Mardi 12 février

Politique

La Bulgarie doit-elle s’attendre à une ingérence étrangère lors des prochaines élections ?

A l’instar du président du groupe parlementaire du GuERB, Tsvetan Tsvetanov, hier, le vice-premier ministre Tomislav Dontchev a estimé qu’ « il est normal de s’attendre à des attaques hybrides lors des élections », rappelant la survenue d’une telle attaque en 2015. (tous media)

Analysant ces déclarations, Tsvetozar Tomov, membre de la Commission électorale centrale (CEC), n’a pas exclu qu’une attaque ait été à l’origine du blocage du site de la CEC en 2015 mais a assuré que la société assurant sa gestion avait déjà pris les mesures nécessaires pour mieux le protéger. En outre, il a souligné que les bruits concernant les manipulations du vote des électeurs font partie intégrante de la campagne électorale des partis politiques. Or, les tentatives de manipulation et les erreurs dans les procès-verbaux génèrent de petits écarts (de l’ordre d’un dixième de %) du résultat final. (Troud)

Le professeur Dimitar Dimitrov, expert en matière de législation électorale ne considère pas que l’ingérence russe puisse être décisive pour les résultats des élections en Bulgarie. Selon lui, ce sont les listes électorales qui constituent le problème le plus important dans la meure « où les noms qu’ils contiennent vont bientôt dépasser le nombre de la population selon la statistique démographique ». (Troud, btv.bg)

Conclusions du rapport annuel de la fondation Friedrich Naumann

Dans son rapport annuel 2018, la fondation Friedrich Naumann conclut que ces dernières années, les élections se sont déroulées de manière relativement honnête en Bulgarie, mais que les autorités ne font pas le nécessaire pour dissiper les doutes (manipulations et spéculations), notamment concernant i) le financement des partis politiques, ii) l’utilisation des média pendant la campagne électorale et l’interdiction d’utiliser une langue différente du bulgare lors de cette campagne , iii) « l’achat de voix » et iv) « le vote contrôlé ». Selon ce rapport, l’Etat de droit se porte le moins bien en Bulgarie qui reste, en outre, l’Etat le plus corrompu dans toute l’UE. « Bien que formellement indépendant, le système judiciaire fait l’objet d’une pression importante de la part tant des responsables politiques que de riches hommes d’affaires », souligne ce rapport tout en précisant que « la criminalité organisée, les oligarques influents et la corruption aux plus hauts échelons du pouvoir » risquent de porter atteinte aux procédures démocratiques. Selon la fondation, la corruption en Bulgarie serait générée principalement par « l’union informelle entre les oligarchies politique et économique, la criminalité organisée et la partialité des media ». (Sega)

Emploi de Novitchok en Bulgarie ? (suite)

L’affaire de l’empoisonnement en 2015 de l’homme d’affaires Emilian Guebrev, propriétaire des entreprises d’armement Dunarit et Emko, de son fils et d’un de ses collaborateurs, ainsi que le séjour en Bulgarie d’un ressortissant russe impliqué dans l’affaire Skripal font la une de la presse écrite et des media électroniques. Hier, sur bTV, Tsvetlin Yovtchev (ancien chef de la DANS 2009-2013, chef de cabinet du président Plevneliev et ministre de l’intérieur 2013-2014) a indiqué que, selon lui, la manière dont l’opération a été exécutée (du « travail bâclé » : mal programmé, non professionnel, de petit budget) laisse penser que celle-ci a été réalisée non par des services de l’envergure des renseignements militaires russes, mais par des agents agissant en solo, à la solde de commanditaires privés. Si cette hypothèse se confirme, estime M. Yovtchev, cela montrerait que Moscou n’a pas de contrôle sur ses propres services de sécurité. Selon lui, les possibles mobiles pour l’attaque contre Emilian Guebrev devraient être recherchés au niveau de ses concurrents d’affaires. (dnevnik.bg)

Prenant le contre-pied de cette thèse, le président du groupe parlementaire du GERB, Tsvetan Tsvetanov, a indiqué qu’il n’est pas sérieux de parler d’opération exécutée en solo lorsqu’il existe des données indiquant le séjour en Bulgarie durant plusieurs jours de la troisième personne (connue sous le nom d’emprunt de Sergueï Fedotov) impliquée dans l’affaire Skripal. « Ce type de personnes n’opèrent pas en solo. Ils agissent, si tel est l’objectif de leur séjour à l’étranger, avec le soutien de l’Etat. Et vous l’avez vu dans l’affaire Skripal où l’on retrouve d’un bout à l’autre l’Etat russe », a souligné M. Tsvetanov. Avant-hier, commentant pour la presse l’affaire Guebrev, à la question de savoir si la Bulgarie serait prête à expulser des diplomates russes, le député a préféré ne pas répondre, en indiquant qu’il a sa propre position, mais qu’il préfère la taire. (bnt.bg, btv.bg, dnevnik.bg)

Sega résume sur deux pages l’affaire Guebrev. « Et s’il s’agissait d’une répétition générale pour Skripal ? », demande le journal en énumérant sa très large couverture internationale : CNN, Times, Telegraph, Newsweek, New York Times… (Sega)

Un ancien ministre de la défense accuse les autorités bulgares d’inaction

Dans une interview accordée à la btv, l’ancien ministre de la défense Boïko Noev, témoin direct des conséquences de l’empoisonnement d’Emilian Gebrev, a accusé les autorités bulgares d’inaction, de manipulation de l’information relative aux substances chimiques utilisées pour la tentative de cet empoisonnement. Selon M. Noev, l’analyse du laboratoire finlandais conclut de manière formelle que l’une des substances identifiée relève de la famille du Novitchok. Il demande pourquoi les autorités bulgares ne veulent toujours pas saisir l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, comme le leur avait demandé, il y a un mois, Emilian Gebrev. (btv.bg)

Désaccord entre le PSB et des journalistes sur les conclusions d’une réunion

Les conclusions d’une rencontre qui a réuni un groupe de journalistes de l’Association européenne des journalistes (AEJ) avec la présidente du PSB, Kornélia Ninova, et la députée Eléna Yontchéva, sont perçues de manières différentes par les deux côtés. Les journalistes avaient demandé de rencontrer des représentants du GERB et du PSB au sujet des amendements à la loi sur la protection des données personnelles et de leurs préoccupations quant à la censure que ces changements législatifs pourraient entraîner. Or, à l’issue de la réunion, le PSB a informé que les deux côtés s’étaient mis d’accord sur la nécessité de renouveler la Commission centrale électorale (CCE), dont le mandat actuel expire le 21 mars : l’AEJ a démenti cette information. Des journalistes de l’AEJ ont précisé que le sujet de la CCE ne relève pas de leur compétence, et qu’ils ont participé à cette réunion pour parler des amendements à la loi sur les données personnelles. (24 Heures, focus-news.net)

La vente des anciennes écuries royales à Sofia déclarée nulle

Le tribunal de première instance de Sofia a déclarée nulle la vente des anciennes écuries royales par l’ex-gouverneur de Sofia, Vesselin Pénev, à une compagnie privée qui était copropriétaire du terrain, situé dans le centre-ville de la capitale. Selon les motifs du juge, qui prend en compte la plus élevée de deux évaluations indépendantes du prix du terrain, celui-ci est estimé à plus de 20 millions de léva, alors que la vente a été réalisée pour moins de 660 000 léva. Les media rappellent que M. Pénev a été inculpé en 2016 pour prévarication et pour la conclusion d’une transaction désavantageuse. (tous media)

Transports

Le ministère des Transports propose des amendements à la Loi sur les concessions

Le ministère des Transports a publié, pour concertation publique, un projet d’amendement de la Loi sur les concessions. La raison en est le besoin de combler certaines incohérences législatives, apparues lors de la procédure de mise en concession de l’aéroport de Sofia, écrit Capital. Selon ce media, la procédure a tout d’abord attiré un grand nombre de candidats occidentaux, dont de grands gestionnaires d’infrastructures aéroportuaires, mais plusieurs d’entre eux ont été découragés par le cadre juridique. Le délai de l’appel d’offres a été prolongé à cinq reprises (dernier report : jusqu’au 3 avril). Les amendements proposés s’articulent autour de trois axes : la responsabilité solidaire illimitée, l’indemnisation en cas de résiliation du contrat de concession et les modalités de règlement des litiges. (Capital)

Cette revue de presse, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, se limite à présenter des éléments publiés dans les médias bulgares. Elle ne reflète en aucun cas la position de l’ambassade ou du gouvernement français.
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Dernière modification : 12/02/2019

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