Mardi 02 décembre

LA SUSPENSION

LA RUSSIE ABANDONNE LE PROJET SOUTH STREAM A CAUSE DE LA BULGARIE

Lundi, 1er décembre, le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a annoncé l’arrêt de la construction du gazoduc South Stream lors d’une conférence de presse à Ankara où il est en visite d’Etat. « Comme nous n’avons toujours pas reçu la permission de la Bulgarie, nous pensons que, dans la situation actuelle, la Russie ne peut pas poursuivre la réalisation de ce projet ». Le président russe a expliqué que la « Bulgarie n’est pas en mesure d’agir comme un pays souverain » et que « si l’Europe ne veut pas que ce projet aboutisse, il ne sera pas réalisé ». Poutine aurait suggéré au gouvernement bulgare de réclamer auprès de l’UE le manque à gagner suite à l’arrêt du projet. Selon le ministre russe de l’énergie, Aleksander Novak, M. Poutine aurait pris lui-même la décision de suspendre le projet et de réorienter « les flux d’énergie » vers la Turquie. Selon la presse bulgare, le président de Gazprom, Alekseï Miller a confirmé à Istanbul que le « projet est clos » et que « nous n’allons pas y revenir ». Miller a précisé que la Russie et la Turquie ont signé un mémorandum pour la construction d’un gazoduc sous-marin pour le transport de 63 milliards de mètres cube par an. Gazprom a déclaré diminuer le prix du gaz pour la Turquie à partir du premier janvier afin de l’aligner sur le prix accordé à l’Allemagne.

Capital.bg précise que la construction de la partie sous-marine du projet n’est pas liée à la Bulgarie même si elle dépend de facto de la décision pour le tronçon bulgare. Ce média interprète les propos du président russe comme signifiant le gel du projet tant que le nouveau gouvernement bulgare ne prendra pas de décision à ce sujet. Toutefois, la déclaration du président Poutine demeure surprenante, compte tenu du fait que la société South Stream Transport, chargée de la construction de la partie sous-marine du gazoduc, a récemment investi 100 millions d’euros dans l’achat du terrain à la sortie de la mer du tuyau. La presse rappelle que ce terrain, situé à proximité de Pacha déré, avait été acheté à la First Investment bank.

La presse précise qu’à l’heure actuelle le nouveau gouvernement ne s’est toujours pas prononcé au sujet de South Stream, ni d’ailleurs au sujet de la procédure de sélection des partenaires bulgares. Capital.bg rappelle que le contrat avec les prestataires bulgares n’est pas valide, compte tenu du fait que ceux-ci n’ont pas payé les cautions de participation. Un nouveau concours pourrait être organisé en cas de redémarrage du projet.
Capital.bg observe que le projet est important pour la Russie, d’une part, parce qu’il lui permet de contourner l’Ukraine et d’autre part à cause de l’importance accordée par la politique étrangère russe aux infrastructures énergétiques. Cependant, les déclarations de Poutine reflètent sûrement les difficultés économiques que le Kremlin rencontre dernièrement, notamment la chute de 9% du rouble russe par rapport au dollar en un jour, qui est la plus importante depuis 1998, avant que la banque centrale nationale n’intervienne. Le prix du pétrole a également atteint son niveau le plus bas depuis 2009. Il n’est pas impossible, conclut le média en ligne, que le Kremlin, sous le prétexte des difficultés qu’il rencontre avec la Bulgarie, abandonne temporairement un projet constituant dès sa conception un défi économique pour la Russie. (Capital.bg, tous journaux)

LE MESSAGE

FERMETE DE LA DIPLOMATIE BULGARE VIS-A-VIS DE LA RUSSIE, NOTAMMENT SUR LA QUESTION UKRAINIENNE
Alekseï Mechkov, vice-ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a effectué une visite à Sofia à l’occasion du centenaire de l’église russe de la ville, placée sous le vocable de Saint-Nicolas-le-Thaumaturge. A cette occasion, il a été reçu le 1er décembre pour un entretien officiel par Daniel Mitov, ministre des affaires étrangères de la République de Bulgarie.
Les divergences entre les deux Etats ont dominé cette rencontre. La Bulgarie et la Russie ont beaucoup de questions à discuter dans le cadre des relations bilatérales et des développements européens et mondiaux, a déclaré M. Mitov lors de cette réunion. Les différentes interprétations des faits conduisent à créer des mythologies, qui à leur tour conduisent à la propagande, avec le risque de finir par croire dans sa propre propagande, ce qui est « la chose la plus dangereuse ». Au XXIe siècle, ces divergences doivent être résolues par la négociation sur la base de règles et de mécanismes internationaux acceptés par tous, a dit le ministre à son hôte russe.
M. Mitov a exprimé les préoccupations de la Bulgarie au sujet des développements de la crise en Ukraine, en soulignant l’importance du respect des accords de Minsk. Mettre immédiatement un terme à toute action militaire sur le territoire ukrainien était une condition clé de la normalisation de la situation. La situation humanitaire devrait être améliorée grâce aux efforts concertés de tous. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) devrait mettre en œuvre sa mission de surveillance des frontières et de surveillance de la mise en œuvre des accords de Minsk.
Selon M. Mechkov, la Russie faisait de son mieux pour trouver une solution pacifique à la situation en Ukraine. Il était très important de garder le format de Minsk de négociations sur toutes les questions litigieuses.
Le ministre a déclaré que Moscou devait démontrer qu’elle se consacrait pleinement à résoudre la crise en Ukraine, qui donnerait une autre dimension au dialogue UE-Russie. Cette question était devenue un nœud gordien qui devait être réduit afin d’instaurer la confiance entre la communauté transatlantique et la Russie.
Les discussions ont également porté sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz de l’Europe, y compris la Bulgarie. M. Mitov a souligné l’importance de la question pour la Bulgarie : « J’espère que si l’accord conclu sous les auspices de la Commission européenne est observé, il n’y aura pas de problèmes d’approvisionnement, y compris de nature technique ».(site officiel du ministère bulgare des affaires étrangères ; Offnews)

LA RELANCE

LA BULGARIE DIT OUI AU PLAN JUNCKER

« La Bulgarie soutient le plan Juncker, nous essaierons de faire le maximum d’efforts en vue de son accomplissement », a déclaré le Premier ministre au début de la réunion extraordinaire du Conseil des ministres tenue lundi. Selon lui, plus le pays respecte strictement les priorités de ce plan, plus il deviendra possible de bénéficier des fonds européens qui y sont prévus.
Le Premier ministre a informé ses collègues de ses entretiens avec le vice-président de la Commission européenne chargée du budget, Kristalina Guéorguiéva, en visite à Sofia pendant le week-end. Y ont participé les experts économiques et financiers du gouvernement, ainsi que les ministres susceptibles de dépenser les fonds escomptés.
Dans son intervention, M. Borissov a souligné que le plan Juncker représentait un train de mesures visant à ce que des investissements publics et privés à hauteur d’au moins 315 milliards d’euros soient effectués au cours de la période 2015-2017. Il a aussi précisé que le plan prévoyait la création de quelque 1,3 million de nouveaux emplois sur le territoire de l’UE.

Le plan est fondé sur trois principaux piliers, à savoir :
-  la création d’ici 2015 d’un Fonds européen pour les investissements stratégiques, FEIS, doté de 21 milliards d’euros provenant du budget de l’UE et d’un apport de 5 milliards d’euros de la BEI ;
-  l’édification d’un système d’identification et de mise en place rapide de projets européens d’envergure dans le domaine des infrastructures, de l’énergie, de l’efficacité énergétique, de l’éducation, des innovations et des transports ;
-  la mise en place d’une feuille de route ayant pour objectif de supprimer les exigences spécifiques et règlements par secteurs qui actuellement constituent un sérieux obstacle face aux investisseurs. De cette manière sera encouragée l’amélioration du climat d’affaires et la Bulgarie deviendra de plus en plus attrayante pour les investisseurs potentiels.
Pressa annonce que M. Borissov se rendra demain (mercredi) à Bruxelles où il s’entretiendra en tête à tête avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour discuter en détails de cette initiative. Le programme de ce déplacement de Borissov prévoit aussi des rencontres avec le président du PPE, Joseph Daul, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président du Parlement européen, Martin Schulz. (Pressa, Dnevnik.bg, Manager, Novinite.bg, Dir.bg)

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Dernière modification : 02/12/2014

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