Lundi 3 novembre

LA NEGOCIATION

LE GERB ET LES REFORMATEURS ONT RAPPROCHE LEURS POSITIONS SUR VINGT PRIORITES ; LE CHEF DE L’ETAT MENE DES CONSULTATIONS AVEC LES FORCES PARLEMENTAIRES

Ce weekend, les équipes de négociation du GERB et du Bloc réformateur ont poursuivi leurs efforts en vue de se rapprocher sur les priorités d’un futur gouvernement minoritaire bipartite. Un projet de déclaration de programme a été examiné hier, cinq heures durant, par les négociateurs. « Nous avons un document commun qui reflète les principes et les priorités du GERB et du BR. Ce document sera présenté au Front patriotique et à ABC dans un effort de rechercher un plus vaste soutien à nos objectifs », a relevé Tomislav Dontchev (GERB). Selon Meglena Kouneva (BR), le projet de déclaration renferme 20 priorités-clés suffisamment détaillées.
Avant la réunion, M. Dontchev avait annoncé que son parti proposera trois options à examiner : un cabinet formé avec le mandat du GERB et avec en tête son leader Boïko Borissov ; un cabinet formé avec le mandat du GERB et présidé par un autre que M. Borissov ; des élections anticipées. « En cas de désaccord sur les positions au sein du cabinet et la répartition des postes, nous sommes prêts à d’autres variantes, y compris à soutenir un gouvernement présidé par exemple par Radan Kanev, le leader des Démocrates pour une Bulgarie forte [composante du BR] », a-t-il précisé (cité d’après Sega) en indiquant que le prochain pas devrait être la signature d’un accord de coalition censé arrêter la structure et la composition du gouvernement et les modalités de prise de décision au sein de la coalition.
Toutefois, Tomislav Dontchev a estimé qu’il faut éviter un format d’expert pour le gouvernement. « La logique politique veut que le premier ministre soit un leader [de parti], qu’il guide les ministres, les institutions et toute la nation vers les objectifs qu’il poursuit. Il n’est pas possible de lui substituer un expert », a-t-il souligné (cité d’après Mediapool).
Par ailleurs, le chef de l’Etat a entamé les consultations politiques avec les partis et les coalitions représentés au parlement, comme cela était annoncé. A l’issue de ces entretiens, il devra remettre au parti le plus nombreux (GERB) un mandat de formation d’un gouvernement.
Vendredi dernier, M. Plevneliev a reçu les représentants d’ABC – les députés Ivaïlo Kalfine et Rossitsa Yanakieva et le vice-président du parti Roumen Petkov. Tous ont convenu de la nécessité de réformer la Constitution pour donner plus de compétences au chef de l’Etat. A cette fin, un conseil de réforme constitutionnelle ou convention devrait être créé et les propositions élaborées devraient être soumises à un referendum aux prochaines élections présidentielles (2016). « Nous pensons que les pouvoirs du président doivent être élargis et que les deux institutions élues au suffrage direct, le président et le parlement, devraient être en mesure de se contrôler l’une l’autre et d’avoir un même poids », a précisé M. Kalfine. Il a soulevé en outre la question des 33 réformes sectorielles que la Bulgarie s’est engagée à mener d’ici 2016 si elle veut bénéficier des fonds européens. « Cette question est complètement absente des négociations sur la formation d’une majorité », a-t-il indiqué.
Ataka ayant boycotté les consultations, ce matin M. Plevneliev a reçu le groupe parlementaire du Centre démocratique bulgare (élus sous la bannière Bulgarie sans censure). Les députés ont émis le souhait devant le chef de l’Etat de participer à nouveau aux pourparlers menés par le GERB en vue de la création d’un gouvernement. « Nous avons déclaré ouvertement devant le président que des élections [anticipées] ne sont pas la meilleure solution, qu’il nous faut une majorité politique ancrée dans une large base et une perspective à long terme », a relevé le député Roumen Yontchev. (tous journaux, mediapool.bg)

LA TRIBUNE

LA KTB : LES INSTITUTIONS ONT MANQUE DE VIGILANCE

« La banque KTB est en route, droit dans le mur, vers la faillite, après que le GERB a renoncé à l’idée de l’assainir », prédit Pressa dans son numéro de samedi dernier. En effet, le Parlement a rejeté vendredi 30 octobre 2014 (avec 151 voix pour et 7 abstentions) la motion émanant de la Commission provisoire du budget de la veille, demandant au Parlement de voter d’ici le 6 novembre des amendements à la loi sur les établissements de crédit obligeant la Banque Nationale de Bulgarie (BNB) à proposer des actions pour assainir les banques lorsque leurs capitaux propres deviennent négatifs. « Si la BNB faisait son travail, la crise de la KTB n’aurait pas eu lieu », a observé Borissov au Parlement.
La BNB est également, selon Ivaïlo Kalfin, président du groupe parlementaire d’ABC, l’acteur principal qui aurait pu prévenir la crise de la KTB. L’ancien ministre des affaires étrangères s’interroge dans une tribune que Pressa publie aujourd’hui et essaie de répondre à une série de questions d’importance cruciale pour l’évolution de l’affaire KTB, comme par exemple : « pourquoi la BNB n’a pas assumé son rôle de prévention par l’intermédiaire du dispositif de surveillance bancaire de manière à ce qu’un signal d’alarme se déclenche et avertisse de l’imminence de cet abus de biens sociaux ? pourquoi n’a-t-on pas isolé les prêts improductifs pendant la procédure de la mise sous tutelle de la KTB ? combien coûtera aux contribuables l’affaire de la KTB ? quel serait l’impact de la liquidation de la KTB sur l’économie bulgare ? ».
Selon M. Kalfin, la BNB n’a pas utilisé les leviers puissants dont elle dispose pour identifier le problème de la KTB afin de pouvoir y faire face d’emblée. Ni d’ailleurs les autres institutions intéressées comme par exemple les renseignements financiers. Est-ce le hasard, ou bien ces différentes autorités compétentes ont-elles unanimement fait preuve d’inaction, s’interroge-t-il. Quelle est l’origine de cet immense trou de quatre milliards de leva que les consultants, envoyés par la BNB, ont à présent établi ? Selon des bruits qui courent au parlement et dans les médias, cette énorme dévaluation des actifs de la KTB serait due à l’application de différentes méthodologies. L’un des quatre plus grands auditeurs à l’échelle internationale, la société KPMG qui est également auditeur de la KTB, garde un silence suspect. Est-il possible qu’il y ait un auditeur ou consultant parmi ceux qui ont été recrutés par la BNB qui l’induise en erreur ? Et se fierait-elle à des résultats aussi différents et controversés ?
M. Kalfin reproche à la BNB de ne pas avoir publié des informations relatives au fonctionnement de la KTB, dans la mesure où celle-ci était titulaire de sa licence, pendant la période de la tutelle. Il veut également savoir si les décisions parfois controversés des administrateurs n’ont pas eu d’impact négatif sur les portefeuilles de crédit et d’investissement de la banque. Il s’étonne de ce que la pratique européenne d’isolement des mauvais crédits (les prêts improductifs) qui pouvaient créer un risque tant pour l’établissement que pour tout le système bancaire, n’ait pas été mise en œuvre. M. Kalfin rappelle que la BNB avait proposé un projet de loi en ce sens lors des consultations avec le président mais que les hommes politiques n’étaient pas d’accord pour l’adopter juste à la fin de la précédente législature.
Pourtant, si on y avait procédé, on aurait eu plus d’informations sur les crédits octroyés par la banque que les débiteurs ne remboursent plus. Et c’est notamment ces mauvais crédits qu’on aurait pu isoler afin d’utiliser la partie saine du portefeuille de la banque pour compenser les pertes et lui éviter la faillite. Dans l’option retenue, le Fonds de garantie des dépôts sera dans l’obligation de rembourser ceux-ci à 100%. Ce qui nécessitera des fonds supplémentaires – entre 700 millions et 1,7 milliards. Par conséquent, M. Kalfin est d’avis que la liquidation de la KTB, rend plus chère la solution du problème des dépôts garantis. De plus, assurer ces montants supplémentaires ne suffirait probablement pas pour atteindre l’effet public de la liquidation de la KTB. D’ailleurs, personne ne se donne la peine de calculer quel sera l’impact direct de la liquidation sur l’économie bulgare. Est-ce qu’elle entraînera les faillites d’autres entreprises et augmentera ainsi le chômage ? Provoquerait-elle la diminution des investissements ? Une chose est sûre, estime le député, seule la BNB qui est compétente pour fournir de pareilles informations. (Pressa)

LE GRATIN

UN 2E ANNIVERSAIRE TRES MONDAIN POUR LE SITE EN LIGNE PIK, RÉPUTÉ PROCHE DU DEPUTE DELIAN PEEVSKI

Avec maintes photos et superlatifs, le site en ligne Pik fête ses deux ans. Créé par l’ancien co-éditeur du journal à sensation et à gros tirage, Weekend, Nedialko Nedialkov, ce site relativement confidentiel doit l’essentiel de sa notoriété à l’attention que lui accorde le député MDL Delian Peevski dont les entretiens et les tribunes y paraissent en priorité, relève l’hebdomadaire Capital dans un entrefilet moqueur consacré à cet anniversaire.
« L’élite se rend chez Pik ; Boïko : Vous avez gagné la confiance des lecteurs ! Tsatsarov : Votre popularité grandit ! Tsetska [Tsatcheva] : Soyez toujours no. 1 ! Mestan : C’est vous qui donnez l’ordre du jour de la société ! » : tel est le titre en très gros caractères qui rend compte de cet événement sur le site. Pik s’étend également sur le « cocktail exquis » donné la semaine dernière à l’hôtel Sheraton, auquel « a assisté toute l’élite politique et intellectuelle de la nation ».
L’énumération des invités compose une belle brochette de personnalités politiques de toutes couleurs : la présidente de l’Assemblée nationale Tsetska Tsatcheva et la députée et ancienne ministre du développement régional Liliana Pavlova, pour le GERB ; l’ancien ministre de l’économie et de l’énergie Dragomir Stoïnev et les députés Kiril Dobrev et Jelio Boïtchev du PSB ; le leader Volen Siderov et autres parlementaires d’Ataka ; les députés Delian Peevski et Kamen Kostadinov du MDL, l’eurodéputé Nikolaï Barekov de Bulgarie sans censure ; Toma Bikov du Bloc réformateur ; les leaders d’autres partis politiques comme Nikolaï Tsonev (ancien ministre de la défense, président de Nouvelle alternative) et Yané Yanev (Ordre, loi, sécurité).
Boïko Borissov, pressenti comme prochain premier ministre, a adressé par écrit ses vœux de longévité, tout comme le procureur général Sotir Tsatsarov et le président de la Cour administrative suprême Gueorgui Kolev.
La fête a réuni en outre nombre d’éditeurs, journalistes, sportifs, syndicalistes.
Plus loin, le site Pik se targue d’avoir une des meilleures audiences en Bulgarie (700 000 de visiteurs par jour, selon les données de Gemius). A en croire son éditeur en chef, Ivaïlo Kratchounov, tous les mois le site est visité par quelque 14 millions d’internautes.
« Une partie des invités plaisantaient qu’au cocktail de Pik, on répartit les postes pour le nouveau gouvernement », souligne le reporter du site. (pik.bg, Capital)

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Dernière modification : 03/11/2014

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