du député MDL Delian Peevski, ont commencé à agir en symbiose en vue de s’assurer des gains plus élevés.

Selon le banquier déchu, l’homme d’affaires Alexandre Staliiski, « bras droit de M. Borissov », lui aurait extorqué plus de 100 millions de leva en échange de la promesse de lui assurer la protection du chef du gouvernement. Dans le cadre de cette machination, en 2010, M. Vassilev aurait d’abord cédé à titre gratuit 50% de ses parts dans l’usine militaire Dunarit, à hauteur de 43 millions de leva, à des personnes indiquées par M. Staliiski. Trois ans plus tard, le banquier a réussi à racheter ces parts pour 43 millions de leva. Sans compter les dividendes de 6 millions de leva, perçues entretemps par M. Staliiski et compagnie.

Dans un deuxième temps, le banquier se serait vu contraint de renoncer suivant le même schéma à ses parts dans une autre usine militaire, Avionams (sur Dunarit et Avionams, voir notre revue du 14 avril 2016). A ce propos, M. Vassilev explique que pour les huit hélicoptères achetés en 2012, cette usine de réparation d’aéronefs avait déboursé 28 millions au lieu de 8 millions de leva. Et que maintenant, le premier ministre démissionnaire voulait nationaliser l’entreprise parce qu’elle avait gagné un marché juteux de 30 millions de dollars pour la réparation d’hélicoptères de l’OTAN.

Alexandre Staliiski aurait en outre extorqué 40 millions de leva de la chaîne TV7 (Ndr : créée et financée par la KTB à des fins politiques selon une confession précédente de M. Vassilev) qui lui a payé pendant quatre ans un loyer de 10 millions de leva pour ses studios. Ainsi, estime le banquier, « l’homme de Borissov » a empoché 108 millions de leva de la KTB.

Une autre partie de la confession de Tsvetan Vassilev concerne ce qu’il appelle le « vol du siècle », à savoir la vente de la compagnie nationale de télécommunications BTK, actuellement opérant sous la marque Vivacom. Y voyant la raison pour laquelle « la KTB probablement s’en est allée », le banquier affirme que la compagnie lui a été volée et que le prix payé par l’homme d’affaires Spas Roussev pour son acquisition a été de 70% en-dessous de sa valeur de marché (voir nos revues du 29 octobre et 20 novembre 2015). Doutant des capacités de M. Roussev de réaliser une telle opération même avec le soutien de la banque russe VTB, il affirme que MM. Borissov et Peevski se tiennent derrière l’acquisition de la BTK, voire que ces derniers ont demandé chacun une commission de 10%. « Si la BTK est revendue, souligne M. Vassilev, je suis curieux de savoir où ira l’argent qui sera versé sur le compte de la société offshore de M. Peevski au Luxembourg », dit-il.

Abordant un autre sujet chaud, celui du projet de Belene, M. Vassilev assure que la moitié des dépenses réalisées par l’Etat était détournée au profit du cercle autour de M. Borissov (les « matous »). Avant d’aboutir à la conclusion que si après 2009, les deux clans mafieux alternaient dans le gouvernement de l’Etat, depuis deux ans ils collaborent en parfaite symbiose. « En un an de gouvernement Borissov, les entreprises liées à M. Peevski ont gagné des marchés publics pour un montant de 1,5 milliards de leva », dit-il.

La réaction du premier ministre n’a pas tardé. Aujourd’hui, sur sa page Facebook, sans mentionner explicitement le nom du banquier, il récuse « les nouvelles tentatives d’interprétation manipulatrice de l’histoire » et menace de poursuivre en justice leurs auteurs. M. Borissov souligne en outre qu’il ne détient aucune participation dans des entreprises ou activités économiques, ni dans des sociétés offshore. (mediapool.bg)

Rubrique France

Les résultats du premier tour des primaires organisées par Les Républicains sont repris par les sites d’information bulgares. Les médias annoncent que François Fillon est arrivé largement en tête et qualifient de surprise l’élimination de Nicolas Sarkozy, arrivé troisième.

Dernière modification : 22/11/2016

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