Lundi 24 mars 2014

L’ANNONCE

LE BLOC REFORMATEUR PUBLIE SA LISTE POUR LES EUROPEENNES, CELLE DE « BULGARIE SANS CENSURE » SE PROFILE

Le Bloc réformateur vient d’annoncer ses candidats aux européennes. Actuellement composé de cinq partis et de citoyens organisés en conseils civils, le Bloc a préféré misé sur les chefs de ces partis, avec une seule exception.
Comme on s’y attendait, en tête de liste vient la présidente de « Bulgarie aux citoyens » et ancienne commissaire européenne Meglena Kouneva. Suivent Svetoslav Malinov, eurodéputé et vice-président des « Démocrates pour une Bulgarie forte » et le leader de l’Union des forces démocratiques, Bojidar Loukarski. La quatrième et la cinquième positions sont réservées à Korman Ismaïlov, président du Parti populaire « Liberté et dignité », et à Nikolaï Nenkov, président de l’Union agrarienne populaire bulgare (UAPB).
La grande surprise devrait venir, prédit Sega, des rangs du parti « Bulgarie sans censure » de l’ancien journaliste Nikolaï Barekov. Selon ce journal, l’ancien président de la République (1997-2001) Peter Stoyanov ferait partie de la liste de cette formation. Figure illustre de la transition démocratique en Bulgarie et de l’Union des forces démocratiques, M. Stoyanov aurait accepté la deuxième position sur la liste, tout de suite après M. Barekov.
En outre, « Bulgarie sans censure » a attiré en son sein un autre parti de droite, issu des anciennes forces démocratiques de la période de transition, « Gerguiovden ». Des places sur la liste ont été promises au président honoraire de cette formation, Liouben Dilov fils, et à son président Dragomir Stefanov. Quelques semaines auparavant, les chefs de deux autres partis, ORIM et l’Union agrarienne bulgare, avaient signé un accord de coalition avec Nikolaï Barekov.
Malgré les multiples assurances que des citoyens seraient inclus dans les listes à des positions susceptibles de leur garantir l’élection, aucun des grands partis n’a tenu sa promesse. Tel est le bilan fait par Sega après l’annonce de la plupart des candidats aux élections. (Sega, Troud)

L’ENTRETIEN

CECILIA MALMSTROM : UNE CLOTURE A LA FRONTIERE NE RESOUT PAS LES PROBLEMES

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a donné une interview à Troud, à la veille de sa visite en Bulgarie. Mme Malmström inspectera les centres de réfugiés pour s’assurer, dit-elle, que la situation y est maîtrisée et qu’il n’y a pas de dégradation des standards européens.
Après les efforts investis par les autorités bulgares, en coopération avec la Commission européenne, le Bureau européen d’appui pour l’asile (EASO) et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, la situation en Bulgarie est stabilisée, estime Mme Malström. « Pourtant, il reste encore des défis devant la Bulgarie, surtout en ce qui concerne la situation des migrants et des demandeurs d’asile dans les centres d’hébergement, les retards accumulés dans le traitement des demandes d’asile et l’intégration des personnes qui ont besoin d’une protection internationale », ajoute-t-elle.
Concernant le contrôle aux frontières, les autorités bulgares sont tenues d’assurer un accès efficace à la procédure d’asile : ceux qui souhaitent demander l’asile, doivent avoir accès à cette possibilité, observe la commissaire. Pourtant, les problèmes et les lacunes persistent et doivent trouver une solution au regard de la pleine application des responsabilités assumées par la Bulgarie dans le cadre de la législation européenne. « Je pense que les clôtures et les murs ne sont que des mesures de court terme qui ne résolvent pas les problèmes systémiques dans la gestion des processus migratoires. […] Le maintien de la coopération étroite entre la Bulgarie et la Turquie est un autre élément susceptible de contribuer à l’amélioration de la situation générale », souligne Mme Malmström.
Plus loin, elle cite l’importante aide financière reçue par la Bulgarie en 2013 : 15,6 millions d’euros des fonds pour la gestion des migrations et 5,6 millions d’euros du Fonds européen pour les réfugiés. Par ailleurs, la Bulgarie continuera à recevoir de l’aide technique. Les équipes de l’EASO resteront dans le pays jusqu’au mois de septembre 2014. « Mais je tiens à souligner que le respect des normes du droit ne doit pas dépendre, même en période de crise, de la disponibilité de financements ou de l’aide européenne. Nous devons tous vivre selon les normes européennes auxquelles nous avons souscrit, par exemple, le respect du droit de toute personne à demander l’asile et un traitement respectant la dignité humaine pour les gens cherchant protection dans l’Union européenne », relève Mme Malström.
Interrogée sur l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen, la commissaire européenne observe que le pays a réalisé de sérieux progrès dans la mise en œuvre des mesures exigées par le Conseil après la clôture, en 2011, de la procédure d’évaluation de l’état de préparation du pays à l’adhésion. « Je saluerais la possibilité que le Conseil puisse être en mesure de prendre la décision dans un avenir proche. L’important, c’est d’établir une confiance mutuelle quant à l’entrée de la Bulgarie dans Schengen », conclut-elle. (Troud)

L’ENQUETE

LES ORIGINES RUSSES DE KTB

La Banque KTB (Corporate Commercial Bank), présidé par Tsvetan Vassilev, est le successeur de Bulgarsovinvest, une des sociétés créées par la Banque d’économie extérieure soviétique (Vnecheconombank) pendant les années 1970 et 1980. C’est ce qu’affirme le site Bivol dans une publication récente.
Ces sociétés, constituées avec des capitaux soviétiques, avaient pour mission de gérer l’activité de crédit à l’étranger, mais aussi de financer les « partis frères » dans l’ancien bloc communiste. En fait, elles fonctionnaient comme de vraies filiales de la banque centrale de l’ex-Union soviétique et géraient des flux monétaires importants suivant des règles peu rigoureuses, observe Bivol.
Après la chute du mur de Berlin et la disparition du rouble transférable, ces banques ont vite accumulé des pertes s’élevant à près de 10 milliards de dollars. En 1991-92, le salut est venu de nouveau de la banque centrale soviétique qui a renfloué ses filiales en perte de vitesse.
S’en est suivi une période de privatisation « silencieuse » aux allures de spoliation. Dans un rapport de la Cour des comptes de la Russie, datant de 1999 et publié aussi par Bivol, on lit que toutes les opérations de cession d’actifs aux filiales à l’étranger de la banque centrale russe effectuées avant 1998 doivent être considérées comme illégitimes et être annulées.
Aucune mesure n’a suivi de cette conclusion, affirme Bivol, et les filiales à l’étranger ont continué de mener une double vie : formellement sociétés d’Etat, elles transféraient des montants importants vers des gens et des sociétés obscurs.
En 1994, la filiale bulgare de Vnecheconombank, créée en 1988 sous le nom de Bulsovinvest, a été transformée en société anonyme par une décision du Tribunal de grande instance de Sofia. Ainsi est née la banque KTB avec un capital de 500 000 000 leva (20 millions de dollars environ). Le Conseil d’administration est composé de trois Bulgares et deux Russes.
Aujourd’hui, on retrouve le nom de l’un des administrateurs bulgares, Ludmil Gatchev, dans le Conseil d’administration de Madara Europe AD, la société qui vient de recevoir le certificat d’investisseur de classe A du gouvernement bulgare. Son projet de construction, avec des financements offshore, d’un grand ensemble hôtelier au lieu-dit Karadere (au sud de Varna), classé site naturel, mobilise depuis quelques jours l’énergie de protestation de nombreux Bulgares. (https://www.bivol.bg/bulgarsovinvest-ktb.html)

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Dernière modification : 24/03/2014

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