Mardi 10 juin

LA CONFUSION

CACOPHONIE APRES L’ANNONCE FAITE PAR LE PREMIER MINISTRE ORECHARSKI DE GEL DU PROJET SOUTH STREAM

La Commission européenne, par la voix de son porte-parole Mark Grey, a immédiatement réagi à l’annonce faite hier par le premier ministre bulgare au sujet du projet South Stream et de sa suspension (voir notre revue d’hier) : « Un pas positif du premier ministre bulgare de suspendre la construction de South Stream en Bulgarie », a écrit M. Grey sur Twitter, cité par Monitor.
Dans le même temps, selon le représentant permanent de la Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, les démarches prises par l’EU à l’encontre du projet South Stream (NDR : la procédure d’infraction contre la Bulgarie pour violations au droit européen) ne peuvent être traitées que de « transition rampante vers un nouveau paquet de sanctions économiques contre la Russie » (cité par ITAR-TASS). Selon un autre haut fonctionnaire russe, Sergueï Pikine, directeur du Fonds pour le développement de l’énergie, si l’UE décide de punir la Bulgarie, elle dispose de toute une panoplie de moyens pour le faire, notamment la restriction des fonds pour le pays. Le gouvernement bulgare est acculé à choisir entre le financement européen et le gazoduc, estime-t-il, cité par Monitor.
Le président de la Commission de l’énergie au parlement bulgare, M. Ramadan Atalaï (MDL), estime qu’il y a quelques mois toute la responsabilité et la charge des négociations sur South Stream a été transférée au commissaire à l’énergie Günther Oettinger. « S’il y a des lacunes dans ce projet, c’est lui le principal responsable », a-t-il déclaré sur Darik Radio. Selon M. Atalaï, si la Russie décide maintenant d’imposer des sanctions à la Bulgarie, Bruxelles devrait les compenser sous forme d’approvisionnements en gaz et de fonds.
Le président de la Commission parlementaire des Affaires juridiques et vice-président du PSB, Yanaki Stoïlov, n’a pas caché sa surprise et celle des membres de son parti après les propos du chef du gouvernement. « La décision annoncée par le premier ministre est inquiétante et sa présentation en présence de trois sénateurs américains est déplacée. Le mieux serait de réajuster le projet au cours de sa mise en œuvre ». Le soutien du PSB au projet reste unanime, mais sa réalisation doit se faire selon les règles européennes. Il est évident que le gazoduc est devenu l’otage d’intérêts géopolitiques. « Il fallait que le gouvernement se montre plus ferme dans la défense de nos intérêts nationaux », conclut M. Stoïlov dans son interview pour ITAR-TASS (cité par Monitor).
Pour le ministre de l’Economie et de l’Energie, Dragomir Stoïnev, en visite en Chine, le projet reste « plutôt irréversible » (sic). « La question qui se pose ce n’est pas s’il faut, mais comment réaliser le projet » (Pressa).
Pendant ce temps, Troud, 24 Tchassa et Sega cherchent la réponse à deux questions fondamentales : est-ce qu’un contrat relatif à la construction du tronçon bulgare a été réellement signé, comme le disent certaines sources, et est-ce que la partie Bulgarie a souscrit un emprunt auprès de Gazprom pour financer les travaux ? La réponse officielle de la société de projet « South Stream Bulgarie » est qu’il s’agit là de secrets commerciaux.
Selon Sega, le contrat aurait été signé la semaine dernière au prix retenu de 3,8 milliards d’euros HT pour une longueur de 931 km. Si cette information se confirme, écrit le journal, la Bulgarie risque de se voir demander des dommages et intérêts par la partie russe. Celle-ci en a déjà demandé de tels dans le cadre de la procédure d’arbitrage pour la commande annulée de réacteurs nucléaires pour la centrale de Belene. Si aucun contrat n’a été signé, la procédure peut être reprise dès le début avec un nouvel appel d’offres lancé conformément aux règles européennes.
Par ailleurs, Pressa annonce en première page que depuis hier Moscou a doublé le devis pour l’extension de la durée de vie des tranches nucléaires V et VI de la centrale de Kozlodouï. Selon le directeur général adjoint de l’entreprise russe Rossenergoatom, Stanislav Antipov, la modernisation des unités à Kozlodouï, de fabrication russe, coûterait de 500 à 600 millions d’euros. Jusqu’à présent les calculs préalables s’inscrivaient dans la fourchette de 250 à 450 millions d’euros, précise ce journal (tous journaux, dariknews.bg)

LE VETO

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMANDE AU PARLEMENT DE REEXAMINER CERTAINES DISPOSITIONS DE LA LOI SUR LE MINISTERE DE L’INTERIEUR

Le président de la République Rossen Plevneliev vient d’opposer son veto aux amendements de la Loi sur le ministère de l’Intérieur, adoptés par le parlement peu de temps avant les élections européennes.
Le chef de l’Etat considère que la société a droit à des arguments de poids justifiant le coût des modifications législatives proposées. Les motifs accompagnant le projet de loi ne contiennent pas de calculs quant à l’enveloppe qui doit être prévue en 2014 pour financer l’amélioration des conditions sociales et économiques des agents du ministère. Il faut être sûr, souligne le président, que les engagements assumés par ces dispositions sont réalisables.
La nouvelle loi prévoit, observe M. Plevneliev, l’exécution par la police d’opérations de renseignement et de recherche, visant le comportement d’individus et de groupes « en milieu contrôlé », sans que ce dernier terme soit défini. Un manque de clarté qui cacherait des risques d’atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens.
La nouvelle loi prévoit, d’autre part, le droit pour le ministère de l’Intérieur d’opposer un refus tacite aux demandes des citoyens d’accès à l’information. Cette disposition n’est pas compatible avec la Constitution, la Loi relative à l’accès à l’information et la jurisprudence de la Cour administrative suprême, estime le président.
M. Plevneliev s’oppose aussi au retrait de prérogatives au chef de l’Etat : depuis plus de 20 ans, celui-ci nomme le secrétaire général du ministère de l’Intérieur. La nouvelle procédure, selon laquelle la candidature à ce poste sera proposée par le premier ministre et avalisée par le gouvernement, risque de ne plus jouer le rôle d’un mécanisme dissuasif empêchant la nomination de personnes incompatibles avec ces hautes fonctions professionnelles. Etant le garant des droits et libertés constitutionnels des citoyens, le chef de l’Etat doit conserver ses prérogatives dans l’intérêt de la société et de la sécurité nationale. (president.bg)

L’ENTRETIEN

TOMISLAV DONTCHEV : « CHACUN EST LIBRE DE CHOISIR ENTRE ILLUSIONS ET VERITE »

Dans un entretien, accordé à Pressa, Tomislav Dontchev, député européen récemment élu (GERB), se penche sur les aléas politiques et les alliances possibles dans cette période trouble entre deux élections.
Interrogé sur ses propres perspectives politiques, eurodéputé ou ministre dans un nouveau gouvernement, M. Dontchev déclare : « Je suis élu membre du Parlement européen et je remplirai consciencieusement mes obligations jusqu’à ce que la situation en Bulgarie demande impérativement ma présence ici. Ce qui signifie qu’au moins pendant la session de juillet je serai eurodéputé. Ensuite, on verra ».
Concernant la formule possible du nouveau gouvernement, qui sera nommé après des élections anticipées, M. Dontchev refuse de s’adonner à des spéculations. Théoriquement, dit-il, il est possible que le résultat de 2009 se répète et que le GERB forme un gouvernement monopartite. Il est aussi possible qu’on retombe dans une situation où un gouvernement de coalition serait la formule inévitable. « La seule chose que je peux déclarer par avance, est que le seul partenaire qui puisse être considéré comme ‘naturel’, sans qu’il provoque une nausée idéologique ou esthétique, c’est le Bloc réformateur. Nous appartenons à une même famille européenne, le PPE, et nous n’avons pas de divergences quant à l’image macro. Je ne vois pas d’autres partenaires possibles ».
Est-il envisageable que le prochain commissaire bulgare s’appelle Sergueï Stanichev ? « Les qualités de notre commissaire détermineront l’image de la Bulgarie au sein de la Commission. Je ne pense pas que le poste de commissaire doive être une option de reclassement pour M. Stanichev. Sans parler qu’un gouvernement et un parlement en manque de légitimité n’ont pas le droit moral de proposer le futur candidat. Si nous voulons que la Bulgarie exerce une plus grande influence au sein des institutions européennes, il faut désigner à nouveau à ce poste Mme Kristalina Gueorguieva », relève M. Dontchev.
« La situation [en Bulgarie] est tellement mauvaise, souligne-t-il enfin, qu’il faudra au moins un an avant que certains systèmes de l’Etat se remettent à fonctionner, y compris la gouvernance des fonds européens. Peut-être est-ce le destin historique du GERB de devoir partir toujours de situations très difficiles. Il faut faire de lourdes réformes. Chacun est libre de choisir entre illusions et vérité ». (Pressa)

Word - 172.5 ko
(Word - 172.5 ko)

Dernière modification : 10/06/2014

Haut de page