Lundi 28 avril

L’ALLOCUTION

LE PRESIDENT PLEVNELIEV : J’APPELLE LES PARTIS A UN DEBAT ELECTORAL TOLERANT ET CONSTRUCTIF

Dans une allocution, adressée à la veille du lancement de la campagne électorale pour les élections européennes, le président de la République Rossen Plevneliev a rappelé que ce sont les premières élections qui auront lieu après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, marquant une nouvelle phase d’intégration de l’Union européenne. La Bulgarie doit se pencher sur la question à savoir où elle veut aller dans cinq ans. Au lieu de rester passive et de commenter uniquement ses problèmes internes, elle doit devenir un participant actif au débat européen. Les politiciens bulgares doivent organiser un vrai débat européen de qualité. Pour y arriver, ils doivent adresser des messages réalistes avec à l’appui des arguments clairs. La guerre des écrits compromettants dans les médias, les nombreux scandales, le dénigrement de l’adversaire, tout cela ne vise qu’à éloigner les électeurs des urnes, souligne le président.
Il y a de nombreux thèmes dans l’agenda européen sur lesquels chaque candidat peut afficher ses positions ou ses différences : pour ou contre l’adhésion à la zone euro et l’union bancaire, pour ou contre l’approfondissement de l’intégration politique, pour ou contre la mise en place d’une union de l’énergie, comment concilier les principes du libre-échange et la solidarité, le risque de voir l’UE divisée en centre et périphérie, l’élargissement de l’UE, etc., a indiqué M. Plevneliev tout en soulignant que ce sont des questions de principe sur lesquelles la Bulgarie ne doit pas se taire.
La force de l’Europe unifiée, c’est que la voix de chacun, grand ou petit, peut être entendue. La Bulgarie peut et doit ajouter de la valeur à l’Union européenne, à plus forte raison dans un moment décisif, au lieu de rester tacite dans un coin ou de jouer le rôle d’un « cheval de Troie ».
Les politiciens sont redevables aux citoyens actifs, relève le chef de l’Etat, parce que les programmes positifs sont absents des débats électoraux où l’on ne voit que des accusations réciproques d’incompétence et d’échecs. Le taux de participation est directement proportionnel aux thèmes que proposent les hommes politiques, mais aussi à leur comportement. Les tentatives à repousser l’électeur ordinaire, afin de pouvoir contrôler les noyaux durs, ne mènent à rien de bon. Un tel « succès » est trompeur. Il faut oublier les attaques personnelles et la haine pour se tourner vers des messages responsables à portée nationale, conclut le président de la République. (www.president.bg, Troud, Sega)

LA CAMPAGNE

LES PARTIS INAUGURENT LEURS CAMPAGNES ELECTORALES

Ce week-end s’est déroulé sous le signe du lancement des campagnes électorales des différents participants (partis, coalitions et candidats indépendants) aux élections européennes. Les candidats aux fonctions les plus élevés de l’Union, celles de président de la commission, Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, y étaient au premier rang. Le premier est venu encourager les socialistes de tous bords, le deuxième pour tenter de réunir la droite éparpillée, écrit Sega.
M. Schulz a inauguré, samedi, la campagne du PSB. Plus tard, il a également exprimé son soutien au candidat de la formation ABC, Ivaïlo Kalfine. « J’aurais voulu voir une liste socialiste unique en Bulgarie, mais nous ne sommes pas venus pour s’ingérer dans les affaires intérieures […]. Nous cherchons un soutien général à notre action en Europe et à ma candidature », déclare-t-il.
M. Juncker, pour sa part, a lancé la campagne du GERB dans la plus grande salle omnisports de Sofia. Plus tard, dans la soirée, il a réuni les leaders du GERB, du Bloc réformateur et de l’Unité bleue.
Le départ de la campagne d’ABC a eu lieu dimanche à Sofia. Nous partons sans fanfares, mais pleins d’ambition et d’énergie, a déclaré l’ancien président de la République (2002-2012) et leader de cette formation, Gueorgui Parvanov. La campagne qui s’annonce sera la plus dure et la plus sale, la plus riche en attaques déshonorantes depuis le début de la transition, a-t-il prédit, cité par Mediappol.bg.
Le leader d’Ataka, Volen Siderov, a choisi de lancer la campagne européenne de son parti depuis Moscou. Accompagné de deux autres députés et candidats sur la liste d’Ataka, il y est allé recevoir la décoration « Etoile de la Patrie » qui lui était décernée par la Chambre haute du Parlement russe pour sa contribution au développement des relations entre la Bulgarie et la Russie. « Nous serons la voix de ceux des Bulgares qui considèrent que l’UE est une structure qui doit soit être réformée, soit dissoute », a annoncé M. Siderov depuis Moscou. (tous journaux)

ANALYSE

LES PROCEDURES INABOUTIES DU PARQUET COUTENT CHER AUX CONTRIBUABLES

Plusieurs personnages importants, impliqués dans le krach des banques bulgares pendant les années 1990, ont réussi à obtenir la condamnation du Parquet et des indemnités importantes, indique Mediapool.bg.
Il y a vingt ans, l’Etat a vécu une crise bancaire extrêmement lourde et l’addition a été finalement payée par les citoyens. Beaucoup de questions sur les responsables du démantèlement des banques sont restées sans réponse.
En 2013, Denio Kanazirski, un des chefs d’Agrobusinessbank, déclarée en faillite, a condamné le Parquet à une indemnité de 60 000 leva pour la procédure engagée contre lui. En 2008, il était condamné à une peine d’emprisonnement de quatre ans pour avoir octroyé 37 crédits non sécurisés à des personnes liées. Plus tard, acquitté, il a intenté une action en responsabilité contre l’Etat pour le préjudice moral subi.
La possibilité d’engager la responsabilité du Parquet est prévue dans la Loi sur la responsabilité de l’Etat et des communes pour dommages. Toute personne, accusée et puis acquittée, peut introduire une action en dommages et intérêts contre le Parquet.
En 2013, d’autres « héros » des années troubles de la transition bulgare ont utilisé cette voie de recours. Ainsi par exemple, Kiril Nikolov, un des dirigeants de Mineralbank, également déclarée en faillite, inculpé sur 53 chefs d’accusation, a été par la suite acquitté, le Parquet n’ayant pu apporter les preuves nécessaires. Après avoir engagé une action en justice contre l’Etat, M. Nikolov a été indemnisé à hauteur de 31 000 leva.
Trois banquiers, inculpés suite à la faillite de la Banque internationale pour le commerce et le développement, ont condamné le Parquet, en 2013, à leur verser 56 000 leva pour les préjudices subis. Une fois de plus, le Parquet n’a pas réussi à soutenir sa thèse.
C’est le prix de l’échec dans la lutte contre la corruption, observe Mediapool.bg qui tire la triste conclusion que huit ans après l’adhésion de la Bulgarie à l’Union européenne on peut affirmer que cette lutte semble perdue.
Le site énumère d’autres exemples de ce « classement » non exhaustif : Krassimir Nedeltchev, ancien directeur adjoint du Fonds « Agriculture », révoqué en 2006 pour corruption, a été acquitté. L’action en responsabilité contre l’Etat qu’il a engagée, lui a permis d’obtenir une indemnité de 36 600 leva.
Yourii Lenev, accusé de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Andreï Loukanov, plus tard acquitté, a également condamné le Parquet à des dommages et intérêts. Celui-ci lui a versé une indemnité de 50 000 leva. Oleg Protsenko, accusé dans une autre affaire de meurtre, associée à celle d’A. Loukanov, а obtenu à son tour 60 000 leva à titre de dommages-intérêts.
Les importants montants des indemnités, versés par le Parquet, sont sur le point de ruiner son budget (13 millions de leva pour 2014). En 2013, le montant total des indemnités se chiffrait à 2,28 millions de leva pour 226 actions engagées. Il était presque le même en 2012. Si l’on y ajoute les intérêts de retard, on voit bien que le parquet continuera à payer chaque année près de 5 millions de leva pour des procédures défaillantes non abouties. (mediapool.bg)

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Dernière modification : 28/04/2014

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