Mardi 01 avril

LE DEBAT

LE REMEMBREMENT DES TERRES DE NOUVEAU A L’ORDRE DU JOUR

Les thèmes de la reconstitution des terres agricoles et de l’encouragement à la mise en valeur de celles-ci via la taxation des terres inexploitées reviennent depuis plus de vingt ans dans l’espace public, écrit Sega.
Le gouvernement actuel, à son tour, semble décidé à s’attaquer aux problèmes liés au morcellement excessif des exploitations agricoles. L’idée est que la question soit tranchée au niveau législatif comme le revendiquent depuis longtemps les grands acteurs du secteur. D’après les données du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, la taille moyenne d’une parcelle est de 0,55 ha, ce qui rend difficiles la culture et l’utilisation de procédés modernes.
Un groupe de travail sera formé qui étudiera la question et proposera des modifications législatives, a annoncé le ministre Dimiter Grekov. Une autre priorité de son ministère sera la création d’un registre électronique qui doit réunir toute l’information disponible sur la propriété et l’utilisation des terres agricoles.
Le ministre a exprimé son soutien à l’introduction d’un impôt visant à contraindre les propriétaires de terres non cultivées soit à les céder, soit à les louer, tout en soulignant que les avis des experts sont partagés et que le coût de recouvrement d’un tel impôt serait élevé. Selon M. Grekov, des milliers d’hectares seraient actuellement inexploités. Très souvent les propriétaires ne s’y intéressent pas ou résident à l’étranger. La loi actuelle permet la conclusion de contrats d’affermage entre les communes et les personnes qui veulent exploiter ces terres. Le fermage est ensuite versé aux communes qui sont tenues de le rembourser aux propriétaires si ceux-ci en font la demande.
Selon Pressa, en 2012, la superficie totale des terres agricoles en Bulgarie s’élevait à 5 481 222 d’hectares, soit la moitié du territoire du pays. La superficie des terres exploitées (terres labourées, cultures pérennes, prairies, jardins exploités par les ménages, serres, etc.) était de 5 122 983 d’hectares. (tous journaux)

LE PROFIL

LE DEPUTE NIKOLAI MALINOV : LES PROJETS RUSSES PEUVENT APPORTER DES MILLIARDS

Les événements en Ukraine et le referendum en Crimée ont fait sortir de l’ombre un député PSB, président du Mouvement national des russophiles et éditeur du quotidien Douma, organe du PSB. L’hebdomadaire Capital fait le portrait de cet homme dont les propos : « Je voudrais féliciter tous les Slaves orthodoxes dans le monde pour la victoire dans la Troisième guerre de Crimée », tout de suite après le « referendum », avaient révélé un adepte fervent de la Russie et de son président Vladimir Poutine (voir notre revue du 19 mars).
Après avoir vécu, adolescent, à Kiev, dans la famille d’un père diplomate, M. Malinov est élu, juste avant les changements démocratiques en Union soviétique, à la tête de l’organisation communiste locale des étudiants bulgares dans la capitale ukrainienne. Mais le revirement de l’histoire le transforme vite en homme d’affaires.
Aujourd’hui, écrit Capital, il finance l’édition de Douma et la version en langue bulgare du Monde diplomatique, représente pour la Bulgarie onze chaînes de télévision russes et agit comme conseil pour plusieurs sociétés relevant de l’industrie du tabac.
Mais la grande passion de M. Malinov, c’est le Mouvement national des russophiles, dont il est le président. C’est une association à but non lucratif qui compte quelque 30 000 membres, organisés dans 186 structures à travers tout le pays. Le réseau des russophiles est fier de compter dans ses rangs, affirme M. Malinov, des membres d’Ataka (dont le vice-président du mouvement, Stanislav Stanilov), des muftis, des métropolites, quatre maires élus sur la liste du GERB, etc. Chaque année, au mois de septembre, près de 10 000 russophiles se donnent rendez-vous lors de leur rassemblement traditionnel, organisé aux environs de Kazanlak, à Koprinka.
Le mouvement, qui se définit comme association à vocation culturelle, a inscrit à son actif une pétition contre le déploiement de bases américaines sur le territoire bulgare (150 000 signatures), une pétition en faveur du maintien du monument à l’armée soviétique à Sofia (54 000 signatures recueillies uniquement dans la capitale), des campagnes en soutien du projet d’une seconde centrale nucléaire à Belene, etc. En 2013, 470 salles d’apprentissage de langue russe ont été ouvertes dans des maternelles grâce à leurs efforts. Elles étaient financées par une subvention accordée par la fondation « Rousskiï mir » (créée en 2007 par décret du président Poutine).
M. Malinov se définit comme un homme politique qui ne brigue ni poste, ni argent. Il est apparu sur la scène politique en 2005, 6e sur la liste du PSB à Sofia aux élections législatives. Fin 2008, on le voit déjà au conseil d’administration de l’entreprise publique Bulgartabac. A cette époque, rappelle Capital, on l’accuse de conflit d’intérêt puisqu’il détient les droits sur quelques marques de cigarettes produits par Bulgartabac pour l’exportation. Un an plus tard, il préside déjà le conseil d’administration de la filiale de Bulgartabac à Plovdiv.
Tout en se gardant de faire du lobbying au profit de projets économiques russes, il se dit convaincu que le salut de la Bulgarie passe, dans une large mesure, par le développement des relations avec la Russie. Selon lui, « la Russie a mis en vitrine […] des projets suffisamment intéressants pour la Bulgarie, la centrale nucléaire de Belene, South Stream, Bourgas-Alexandroupolis, la modernisation des infrastructures portuaires bulgares. Des projets économiques qui, à condition que la Bulgarie mène bien son jeu, peuvent créer des dizaines de milliers de nouveaux emplois et apporter des investissements pour des milliards ». (Capital)

L’ENTREPRISE

BULGARTABAC DE NOUVEAU ENTRE DES MAINS BULGARES

VTB Capital, filiale d’investissement, basée à Londres, de la banque russe Vnechtorgbank (VTB), s’est désengagée de l’industrie du tabac en Bulgarie en cédant ses parts dans la holding Bulgartabac à des investisseurs bulgares pour un montant de 130 millions d’euros, informe Capital Daily en se référant à une publication récente du journal russe Vedomosti.
En 2011, 80% de Bulgartabac, la plus grande entreprise dans le secteur du tabac, étaient privatisées au profit de VTB Capital via une nouvelle société créée à cette fin (BT Invest, basée à Vienne) pour un montant de 101,1 millions d’euros. Tout de suite après la transaction, il s’était avéré que les Russes avaient aussi des partenaires bulgares, notamment le banquier Tsvetan Vassilev, actionnaire majoritaire de la banque KTB, et le député MDL Delian Peevski.
En mars, écrit Capital Daily, il était annoncé que BT Invest avait un nouveau propriétaire, la société Livero Establishment, enregistrée au Liechtenstein et détenue par une société immatriculée dans la zone franche de Dubaï. Le nom de la personne physique, propriétaire de cette dernière, n’était pas révélé. Citant des sources non officielles, Capital Daily estime qu’actuellement les véritables propriétaires de l’entreprise seraient les partenaires récents de VTB Capital, Tsvetan Vassilev et Delian Peevski.
Vedomosti considère que la transaction, clôturée à la fin de l’année dernière, n’aurait rien d’une opération de marché. Etant donné le prix et le fait qu’elle a été conclue avant la publication en mars des états financiers de l’entreprise, on pourrait la qualifier d’arrangement amical. Selon Capital Daily, le prix cité de 130 millions d’euros, pour 80% des actifs de la holding, serait très en dessous de sa capitalisation sur le marché financier, s’élevant à 684 millions d’euros au 31 mars 2014.
Sega rappelle, pour sa part, que le nouvel acquéreur officiel de Bulgartabac, la société Livero Establishment, était aussi partenaire de la banque KTB dans la l’acquisition, en 2012, de 94% de la Compagnie bulgare de télécommunication (BTK), opérant sous la marque de Vivacom, et qu’en 2013 la VTB Capital avait acquis 9,9% du capital de la banque de Tsvetan Vassilev, KTB. (Capital Daily, Sega)

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Dernière modification : 01/04/2014

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