Lundi 31 octobre

La succession

Kristalina Gueorguieva annonce sa décision d’assumer de nouvelles fonctions à la Banque mondiale ; le gouvernement bulgare à la recherche d’un successeur pour son poste au sein de la Commission

Vendredi soir, un communiqué publié sur le site de la Commission européenne a annoncé la décision de la commissaire bulgare Kristalina Gueorguieva de démissionner de son poste de vice-présidente de la Commission et commissaire au budget et aux ressources humaines afin d’embrasser, à partir du 2 janvier 2017, les fonctions de directrice exécutive de la Banque mondiale.

Il s’agit d’un poste tout à fait nouveau, proposé à Mme Gueorguieva à la demande personnelle du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, qui apprécie hautement l’impeccable réputation professionnelle de la Bulgare et son talent pour faire avancer les choses, a expliqué plus tard à la radio nationale (BNR) un porte-parole de l’institution.

Selon l’édition bruxelloise du média américain Politico, Kristalina Gueorguieva aurait pris la décision de quitter la Commission pour deux raisons : son mécontentement de « l’influence toxique » du directeur du cabinet de M. Juncker, Martin Selmayer, et sa déception après l’échec de sa propre candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Une version que Mme Gueorguieva a résolument niée. « Je quitte à regret [la Commission], mais c’est la bonne décision pour moi, pour l’Europe et pour la Bulgarie », a-t-elle souligné hier sur la BNR.

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a exprimé pour sa part son regret de perdre une politicienne expérimentée, prête à offrir ses conseils stratégiques et son amitié, et l’a remercié pour son travail loyal et engagé.

Mme Gueorguieva quittera son poste le 31 décembre prochain au plus tard, en fonction des négociations sur le budget de l’UE. Ses fonctions seront assumées par Günther Oettinger, commissaire à l’économie et à la société numériques, a annoncé M. Juncker.

Selon les règles de la Commission, la Bulgarie doit proposer un successeur de nationalité bulgare pour le poste vacant de commissaire pour la durée du mandat restant (art. 246 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne). Le président Juncker s’est dit prêt à rapidement examiner les candidatures potentielles bulgares avec le premier ministre Boïko Borissov. Le candidat sera nommé après avoir été auditionné par la Commission et le Parlement européen.

Selon les médias bulgares, le premier ministre va discuter dès aujourd’hui avec M. Juncker du périmètre de responsabilités que le nouveau candidat bulgare pourrait obtenir au sein de la Commission. M. Borissov lui-même estime que son pays a des chances pour un portefeuille comme celui de l’environnement ou du développement régional. « Le budget pour la Bulgarie atteindra 15 milliards d’euros dans les prochaines années. Donc, Mme Gueorguieva a fait son travail. Maintenant il nous faut d’autres secteurs, l’environnement ou le développement régional, là où la Bulgarie en aura le plus besoin », a commenté le premier ministre devant des journalistes pendant le weekend.

Tomislav Dontchev, vice-président du Conseil des ministres, estime qu’il sera extrêmement difficile pour la Bulgarie de garder le poste de vice-président de la Commission ou le portefeuille actuel de la commissaire sortante (budget et ressources humaines). Toutefois, le gouvernement devrait faire le maximum d’efforts pour obtenir un poste prestigieux et influant (bTV). Interrogé sur le point de savoir si son nom figurait parmi les candidats éventuels, M. Dontchev a assuré que le gouvernement dispose de suffisamment d’excellentes candidatures.

La démission de Mme Gueorguieva de la Commission a donné une nouvelle occasion au PSB de critiquer le gouvernement. Selon la présidente de ce parti, Kornelia Ninova, c’est une nouvelle preuve de l’échec de la politique étrangère bulgare. Après la faillite de son aspiration à voir une Bulgare à la tête des Nations unies, la Bulgarie est en train de perdre la vice-présidence de la Commission et le portefeuille du budget, a-t-elle commenté avant d’ajouter : « Il n’y a qu’une seule conclusion à tirer : les partenaires européens de M. Borissov lui tournent le dos ». Selon Mme Ninova, une candidature comme celle du président sortant, M. Plevneliev, sera totalement inacceptable et la meilleure solution sera de remettre après l’élection présidentielle la proposition d’une candidature bulgare, afin que celle-ci soit faite dans une « nouvelle configuration politique ».

« M. Plevneliev ne saurait être une option parce qu’il est tenu de mener à terme son mandat de président de la République jusqu’à fin janvier. Notre Constitution l’exige », a rétorqué à distance le premier ministre. Relevant que le gouvernement disposait d’un bon nombre de candidats, il a souligné qu’en réalité, c’était lui-même et personne d’autre qui avait su négocier le poste de vice-présidente et de commissaire au budget pour Mme Gueorguieva.

Enfin, Standard avance comme candidatures potentielles celles de trois dames au prénom identique : Iliana Tsanova, vice-présidente du Fonds d’investissement de l’UE (Fonds Juncker) et ancienne vice-première ministre et ministre de la gestion des fonds européens dans deux gouvernements intérimaires (en 2013 et 2014) ; Iliana Ivanova, représentante bulgare auprès de la Cour des comptes de l’EU et l’eurodéputée et militante du PSB, Iliana Yotova, par ailleurs déjà candidate à la vice-présidence de la République aux côtés du général Roumen Radev. (tous journaux, dnevnik.bg, mediapool.bg, http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-16-3576_en.htm, http://www.politico.eu/article/kristalina-georgieva-to-quit-european-commission-for-world-bank-job-bulgaria/)

L’Espoir

Les premiers résultats positifs des forages en mer Noire réalisés par Total E&P Bulgaria BV laissent espérer une plus grande indépendance énergétique de la Bulgarie

« Du pétrole a été découvert sur le site Khan Asparouh (situé à 128 km de Varna) au large des côtes de la mer Noire », a annoncé Total E&P Bulgaria BV (société qui dirige le consortium Total, OMV et Repsol) lors de la présentation de son rapport financier sur le troisième trimestre de 2016.

Total E&P Bulgaria BV n’a pas fourni davantage d’informations et s’est limitée à préciser devant Mediapool que les analyses des échantillons prélevés cet été durant le premier sondage de prospection, entre avril et août 2016, sont encore en cours. « Ce n’est qu’après leur interprétation et même après la réalisation du deuxième forage prévu dans le programme d’investissement approuvé par le gouvernement bulgare que nous pourrons parler plus précisément de gisement et d’évaluation des quantités. Sur la base de ces résultats, il sera décidé de demander une concession et d’investir dans l’extraction de ressources énergétiques en provenance du site de Khan Asparouh. Pour rappel, Xavier Faugeras, directeur de Total E&P Bulgaria BV, avait déclaré en avril dernier qu’en cas de résultats positifs, environ 10 ans seraient nécessaires pour réaliser les études relatives à la quantité et à la qualité des gisements d’hydrocarbures (voir notre revue du 20 avril).

La presse rappelle que l’investissement auquel le consortium s’était engagé en 2012 devait s’élever à un milliard d’euros. En outre, un forfait record, selon Capital Daily, de 40 millions d’euros a déjà été payé au titre du permis de forage. Une taxe annuelle de 1,138 millions de leva est également versée à l’Etat.

Tomislav Dontchev, Vice-premier ministre, a été le premier à attirer l’attention sur cette annonce à l’ouverture de la réunion du Conseil national pour la coopération tripartite (réunissant les entreprises, les syndicats et le gouvernement). Interrogé plus tard, M. Dontchev a précisé que « c’est certes une chance pour l’indépendance de la Bulgarie et pour sa sécurité énergétique, bien qu’il reste à voir ce qu’il y a exactement et à quelle profondeur ».

« C’est vraiment une bonne nouvelle ! », a déclaré Boïko Borissov, premier ministre de la Bulgarie. Découvrir les ressources naturelles dont dispose la Bulgarie et les développer conjointement avec les grands groupes afin que ça rapporte un profit à la Bulgarie constituait l’un des plus importants défis à relever par le gouvernement et permettrait de créer des emplois et de stimuler l’économie.

« La bonne nouvelle pour la Bulgarie est une mauvaise nouvelle pour les ennemis de l’indépendance énergétique », a observé Ivan Ivanov, président de la Commission pour la régulation dans les domaines de l’eau et de l’énergie (KEVR) sur sa page Facebook. Il s’est dit convaincu que l’analyse approfondie des échantillons confirmerait également la découverte de gaz naturel. « Cela présage un nouveau scénario pour l’indépendance énergétique de la Bulgarie ».

Le ministère de l’économie a affirmé être au courant de cette information mais a tout de même précisé qu’il était encore trop tôt pour émettre un avis officiel.

Dans un commentaire, Ilian Vassilev, expert dans le domaine de l’énergie et ancien ambassadeur en Russie, rappelle les faits, mettant l’accent sur la complexité « sans précédent » du sondage de prospection (à une profondeur de 6 000 mètres dont 2000 mètres d’eau et 4 000 de rochers) et invitant à attendre patiemment les analyses avant de tirer des conclusions. (tous journaux, mediapool.bg, dnevnik.bg, vesti.bg, btv.bg, kmeta.bg)

Les promesses

Les cadeaux distribués avant l’élection présidentielle

A moins d’une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, les médias consacrent un bon nombre de leurs articles au scrutin, aux différentes tactiques et promesses, faites, surtout, par le principal parti au pouvoir.

Le premier ministre a commenté ce weekend son éventuelle démission en cas d’échec à l’élection. Dans une interview qu’il a accordée avec la candidate de son parti à la BTV, il souligne que si Tsetska Tsatcheva perd le second tour, mais réussit d’être à la tête au premier tour, il ne démissionnerait pas [Ndr Le lendemain de la désignation de Mme Tsatcheva, le premier ministre avait fait le pari suivant : « Si le GERB perd l’élection au premier tour, le gouvernement donnera le jour même sa démission », voir la revue du 4 octobre]. Il a souligné avoir pris « cet engagement moral » car il pensait que ces opposants, le PSB et le MDL, nommeraient leurs propres candidats, mais finalement ils ont choisi de soutenir des personnalités présentées par des comités d’initiative.

Le candidat du Bloc réformateur a accordé de son côté une interview à Mediapool. « Le pays a besoin d’institutions qui jouissent d’une grande crédibilité et de [dirigeants à la] réputation incontestable », affirme Traitcho Traïkov. Selon lui, si le président de la République réussit à faire avancer le difficile débat sur la réforme judiciaire, les investisseurs pourront opérer dans un climat juste et prévisible. A présent le niveau de corruption est tel que ceux qui entendent développer leurs affaires conformément aux règles de l’économie de marché sont « jetés par-dessus bord ».

Sega et la section bulgare de la Deutsche Welle reviennent sur ce que ces deux médias appellent « les cadeaux distribués avant les élections ». La Deutsche Welle souligne « l’énorme apathie » d’une grande partie des Bulgares, surtout les habitant des petites villes et villages. Selon le site d’information, ces gens ne s’intéressent pas à la prochaine élection ni aux compétences de l’institution présidentielle. A leurs yeux, le pouvoir est un « ensemble indivisible et tout-puissant, qui distribue les portions » et il est relativement peu important de déterminer quel parti est au pouvoir. Dans un tel cadre, il n’est pas surprenant que chaque gouvernement distribue des cadeaux à son électorat à la veille des élections. Le gouvernement actuel ne fait pas exception à cette règle, ajoute la Deutsche Welle, citant quelques exemples : la hausse des salaires pour les professeurs et les médecins, la prime de Noël pour les petites retraites, du financement pour l’Académie des sciences.

A part les cadeaux, de généreuses promesses se font également, ajoute Sega. Selon le journal, les candidats à la présidence et à la vice-présidence du GERB promettent des financements pour différents projets dans les villes visitées et lient leur mise en œuvre au soutien des électeurs au parti au pouvoir. « Bien sûr, sans jamais préciser qu’il s’agit de l’argent du contribuable », commente le journal.

« Les favoris gardent leurs cartouches pour le second tour ; Mme Tsatcheva et M. Radev se tournent vers les électeurs des petits candidats », titre Standart. Le journal revient sur la tactique des deux principaux candidats. Jusqu’à présent, ceux-ci étaient prudents et se sont mis d’accord sur un grand nombre de sujets lors de leur premier grand duel (voir la revue du 21 octobre). Ceci a incité beaucoup de gens à prendre leurs distances, faute de réel débat entre les deux concurrents. Mais les candidats réservent leurs effets pour la période entre les deux tours, commente le journal, soulignant que Mme Tsatcheva et M. Radev ne s’adressent pas à la catégorie de l’électorat qui leur est acquise, mais plutôt aux indécis et aux électeurs des petits candidats. Avec l’accent mis sur la crise migratoire, le général Radev montre de manière évidente qu’il cible les électeurs du Front patriotique. Mme Tsatcheva de son côté va essayer de mobiliser le soutien des sympathisants du Bloc réformateur, qui ne pourront jamais accepter un candidat de la gauche à Dondukov (siège de la présidence de la République), conclut le journal. (tous journaux, dw.com, btv.bg, mediapool.bg)

Rubrique France

Dans son dernier numéro, Standart publie un entretien avec Frédéric Faroche, directeur de Veolia Bulgarie : « Les affaires sont les affaires mais pas au détriment de la sécurité et de la santé ».

Troud reprend du Figaro une tribune de l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, intitulée « Europa, la dernière chance de l’Europe ».

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Dernière modification : 31/10/2016

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