Lundi 29 septembre

L’ACTUALITE

UN PROJET RECTIFICATIF DE LA LOI DE FINANCES 2014 PORTE A 4% LA DETTE PUBLIQUE

Le gouvernement intérimaire a élaboré un projet rectificatif de la loi de finances 2014 qui sera soumis à l’adoption au prochain parlement. « Nous avions pris l’engagement de rectifier le budget du pays et nous l’avons tenu bien qu’il soit difficile de porter cette mauvaise nouvelle à la connaissance de l’opinion », a déclaré le premier ministre Gueorgui Bliznachki (cité d’après Pressa).
Les finances publiques sont dans un piètre état. Le gouvernement Orecharski s’est montré très optimiste dans la programmation des recettes (1,062 milliards de leva de recettes attendues manquent d’après les dernières statistiques du ministère des finances) et très large sur les dépenses. La crise de la banque KTB et les difficultés de liquidité de la First Investment Bank ont grevé encore davantage le budget de l’Etat, relève Capital Daily.
D’après les chiffres proposés dans le projet de loi, les recettes escomptées de la TVA seront réduites de 587 millions de leva et celles des impôts indirects de 318 millions de leva. Les recettes fiscales seront également revues à la baisse, la seule exception étant celles de l’impôt sur le revenu où une légère hausse (39 millions de leva) est prévue.
Face aux multiples plaintes des administrations, le gouvernement n’a pas hésité à leur ouvrir sa bourse, observe Sega : 448,5 millions de leva iront combler leurs propres déficits.
Au total, le projet rectificatif prévoit une augmentation du déficit public de 1,51 milliards de leva. Si l’on y ajoute les 170 millions de leva prévus pour combler le trou dans le budget de la caisse nationale d’assurance-maladie et pallier aux financements européens bloqués, plus le déficit de 1,472 milliards de leva déjà inscrit dans la loi de finances, l’ardoise atteindra 3,152 milliards de leva, soit 4% du PIB revu à la baisse pour 2014 (au lieu du taux actuellement inscrit de 1,8%). D’après la loi nationale et les règles européennes, le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3% sous peine de procédure d’infraction que la Commission européenne peut engager contre la Bulgarie, rappelle Sega. En outre, note Capital Daily, si l’Etat dépasse le taux de 3% de déficit, un des critères de convergence de la zone euro, il ne pourra plus envisager d’adhérer à celle-ci dans un avenir proche.
Selon des hommes politiques et certains économistes, l’augmentation du déficit ne se répétera pas, ce qui permettra à l’Etat de redémarrer en 2015. (tous journaux)

LE SCRUTIN

VERS QUELLE COALITION APRES LES ELECTIONS ?

Sauf retournement complet, la victoire du GERB aux élections législatives, qui vont se dérouler ce dimanche, 5 octobre, semble acquise ; les difficultés viendront après, estime l’hebdomadaire Capital dans une vaste analyse consacrée au prix que devront payer les forces politiques pour participer au pouvoir.
La grande inconnue du scrutin reste la configuration post-électorale que celui-ci va produire.
L’enjeu pour le GERB à ces élections consiste à pouvoir former un gouvernement stable. Selon Roumiana Batchvarova de la direction de ce parti, cela signifie un gouvernement monopartite minoritaire si le GERB arrive à obtenir entre 115 et 120 sièges à la prochaine Assemblée nationale. Si tel est le cas, le parti pourrait envisager la formation d’un gouvernement monopartite en offrant un grand nombre de postes ministériels à des experts et à des représentants d’autres forces politiques.
Au cas où trois partis seulement franchissent le seuil parlementaire, à savoir le GERB, le PSB et le MDL, M. Boïko Borissov se verrait contraint de chercher du soutien au sein de cette configuration, souligne le journal. « Le GERB ne gouvernera pas avec le MDL, mais il ne le diabolisera pas non plus. Chaque parti a ses avantages et ses faiblesses », a-t-il déclaré récemment. Certains politologues estiment d’ores et déjà qu’il existe une entente évidente entre ces deux partis pour après les élections. Une partie des cadres du MDL ont conservé leurs postes au pouvoir et, en outre, le leader Lioutvi Mestan a promis son soutien au prochain gouvernement pendant les premiers 300 jours, rappelle le politologue Evgueniï Daïnov.
Toutefois, le GERB et son leader estiment que s’allier avec le MDL plomberait n’importe quelle force politique après l’échec de la dernière majorité parlementaire. Il est donc très probable que le MDL reste officiellement en opposition tout en soutenant implicitement une majorité GERB. Selon le journal, une telle hypothèse satisferait également le MDL qui, autrement, serait menacé de tomber dans un isolement total.
Dans une interview, accordée la semaine dernière à l’agence Reuters, M. Borissov s’est également montré conciliant à l’égard de son rival de toujours, le parti socialiste. « Je compte beaucoup sur le PSB. Pour la première fois je le dis devant vous [devant Reuters]. Je leur souhaite vraiment du succès aux élections parce que nous avons besoin d’un parti de gauche fort ». Pour l’instant, selon Capital, les socialistes ne semblent pas prêts à s’ouvrir à cette hypothèse qu’ils continuent à considérer comme « difficile, voire impossible ».
Si d’autres formations arrivent à entrer dans la prochaine Assemblée nationale, tels le Bloc réformateur, ABC ou le Front patriotique, le GERB aurait moins de sièges, mais il pourrait louvoyer entre les petits partis. Dans cette hypothèse, la coalition la plus naturelle serait celle avec le Bloc réformateur. « C’est une coalition qui n’est pas facile à réaliser, mais qui sera plus cohérente du point de vue idéologique, et avec des chances d’être perçue comme légitime », estime Daniel Smilov du Centre de stratégies libérales. Or, les relations entre le GERB et les réformateurs connaissent des hauts et des bas et semblent imprévisibles. Pour le GERB, le « comportement volage » du Bloc réformateur mettrait à l’épreuve toute coalition. Chez les réformateurs, qui représentent une coalition de plusieurs partis de droite, la crainte est réelle qu’un jour leur puissant partenaire cherche à semer la zizanie entre eux.
« A un moment, le GERB peut se retrouver seul au sommet, comme cela s’est déjà passé en Hongrie. A partir de là, le pas vers l’orbanisation [en référence à Viktor Orbán, premier ministre hongrois], c’est-à-dire vers l’implication totale de l’Etat au nom de la pérennisation au pouvoir d’un parti unique, sera facile à franchir », conclut Capital. (Capital)

LE CLASSEMENT

RAPPORT BERTELSMANN SUR LA JUSTICE SOCIALE EN EUROPE : LA BULGARIE A LA TRAINE POUR LA LUTTE CONTRE L’EXTREME PAUVRETE

La Fondation Bertelsmann publie aujourd’hui sur son site un volumineux rapport (114 pages) sur « La justice sociale dans l’UE : une comparaison transnationale », en anglais ou en allemand.
La Bulgarie, la Roumanie et la Grèce sont les pays les moins bien lotis parmi les 28 sur l’« indice de justice sociale », à peu près ensemble mais en net décalage par rapport aux 25 autres Etats membres. La Bulgarie et la Roumanie sont évaluées dans tous les aspects de cette étude pour la première fois. Aucun des 28 pays ne progresse sensiblement par rapport aux données antérieures. La plupart connaissent des replis mais la Grèce dégringole à nouveau et confirme son dernier rang.
Globalement, la « discordance » entre une Europe du Nord riche et un Sud et un Sud-Est pauvre est « énorme », écrivent les rédacteurs du rapport.
Le rapport diffuse un certain nombre d’indices chiffrés. Le plus mauvais score, tous indices confondus, concerne la Bulgarie et plus précisément ses efforts de « prévention de la pauvreté » – autant dire qu’ils sont inexistants. La Bulgarie connaît également, et de très loin (7 points et demi devant la Roumanie) le plus fort taux de population exposée au risque de la pauvreté ou de l’exclusion sociale (49,3 %). Si l’on se limite à étudier ce risque chez les enfants, les deux pays font jeu égal (52,3 % et 52,2 %, 9 points devant la Hongrie). Pour ce même risque chez les seniors, c’est encore pire : 59,1 %, soit 23 points devant la Lettonie, la Roumanie et la Lituanie.
Même constat en pire concernant la privation matérielle sévère : 45,9 %, 17 points devant la Roumanie, encore elle, et la privation matérielle sévère concernant les enfants (51,0 %, cette fois-ci 16 points devant la Hongrie et la Roumanie) ou les seniors (53,0 %, 26 points devant la Roumanie et la Lettonie).
La Bulgarie possède le 4e plus mauvais système de santé de l’UE (quoique nettement meilleur qu’en Lettonie et en Roumanie). C’est l’un des moins accessibles et l’un de ceux qui enregistre le plus de besoins non satisfaits. Il est, après son équivalent roumain, celui qui dégage le moins de revenus. Surtout, c’est en Roumanie et en Bulgarie que le taux de mortalité infantile reste le plus élevé d’Europe.
La Bulgarie compte également parmi les pays les plus mal classés pour la cohésion sociale et l’absence de discrimination (la Grèce et la Croatie font pire et la Roumanie à peine mieux). Mais elle discrimine moins que la France et, s’agissant de sa minorité rom, bien moins que trois pays pour lesquels cette discrimination est qualifiée d’ « évidente » (Hongrie, Roumanie, Slovaquie – la Hongrie étant également épinglée pour son attitude à l’encontre des Juifs et la Roumanie pour celle contre sa minorité magyare). Le coefficient de Gini place la Bulgarie en 24e position sur 28, les champions de l’égalité des revenus étant la Slovénie et la Tchéquie, devant la Suède.
Il y a quand même quelques bonnes, voire très bonnes, nouvelles : l’espérance de vie en bonne santé en Bulgarie est de 64,9 ans, un chiffre supérieur à la moyenne européenne (61,9). La dette publique est la moins élevée d’Europe après celle de l’Estonie (la plus élevée, de très loin, étant celle de la Grèce). En pourcentage du PNB, la Bulgarie se classe 3e en dépenses publiques d’éducation pré-primaire, loin derrière le champion (Danemark) mais tout près de la Hongrie. Le taux de décrochage scolaire précoce des élèves bulgares est mauvais, mais pas préoccupant (2 points sous la moyenne UE28). Le niveau de justice intergénérationnelle est proche de la moyenne UE. (www.bertelsmann-stiftung.de/cps/rde/xbcr/SID-AC5E0A94-0C72E444/bst_engl/xcms_bst_dms_40363_40364_2.PDF)

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Dernière modification : 29/09/2014

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