Lundi 24 novembre

L’ACTUALITE
MEGLENA KOUNEVA : LE PROCHAIN RAPPORT MCV SERA PARTICULIEREMENT ACCABLANT POUR LA BULGARIE

La Commission européenne va probablement séparer la Bulgarie et la Roumanie dans le suivi relevant du Mécanisme de coopération et de vérification (MCV), a annoncé Meglena Kouneva, vice-premier ministre chargée de la coordination des politiques européennes et des affaires institutionnelles lors d’une conférence de presse donnée aujourd’hui. Selon elle, le rapport attendu sera particulièrement accablant pour la Bulgarie. « La comparaison avec la Roumanie ne profite pas à la Bulgarie. Il existe également des Etats-membres qui demandent que les résultats de l’évaluation soient liés aux fonds européens », a souligné Mme Kouneva (cité d’après Dnevnik et Mediapool). Comme ce sera le deuxième rapport positif pour la Roumanie, ce pays sera dans son bon droit d’exiger l’adhésion à l’espace Schengen et la suppression par étapes des frontières à partir de 2015, a-t-elle ajouté.
Il y a trois pas importants que la Bulgarie doit faire pour améliorer son image : élire un président de la Cour suprême de cassation, élire un inspecteur général des services judiciaires et mettre en œuvre la réforme de la justice, a souligné Mme Kouneva.
Mediapool cite la porte-parole de la Commission européenne, Mina Andreeva, selon qui Bruxelles entend maintenir inchangé le mécanisme de suivi mis en place à l’égard de la Bulgarie et de la Roumanie et continuer à publier ses rapports une fois par an. Le prochain rapport devrait paraître au début de 2015.
Par ailleurs, Mme Kouneva a présenté des statistiques démontrant que le nombre des procédures d’infractions engagées par la Commission contre la Bulgarie a doublé en 2014 par rapport à l’année précédente. Les causes de cette hausse sensible seraient dues à la situation politique instable et à l’absence d’un parlement qui fonctionne, a-t-elle indiqué. Comme un tiers des procédures concernent la non transposition de directives européennes dans le droit bulgare, Mme Kouneva s’est dite optimiste que le parlement fera le nécessaire pour rattraper le retard.
Depuis l’adhésion de la Bulgarie à l’UE, la Commission a ouvert 328 procédures d’infractions au total contre le pays, dont 261 n’ont pas abouti, la Bulgarie s’étant entretemps conformée à ses obligations.
Sur les 67 procédures qui restent ouvertes, six sont déjà entrées dans la phase de contentieux. (dnevnik.bg, mediapool.bg)

LA POLEMIQUE
LA DEMISSION ET L’EVENTUELLE NOMINATION D’IVAN ISKROV, GOUVERNEUR DE LA BANQUE NATIONALE DE BULGARIE, A LA BANQUE POUR LE COMMERCE ET LE DEVELOPPEMENT DE LA MER NOIRE SUSCITENT BEAUCOUP DE POLEMIQUES

Vendredi dernier, Mediapool.bg supposait, se référant à des sources à l’Assemblée nationale, que le gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB) Ivan Iskrov donnerait sa démission d’ici la fin novembre suite à des consultations avec le premier-ministre Borissov et les groupes parlementaires de la coalition GERB-BR-FP-ABC. Ceux-ci auraient insisté pour que le gouverneur se retire de son poste. Pour sa part, M. Iskrov serait prêt à démissionner, selon cette même publication, à condition qu’il soit nommé représentant de la Bulgarie à la banque pour le commerce et le développement de la mer Noire (BCDMN). Le retard de sa démission serait dû à la nécessité d’annuler la nomination de Nina Stavreva, ancienne secrétaire générale du Conseil des ministres à l’époque du gouvernement Orecharski, dont le mandat ne démarrerait qu’en décembre et qui n’aurait donc pas encore pris ses fonctions.
Gueorgui Kadiev, député du PSB, a considéré dans une interview à la bTV que « l’offre du poste de représentant de la Bulgarie à la BCDMN au gouverneur de la BNB contre sa démission garantirait son silence ». La KTB a toujours été bien entourée d’hommes politiques et on les connaît, a-t-il ajouté. Interrogé si « ceux qui essaient de le [Ndr. M Iskrov] sauver, ont fait partie du schéma », il a tranché « oui » en précisant qu’il suffit de voir comment la KTB évolue pendant la période 2011-2012. En conclusion, il a jugé que « nommer des personnes compromises à des postes d’Etat compromettrait l’Etat ».
Martin Dimitrov, député du Bloc réformateur, s’est également opposé à ce que le gouvernement propose « un poste à l’étranger » à M. Iskrov « qui est responsable de l’affaire KTB ».
Le réseau de protestation a appelé à ce que le gouvernement n’admette pas la nomination de M. Iskrov à la BCDMN, « laquelle constituerait une grave atteinte au sens de l’équité aux yeux de la société civile ».
Dimanche, le ministre des finances, Vladislav Goranov, a démenti ces informations et les a qualifiées de « spéculations dues probablement à l’annulation par l’actuel gouvernement de la nomination du gouvernement Orecharski [Ndr. de l’ancienne secrétaire générale du Conseil des ministres] ». M. Goranov a précisé qu’ « Ivan Iskrov peut terminer son mandat s’il juge que c’est utile pour le système bancaire et pour la BNB ». Il a tout de même concédé qu’il serait pertinent que le gouverneur se retire à cause « des bruits dans le système » et a précisé que « nous, on est pour qu’il ne termine pas son mandat ».
Mediapool.bg rappelle les trois hypothèses dans lesquelles la démission du gouverneur de la BNB pourrait intervenir avant la fin de son mandat, notamment lorsqu’il ne satisfait pas aux critères professionnels, dans le cas d’une incapacité de travail de plus de 6 mois ou s’il est reconnu coupable de la commission d’une infraction.
Lundi, le premier-ministre Borissov a confirmé les déclarations du ministre des finances dans un post sur Facebook en rappelant que « le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit l’indépendance de toutes les banques centrales nationales de leurs gouvernements ». (mediapool.bg, dnevnik.bg, Capital Daily, Pressa)

LA REFLEXION
LA GAUCHE ENTRE L’ASPIRATION AU RENOUVEAU ET LA PEUR DU POUVOIR

Dans une interview pour Sega, le député Anguel Naïdenov, ancien ministre de la défense (2013-2014), membre pendant de longues années de la direction du PSB et ancien porte-parole de ce parti, dit regretter l’absence des socialistes du gouvernement Borissov.
Contraint de quitter, le 7 novembre dernier, son poste au sein du bureau exécutif du parti, sur la demande du président Mikhaïl Mikov, M. Naïdenov parle de ses dissensions avec la direction actuelle ayant mené à son éviction, notamment la démission du gouvernement Orecharski (M. Naïdenov s’y est opposé), l’éloignement du parti des principes socio-démocratiques… « La dernière divergence avec la direction portait sur la participation du PSB au gouvernement du pays sous forme d’une large coalition. Mon avis était que le PSB devait se ranger en faveur d’une telle position », souligne M. Naïdenov. D’ailleurs, ce n’est pas une opinion isolée parmi les socialistes, explique-t-il. « Durant ma campagne électorale, j’ai rencontré beaucoup de gens et leur position était grosso modo la suivante : Mettez-vous enfin ensemble, les grandes formations politiques, mettez-vous d’accord sur les priorités stratégiques et réalisez des choses utiles pour le progrès et la modernisation de la société et de l’Etat ».
Selon lui, l’isolation, le rôle d’opposition politique n’est pas une solution gagnante pour le PSB. Même si la combinaison la plus naturelle au sein de ce parlement paraissait être un gouvernement centre-droit, la construction la plus stable aurait été une large coalition, relève-t-il.
Dans les pages de Pressa, Gueorgui Parvanov, ancien président de la République (2002-2012) et fondateur du parti ABC, partage sa propre vision d’une gauche plus prégnante.
ABC n’a pas eu peur de soutenir le gouvernement, dit-il, parce que, du point de vue national, l’Etat avait besoin d’un gouvernement stable. Un parti politique s’affirme par sa participation réelle au pouvoir et non en garnissant les derniers rangs au parlement et en revendiquant par des cris une certaine vision de gauche.
M. Parvanov regrette lui aussi la chance manquée par la Bulgarie d’avoir un gouvernement à toute épreuve fondé sur « une large coalition entre les deux plus grands partis, GERB et PSB, à laquelle coalition auraient pu s’allier d’autres formations sur la base d’un accord signé ». Selon lui, il faut en chercher la cause dans le réflexe du PSB de s’opposer à toute idée venant de droite et dans sa peur de ternir son image et d’exposer à des risques son noyau dur. Les partis en Bulgarie, qu’ils soient de gauche ou de droite, se referment sur soi pour préserver leur noyau. Il n’y a pas de véritables leaders capables de braver les comportements de masse pour investir dans le futur, dans le changement afin d’attirer les jeunes, les couches actives de la nation. « J’affirme que le moyen de chercher une nouvelle qualité en politique réside dans la création de nouvelles entités. C’est le catalyseur du changement de la gauche et de la politique bulgare en général », conclut-il. (Sega, Pressa)

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Dernière modification : 24/11/2014

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