Lundi 26 mai

LA SURPRISE
PLUS DE DIX POINTS D’ECART ENTRE LE GERB ET LE PSB AUX ELECTIONS EUROPEENNES

Les résultats provisoires des élections européennes, tenues hier en Bulgarie, font la une de tous les quotidiens bulgares. Selon les chiffres établis par la commission centrale électorale le taux de participation hier, était de 35,52%. Suite au traitement de 93,45% des procès-verbaux, le parti GERB arrive en tête avec 30,41% des voix, devant le Parti socialiste bulgare et ses alliés (18,96%) et le Mouvement pour les droits et les libertés (17,36%). Derrière on retrouve la Bulgarie sans censure (10,65%) et le Bloc réformateur (6,36%). Ces résultats qui ne tiennent pas encore compte du vote des Bulgares à l’étranger assureraient six sièges au parti GERB, quatre à la Coalition pour la Bulgarie, quatre au Mouvement pour les droits et les libertés, deux à la Bulgarie sans censure et un siège au Bloc réformateur.
Les scores d’hier bouleversent les prévisions faites par les agences sociologiques qui n’accordaient qu’une petite avance au parti GERB par rapport au Parti socialiste bulgare alors qu’il s’agit d’une différence de plus de 10%.En outre, les sociologues prévoyaient que la faible participation profiterait au PSB alors que l’analyse démographique du vote démontre que le parti socialiste a perdu la confiance tant de la tranche d’âge des 18 – 30 ans que de son électorat rural traditionnel. Selon les agences Gallup et AlphaResearch, 36 à 40% des habitants des villages ont voté pour le Mouvement des droits et des libertés et seulement 19, 7 à 20% pour le PSB. En outre, les sociologues ne peuvent pas ne pas constater sans surprise qu’une grande partie des électeurs disciplinés de la gauche ne sont pas allés aux urnes dimanche dernier. La liste Bulgarie sans censure qui a séduit surtout les provinciaux (seulement 5% des votants à Sofia) a réalisé une percée sur la scène politique. Le Bloc réformateur, traditionnellement fort dans la capitale et les grandes villes, a confirmé cette tendance et a obtenu un siège au Parlement européen en dépit des prévisions des agences qui doutaient de son accession au Parlement européen. En revanche, les sociologues ont su prévoir la tendance de la neutralisation du vote nationaliste, due à la présence de deux listes de partis d’extrême droite, Ataka et le Front national pour le salut de la Bulgarie. (tous journaux ; sites)

L’OPTION
LE RETOUR TRIOMPHAL DU VOTE PREFERENTIEL

Le vote préférentiel a joui d’un succès inattendu hier aux élections européennes en Bulgarie. Il semble que la possibilité de sélectionner un favori au sein d’une liste ait plu aux votants bulgares, dont 43% auraient profité de cette option, selon les données des sondages à la sortie des urnes, réalisés par Gallup et Exacta (30% selon AlphaResearch). Ce pourcentage dépasse largement les 16% enregistrés aux élections européennes en 2009.
Selon le nouveau code électoral, pour devenir tête de liste, un candidat doit collecter les préférences d’au moins 5% de ceux qui ont voté pour son parti ou coalition. L’impact de cette nouvelle règle a été particulièrement ressenti au sein du Bloc réformateur où la tête de liste Mégléna Kounéva a été évincée par Svetoslav Malinov, dont la candidature a été soutenue par 36 000 personnes sur la base des 85% des procès-verbaux traités par la commission centrale électorale (contre 20 000 voix pour Madame Kouneva). Le vote préférentiel risque également de créer des perturbations dans la liste du parti socialiste, où semble-t-il, des électeurs auraient par méprise voté pour le 15ème de la liste par confusion avec le numéro de la liste reléguant ainsi en deuxième position M. Stanichev.
Selon Sega, si le dépouillement des voix confirme ce pourcentage élevé de recours au vote préférentiel, les députés du Parti socialiste bulgare et du Mouvement pour les droits et les libertés auraient du mal à annuler la disposition afférente dans le code électoral à la veille des prochaines élections législatives comme ils avaient l’intention de le faire.
Pour rappel, l’option du vote préférentiel a été mise en place pour la première fois en 2007, à la veille des premières élections européennes en Bulgarie mais le seuil des 15% alors retenu n’avait pas permis de changements de têtes de liste. Ces insurmontables 15% ont également été maintenus aux élections en 2009 lorsqu’ils ont été franchis par les deux têtes de liste de partis, Meglena Kouneva du Mouvement national Siméon II (28%) et Nadejda Neïnski de l’Unité bleue (16,5%). Le vote préférentiel aboli en 2010, a été rétabli cette année avec un nouveau seuil. (Sega, Standart, mediapool.bg)

LA METHODE
UN CAS PRATIQUE D’ACHAT DES VOIX PORTE AU GRAND JOUR

Une affaire d’achat de « vote corporatif » (vote massif pour une même liste obtenu à la suite de pressions exercées par les dirigeants d’une entreprise sur leurs employés et sur l’entourage de ceux-ci) a été signalée par les médias bulgares le lendemain des élections. Il a pour cadre la petite ville Bobov dol (Sud-Ouest), peuplée principalement par des mineurs et leurs familles. Le signalement de cette infraction a été effectué par le parti des Verts, à la suite de messages sur les réseaux sociaux, de révélations du site Bivol et du reportage de Nova TV diffusé la semaine avant les élections.
Les travailleurs des mines de Bobov dol reçoivent leur salaire mensuel en deux parties : 400 leva en liquide et 200 levas supplémentaires sous forme de coupons qui peuvent être utilisés uniquement dans les magasins « Evropa » - une chaîne de supermarchés, propriété de Khristo Kovatchki, homme d’affaires controversé et propriétaire de plusieurs centrales thermiques, dont celle de Bobov dol, et fondateur du parti « Leader ». Aux dernières élections municipales, après que les résultats de Bobov dol avaient montré que les employés des mines n’étaient pas fidèles au parti de M. Kovatchki, les stocks des magasins « Evropa » avaient été retirés, en guise de punition collective des employés-électeurs pour leur félonie. Les coupons étant devenus inutilisables, les mineurs s’étaient retrouvés privés d’un tiers de leur salaire réel.
Dans le reportage diffusé de manière tronquée la semaine dernière par Nova TV, le directeur des mines rappelait aux employés qu’ils ont reçus 50 leva de plus en mai et que s’ils font le bon choix le 25 mai, ils recevront d’autres bonus. A la veille des élections, ce reportage a été mis en ligne dans son intégralité. Il s’est alors avéré que le « bon choix » consistait en l’occurrence à voter pour le parti socialiste. Selon les témoignages de la même vidéo, dès le début de mai, chaque employé avait été convoqué individuellement par les dirigeants de la mine et mis en demeure de s’engager sur un nombre de suffrages qu’il pouvait obtenir de son entourage. L’ensemble des votes potentiels ainsi obtenu avait ensuite été scrupuleusement retranscrit dans une liste.
Les résultats préliminaires du vote européen montrent qu’à Bobov dol, le PSB a largement devancé les autres partis. La Commission électorale centrale n’a pas ouvert d’enquête après ce signalement d’achat de vote. Maria Pirogova, membre du parti Leader et mère de Dostena Lavergne, candidate en cinquième position sur la liste socialiste, n’y trouve pas davantage à y redire. Elle a déclaré à Offnews que le « vote corporatif » n’est pas un vote acheté et qu’il est normal que les mineurs votent pour le parti qui soutient leur employeur, à savoir le parti socialiste. (Nova TV, Offnews, dnevnik.bg, mediapool)

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Dernière modification : 26/05/2014

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