Mardi 03 juin

LA STRATEGIE
L’ETAT VEUT RESTER L’ACTEUR CENTRAL DU SECTEUR ENERGETIQUE

La presse bulgare rend largement compte aujourd’hui d’un projet de stratégie dans le domaine de l’énergie pour la période 2014 – 2030 et rappelle qu’une décision de l’Assemblée nationale de septembre obligerait le gouvernement à lui soumettre une nouvelle stratégie dans le domaine de l’énergie avant le 4 juin 2014.
Ce projet, élaboré par les experts du ministère de l’économie et de l’énergie, auraient déjà été soumis à l’attention du Premier ministre Plamen Orecharski et de la vice-Première ministre Daniela Bobeva.
Le ministère de l’économie et de l’énergie y envisagerait une privatisation partielle du secteur de l’énergie. L’Etat resterait l’actionnaire majoritaire du Holding énergétique bulgare (BEH) et de ses filiales, notamment la Compagnie nationale d’électricité (NEC), la centrale nucléaire de Kozlodouï, Boulgargaz, Boulgartransgaz, les mines Maritsa Iztok, la centrale thermique Maritsa Iztok - 2, l’opérateur de système, mais serait contraint de vendre à la bourse des valeurs 49% de ses actions. La recette de cette transaction devrait permettrait de financer l’assainissement du système et la réalisation de projets d’investissement de grande envergure.
Ce document constate que les infrastructures actuelles d’une puissance installée de 13 750 MW, sont en mesure de garantir l’alimentation en énergie électrique de la Bulgarie d’ici 2030.
L’énergie nucléaire fait partie des priorités énergétiques d’ici 2030. Dans ce domaine, la stratégie prévoit le prolongement de la vie des tranches 5 et 6 et la construction d’une puissance nucléaire de nouvelle génération, à condition que des contrats d’exportation de 70% de la production d’énergie aient été conclus pour une période de 15 ans.
Le secteur des énergies renouvelables connaîtrait des bouleversements. L’énergie solaire serait exposée à des mesures draconiennes impliquant la réduction de la puissance installée à 600 MW sur les 1000 MW actuels (à la fin de 2012). Alors qu’actuellement toutes ces centrales photovoltaïques bénéficient de contrats d’achat obligatoire de l’énergie à long terme et à des prix subventionnés. En revanche, la stratégie érigerait en priorité l’utilisation des sources hydrauliques par la construction de nouvelles unités.
Le projet se fixerait des objectifs de lutte contre la précarité énergétique définie comme la proportion des gens dépensant plus de 10% de leurs revenus pour assurer une température de 21degrés dans les pièces principales de leurs logements pendant l’hiver. Selon la Banque mondiale il s’agirait de 61% des ménages en Bulgarie.(tous journaux)

LE RAPPORT
LA COMMISSION DRESSE LA LISTE DES PRIORITES DE POLITIQUE ECONOMIQUE POUR LA BULGARIE
Dans son rapport annuel de suivi des progrès réalisés par les Etats membres de l’Union européenne, la Commission européenne adresse des recommandations à la Bulgarie en vue de l’amélioration de ses indicateurs économiques et financiers dans six domaines : renforcer sa discipline budgétaire de manière à ne pas dépasser le déficit prévu de 1,8% ; poursuivre les mesures d’augmentation de l’âge de départ à la retraite de manière à ce que ce dernier soit cohérent avec l’augmentation de l’espérance de vie à long terme ; améliorer l’efficacité de l’Agence de l’emploi par le soutien ciblé aux populations les plus vulnérables (personnes âgés, chômeurs, minorités roms) ; améliorer la transparence du financement des hôpitaux publics en vue d’une meilleure efficacité du système de santé ; développer la médecine de ville ; optimiser le réseau d’établissements hospitaliers ; conduire la réforme dans le domaine de l’éducation nationale ; mettre en place une loi sur les études scolaires ; réformer la formation professionnelle et l’enseignement supérieur afin d’améliorer les savoir-faire et de mieux répondre aux besoins des employeurs ; développer davantage de partenariats entre les établissements d’études et le monde des affaires ; continuer à améliorer le climat d’affaires surtout pour les petites et moyennes entreprises en diminuant la bureaucratie et en encourageant la gouvernance électronique ; mettre en place un système rigoureux d’attribution des marchés publiques ; renforcer le jeu de la concurrence, l’efficacité énergétique et la transparence dans le secteur de l’énergie ; accélérer la réalisation des projets de création d’interconnexions énergétiques entre les pays voisins ; renforcer la résilience du système d’approvisionnement énergétique ; améliorer la qualité et l’indépendance du système de justice ; renforcer la lutte contre la corruption.
Ces recommandations reposent sur une analyse de la situation en Bulgarie ayant permis à la Commission d’identifier les problèmes les plus importants auxquels la Bulgarie fait face aujourd’hui.(tous journaux)

LE RECYCLAGE

LES PARAMETRES POLITIQUES DU PROCHAIN REMANIEMENT MINISTERIEL, SELON LE POLITOLOGUE ANTONY GALABOV

Sous le titre « Recyclage », le politologue Antony Galabov examine dans son blog la situation créée au sein des partis au pouvoir par les élections européennes et la défaite subie par le PSB lors de celles-ci.
La majorité au pouvoir est en train de fortifier ses lignes. Les résultats des élections européennes ont sensiblement modifié la géométrie politique du pouvoir. Le MDL a pris l’initiative de définir les conditions dans lesquelles pourrait être prolongée la durée de l’actuelle législature. Le PSB ne peut qu’espérer que ces conditions lui permettront d’arriver aux municipales de 2015 sans en subir des dégâts irréparables. Ataka s’efforcera de son côté de rester fidèle à sa rhétorique (que M. Galabov qualifie de « néo-communiste »), sans pour autant y gagner de réelles chances de survie, vu l’état dans lequel ce parti se trouvera à l’issue de l’actuelle législature.
La répartition des suffrages obtenus le 25 mai dernier montre clairement que l’union politique qui dirige actuellement le pays se retrouverait dans l’opposition si des élections législatives anticipées se tenaient aujourd’hui. Mais, pour la majorité des citoyens bulgares, un changement dans la répartition des forces ne garantira pas davantage qu’hier une majorité parlementaire stable. La composition du prochain parlement national, au vue du récent scrutin européen, devrait refléter la fragmentation en profondeur de la société bulgare, sans perspective politique pour une gestion stable.
La survie de la coalition au pouvoir passe obligatoirement par une opération de recyclage politique, aussi bien du gouvernement que des ressources de la majorité parlementaire. Cette opération d’assainissement se fera prioritairement chez les socialistes, mais dans des conditions fixées par le MDL.
Des factions non négligeables au sein du PSB ont fini par se rendre compte que le maintien de M. Stanichev à la présidence du parti exposerait leurs propres intérêts à un grand risque. A la différence du plénum d’avril 1956, qui avait condamné le culte de la personnalité de Valko Tchervenkov, à l’époque dirigeant du Parti communiste bulgare (NB : dont le PSB est l’héritier organisationnel direct, sous-entend ici M. Galabov) et premier ministre, faisant ainsi le lit de Todor Jivkov, la lutte contre le culte de la personnalité devrait cette fois-ci se poursuivre longtemps et avoir des effets sur bien davantage de groupes, familles et clans qu’en 1956. Indépendamment des raisons évidentes ayant provoqué l’échec du PSB aux récentes européennes, des remaniements personnels au sein de la direction du parti supposent toujours une concertation avec le noyau dur du parti et un signal de « l’extérieur ». Ce type de signal provient toujours d’un même endroit et l’offensive russe en Crimée pourrait en être un, spécule M. Galabov.
Le recyclage du gouvernement Orecharski doit se faire en même temps que celui du PSB. Un premier pas a été fait avec l’annonce du changement du ministre de l’environnement et des eaux (NB : l’actuelle titulaire du poste devenant eurodéputée). Il ne fait aucun doute que le MDL aura des exigences précises concernant une nouvelle répartition des zones d’influence, en gardant le même premier ministre. Toutefois, même avec cinq ou six changements ministériels, des résultats à même d’enrayer la profonde crise politique que connaît le pays resteraient hors d’atteinte. Le but du MDL est cependant de faire durer le gouvernement Orecharski le plus longtemps possible, car le parti présidé par M. Mestan se plaît dans un rôle qui lui assure confort et renforcement continu de son influence, sans qu’il doive assumer la moindre responsabilité. Dans cet état de choses, tout report de la tenue des élections législatives ne pourra conduire qu’à augmenter le prix social et les conséquences destructrices de la crise, conclut le commentateur. (blog)

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Dernière modification : 04/06/2014

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