Lundi 30 juin

LE CONSENSUS

CONSULTATIONS POLITIQUES VENDREDI ET DIMANCHE SUR FOND D’INQUIETUDE D’ATTAQUES BANCAIRES : LA BULGARIE SE RENDRA AUX URNES LE 5 OCTOBRE

Vendredi dernier, les partis parlementaires se sont réunis, à la suite du Conseil consultatif de sécurité nationale (voir notre revue du 17 juin), pour arrêter une date pour les élections anticipées et décider du sort du gouvernement Orecharski.
Autour de la table des consultations étaient présents les leaders du PSB, du MDL et du GERB, Ataka n’ayant pas envoyé de représentant. Nikolaï Barekov, leader de « Bulgarie sans censure », « entrant comme une tornade, a imposé sa présence alors qu’il n’était pas invité », note Sega.
Il a été décidé que les législatives auraient lieu le 5 octobre prochain et que les partis, représentés à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, participeraient à la formation d’un gouvernement intérimaire. Celui-ci porterait l’étiquette de « gouvernement d’entente nationale » et reproduirait le rapport de force actuellement établi au parlement, l’objectif étant d’assurer un large soutien politique à l’exécutif pour apaiser la situation dans le pays.
Comme d’un point de vue formel, c’est le chef de l’Etat qui nomme les gouvernements intérimaires, souligne Sega, les partis ont décidé de l’associer à leur consensus.
C’est ainsi qu’une réunion d’urgence a eu lieu hier entre le président de la République Rossen Plevneliev et les partis ayant des députés nationaux ou européens. A ces nouvelles consultations élargies ont pris part le PSB, le MDL, le GERB, le Bloc réformateur, « Bulgarie sans censure » (Ataka brillant une seconde fois par son absence), ainsi que le président de l’Assemblée nationale Mikhaïl Mikov, le premier ministre Plamen Orecharski, le ministre des Finances Peter Tchobanov, le gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB) Ivan Iskrov et son sous-gouverneur Kalin Hristov.
A l’issue de quatre heures de débats, les participants se sont réunis autour de six points que le président Plevneliev a présentés aux journalistes :
1. Les partis politiques et les institutions participant aux consultations déclarent leur résolution et volonté d’assurer les ressources nécessaires et de mettre en œuvre toutes les mesures indispensables pour garantir la stabilité des banques dans le pays. La Caisse d’émission est inébranlable et sera maintenue jusqu’à l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro.
2. Des élections législatives anticipées se tiendront le 5 octobre 2014.
3. Les partis parlementaires déclarent qu’aucun autre gouvernement ne sera formé dans le cadre de la présente législature.
4. La démission du gouvernement Orecharski tiendra compte des délais prévus dans la Constitution. L’Assemblée nationale sera dissoute le 6 août par décret présidentiel et le chef de l’Etat formera un gouvernement intérimaire.
5. La formation d’un gouvernement intérimaire relève des prérogatives du chef de l’Etat. Avant d’y procéder, celui-ci tiendra des consultations avec les forces politiques représentées au parlement bulgare et au PE.
6. Les consultations entre le président de la République, le parlement, le gouvernement et les forces politiques se poursuivront en vue de garantir la continuité et la transition en douceur vers la prochaine gouvernance. (president.bg, tous journaux)

LA RIPOSTE

ARRESTATIONS CE WEEK-END APRES UN DEBUT DE DESTABILISATION DU SYSTEME BANCAIRE

Alors que les leaders des partis politiques s’entretenaient avec le président de la République Rossen Plevneliev, les présidents des principales banques bulgares se sont réunis à la Banque nationale de Bulgarie (BNB). La vice-première ministre Daniela Bobeva, et un peu plus tard le ministre des finances Petar Tchobanov, accompagné du sous-gouverneur Kalin Hristov, s’y sont joint également. Cette réunion, entourée du secret, n’a pas donné lieu à des déclarations publiques. Le chef du centre de presse de la BNB s’est refusé à tout commentaire avant l’achèvement des consultations avec le président de la République. Il s’est contenté de confirmer que « les banques fonctionneront normalement et que les gens n’ont pas à être inquiets… le plus important pour nous maintenant, c’est de garantir l’unanimité de toutes les institutions et de rassurer les gens. »
Selon les sources de 24 Tchassa, ladite réunion des banquiers aurait abouti aux conclusions suivantes : toutes les banques doivent ouvrir lundi et accueillir tous les clients ; les gérants doivent accueillir les entreprises et satisfaire leurs demandes ; une cellule opérationnelle doit être mise en place à la BNB en vue de la prise rapide de décisions opérationnelles en fonction de l’évolution de la situation ; le ministère de l’intérieur et l’agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) renforceront les mesures de sécurité nécessaires. Les banquiers se sont déclarés prêts à s’entraider.
Ces décisions visent à répondre à la panique semée parmi les clients de la First Investment Bank (Fibank) qui a provoqué le retrait de 800 millions de leva en l’espace de seulement quelques heures (jusqu’à 14 heures), vendredi, 27 juin. A 15 heures, la banque a arrêté les paiements arguant de la nécessité de temps pour actionner les instruments lui permettant d’assurer des liquidités.
Les banques ont été unanimes pour dénoncer une attaque dirigée contre une d’entre elles. Elles soupçonnent l’implication d’hommes politiques et de représentants de l’économie souterraine, ou bien de grands débiteurs qui ne seraient plus en mesure de rembourser leurs emprunts. Le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Tsvetlin Yovtchev a déclaré que des SMS ont été envoyés de manière aléatoire afin de propager des rumeurs permettant la déstabilisation d’une banque. « Nous avons établi qu’il y a eu des tentatives malveillantes et ciblées en vue de la déstabilisation du système bancaire. C’est un crime grave et les personnes impliquées encourront une responsabilité grave », a-t-il asséné vendredi. Samedi, après une réunion urgente entre le ministre de l’intérieur, le procureur général Sotir Tsatsarov, son adjoint Borislav Sarafov et le président de l’Agence d’Etat de sécurité nationale (DANS) Vladimir Pissantchev, deux personnes ont été arrêtées « pour avoir divulgué de fausses informations portant atteinte à l’image de banques commerciales et contribuant à la déstabilisation du système bancaire … ». L’une de ces deux personnes a été condamnée pour plusieurs infractions dont le trafic de stupéfiants, la contrebande de cigarettes et de carburants. Elle aurait également appelé à la suppression de la Caisse d’émission monétaire à partir de son profil Facebook.
Selon l’expert, Krassimir Angarski, ayant participé à la mise en place de la Caisse d’émissions monétaire (voir notre Revue de presse du 25 juin), « un scandale inadmissible dans l’espace public impliquant également des hommes politiques » est à l’origine de la situation dans laquelle se trouve le système bancaire. « Si la première banque victime (KTB) avait ouvert vendredi, il n’y aurait pas eu de queues devant la Fibank », considère-t-il. Il suppose que « ce sont les grands débiteurs qui veulent pêcher le poisson en eau trouble dans l’espoir de se voir exonérer de leur dettes ». Il préconise que les gouvernants expliquent aux déposants pourquoi la Caisse d’émission monétaire va tenir, quand ouvrira la banque en question et comment ceux-ci peuvent accéder à leur argent. (tous journaux).

LA SECESSION

ALTERNATIVE POUR LA RENAISSANCE BULGARE (ABC) SE CONSTITUE EN TANT QUE PARTI POLITIQUE A PART ENTIERE

Gueorgui Parvanov, ancien président de la République (2002-2012) en rupture avec le Parti socialiste bulgare, a transformé samedi 28 juin, jour de son anniversaire, la formation dissidente d’Alternative pour la renaissance bulgare (ABC) en parti politique. Créée au début de 2011 comme « plate-forme » et presque aussitôt mise en sommeil à la veille des élections locales la même année, ABC avait été relancée en janvier dernier en vue de constituer une liste aux élections européennes. Conduite par Ivaïlo Kalfine, cette liste avait recueilli le 25 mai dernier 90 061 voix (4,02 %) et n’avait pas obtenu d’élu.
Devant les 700 délégués de la conférence constituante, M. Parvanov s’est notamment prononcé en faveur d’une République présidentielle et du recours au referendum. M. Kalfine a souligné qu’ABC était constitué pour combler un manque politique et non pas par simple aspiration au pouvoir. Il a prôné un système électoral mixte avec un vote majoritaire fort.
Le nouveau parti sera dirigé par un conseil exécutif de douze membres : Gueorgui Parvanov, président du parti ; Borislav Borissov, ancien recteur de l’Université d’économie nationale et mondiale ; Ivaïlo Kalfine, ancien ministre des affaires étrangères, eurodéputé PSB sortant ; Roumen Petkov, ancien ministre de l’intérieur ; Rossitsa Yanakieva, maire de Pernik ; Boïko Radoev, ancien député, ancien conseiller du président Parvanov ; Emil Kalo, ancien président de l’organisation juive Shalom ; Evgueniï Jelev, ancien ministre de la santé de la coalition tripartite ; Andreï Boundjoulov, professeur de sociologie à l’Université d’économie nationale et mondiale ; Dilian Enkin, ancien maire de Troïan ; Emil Konstantinov, juriste, membre de l’Académie bulgare des sciences, Trendafil Velitchkov, financier.
Dans une résolution adoptée à l’issue de la conférence, ABC tend la main au PSB : « Ce ne sont pas les partis de gauche qui constituent le principal opposant d’ABC, ce sont la droite et le GERB ». Les dirigeants d’ABC appellent par ailleurs les principaux partis politiques du pays à s’unir autour d’une « déclaration de redressement national » qui mentionnerait des réformes dans l’éducation, la santé, l’économie, la politique démographique ou la lutte contre la pauvreté. (mediapool.bg)

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Dernière modification : 30/06/2014

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