Lundi 23 février

L’ASSAINISSEMENT

REFORMER LE SECTEUR DE L’ENERGIE SUR LES SEULS PRINCIPES DE L’ECONOMIE DE MARCHE

L’état du secteur de l’énergie inquiète le gouvernement bulgare. « Un secteur qui a été spolié pendant des années… car on ne peut pas acheter cher l’électricité et la vendre bon marché sans réaliser des pertes comme l’avait fait la Compagnie nationale d’électricité (NEK)…Si d’ici juin cette question n’était pas résolue, nous ne pourrions pas sortir l’énergie et l’économie bulgare du collapsus », a déclaré samedi le Premier ministre Borissov, interviewé à Sandanski où il s’était rendu pour vérifier l’avancement des travaux de construction du tronçon quatre de la nouvelle autoroute Strouma.
La ministre de l’énergie, Temenoujka Petkova, dans une interview accordée à 24 tchassa, analyse le secteur qui lui a été confié et présente les mesures les plus urgentes à prendre afin de le stabiliser de le « sortir du cercle vicieux ».
Pendant les 10-12 dernières années, la gestion de l’énergie a favorisé « les fuites » (sic). Le gouvernement est décidé à « les boucher » afin que l’énergie bulgare devienne un secteur prévisible et financièrement stable qui ne fonctionne que sur la base des principes de l’économie de marché. A l’issue des analyses ayant permis d’identifier les causes du déficit, l’équipe de Mme Petkova a établi des mesures à court, moyen et long terme.
L’un des premiers pas a consisté à renégocier les contrats à long terme conclus entre la NEK et les investisseurs des deux centrales thermiques Maritsa I et III. Un mémorandum d’intentions, stipulant la diminution des prix initiaux accordés aux investisseurs américains contre le remboursement des 600 millions de leva que la NEK leur doit, a été signé.
Ensuite, le gouvernement a entrepris des amendements législatifs afin de supprimer les textes « lobbyistes » dans la législation régissant le secteur de l’énergie. L’un de ces amendements permettra d’éviter que l’énergie produite par les centrales thermiques ne satisfaisant pas aux principes de l’efficacité énergétique fasse partie du mix énergétique. Ainsi, le gouvernement aura réduit de 100-150 millions de leva le déficit.
Toutes les entreprises dont la production d’électricité forme le mix énergétique et qui bénéficient de prix régulés ou préférentiels feront l’objet d’un contrôle financier. Il s’agit des entreprises publiques, des deux centrales Maristsa I et III, de la centrale nucléaire Kozlodouï et des producteurs d’énergies renouvelables (constituant plus de 1,5 mégawatts de puissance).
Le prix de l’électricité a augmenté progressivement pendant les années alors que rien n’a changé dans le système de l’énergie bulgare. Selon la ministre de l’énergie l’augmentation du prix n’est pas une panacée et il faut réfléchir à d’autres mesures dont la libéralisation du marché de l’énergie qui implique la création d’une bourse indépendante de l’énergie que la Commission d’Etat de régulation de l’énergie et de l’eau (DKEVR) devrait homologuer d’ici la fin de l’année.
En conclusion, la ministre de l’énergie précise que, de l’intérieur, l’état du secteur de l’énergie est bien plus grave que l’image qu’elle pouvait avoir en sa qualité de chef de l’Agence chargée de l’inspection des finances publiques. Elle souhaiterait qu’à la fin de son mandat, le secteur de l’énergie devienne transparent, stable, prévisible et « non associable à de la corruption et à des schémas vicieux ». (tous journaux)

LE CONGRES

MOUVEMENT 21 : LE DEMANTELEMENT DU STATU QUO OLIGARCHIQUE DEVRAIT ETRE LA TOUTE PREMIERE PRIORITE

Chose peu habituelle, le congrès d’un des plus jeunes partis bulgares, Mouvement 21, a réuni hier une brochette de personnalités politiques. Parmi les 400 délégués et les invités officiels, on remarquait la présence du premier ministre Boïko Borissov, de la maire de Sofia Yordanka Fandakova, de l’ancien président de l’Assemblée nationale (2001-2005) Ognian Gerdjikov, de députés, de diplomates, d’ONGs, etc.
Le Mouvement 21, fondé en 2011 par l’ancienne députée PSB Tatiana Dontcheva comme une alternative du parti socialiste, avait obtenu un résultat enviable lors de sa première participation, l’année dernière, à des élections législatives. Dépassant le seuil de 1% des votes recueillis, le parti a bénéficié d’une subvention publique.
« Même les plus grands adversaires doivent savoir se pardonner mutuellement. Tatiana Dontcheva a été toujours un adversaire pour moi, mais je l’ai toujours appréciée. Nous avons eu beaucoup de dissensions, mais j’ai toujours prisé son opinion », a souligné le premier ministre dans son mot de félicitation. Ce dialogue doit continuer à exister. La Bulgarie n’est pas assez grande pour gaspiller son potentiel humain et il est tout à fait probable qu’un jour le Mouvement 21 accède au pouvoir, a déclaré M. Borissov.
Le Mouvement 21 a l’ambition de participer à la solution des problèmes les plus douloureux pour la Bulgarie, notamment ceux où sont mêlées dépendances oligarchiques et politique, a déclaré dans son allocution la présidente Tatiana Dontcheva, réélue aux commandes du parti. Ces dépendances ne sont ni de gauche, ni de droite, le statu quo oligarchique étant soutenu aussi bien par des partis de gauche que par des partis de droite, a-t-elle ajouté.
« Par la force de ces dépendances, des personnes, incapables de formuler ou de proposer des solutions, sont placées à des postes clés ; elles travaillent pour l’enrichissement des cercles oligarchiques qui se tiennent en coulisses. […] Ce modèle-là doit être notre principal adversaire », a-t-elle relevé. La réforme radicale de la justice doit être la grande priorité. C’est un élément des rouages de l’Etat qui favorise l’épuration et l’amélioration de tous les autres domaines. La situation actuelle au sein du système judiciaire nécessite des changements radicaux, y compris constitutionnels. Il ne faut pas craindre de changer la Constitution même s’il s’avère nécessaire de convoquer une assemblée constituante, a-t-elle précisé.
Il ne faut pas que le système de la justice soit dirigé selon des quotas politiques et le Mouvement 21 proposera dans quelques mois ses propositions de réforme de la justice. Mais pour aboutir, les changements radicaux nécessiteront des concertations, l’implication de plus d’une force politique, un large soutien susceptible de garantir des remaniements législatifs, administratifs et au niveau des ressources humaines qui ne sauront être réalisés en peu de temps, a relevé Mme Dontcheva.
Le Mouvement 21 dispose déjà d’un réseau national et se prépare aux élections municipales. Dans les communes où il n’aura pas de candidatures à soi, il soutiendra des maires qui ont déjà fait leurs preuves. (tous journaux, mediapool.bg, dnevnik.bg)

LA VISITE

LA MINISTRE BULGARE DE L’AGRICULTURE S’EST RENDUE AU SALON DE L’AGRICULTURE A PARIS

La ministre de l’agriculture et de l’alimentation Dessislava Taneva a effectué, du 20 au 22 février, une visite à Paris à l’occasion de l’édition 2015 du salon international de l’agriculture.
Dans le cadre de son programme officiel, Mme Taneva a rencontré le ministre français de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire et de la forêt, Stéphane le Foll. Les deux interlocuteurs ont examiné plusieurs sujets relevant du renforcement des liens entre la France et la Bulgarie dans le domaine agricole et, notamment la coopération dans le secteur laitier. Mme Taneva a présenté les problèmes spécifiques auxquels se heurte ce secteur en Bulgarie et, plus particulièrement, celui des bas prix d’achat du lait. Comme la Bulgarie demande que des mesures visant à stabiliser le secteur soient prises par la Commission européenne, le ministre français s’est engagé à initier, à travers la mission permanente à Bruxelles, la création d’un groupe de travail susceptible d’examiner en profondeur la question.
L’intention de l’entreprise française Malteries Soufflet d’investir 30 millions d’euros dans une malterie à Pleven a été saluée par les deux ministres. Mme Taneva a informé son homologue de son entrevue avec la société Malteries Soufflet Bulgarie et du soutien accordé par le ministère bulgare à la réalisation de ce projet.
Au Salon de l’agriculture, auquel la Bulgarie participe pour la cinquième fois, la ministre Taneva a inauguré le stand bulgare. Neuf producteurs y exposent nombre de spécialités régionales, à savoir du chocolat artisanal aux pétales de rose, des produits de luxe à base de canard, du vin bio, des confitures nature, de l’eau de rose. Un autre volet du stand propose des produits de beauté bio à base de rose, de lavande, etc.
La Bulgarie étant un producteur traditionnel de vin, Mme Taneva s’est entretenu avec le directeur général de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), Jean-Marie Aurand. Les possibilités de renforcement de la coopération bilatérale au regard du programme opérationnel pour le développement des zones rurales 2014-2020, les mesures concernant les cépages autochtones et le raisin de table, le partenariat académique dans le cadre du programme master en management de la vigne et du vin de l’OIV figuraient au centre de l’entretien. M. Aurand a relevé les chances de la Bulgarie de se positionner parmi les leaders du vin dans la région de la mer Noire. Des vins bulgares seront présentés à l’occasion de l’exposition archéologique d’art thrace au Louvre en avril prochain.
Le vice-ministre de l’agriculture et de l’alimentation Vassil Groudev a participé pour sa part, aux côtés de M. Le Foll, à l’inauguration du salon international de matériel agricole, SIMA-SIMAGENA. La Bulgarie y est représentée par un fabricant de distributeurs hydrauliques trouvant application en agriculture et dans le domaine de l’industrie.
M. Groudev a rencontré le président de l’Institut national de la recherche agronomique, François Houllier, avec qui il a examiné les possibilités de formation de chercheurs bulgares en France et d’échanges dans le cadre de projets de recherche conjoints en matière d’agriculture, sécurité des aliments et agroécologie. (www.mzh.government.bg, tous journaux)

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Dernière modification : 23/02/2015

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