Lundi 26 octobre

La stabilité

Les résultats préalables du premier tour des élections municipales consolident la position dominante du GERB

Les élections municipales entre le triomphe du GERB et le déjà-vu : telles sont les lectures que fait la presse du scrutin national qui s’est déroulé hier.

Les citoyens étaient appelés à choisir les maires de leurs communes (ainsi que, pour mémoire, les maires d’arrondissement pour Sofia, Plovdiv et Varna et les maires de villages de plus de 100 habitants n’ayant pas le statut de communes) et les conseils municipaux qui vont gouverner les collectivités locales pendant les quatre prochaines années.

Les résultats préliminaires annoncés par les agences sociologiques à la sortie des urnes montrent que les municipales n’ont pas modifié le rapport établi entre les forces politiques au lendemain des dernières élections législatives (2014). Selon les données d’Alpha Research, le GERB obtient 34,5% de tous les votes exprimés, le PSB 15,4%, le MDL 14,6%, le Bloc réformateur 9%, ABC 4,3%, Ataka 3,1%. Le seul perdant semble être le Front patriotique dont les deux composantes, Front national pour le salut de la Bulgarie et l’ORIM, se sont présentées individuellement aux élections et ont obtenu respectivement 2,5% et 2,7%. Les autres participants (petits partis et comités d’initiative) ont obtenu au total 12,1% des voix.

Dans les grandes villes, la victoire du GERB semble incontestable, ce qui donne l’occasion au sociologue Parvan Simeonov de Gallup d’appeler cette force politique « le parti du citadin de masse, le parti de toute une génération » (Standart). A Sofia, la maire sortante Yordanka Fandakova a gagné haut la main son troisième mandat (en poste depuis novembre 2009) avec un résultat de 60%, laissant loin derrière soi ses concurrents. A Bourgas, Dimiter Nikolov a obtenu son troisième mandat avec 84%, un score « jivkovien », persifle 24 Tchassa. Les maires sortants de plusieurs chefs-lieux de régions, arborant l’étiquette GERB, ont été réélus dès le premier tour à Varna (Ivan Portnikh, 58%), Blagoevgrad (Atanas Kambitov, 53%), Veliko Tarnovo (Daniel Panov, 52%), Gabrovo (Tania Khristova, 51%), Dobritch (Detelina Nikolova, 64%), Roussé (Plamen Stoïlov, 51%), Smolian (Nikolaï Melemov, 52%), Stara Zagora (Jivko Todorov, 75%). Dans le reste des grandes villes, à l’exception de Kardjali et de Kioustendil, les candidats GERB sont en ballotage et paraissent généralement en mesure de l’emporter dimanche prochain.

Kioustendil sera gouvernée par Peter Paounov (candidat de la Coalition pour Kioustendil), raflant son troisième mandat de suite avec 63% des votes exprimés, alors que Kardjali reste la forteresse imprenable du MDL (Hassan Azis, 54%, quatrième mandat).

A l’issue du premier tour, le GERB raffermit sa position dominante dans la politique nationale, les réformateurs (BR) n’arrivent pas à proposer une alternative crédible, le PSB poursuit sa chute et aucun des petits partis n’attire vraiment l’attention, relève Capital Daily.

Le GERB va également contrôler les conseils municipaux à Bourgas, Sofia, Varna, Khaskovo et Plovdiv où il obtient ou s’approche de la majorité absolue.

A 17 h 00, le taux de participation relevé par la Commission électorale centrale (CEC) était de 43,2%.

La presse signale également des cas d’achats de voix et de tourisme électoral. Selon le communiqué du Parquet, diffusé à la veille, du scrutin, les procureurs, la CEC et le ministère de l’intérieur avaient vérifié 679 signalements sur la base desquels étaient ouvertes 78 enquêtes pour atteinte aux droits politiques des citoyens et 38 autres pour autres motifs. Quatre personnes ont été mises en cause.

24 Tchassa informe d’attaques lancées par des hackers qui ont bloqué pendant plusieurs heures les sites de la CEC, du Registre de l’état civil (GRAO), des ministères de l’intérieur et des affaires étrangères. Selon certaines interprétations, y compris de la part du directeur de la société chargée du traitement électronique du scrutin, il s’agirait d’actes commis par des adversaires du referendum essayant de démontrer que l’Etat ne serait pas en mesure de gérer un vote électronique. (tous journaux)

Le referendum

Malgré un soutien massif de 70%, la question du vote électronique n’est pas tranchée et reste à la discrétion des députés

En même temps que les élections municipales, un referendum national s’est tenu hier sur la question du vote électronique.

Ce referendum, initié début 2014 par le président de la République et relayé par une pétition de 570 000 citoyens, avait été décidé par l’Assemblée nationale le 28 juillet dernier (voir, entre autres, nos revues du 22, 28 et 30 juillet). Au passage, les députés avaient rejeté l’organisation de consultations similaires sur deux autres questions soulevées par le président de la République.

Capital Daily signale plusieurs maladresses de la part de la Commission électorale centrale (CEC) qui auraient compromis le referendum. Ainsi par exemple l’instruction donnée par la CEC aux commissions électorales auprès des bureaux de vote de ne distribuer le bulletin du referendum qu’à la demande expresse de l’électeur, constituerait une tentative de sabotage, selon ce journal.

Tard dans la journée, inondée de signalements et constatant son erreur, la CEC n’a pas pu se corriger en temps utile et envoyer de nouvelles consignes aux commissions locales parce que son site en ligne a été piraté.

Pour les sites d’information proches du député MDL Delian Peevski blitz.bg et pik.bg, qui militent au contraire contre le referendum, ce sont les queues devant les bureaux de vote pour le referendum qui constituent une irrégularité : « La CEC distribue comme obligatoires les bulletins du referendum. C’est une infraction brutale à la volonté d’expression des gens ! », écrit blitz.bg dans la matinée.

Cette attaque a trouvé un prolongement dans les actes du leader d’Ataka Volen Siderov qui, dans le bureau de vote, a démonstrativement déchiré le bulletin du referendum (24 Tchassa).

Malgré ces difficultés, le taux de participation a atteint 32% à 17 h 00, selon les données de la CEC. Un taux insuffisant pour valider le scrutin, puisqu’il aurait fallu atteindre un niveau équivalent au nombre de suffrages exprimés lors des dernières élections législatives pour l’entériner. 70,6% ont soutenu le vote électronique et 26,6% l’ont rejeté. Seulement un peu plus de 26 000 électeurs ont voté à l’étranger (surtout en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Espagne), un score très décevant pour les supporters du referendum.

La question posée au referendum n’a donc pas pu être directement tranchée par les électeurs. Toutefois, un taux de participation minimum de 20% et des réponses positives d’au moins 50% des participants au referendum, deux conditions requises par le législateur, obligeront l’Assemblée nationale à y répondre définitivement dans un délai de deux mois. (tous journaux)

La troïka

La Bulgarie, la Roumanie et la Serbie se concertent à Sofia sur la crise migratoire avant le « mini-sommet », convoqué sur le sujet à Bruxelles

Boïko Borissov, Victor Ponta et Aleksandar Vučic, se sont réunis samedi à Sofia afin d’élaborer une position commune en vue du mini-sommet extraordinaire sur les migrants prévu le lendemain à Bruxelles auquel étaient convoqués dix Etats membres de l’UE (Autriche, Bulgarie, Croatie, Allemagne, Grèce, Hongrie, Roumanie, Pays-Bas, Slovénie, Suède) ainsi que la Macédoine, l’Albanie et la Serbie.
Les trois chefs de gouvernement conviennent qu’une « action commune à toute l’Europe est à préférer à la construction de barrières », mais se sont dit prêts à verrouiller leurs frontières aux migrants « si l’Allemagne, l’Autriche et d’autres Etats » fermaient les leurs.
Ils s’inquiètent de la politique de la Hongrie qui continue à ériger des clôtures pour rétablir des frontières intérieures au sein de l’UE. Ce pays a ainsi orienté les flux vers la Slovénie qui, pour sa part, n’exclut pas non plus la construction de barrières antimigrants si l’UE ne lui apportait pas un soutien après le sommet de dimanche. L’extension de ce dispositif à d’autres pays risque de transformer la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie et la Grèce en une zone tampon entre la Turquie et l’UE. MM. Borissov, Ponta et Vucic ont condamné l’absence de coordination au sein de l’UE et d’un « plan commun européen » pour faire face à la crise des réfugiés. « Au lieu de chercher une solution à la crise, nous n’arrêtons pas de nous réunir pour répéter toujours la même chose. L’argent qu’on gaspille est à regretter », a souligné M. Borissov.
Soutenir la mise en place d’une zone tampon en Syrie et en Turquie et lever les visas pour les citoyens turcs est indispensable, selon le premier ministre bulgare. « Faute de stratégie européenne commune, nous devons choisir entre trois possibilités : fermer les frontières, soutenir la Turquie, la Jordanie et le Liban afin qu’ils retiennent les réfugiés chez eux, [ou] nous rendre », a déclaré M. Borissov en soulignant que l’Europe suit actuellement « le plus stupide des scénarios » : « on érige des barrières sans avoir trouvé de solutions concernant les migrants déjà entrés en Europe …. on se demande comment faire pour retenir les migrants qui nous incombent selon les quotas s’ils ne veulent pas rester dans nos pays … devons-nous les mettre en prison ? ».
Enfin, les trois dirigeants ont exprimé leur inquiétude du fait que beaucoup d’Afghans se joignent à la vague de réfugiés : « ce sont des gens qui depuis des années vivent en guerre et qui ne sont pas en mesure de s’intégrer », a résumé M. Borissov.
La coopération au sein du groupe de Craiova au-delà de la crise des réfugiés a également été discutée lors de la réunion à Sofia. « Notre coopération économique dans le domaine de l’énergie et des livraisons de gaz peut être renforcée et nos relations d’amitié méritent d’être érigées à un niveau plus élevé. Nous défendrons nos trois Etats dans l’espoir que notre voix aura plus de poids à Bruxelles lorsqu’elle sera portée par l’un des trois pays. », a expliqué Aleksandar Vučic.
A la veille de son départ pour le sommet extraordinaire à Bruxelles, le premier ministre bulgare a vivement réagi aux propos de son homologue néerlandais, Mark Rutte, qui avait appelé à une répartition plus juste entre les demandeurs d’asile entre les 28 pays membres at affirmé : « bien que l’Occident ait investi beaucoup d’argent en Europe orientale, les pays de cette région ne consentent pas d’efforts pour arrêter la vaque des réfugiés ». « Il ne faut pas qu’il [Mark Rutte] oublie qu’il me doit beaucoup, à moi, car pour satisfaire à leurs conditions, nous avons fermé notre industrie chimique, nos centrales thermiques, quatre réacteurs de la centrale nucléaires à Kozlodouï… ».
M. Borissov a également affiché son pessimisme quant à l’utilité de ce « mini-sommet » : « On s’est réunis trois fois en dix jours, Bruxelles –Madrid-Bruxelles, sans qu’on ait pu répondre à la question principale : « combien [de migrants] l’Europe est-elle en mesure d’absorber et qui les veut ? Or, on assiste à un chaos absolu qui fait que les pays se mettent à se sauver chacun pour soi en orientant les migrants vers les autres. On n’est pas aveugle, tout de même ... quant à notre position, elle est claire : que ceux qui souhaitent accueillir en accueillent autant qu’ils veulent. Sinon, nous, l’Europe, devons dire : on est en mesure d’accueillir 100 000, 200 000, 2 millions, 5 millions, 20 millions, en recevant 10 000 par semaine, mois, année etc.… ».
Aujourd’hui, la presse bulgare annonce succinctement les résultats du mini-sommet : la création de 100 000 places d’accueil pour les réfugiés en Grèce (30 000 places d’accueil d’ici à la fin de l’année et dans un deuxième temps 20 000 places dans des familles d’accueil et des logements en location subventionnés par le HCR) et dans les Balkans (les 50.000 places restantes installées le long de la route des Balkans en coordination avec l’ONU). La presse souligne que cette décision a été également soutenue par la Bulgarie même si M. Borissov s’était initialement opposé à ce que des emprunts soient contractés (avec la BEI, la BERD et la Banque de développement du Conseil de l’Europe) par les pays impliqués dans la mise en œuvre de cette décision. (Tous journaux, mediapool.bg)

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Dernière modification : 26/10/2015

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