Lundi 5 mai

LA CAMPAGNE

ECHANGES DE VUES EN PLEINE CAMPAGNE ELECTORALE

« Nous avons longtemps attendu que le gouvernement commence à fonctionner, mais cela ne s’est pas produit. Le gouvernement est faible, il a les mains liées. Les décisions sont prises par les états-majeurs des partis », déclare devant la bTV l’ancien président de la République (2002-2012) et leader d’ABC, Gueorgui Parvanov. Selon lui, la démission du gouvernement ne dépendrait pas des résultats des élections européennes « Même si le cabinet se maintient en place encore longtemps, cela ne sera pas bon pour l’Etat », ajoute M. Parvanov.
Interrogé sur la candidature de Delian Peevski au Parlement européen, l’ancien chef de l’Etat exprime son indignation devant l’indifférence totale du PSB et du MDL quant à l’opinion des citoyens. « Je n’arrive pas à me résigner qu’un empire financier et médiatique dispose du pouvoir tout entier dans le pays et, ce qui plus est, que trois personnes décident tout », souligne M. Parvanov.
La chaîne bTV a également accueilli le leader du PSB Sergueï Stanichev. Selon celui-ci, Delian Peevski possède la qualification requise pour un eurodéputé. Mais ce sont les électeurs du MDL qui décideraient s’il en est digne.
En ce qui concerne les affirmations selon lesquelles la Bulgarie est gouvernée par l’ancien leader du MDL, Ahmed Dogan, le leader socialiste estime que de tels propos ne peuvent être tenus que par des gens qui ne comprennent rien à la gouvernance d’un Etat. Il dément les rumeurs d’un éventuel remaniement du gouvernement. M. Stanichev se dit également persuadé que les résultats du scrutin européen renforceront le gouvernement et qu’il n’y aura pas d’élections législatives anticipées.
Par ailleurs, profitant des jours fériés, le MDL a lancé sa campagne électorale depuis le village de Yablanovo, près de Kotel (Nord-Est). Tous les candidats de la liste européenne de ce parti y étaient présents sauf Delian Peevski. Les organisateurs n’ont avancé aucune raison susceptible d’expliquer son absence, indique Dnevnik.bg.
La candidature de M. Peevski aux européennes continue à soulever des réactions de rejet. Le groupe « Réseau de protestation », créé l’été dernier et l’un des moteurs des manifestations de masse déclenchées par la nomination de ce député à la tête de la DANS, vient d’envoyer une lettre ouverte au groupe ALDE que devrait rejoindre M. Peevski une fois élu. Y sont exposés 14 faits relevant du parcours de Peevski. Les auteurs de cette lettre attirent l’attention sur des circonstances scandaleuses de la biographie du futur député européen : promu vice-ministre et membre du conseil d’administration du plus grand port maritime sans avoir le niveau d’études requis (peu de temps après, il se dotera d’un diplôme universitaire sans avoir mis les pieds à l’université) ; détenteur de médias qui ne sont pas enregistrés à son nom et dont il se sert comme d’une matraque contre ses opposants politiques ; non déclaration de patrimoine ; non respect des lois ; absence permanente des travaux de l’Assemblée nationale ; intérêts économiques et prises de participations occultes, par le biais de sociétés offshore, dans des entreprises publiques, etc. (mediapool.bg, dnevnik.bg)

LA POSITION

LA BULGARIE PRETE A ACCUEILLIR SES COMPATRIOTES D’ODESSA

Pour le moment, il n’y a pas de menace immédiate pour les Bulgares résidant à Odessa, a déclaré, samedi dernier, le ministre des Affaires étrangères Kristian Viguenine devant la radio nationale (BNR). Toutefois, il existe un risque que la violence se propage dans la région. Si cela se produit, la Bulgarie prendrait soin de ses citoyens, a-t-il ajouté, cité par Mediapool.bg. « La question a été examinée par le Conseil des ministres, des mesures ont été mises au point. Un déplacement en masse pourrait s’avérer un sérieux défi pour notre pays, mais nous remplirons notre devoir envers nos compatriotes, si cela arrive », a-t-il souligné.
Plus loin, qualifiant de « monstrueux » les événements à Odessa, le ministre Viguenine a souligné que la Bulgarie demande une enquête approfondie susceptible de dévoiler sans aucune pitié les auteurs des meurtres dans cette ville ukrainienne. Le gouvernement actuel à Kiev doit appliquer strictement ses engagements à désarmer les groupes paramilitaires et limiter l’influence de l’extrême droite. L’enquête montrera qui est responsable, mais le maintien de l’ordre dans cette ville relève avant tout de la responsabilité des autorités à Kiev et à Odessa, a souligné M. Viguenine.
Selon le ministre, les violences en Ukraine peuvent mettre en péril l’approvisionnement en gaz de la Bulgarie, puisque le gazoduc passe non loin de la ville d’Odessa. Cela montre une nouvelle fois l’importance pour la Bulgarie du projet South Stream et des sources alternatives d’approvisionnement en gaz. M. Viguenine a salué comme positive l’idée lancée par le Premier ministre polonais Donald Tusk selon laquelle les Etats membres de l’UE doivent créer une union énergétique dans le but de mutualiser les achats de gaz russe et d’égaliser les prix. (mediapool.bg)

L’ANALYSE

LES SYMPATHISANTS DES PARTIS : PORTRAIT SOICOLOGIQUE

A travers l’analyse des slogans utilisés par les partis dans la campagne pour les élections européennes, l’hebdomadaire Capital dresse le portrait sociologique, basé sur des sondages d’Alpha Research et de Market Links, des électeurs ciblés par ces messages politiques.
Les promesses électorales du PSB, à teneur strictement nationale, mettent en avant la solution des problèmes du chômage, les mesures de lutte contre les monopoles, le financement des régions à travers le programme créé par le gouvernement, le maintien de bonnes relations avec la Russie, la création d’une « nouvelle Europe ». Le parti trouve des sympathisants dans les grandes villes (33,7%) et les villages (33,1%). 55% de ses soutiens sont âgés de plus de 60 ans et seulement 15% se situent dans le groupe d’âge de 18 à 34 ans. Ceux qui votent PSB ont fait des études secondaires (52,2%) ou supérieures (24,7%) et ont des revenus au-dessous de 250 leva (39,4%) ou de 500 leva (51,9%) par mois.
Le GERB exploite ce que le parti considère comme des acquis du gouvernement Borissov : autoroutes, fonds européens, musées, « milliers d’opéras »… Les européennes seront la bataille du bien contre le mal, déclare le leader de ce parti Boïko Borissov en limitant, lui aussi, ses messages à la problématique nationale. Les sympathisants du GERB sont uniformément répartis à travers le pays, jeunes (26,8% au-dessous de 35 ans) ou d’âge moyen (52% au-dessous de 59 ans), ont fait des études secondaires (66,5%) ou supérieures (28%). Ils gagnent le plus souvent entre 250 et 500 leva (41,9%) ou moins de 250 leva (29,1%) par mois.
Le Bloc réformateur met en avant, dans ses slogans électoraux, le respect des règles, la mise en place d’une nouvelle politique européenne en matière d’approvisionnement en gaz, l’utilisation des fonds européens en vue de la création d’emplois, le développement d’une agriculture bio. Ces messages ne laissent pas indifférents les habitants de Sofia (50%) et des grandes villes (30%), les jeunes de moins de 35 ans (28,2%) et ceux de moins de 59 ans (46,2%). Ses sympathisants possèdent des diplômes d’études secondaires (52,1%) ou supérieures (41,6%). Ils touchent le plus souvent entre 250 et 500 leva (47,8%) par mois.
L’ABC et ses devises pour les élections européennes sont bien ancrés dans le sol national : « Faisons renaître la Bulgarie », « Changeons la vie en Bulgarie par le dialogue et la concorde ». Ses soutiens sont relativement bien répartis à travers le territoire du pays : 34,1% dans les grandes villes, 29,5% à Sofia et 36,4% dans les petites villes et les villages. La répartition entre les groupes d’âge est également relativement équilibrée : 34,7% pour les moins de 34 ans, 40,3% pour les moins de 59 ans et 25% pour la tranche d’âge au-dessus de 60 ans. C’est aussi la formation politique qui attire les gens aux revenus les plus élevés : 21,5% de ses sympathisants gagnent plus de 500 leva par mois. 63% des électeurs votant ABC ont fait des études secondaires et 32% des études supérieures.
Sur cette toile de fond, Ataka « s’attaque » aux valeurs européennes : « L’Union européenne doit soit changer, soit disparaître », déclare son leader Volen Siderov qui appelle à la sortie de la Bulgarie de l’OTAN et à la restauration des relations étroites avec la Russie. Ses propos trouvent un bon accueil auprès de gens de tous âges (18-34 ans : 31,1% ; 31,3% : 35-59 ans ; 31,6% : plus de 60 ans), résidant majoritairement dans les petites villes (40,9%) et les villages (27,3%). 66,4% des électeurs d’Ataka ont un diplôme d’études secondaires et gagnent le plus souvent entre 250 et 500 leva par mois (42,6%).
La nouvelle coalition « Bulgarie sans censure » est radicale dans ses messages : soit nous, soit les « vieilles gueules ». « Je me mettrais moi-même en prison, si je trahis vos espoirs », jure son leader, Nikolaï Barekov. Ses soutiens habitent les grandes villes (38,6%) et les villages (31,8%), appartiennent le plus souvent à la tranche d’âge de 35 à 59 ans, ont fait des études secondaires (75%) et gagnent entre 250 et 500 leva par mois (43%). (Capital)

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Dernière modification : 05/05/2014

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