Lutte contre le racisme et l’antisémitisme : intervention du délégué interministériel, le préfet Régis Guyot (26.2.2013)

Délégué Interministériel à la Lutte Contre le Racisme et l’Antisémitisme

Comité interministériel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme

Intervention du Délégué interministériel – 26 Février 2013

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,

C’est pour moi un honneur de participer pour la première fois à ce comité
interministériel, à l’issue d’une année 2012 dominée par les crimes odieux de
Montauban et Toulouse, une nette hausse des faits racistes, antisémites et
xénophobes, la prolifération des propos haineux, dans certains discours publics
comme sur Internet et les réseaux sociaux.
On peut d’ailleurs se demander si on n’assiste pas aussi à l’émergence d’une
certaine autonomie des tensions ethniques et religieuses sur notre territoire
par rapport aux événements internationaux.

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Entouré d’une équipe légère qui doit être diversifiée dans ses origines, j’ai
orienté mon action autour de 3 axes :

- La coordination de l’action administrative quotidienne de l’État, à vos
côtés ;

- L’écoute et l’alerte : je m’efforce de relayer auprès du gouvernement les
préoccupations des courants d’opinion, notamment par la synthèse
hebdomadaire de notre veille Internet ;

- Enfin, l’impulsion et la mise au point d’initiatives partenariales : je
travaille avec l’ensemble des acteurs dans un esprit de dialogue qui se
structure au fil des mois.

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Parmi mes missions figure le suivi de l’exécution du plan national d’action 2012-2014 contre le racisme et l’antisémitisme.

Adopté en février 2012, il fait suite à l’engagement pris par la France devant le Conseil des Droits de l’Homme en 2008 et confirmé en 2010 devant le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU (CERD).

S’agissant de la France, patrie des droits de l’Homme, son exécution est suivie de très près par les États et les instances internationales. Nous en avons eu l’illustration lors de l’Examen Périodique Universel de la France devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le 21 janvier à Genève.

Ce plan prévoyait pour 2012 la mise en oeuvre de 12 mesures.
8 sont à ce jour complètement exécutées. Les deux premières étaient la relance de ce Comité et la nomination d’un délégué interministériel.
Les 6 autres, dont certaines font l’objet de propositions d’élargissement à ce comité, concernent :

- la valorisation des partenariats du ministère de l’intérieur avec le
Conseil Français du Culte Musulman et le Service de Protection de la
Communauté Juive, pour une connaissance partagée et précise des
faits de racisme et d’antisémitisme,

- la formation des agents publics, avec notamment des initiatives à
l’intention des policiers et des gendarmes,

- l’adoption d’un programme de lutte contre les discriminations dans
le sport, mais aussi …

- l’augmentation du nombre des entreprises et administrations ayant
obtenu le Label diversité,

- l’application opérationnelle des conventions conclues par les
ministères de l’éducation nationale, de l’intérieur, de la jeunesse et
des sports, avec les associations antiracistes,

- enfin, le renforcement des moyens de lutte contre la haine raciale sur
Internet, via la plateforme de signalement Pharos.

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2 mesures sont encore en cours d’exécution et déborderont sur 2013. Il s’agit des réformes des systèmes statistiques des ministères de l’intérieur et de la justice.

2 mesures, enfin, ont été reportées :

- La circulaire portant réforme des COPEC, les commissions pour la
promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté, exige une
concertation sur le terrain qui sera menée en 2013.

- L’élaboration d’un code de bonne conduite pour les services
audiovisuels sur Internet est subordonnée aux décisions
gouvernementales sur l’évolution éventuelle des compétences du
CSA.

Par ailleurs, les avenants aux contrats urbains de cohésion sociale, prévus dansle plan pour être signés en 2013 sur 33 sites expérimentaux avec l’objectif de remettre les politiques et moyens de droit commun au coeur de la politique de la ville, étaient déjà conclus pour 22 d’entre eux au 31 décembre dernier.

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Le plan national d’action s’exécute donc normalement.
Néanmoins, l’observation de la réalité, comme le dialogue avec les acteurs, ont montré qu’il fallait aller plus loin, prendre le problème à la racine, s’attaquer plus systématiquement à la formation même des préjugés ainsi qu’au rejet de
l’autre dans notre société.

C’est l’orientation que vous avez tracée, Monsieur le Premier ministre, lors de l’inauguration du mémorial du camp des Milles. Elle a guidé la préparation de cette nouvelle étape de la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Dernière modification : 09/04/2013

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