Lundi 27 mars

Les résultats

La Bulgarie choisit sa 44e législature

Hier, 26 mars, des élections législatives anticipées se sont déroulées en Bulgarie et au sein de la diaspora bulgare à l’étranger. Le corps électoral se composait de 6 810 336 électeurs. 12 081 bureaux de vote étaient ouverts dans le pays et 371 à l’étranger. 11 partis et 9 coalitions, ainsi que 9 candidats indépendants se présentaient.

Résultats publiés aujourd’hui par la Commission électorale centrale (CEC), sur la base de 100,00% des procès-verbaux : GERB 32,65%, PSB 27,20%, Patriotes unis 9,07%, MDL 8,99, Volonté 4,15, Bloc réformateur-Voix du peuple 3,06%, Oui Bulgarie-Les Verts 2,88%, DOST 2,86%, Nouvelle république 2,48%, ABC-Mouvement 21 1,55%. La case « Je ne soutiens personne » a été coché par 2,50% des électeurs.

Hier, le taux de participation vers 17h00 était de 42,74% (2 910 654 suffrages), d’après la CEC, avec des pointes avoisinant 50% à Smolian, Sofia, Bourgas, Stara Zagora.

Dans les bureaux de vote ouverts à l’étranger, le GERB a recueilli 24,25% des voix, suivi par DOST (17,49%), le PSB (12,54%), le MDL (12,05%), Oui Bulgarie-Les Verts (10,19%), etc.

Des tensions ont été signalées dans les bureaux de vote en Turquie, notamment à Bursa, où de longues queues d’attente se sont formées.

Scrutin calme dans les Rhodopes : à Kardjali, où des autocars amenant des électeurs de Turquie arrivaient pendant toute la journée, le scrutin s’est déroulé dans des conditions normales.

Des tentatives d’achats de voix ont été signalées dans tout le pays. A Krouchovitsa, région de Pleven, la police a interpellé le président du bureau de vote qui a été inculpé d’achat de voix au profit d’un parti politique. Selon les médias, le prix par voix a varié de 15 à 30 leva suivant la région. A la veille du scrutin, le Parquet a ouvert 73 enquêtes pour de tels faits (59 enquêtes en 2014). Le nombre des signalements d’irrégularités a nettement augmenté par rapport aux élections législatives de 2014 (543 en 2017 contre 374 en 2014), a indiqué le procureur général.

Les déclarations

Le GERB a remporté la victoire contre un adversaire digne et doit former un gouvernement le plus rapidement possible avec un minimum de compromis, a déclaré Boïko Borissov. (tous médias)

Le PSB ne participera pas à des négociations avec le GERB mais essaiera de former un gouvernement au cas où ce dernier n’y parviendrait pas, a affirmé Kornelia Ninova, tout en saluant son principal adversaire pour la victoire. (tous médias)

Déçus de leur score aux élections législatives anticipées, les Patriotes unis sont prêts à participer au gouvernement « le plus probablement avec le GERB ». « Ces élections anticipées n’augurant rien de nouveau, je me demande pourquoi M. Borissov a dû procéder à cet exercice », a déclaré Valery Simeonov, en précisant que sa coalition insistera pour que soient mises en œuvre des priorités et non pas pour obtenir des postes ministériels. (tous médias)

Moustafa Karadaïa, président du MDL, a espéré que le GERB, première force politique aux élections, a tiré ses enseignements de ses deux précédents mandats inachevés. « Il est important qu’une majorité de valeurs assure la sécurité et la stabilité », a-t-il ajouté. (tous médias)

Vesselin Marechki, président de Volonté, envisage de se concerter d’abord avec les représentants des Patriotes unis avant de rencontrer ceux du GERB. « Les conditions que nous poserons seront dans l’intérêt public et permettront de soutenir les jeunes familles afin qu’elles restent en Bulgarie », a-t-il souligné en précisant qu’il demanderait des postes ministériels. (tous médias)

Selon Petar Moskov, co-président du Bloc réformateur « la plupart des partis ont atteint leurs objectifs visant une victoire pour le GERB, une stabilisation pour le PSB, une reformulation et réaffirmation pour les patriotes. Les tristes enseignements sont à tirer par les partis de la droite urbaine dont les clivages ont conduit leurs électeurs à un mauvais état d’esprit ». (tous médias)

« Il y aura un gouvernement mais ce sera celui d’hier en encore plus pourri », a déclaré Hristo Ivanov, président de Oui Bulgarie, qui s’en est pris aux sociologues en les accusant d’avoir fait passer le message qu’il était inutile de « dépenser sa voix pour Oui, Bulgarie ». (tous médias)

Tirant les leçons d’un résultat qui ne lui permet pas d’accéder au Parlement, Radan Kanev, président des DBF et de la coalition Nouvelle République, a donné sa démission. (tous médias)

Les commentaires

Boriana Dimitrova, sociologue, Alpha Research : GERB et les Patriotes unis auront suffisamment de sièges pour former une coalition, mais une telle majorité serait très fragile, surtout dans le cadre du risque d’une éventuelle dissolution de la coalition nationaliste. C’est la raison pour laquelle Boïko Borissov essayera sans doute de former une large coalition qui inclura également Volonté. (Dnevnik)

Maria Pirguova, politologue : la vie de cette Assemblée nationale sera courte, car le GERB aura beaucoup de mal à gouverner. Une coalition entre le parti et les Patriotes unis sera très instable. (BTV)

Daniel Smilov, politologue : Les négociations pour former une coalition seront très intéressantes. Sans doute GERB n’imposera pas beaucoup de conditions pour pouvoir former [une large coalition]. (BNT)

Emil Spahiiski, journaliste : GERB réussira à former très prochainement un gouvernement relativement stable, qui lancera la préparation de la présidence bulgare du Conseil de l’UE. (Bulgaria on air)
Haralan Aleksandrov, anthropologue social : Le problème du PSB est qu’avec sa campagne électorale, il a mis « beaucoup trop de sel dans le plat », tandis que le GERB a réussi à rassurer ses électeurs surtout dans le cadre de la situation géopolitique tendue. (BNT)

Aleksandar Andreev, journaliste, section bulgare de la Deutsche Welle : le « syndrome européen » que l’on observe depuis les élections en Autriche et aux Pays-Bas, a été également observé lors de ces élections anticipées. Les électeurs bulgares sont parmi les plus pro-européens et leur vote en faveur de l’Union pourrait être également expliqué en partie par le Brexit et le phénomène Trump. (BNT)

Dernière modification : 02/05/2017

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