Mardi 1 septembre

La rentrée

Elections municipales et réformes à l’ordre du jour de la rentrée politique

La nouvelle saison politique qui s’ouvre sera largement dominée par les élections municipales prévues pour le 25 octobre prochain, prédit Capital Daily dans un article consacré à l’agenda parlementaire de cet automne. Comme ces élections locales seront couplées avec un referendum national sur le scrutin électronique, il est probable que le Parlement devienne un terrain de joutes électorales et que l’issue du scrutin présage de la longévité de la coalition au pouvoir.

D’ici novembre, rien ne risque de troubler le calme relatif au sein de la coalition. Mais la prestation du Bloc réformateur aux municipales et le rapprochement du GERB avec le MDL au niveau local montreront jusqu’où Boïko Borissov sera prêt à aller dans la recherche d’un dialogue « fructueux » sur le débat constitutionnel.

La réforme judiciaire, plat de résistance de cette rentrée politique, comprend notamment la refonte de la Constitution (chapitre « Pouvoir judiciaire »), de la loi sur le pouvoir judiciaire et de plusieurs autres lois de procédure. La commission ad hoc chargée de la révision de la Constitution se réunira demain mercredi pour examiner et voter en première lecture le projet déposé à la dernière minute avant les vacances des députés après maintes navettes entre les gouvernants et le MDL (voir notre revue du 24 juillet). L’intention de la coalition au pouvoir est de faire passer les amendements proposés à une large majorité (180 voix), d’ici fin septembre, c’est-à-dire avant le lancement officiel de la campagne électorale. La Cour constitutionnelle, saisie sur la constitutionnalité de ces amendements (voir notre revue du 30 juillet), se prononcera très probablement vers mi-septembre. Selon Capital Daily, la Cour déclarera irrecevable la demande qui lui est faite d’interpréter des dispositions constitutionnelles avant leur adoption par le Parlement.

Une fois la révision constitutionnelle effectuée, le ministre de la justice Khristo Ivanov devra déposer son projet d’amendement de la loi d’organisation de la justice, notamment la loi sur le pouvoir judiciaire. Deux autres projets d’amendement de la même loi ont déjà été déposés au parlement : celui du GERB, inspiré par le Parquet, et celui d’ABC reflétant la position du Conseil supérieur de la magistrature sur le fonctionnement du système. Le PSB a également annoncé son intention de soumettre un projet.

Le thème de la justice restera également à l’honneur lors des débats sur l’élection d’un juge constitutionnel relevant du quota de l’Assemblée nationale. Les mandats de quatre juges constitutionnels expirant le 10 octobre, les tractations entre partis politiques commenceront dès la rentrée ; leurs successeurs doivent être nommés par le Parlement (un siège à pourvoir), le président de la République (deux sièges) et le CSM (un siège)).

En outre, les députés auront à examiner dès que possible le projet de loi de lutte contre la corruption, introduit par la vice- premier ministre Meglena Kouneva et prévoyant, entre autres, la création d’une nouvelle autorité, le Bureau national de prévention de la corruption. L’examen de ce texte avait été ajourné juste avant le départ en vacances des députés (voir notre revue du 7 août).

Parmi les autres projets importants figurent ceux sur l’enseignement préscolaire et scolaire, sur les établissements de soins, sur les médicaments et la santé. Un projet de loi de finances 2016 doit aussi être déposé par le ministre des finances d’ici fin octobre. (Capital Daily, Sega)

Les statistiques

L’exode de médecins bulgares vers l’étranger augmente mais 523 médecins étrangers exercent en Bulgarie

Le nombre de médecins de nationalité bulgare qui ont demandé auprès de l’Ordre des médecins la délivrance d’un certificat d’affiliation, document requis pour postuler et exercer à l’étranger, a atteint 364 à la mi-août. En 2014, 548 médecins avaient quitté le pays. Un exode important, si l’on compare ces chiffres avec les départs en 2012 (447) et 2013 (408). Le plus souvent, les spécialistes bulgares – au sein desquels prédominent chirurgiens, obstétriciens, gynécologues, anesthésistes et pédiatres – s’installent en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Irlande et en France.

Au total, 30 756 médecins sont inscrits au registre de l’Ordre des médecins [Ndr : la profession étant réglementée, l’inscription à ce registre est obligatoire]. D’après les données de l’Institut national des statistiques, le nombre des médecins exerçant en Bulgarie est stable depuis des années. Et cette stabilité tient beaucoup à la présence en Bulgarie de médecins étrangers.

Selon les données du registre de l’Ordre des médecins, 523 médecins étrangers ou possédant la double nationalité exercent actuellement en Bulgarie. Au total, ils sont originaires de 53 pays. La part du lion revient largement aux ressortissants de l’ARYM (83), suivis par des citoyens indiens (60) et turcs (60). Suivent les originaires de la Russie (59), de la Syrie (36), de la Grèce (34), de l’Ukraine (28). Un grand nombre de pays est concerné par des effectifs beaucoup plus réduits : les Etats-Unis (5) et la Grande-Bretagne (5), le Japon (2) et l’Allemagne (2), l’Iran (12), l’Iraq (6), la République tchèque (11), la Pologne (6), l’Afghanistan (6), la Serbie (14), le Bangladesh (3), le Kazakhstan (3), la Chine (3), la Palestine (3), la Jordanie (3), le Liban (15), le Nigéria (12) et le Yémen (5). D’autres pays n’ont qu’un seul représentant, à savoir la Suède, le Danemark, le Canada, la France, l’Irlande, la Géorgie, l’Italie, la Somalie, le Vietnam, Israël, la Libye, l’Australie, les Emirats-unis, Cuba, etc.

Un certain nombre de ces médecins étrangers ont achevé leurs études en médecine en Bulgarie. L’année dernière, on a constaté une augmentation des demandes d’agrément professionnel adressées par des médecins syriens ou originaires de la région du Proche-Orient.

Cependant un autre problème, à savoir le vieillissement, risque de miner le système : 34% des médecins relèvent du groupe d’âge de 51 à 60 ans ; 23% sont âgés de 41 à 50 ans et il n’y que 10% âgés de 31 à 40 ans. Dans le même temps, 17% des praticiens sont au-dessus de 61 ans. (Sega)

La diversification

Ressusciter South Stream : mission possible ?

« A partir du 1er septembre, la Russie lancera des appels d’offres pour la fourniture de quantités de gaz nécessaires pour la capacité du gazoduc North Stream [reliant le port russe de Vyborg au port allemand de Greifswald et traversant la mer Baltique], notamment pour celle de sa ramification la plus importante, Opal, sur le territoire allemand. Ce fait démontre non seulement l’ouverture de la Russie aux exigences du troisième paquet énergétique de libéralisation mais également le commencement de ses activités dans ce contexte », estime dans Life.bg l’expert dans le domaine de l’énergie, Alexandre Tassev.

Le positionnement de l’Iran sur le marché du gaz liquéfié (un pays, qui selon des données provisoires, paraît en mesure de fournir 35 milliards de gaz depuis 2016 serait un autre facteur pouvant changer la donne sur le marché du gaz.

Les signes annonciateurs du changement de la position de la Russie concernant le troisième paquet énergétique de libéralisation signifient que la position de l’UE au sujet de la construction du nouveau gazoduc South Stream est susceptible également d’évoluer concernant South Stream. Deux commissaires chargés de l’énergie, l’ancien Günter Verheugen, et l’actuel, Maroš Šefčovič, l’ont déjà fait comprendre.

La thèse relative à la possibilité de faire ressusciter le projet South Stream est également corroborée par les propos tenus par le président Poutine, le 17 août dernier, à Yalta. En répondant à la question des relations avec la Bulgarie, le président russe a souligné que « la participation bulgare à l’OTAN était un fait accompli » mais que cela n’empêchait pas le développement des relations russo-bulgares. « Je ne sais pas si la Bulgarie se réjouit de sa participation à l’OTAN mais la décision est prise, c’est le choix souverain du peuple bulgare et nous le respectons, malgré les difficultés liées à la réalisation de projets, notamment dans le domaine énergétique, y compris South Stream », a-t-il déclaré en soulignant que Sofia avait refusé la réalisation du gazoduc South Stream sous la pression de la Commission européenne.

La première réaction officielle des autorités bulgares est venue de la part de la ministre de l’énergie, Temenoujka Petkova, qui a explicitement affirmé l’accord de la Bulgarie pour la réalisation du projet. « Il semble que les deux parties ont une telle intention. Reste à voir quelle sera la position de Bruxelles. » Mme Petkova a toujours soutenu la thèse selon laquelle « South Stream est un projet important pour notre pays et peut être réalisé dans le respect de la législation européenne. » Elle a souligné à plusieurs reprises que la Russie n’avait jamais officiellement communiqué à la Bulgarie sa décision relative à l’arrêt du projet. « A la date du 26 août, aucune communication officielle relative à l’arrêt du projet ne nous est parvenue », a confirmé Dimiter Gogov, chef du groupe South Stream Bulgarie.

De plus, mercredi dernier, le gouvernement bulgare a adopté en Conseil des ministres une méthodologie d’évaluation du montant des indemnités concernant le droit d’utilisation une partie du littoral bulgare et du droit de construction sur le fond de la mer Noire dans le cadre du projet South Stream.

Selon Kiril Temelkov, ancien PDG de Bulgartransgaz, il y a plus de chance qu’on réalise South Stream que Turkish Stream dans la mesure où le projet South Stream est dans une phase plus avancée (accord intergouvernemental, décision d’investissement). Les seuls projets bénéficiant d’une décision d’investissement sont le Trans-Adriatic Pipeline (TAP) et le gazoduc transanatolien (TANAP) qui sont en cours de construction.

Christo Kazandjiev, expert en énergie du Forum énergétique bulgare, reste sceptique à l’égard du redémarrage du projet South Stream. Sans l’exclure totalement, il l’estime « peu probable en raison de l’exigence de l’UE relative à l’accès de pays tiers au réseau de transit. On peut tout de même imaginer que South Stream soit réanimé sous la forme d’un seul tuyau dont la capacité ne dépasserait pas celle de l’actuel transit de gaz par la Bulgarie au départ d’Ukraine. (Life.bg)

PDF - 314.3 ko
(PDF - 314.3 ko)

Dernière modification : 09/09/2015

Haut de page